Tout savoir sur le cerisier noir fruitier

Le cerisier, qu'il s'agisse du merisier (Prunus avium) ou du griottier (Prunus cerasus), est l'un des arbres fruitiers les plus appréciés, tant pour ses fruits sucrés et juteux que pour sa magnifique floraison printanière, très décorative. Sa culture, cependant, demande une attention particulière concernant les conditions de culture, le choix du porte-greffe et l'entretien. Cet article explore en détail tout ce qu'il faut savoir pour cultiver un cerisier en bonne santé et obtenir une production de qualité, en mettant un accent particulier sur les variétés de cerisiers noirs.

Cerisier en fleurs et ses fruits

Origines et diversité du cerisier

Le cerisier est originaire d'Europe, d'Asie Mineure et d'Afrique du Nord. Sa culture remonte à l'Antiquité, et les Romains ont grandement contribué à sa diffusion en Europe. Aujourd'hui, il est l'un des fruitiers les plus couramment cultivés dans les jardins et les vergers.

Il existe deux grandes catégories de cerisiers :

  • Le cerisier doux (Prunus avium) : Il produit des cerises sucrées, généralement rouges ou noires. Parmi les variétés les plus populaires, on trouve la célèbre 'Burlat', une cerise très précoce d'une excellente qualité gustative.
  • Le cerisier acide (Prunus cerasus) : Il produit des cerises plus acides, utilisées principalement pour la pâtisserie et les confitures. La variété la plus connue et représentative est la griotte de 'Montmorency'.

Outre ces catégories, on trouve des variétés spécifiques avec des caractéristiques uniques, comme le Cerisier Noir d’Itxassou ou le Cerisier Tardif.

Le Cerisier Noir d’Itxassou : un trésor du Pays Basque

Le Cerisier Noir d’Itxassou, également connu sous le nom basque Geresi Belxa, est une variété ancienne et traditionnelle originaire du Pays Basque, plus précisément du village d’Itxassou. Sa présence est attestée depuis probablement le XIIᵉ siècle, témoignant de son lien étroit avec la culture basque.

Cet arbre présente un port dressé et étalé, pouvant atteindre 10 mètres de hauteur pour 5 mètres de largeur. Sa floraison, qui survient début avril, avant l’apparition des feuilles, est caractérisée par une abondance de fleurs blanches, groupées en bouquets sur des pousses courtes.

Fleurs blanches du cerisier d'Itxassou

Les fruits du Cerisier Noir d’Itxassou sont de petits à moyens calibres, ronds, avec une peau épaisse de couleur pourpre à noire. La chair pourpre est tendre, très juteuse, et offre une saveur équilibrée, pouvant devenir extrêmement sucrée, avec un indice de réfraction atteignant 30. Le jus, presque noir, est abondant et riche en arômes. La récolte s’effectue généralement fin juin, lorsque les fruits atteignent leur pleine maturité.

Le Cerisier Noir d’Itxassou est un arbre rustique, capable de résister à des températures descendant jusqu’à -20°C. Il préfère les sols riches, légers, humides mais bien drainés, car il craint l’eau stagnante. Une exposition ensoleillée est recommandée pour favoriser une fructification abondante et une maturation optimale des fruits. Bien que cette variété soit vigoureuse et productive, elle n’est pas autofertile et nécessite la présence d’autres variétés de cerisiers pour assurer une bonne pollinisation. Planter des variétés compatibles à proximité améliorera la production de fruits.

Le Cerisier Tardif : un géant indigène

Contrairement au prunus de Schubert, qui est un prunier décoratif souvent surreprésenté au Québec avec ses feuilles mauves et ses cerises peu intéressantes pour le goût, le cerisier tardif n’est pas une variété horticole, mais un arbre naturel, rustique et indigène du sud du Québec. Le prunus de Schubert, bien que séduisant par sa couleur et ses dimensions raisonnables dans le paysage urbain, est malheureusement très susceptible à la maladie fongique du nodulier noir, qui le fait dépérir. Face à cette vulnérabilité, le cerisier tardif offre une alternative plus résistante, bien qu'il atteigne un déploiement beaucoup plus grand.

