
L'arbre, dans sa majesté et sa longévité, a toujours été une source d'inspiration et de symbolisme pour l'humanité. Qu'il soit au cœur des croyances ancestrales ou le sujet d'études scientifiques contemporaines, il incarne la vie, la fertilité, la connaissance et la transmission. L'expression "arbre généalogique" elle-même est une métaphore végétale puissante, reliant le vivant à l'héritage, le passé au présent. Cet article se propose d'explorer la richesse de cette symbolique, en particulier autour des arbres fruitiers, et de dévoiler les fascinantes découvertes récentes sur la généalogie des pommiers, éclairant ainsi l'histoire de la sélection végétale et ses implications futures.
L'Arbre Sacré : Un Pont entre les Mondes
Selon les différences culturelles, l'arbre en lui-même peut faire l'objet d'un culte ou bien c'est ce qu'il représente qui va motiver une pratique rituelle et nourrir une pensée spirituelle. L'arbre mythique baigné par la lumière céleste possède une très grande puissance végétale et vitale. Les dieux, les esprits ou les âmes des initiés empruntent le chemin de l'arbre cosmique, entre le Ciel et la Terre ou entre la Terre et le Ciel, comme le suggère le médaillon à l'échelle, symbole de la Connaissance, sculpture de la cathédrale de Chartres (XIe-XIIIe siècle, style gothique, France). L'arbre mythique joue un rôle central dans la mythologie comme dans les rites des cultures ancestrales de nombreux peuples.
Arbres de Vie et de Fertilité
Le thème de l'arbre de Vie alimente des croyances et des pratiques magico-religieuses autour de la fertilité. Les oranges, comme d'autres fruits à pépins (grenades, pommes, raisins…), symbolisent la fécondité. Dans la tradition vietnamienne, on offrait autrefois des oranges aux jeunes couples. Pour favoriser la fécondité, on rencontre des coutumes ancestrales dans les régions de la Méditerranée, en Occident comme en Orient, ainsi que le montrent les rituels de fertilité en Inde.

Des pratiques ancestrales liées à la fertilité se manifestent également à travers l'Arbre de Mai, comme l'illustrent La Nef des Fous de Jérôme Bosch (1500-1510, début XVIe siècle, art Flamand) et l'Arbre de mai de Brueghel dit le Jeune (1620-1630, huile sur bois, XVIIe siècle, art Flamand). Dans ces traditions, une femme dépose une pierre, gravée d'un duo de serpents, entre les racines de deux arbres plantés rituellement. La tradition de la fête du Mai se retrouve dans différentes contrées européennes. Malgré des apparences folkloriques, ces festivités remémorent un rite ancestral de fertilité. Beaucoup de légendes ancestrales évoquent l'arbre de vie sous la forme des pères-arbres ou des mères-arbres.
L'Arbre Matrice et l'Androgynie Symbolique
Le symbolisme de l'arbre possède une part d'ambivalence. Il semble que dès l'origine l'Arbre de Vie exprime une image androgyne. Dans les Chroniques d'Alexandre de Jean Wauquelin (Bruges, XVe siècle), on trouve les Arbres du Soleil et de la Lune, parfois sexués, associés peut-être aux trois âges de la vie, à la condition humaine, à la naissance et à la mort. Alexandre le Grand et l'Arbre qui Parle, à la fois mâle et femelle, se retrouvent dans le manuscrit Shah Namêh du poète persan Firdawsi (Xe siècle, version XIVe siècle) et dans l'Arbre Waq Waq qui parle, inspiré de Qazvini (XIIIe siècle), manuscrit safavide (XVIe siècle, Iran ancien). Dans l'univers des symboles, le tronc de l'arbre qui s'élève vers le ciel évoque une force et une puissance phallique et solaire qui féconde le monde, un thème présent dans l'iconographie alchimique de l'Arbre-Athanor. L'Arbre de Vie, tel que représenté dans la fresque "Entre Attente et Accomplissement" de Gustav Klimt (1905-1909, Palais Stoclet, Bruxelles), illustre également cette richesse symbolique.
L'Arbre et l'Immortalité : De l'Antiquité aux Traditions Spirituelles
L'ARBRE COSMIQUE #1 Origine et Chamanisme
En Iran, dans la mythologie perse, l'immortalité réside dans la sève de la plante sacrée Haoma. En Mésopotamie, l'arbre sacré se rattache aussi au thème de l'immortalité, comme le montre un sceau mésopotamien dit de Gilgamesh, l'Arbre-pilier sacré et le héros en quête d'immortalité (Syrie, IIe millénaire avjc). Le plus souvent, les compositions s'appuient sur la symétrie des motifs ou des personnages autour de l'axe central formé par l'arbre de vie, soulignant cette quête d'immortalité, également présente dans l'épopée de Gilgamesh. Dans la tradition chinoise, la déité taoïste Hsi Wang Mu et la pêche d'immortalité (détail d'une porcelaine, dynastie Qing, XVIIIe siècle) rappellent que le Kunlun apparaît comme un lieu mythique où croissent les herbes d'immortalité et les pêches de longue vie.
L'Arbre de Vie dans la Tradition Judéo-Chrétienne
L'Arbre de Vie évoque également la manifestation divine dans la tradition judéo-chrétienne. La Légende Dorée de Jacques de Voragine, s'inspirant de l'Évangile apocryphe de Nicodème, raconte « l'histoire de la Vraie Croix », dont l'origine remonte aux commencements bibliques. Dans cette narration, l'archange Michel donne à Seth, fils d'Adam, une graine de l'Arbre de Vie qu'il dépose dans la bouche de son père disparu, comme le dépeint la mort d'Adam dans les fresques de Piero della Francesca (1452-1466, basilique San Francesco d'Arezzo).

