L'ornement est une notion vieille comme l'humanité. Dans ce qui sera un jour considéré comme l’un des joyaux de l’art préhistorique, des hommes peignent sur les murs et les plafonds, multipliant les représentations d’animaux, aurochs, cerfs ou encore bisons et d’êtres humains. Rejeté par le mouvement moderne comme un signe de décadence, considéré par les classiques comme une lingua franca rassemblant les métiers de l’architecture et de la décoration, l’ornement fut au XXe siècle un sujet clivant. Un débat depuis dépassé par la post-modernisme architectural et la décoration intérieure contemporaine, volontiers éclectique.

Les racines du répertoire ornemental français
En 1589, l’arrivée sur le trône d’Henri IV signe la fin des guerres de religion, et le début d’une période de prospérité en France. Sous Henri IV et Louis XIII, les scènes mythologiques et les histoires tirées des livres précieux à la mode font leur apparition dans l’ornement, et la boiserie progresse pour la construction de cabinets. L'ornement, qu'il soit nu ou orné, le mur n’est jamais neutre. Il est le point de départ de toute œuvre, un langage visuel qui transcende les matériaux pour donner vie à l'imaginaire.
Mais c’est sous Louis XIV que le style français prend toute son ampleur, marquant sa différence avec l’exemple italien qui inspirait jusqu’ici les créations architecturales. Les châteaux royaux, et bientôt Versailles, deviennent ainsi des lieux de vie et de réception permanente, nécessitant des aménagements intérieurs grandioses : le roi doit montrer sa puissance, à ses nobles, et au-delà, à l’Europe entière. Partout, le répertoire ornemental tourne autour de l’antique, de la guerre et de la mythologie. Le soleil en figure irradiante représente le roi, la fleur de lys s’impose, les attributs guerriers servent le mythe d’un roi jeune, combattant, grandiose. Marqueteries et bronzes dorés à délicats rinceaux de style Louis XIV, André-Charles Boulle, illustrent cette quête d'excellence.
La révolution du Rocaille et l'intimité du XVIIIe siècle
Les styles Régence puis Louis XV voient l’apparition du Rocaille, marquant la séparation entre décoration intérieure et arts majeurs extérieurs. Palmes, ailes de chauve-souris et coquilles deviennent omniprésentes dans le répertoire. L’architecture des façades et le dessin des intérieurs ont désormais chacun leur propre logique, ce que renforce aussi le goût nouveau pour les pièces plus petites, moins pesantes. Détails asymétriques et impression
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