Nodulier noir sur une branche de prunier

Le cerisier tardif est le plus gros cerisier du Canada. Son aire de répartition s’étend de la Nouvelle-Écosse, passe par le sud du Québec jusqu’au sud de l’Ontario, et aux États-Unis, il s’étend de la Floride au Texas. On en retrouve aussi des peuplements épars au Mexique et au Guatemala.

En jeunesse, il a une forme pyramidale et des rameaux bien droits. À maturité, il aura une allure échevelée, avec une forme arrondie et des branches paresseuses qui retombent vers le bas. En se développant, le cerisier tardif laisse tomber naturellement le bas de sa couronne, donnant une forme majestueuse d’un tronc massif, plutôt courbé, soutenant une charpente bien haute. Son écorce, lisse en jeunesse, devient rugueuse avec l’âge et se sépare en de petites écailles répandues comme en quadrillé sur tout le tronc.

Une fois adulte, un cerisier noir peut mesurer de 20 à 25 mètres, pour une largeur de cime d’environ 10 mètres, mais il prend son temps pour y arriver, avec une vitesse de croissance moyenne. Il est également odorant, surtout lors d’un élagage, lorsque les branches sont déchiquetées, ce qui rappelle l'odeur d'un punch aux cerises. Les feuilles peuvent aussi être frottées dans les mains pour découvrir son odeur fruitée. Ces dernières mesurent de cinq à quinze centimètres de longueur, elles sont luisantes, d’une couleur vert foncé en été, avec un dessous plus pâle, et elles deviennent jaune orangé ou même rouge en automne. Leur forme est étroite et pointue, en forme de lance, et le contour est denté.

Toute la magie du cerisier réside en ceci : il est un havre invitant pour la faune. Presque tous les animaux et insectes s’y intéressent, en particulier les oiseaux qui aiment déguster les cerises. Ses fleurs sont de longues grappes blanches de 10 à 15 cm. Elles sont légèrement parfumées et sortent au printemps, en même temps que les feuilles. Elles attirent les pollinisateurs, au bénéfice de toute la flore urbaine. Certains apiculteurs visent d'ailleurs le cerisier tardif pour son arôme de miel spécifique. En fin d’été, elles forment des grappes de 6 à 12 cerises de 8 mm, dont la récolte sera abondante dans un cycle de trois à quatre ans. Celles-ci sont comestibles, mais un peu surettes. Comme beaucoup de fruits surets ou amers, on compense en cuisinant. Les cerises du cerisier tardif se prêtent aux confitures et à la crème glacée, mais aussi au rhum, au vin et au brandy.

Cerisier à fleurs : plantation et entretien - Truffaut

Le choix crucial du porte-greffe

Le porte-greffe est un élément essentiel de la culture du cerisier, influençant sa taille finale, sa vigueur, sa résistance aux maladies et son adaptation aux conditions du sol. Le choix du porte-greffe dépend donc de l’espace disponible, des conditions du sol et des objectifs de production.

Voici les principaux types de porte-greffes utilisés :

  • Porte-greffes nains (50 % du merisier, comme Gisela 6) : Idéals pour les petits jardins, ils limitent la hauteur de l’arbre (4 à 5 m) et permettent une fructification très rapide (3 ans en moyenne). Leur productivité est excellente, mais ils préfèrent les sols fertiles. Dans les zones ventées, leur ancrage médiocre exige qu’ils soient palissés. Ils sensibilisent les variétés au chancre bactérien et ne supportent pas les grosses chaleurs.
  • Porte-greffes semi-nains (80 % du merisier, comme Sainte Lucie SL64) : Ils offrent un bon compromis entre productivité et taille modérée (6 à 8 m). Ils possèdent un très bon ancrage au sol, un drageonnement nul, une bonne productivité et une excellente résistance aux fortes chaleurs et à un taux de calcaire actif élevé. En revanche, ils sont sensibles au pourridié et à l’asphyxie racinaire. La mise à fruit est assez rapide (4 à 5 ans).
  • Porte-greffes standards (Merisier ou franc) : Ils donnent des arbres de grande taille (jusqu’à 10 m) avec une excellente longévité, mais nécessitent plus d’espace. Ils supportent bien les terrains humides mais pas trop calcaires. La mise à fruit est lente (7 à 10 ans).

Il est important de comprendre que l'influence du porte-greffe sur la taille finale du cerisier est déterminante pour l'aménagement de votre espace.

Comparaison des tailles de cerisiers selon le porte-greffe

Conditions de culture idéales pour le cerisier

Pour un développement optimal et une fructification abondante, le cerisier nécessite des conditions de culture spécifiques.

Climat

Le cerisier préfère un climat tempéré avec des hivers froids nécessaires à sa dormance (800 à 1 200 heures en dessous de 7°C). Il craint les gelées tardives qui peuvent endommager les fleurs et réduire la récolte. Un emplacement bien ensoleillé et aéré est recommandé.

Type de sol

Le sol idéal pour le cerisier est léger, bien drainé et légèrement acide à neutre (pH entre 6 et 7). Le porte-greffe influencera grandement l’adaptation à un type de sol et il est important de bien le choisir. Pour le cerisier tardif, un sol décompacté est apprécié, ce qui peut se faire avec une machine à percer ou une binette. La pollution et le sel de déglaçage ne l’intimident pas trop.

Espacement

L’espacement entre les arbres varie en fonction du porte-greffe :

  • Porte-greffes nains : 3 m
  • Porte-greffes semi-nains : 5 à 6 m
  • Porte-greffes standards : 8 à 10 m

Pour un cerisier tardif, une distance d’environ quatre à cinq mètres de la maison devrait suffire pour un épanouissement harmonieux avec votre maison et votre fondation. Le cerisier tardif a un bois très solide, ce qui peut vous rassurer quant à la sécurité de vos structures. L’idéal est de planter l’arbre à une distance d’environ quatre à cinq mètres des structures. Il est nécessaire d'ajouter un bon trois mètres s’il s’agit de fils de moyenne tension d’Hydro-Québec. Il est assez rare en milieu urbain d’avoir tout cet espace à accorder à un arbre. C’est pourquoi les élagueurs existent. Pourtant, même à maturité, le cerisier est plus haut que large. Avec une vitesse de croissance moyenne, quelques élagages parcimonieux devraient suffire. Même avec une distance de seulement trois mètres avec la maison ou autres structures, quelques élagages stratégiques pourront rediriger le développement de l’arbre.

Arrosage

Durant les premières années, l’arrosage doit être régulier pour aider l’arbre à s’enraciner. Ensuite, le cerisier devient relativement résistant à la sécheresse sauf pour certains porte-greffes nanifiants, mais un apport d’eau est nécessaire en période de floraison et de fructification.

Fertilisation

Un apport annuel de compost ou de fumier bien décomposé au printemps favorise la production. Un excès d’azote est à éviter, car il favorise la croissance du feuillage au détriment des fruits. Pour la plantation, l’ajout de 150 g de corne torréfiée (soit deux poignées) à mélanger à la terre au fond du trou est recommandé. Il faut reboucher de moitié avec de la terre additionnée de terreau de plantation et de fumier fertilisant Lombricompost (1-2 pelletées).

Plantation et entretien du cerisier

La meilleure période pour planter un cerisier livré en racines nues s'étend d'octobre à avril.

Plantation

Voici les étapes détaillées pour une plantation réussie :

  1. Préparation du trou : Faites un trou de 50-60 cm de profondeur et 80-100 cm de large, de façon à bien ameublir la terre. Retirez les cailloux et les mauvaises herbes.
  2. Amendement du sol : Placez 150 g de corne torréfiée (soit deux poignées) à mélanger à la terre au fond du trou. Rebouchez de moitié avec de la terre additionnée de terreau de plantation, et de fumier fertilisant Lombricompost (1-2 pelletées).
  3. Préparation de l'arbre : Recoupez l'extrémité des racines de l'arbre. Dans le trou de plantation, mélangez à la terre une poignée de stimulant racinaire.
  4. Tuteurage : Vous pouvez placer un tuteur afin de maintenir l'arbre droit.
  5. Mise en place de l'arbre : Placez le collet de l'arbre au niveau du sol, puis comblez le trou de plantation avec de la terre. S'il s'agit d'un arbre greffé, assurez-vous que le point de greffe est au-dessus du sol.
  6. Arrosage initial : Tassez la terre au pied du cerisier en formant une cuvette et arrosez abondamment (15-20 litres d'eau).
  7. Taille de plantation : Terminez par une taille des rameaux à environ 25 cm de longueur par rapport au tronc, de préférence au-dessus d'un bourgeon placé vers l'extérieur de la ramure.

Taille et formation

La taille du cerisier est plus légère que celle d’autres fruitiers. Une taille de formation est nécessaire les premières années pour structurer l’arbre. Ensuite, une taille d’éclaircissage tous les 2 à 3 ans est suffisante pour favoriser l’aération et l’ensoleillement des branches.

La taille de formation consistera à sélectionner 3 ou 4 branches charpentières à la hauteur voulue et de couper les autres. Il sera ensuite nécessaire, idéalement pendant l’hiver et en dehors des périodes de gel, de couper au sécateur, les branches ayant une direction de pousse vers l’intérieur, ou les gourmands (longs rameaux poussant verticalement) et de raccourcir les branches horizontales afin de privilégier la ramification de celles-ci.

Techniques de taille du cerisier

Les dimensions des cerisiers varient considérablement selon la forme :

  • Cerisiers en gobelet : 3 à 4 m
  • Cerisiers en demi-tige : 5 à 7 m

Pollinisation du cerisier : un enjeu crucial

La pollinisation est une étape cruciale pour la fructification du cerisier. Certaines variétés sont autofertiles, c'est-à-dire qu'elles peuvent produire des fruits seules, tandis que d'autres nécessitent la présence d'un autre cerisier compatible pour assurer une bonne fécondation.

Cerisiers autofertiles vs autostériles

  • Autofertiles : Ils peuvent produire des fruits sans avoir besoin d’un autre arbre pollinisateur. Exemples : bigarreau ‘Summit’, ‘bigarreau Lapins’, ‘Bigarreau Moreau’. Cependant, même si ces cerisiers sont capables de fructifier seuls, la proximité d'une autre cerisier compatible est préférable pour maximiser la production de fruits.
  • Autostériles : Ils nécessitent un cerisier d’une variété compatible à proximité pour assurer une pollinisation croisée. Exemples : ‘bigarreau Burlat’, ‘bigarreau Napoléon’, ‘bigarreau Hedelfingen’. Le Cerisier Noir d’Itxassou est également autostérile et nécessite la présence d'autres variétés de cerisiers.

Rôle des insectes pollinisateurs

Les abeilles et autres pollinisateurs jouent un rôle essentiel dans la reproduction du cerisier. Pour favoriser leur activité :

  • Plantez des fleurs mellifères aux abords du verger.
  • Évitez les traitements chimiques.
  • Installez des ruches si possible. Le cerisier tardif, par exemple, est visé par certains apiculteurs pour son arôme de miel spécifique.

Choisir les bonnes variétés pollinisatrices

Si votre cerisier est autostérile, voici quelques combinaisons efficaces :

  • ‘Burlat’ → Pollinisé par ‘Van’, ‘Napoléon’
  • ‘Napoléon’ → Pollinisé par ‘Bigarreau Moreau’
  • ‘Cœur de Pigeon’ → Pollinisé par ‘Hedelfingen’

Il est conseillé de planter vos cerisiers à une distance de 20 à 30 mètres maximum les uns des autres pour une pollinisation optimale.

Solutions pour les petits jardins

Si vous manquez de place ou n’avez qu’un seul arbre :

  • Optez pour une variété autofertile.
  • Demandez à vos voisins s’ils possèdent des cerisiers pollinisateurs à proximité.

Maladies et ravageurs du cerisier : prévention et lutte

Le cerisier, comme tout arbre fruitier, peut être affecté par plusieurs maladies et parasites. Une surveillance régulière et des actions préventives sont essentielles.

Maladies courantes

  • Moniliose : La moniliose du cerisier, causée par le champignon Monilinia laxa, est une maladie fongique qui touche principalement les fleurs, les fruits et les branches. Elle provoque le dessèchement des fleurs, la pourriture des fruits (qui deviennent bruns et momifiés), et peut aussi entraîner la mort des rameaux infectés. Cette maladie se développe sous des conditions humides et tempérées. Pour la prévenir, il est recommandé d’éliminer les fruits et branches affectés, de pratiquer une taille adéquate pour améliorer la circulation de l'air, et d’appliquer des traitements fongicides au besoin, comme un traitement préventif au cuivre en hiver.

Cerises atteintes de moniliose

  • Tavelure du cerisier : La tavelure du cerisier est une maladie fongique causée par le champignon Venturia cerasi. Elle provoque l'apparition de taches brunes et enfoncées sur les feuilles, ainsi que sur les fruits et les jeunes pousses. Les feuilles infectées peuvent se déformer, se dessécher et tomber prématurément, ce qui affaiblit l'arbre. Les fruits touchés présentent des cicatrices noires et se déforment, ce qui les rend impropres à la consommation. La tavelure se développe dans des conditions humides et fraîches, généralement au printemps. Pour lutter contre cette maladie, il est conseillé d’enlever les feuilles et fruits malades, de pratiquer une taille soignée pour améliorer la circulation de l'air et d'appliquer des traitements fongicides spécifiques pendant la période de végétation, comme la bouillie bordelaise.
  • Nodulier noir : Le nodulier noir affecte tous les arbres de l’essence des prunus, et le cerisier tardif n’y fait pas exception. Cependant, on note une plus forte endurance et une vulnérabilité moindre que, par exemple, le prunus de Schubert. La maladie du nodulier noir se propage par la pluie, par le vent et par les animaux. Le nodulier noir se manifeste sous forme de crottes noires appelées nodules. Ces excroissances sont inesthétiques, surtout en hiver lorsque les feuilles sont tombées. Chaque nodule entraîne la mort de la partie supérieure de la branche affectée, et peut éventuellement affecter même le tronc. Il est possible de couper les branches aux parties inférieures aux nodules, à condition de désinfecter les outils entre les coupes. Cependant, il est important d'évaluer l'étendue de l'infestation. Si votre arbre a trois ou quatre nodules, il est préférable de les enlever sans tarder. En revanche, lorsqu’un arbre a près de 50% de ses branches affectées, la coupe elle-même de cette proportion de branches est suffisante pour causer un stress et un dépérissement pour l’arbre. Sachez aussi que même avec une coupe stérile, il se peut que votre voisinage soit suffisamment affecté pour ramener rapidement le champignon. Chose certaine, si votre voisinage est déjà orné de cerisiers affectés par la maladie, mieux vaudrait éviter d’en planter un sur votre propriété.

Ravageurs

  • Pucerons noirs : Ce sont des insectes suceurs qui se nourrissent de la sève des cerisiers. Ces pucerons apparaissent généralement au printemps et sont reconnaissables à leur couleur noire. Ils se regroupent souvent sur les jeunes pousses, les feuilles et les tiges des arbres. Leur présence peut entraîner un affaiblissement de l'arbre, une déformation des feuilles et un ralentissement de la croissance. En outre, les pucerons produisent du miellat, une substance collante qui favorise le développement de moisissures noires (fumagine), perturbant ainsi la photosynthèse. Pour lutter contre les pucerons noirs, il est recommandé d'utiliser des traitements insecticides, de favoriser la présence de prédateurs naturels (comme les coccinelles) et de pratiquer des pulvérisations d'eau savonneuse ou de savon noir.

Pucerons noirs sur une feuille de cerisier

  • Mouche de la cerise : La mouche de la cerise, ou Rhagoletis cerasi, est un insecte nuisible qui affecte les cerisiers, principalement pendant la période de maturation des fruits. La femelle de la mouche pond ses œufs sous la peau des cerises, et les larves qui en émergent se nourrissent de la chair du fruit. Cela provoque des trous dans les fruits, qui deviennent ensuite mous et pourrissent. Les cerises infestées par la mouche deviennent non comestibles, ce qui peut entraîner des pertes importantes dans la récolte. Les symptômes incluent des cerises déformées, souvent avec des décolorations brunes autour des points d'infestation. Pour lutter contre la mouche de la cerise, il est recommandé d'utiliser des pièges à phéromones, d'installer des filets de protection autour des arbres ou d'appliquer des traitements insecticides pendant la période de vol des mouches, avant la récolte.
  • Oiseaux : Les oiseaux peuvent être un problème majeur pour les cerisiers, surtout lorsque les fruits commencent à mûrir. Les oiseaux, en particulier les merles, les étourneaux, et parfois les corbeaux, sont attirés par les cerises juteuses et sucrées. Ils picorent les fruits, les abîment ou les consomment en grande quantité, ce qui peut entraîner des pertes de récolte importantes. Les dommages incluent des fruits percés, des cerises tombées prématurément et une contamination possible par des bactéries et des champignons à la suite des piqûres. Les seules solutions consistent à installer des filets de protection ou des dispositifs effaroucheurs.

Cerisier à fleurs : plantation et entretien - Truffaut

Récolte et conservation des cerises

Période de récolte

La récolte des cerises s’étale de mai à juillet selon les variétés. Les cerises doivent être cueillies avec leur pédoncule pour éviter qu’elles ne pourrissent rapidement. Pour le Cerisier Noir d’Itxassou, la récolte s'effectue généralement fin juin. Pour le cerisier tardif, les grappes de cerises, plus petites (8 mm), se récoltent en fin d’été, et la récolte sera abondante dans un cycle de trois à quatre ans.

Conservation

Les cerises sont fragiles et doivent être consommées rapidement après la récolte. Elles peuvent être conservées quelques jours au réfrigérateur ou être transformées en confitures, compotes, fruits au sirop ou congelées. Les cerises du cerisier tardif, bien qu'un peu surettes, se prêtent particulièrement bien aux confitures et à la crème glacée, mais aussi au rhum, au vin et au brandy.

Usages et bienfaits des cerises et du cerisier

Consommation

Les cerises peuvent être consommées fraîches, en pâtisserie (clafoutis, tartes), en confiture ou en jus.

Bienfaits pour la santé

Riches en antioxydants, vitamines A et C, et en fibres, les cerises ont des effets anti-inflammatoires et favorisent un bon sommeil grâce à leur teneur en mélatonine.

Autres usages du cerisier

Au-delà de ses fruits, le cerisier, et particulièrement le cerisier tardif, offre d'autres avantages.

Le cerisier tardif est prisé par les ébénistes pour son bois solide et coloré de teintes de rouge et brun orangé. Les rayons et cernes de croissance sont aussi visibles et donnent au bois un aspect décoratif. Dans un autre registre, avec le BBQ au bois qui revient à la mode, le cerisier s’en veut une vedette comme bois de fumage.

Il est cependant important de noter que la consommation de l’écorce et des feuilles peut être toxique lorsqu’ingérée en quantité suffisante. Il faut éviter que les animaux d’élevage aient accès aux feuilles du sol, car il y a des risques d’empoisonnement.

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