L'arbre qui pousse sur le tombeau d'Adam est d'abord abattu sur ordre du roi Salomon pour servir à la construction du pont Siloé. Mais la reine de Saba rend visite à Salomon et découvre la poutre de bois sacré. Plus tard, à Jérusalem, les Romains découvrent la poutre de Saint Bois dans la piscine probatique. On utilise son bois pour élever les trois croix sur lesquelles Jésus et les deux larrons sont crucifiés. Les bassins de la piscine probatique, à la Porte des brebis, sont alors destinés aux ablutions rituelles et aux animaux qui seront sacrifiés au Temple, notamment pour La Pâques. Les récits légendaires racontent encore que c'est Hélène, la mère de Constantin, empereur converti au christianisme, qui est à l'origine de l'Invention de la relique de la Vraie Croix. Lors d'un pèlerinage, Hélène redécouvre les trois croix à Jérusalem, sous un temple consacré à la déesse Vénus. Parmi les trois croix de bois, on identifie la Vraie Croix grâce à une résurrection miraculeuse. La Vraie Croix devient source de miracles, avant d'être dérobée, au VIIe siècle, par le roi perse, Chosroès II, puis ramenée à Jérusalem par l'empereur Héraclius. Parmi les thèmes et l'iconographie chrétienne, on rencontre aussi le motif de la croix feuillue ou de l'arbre-croix. Son graphisme en Y évoque à la fois la Dualité et l'Unité, une symbolique qui rejoint celle de l'échelle. L'image de l'arbre exprime à la fois les principes cycliques d'ascension, de descente, de réciprocité, sur le plan universel comme sur le plan individuel. L'Arbre de Vie - Arbre Croix de Taddeo Gaddi (1330 apjc, fresque, Florence, Santa Croce, Italie) illustre cette convergence symbolique.
Arbre de Vie et Arbre de la Connaissance
L'Arbre de Vie et l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal : les deux facettes d'un même principe ? Le Jardin d'Éden et la chute de l'Humanité, dépeints par Pierre Paul Rubens et Jan Brueghel l'Ancien (début XVIIe), sont des représentations emblématiques de cette dualité. Croquer la pomme, juteuse, sucrée, gorgée de soleil ne laisse pas souvent le loisir de réfléchir à l'histoire du fruit, à celle des variétés de pommes ou à la généalogie des pommiers. Pourtant, une équipe de l'IRHS a remonté le temps pour éclaircir ces mystères.
La Généalogie des Pommiers : Une Rétrospective Scientifique

Les variétés du « bon vieux temps », celles de nos grands-mères et grands-pères : d’où viennent-elles ? La guerre des Gaules et l’extension de l’Empire romain ont favorisé la diffusion des premières variétés de pommiers domestiques, elles-mêmes issues de la domestication du pommier sauvage Malus sieversii, qui pousse naturellement au Kazakhstan et en Chine occidentale (Giraud et al. 2014). Les premières variétés se sont croisées entre elles ou avec le pommier sauvage européen Malus sylvestris. Les Gaulois, devenus Francs, puis Français, n’ont retenu que les descendants qui les intéressaient le plus au niveau agronomique et gustatif.
Caractériser la Diversité Génétique des Vieilles Variétés
À l’Inrae d’Angers, des recherches visent à caractériser la diversité génétique qui se cache dans les vieilles variétés en utilisant les marqueurs moléculaires de type microsatellites (Durel 2016). Ces marqueurs ont d’abord permis de montrer les relations de synonymie entre des variétés collectées dans des régions parfois très éloignées, mais aussi de confirmer que l’échange de matériel végétal a généré un « flux de gènes » important entre des variétés d’origines géographiques diverses (Urrestarazu et al. 2016). Grâce à ces marqueurs, des relations de parenté ont pu être détectées et confrontées aux références bibliographiques disponibles.
Ce sont surtout les marqueurs de type SNP (polymorphisme de bases nucléotidiques de l’ADN) qui ont permis une meilleure connaissance des relations parent-enfant entre variétés. Ainsi, plus de 250 000 marqueurs balisant l’ensemble du génome du pommier ont été analysés sur plus de 1 400 variétés, majoritairement européennes et anciennes. Ce véritable scan du génome de chacune de ces variétés a permis d’évaluer de façon quasi certaine si deux variétés présentaient une relation parent-enfant (Muranty et al. 2020). Les méthodes de recherche de parenté mises en œuvre sont similaires à celles développées par la médecine légale. En partant des situations où les deux parents d’une variété (enfant) pouvaient être détectés, il a été possible d’« orienter » et d’agréger progressivement les générations successives à l’arbre généalogique des variétés plus récentes de pommiers. Les dates de première description de certaines variétés, référencées dans les livres spécialisés de pomologie, ont pu aider dans certaines situations. Les résultats obtenus présentent une valeur historique et patrimoniale indéniable, permettant de porter un regard nouveau sur l’histoire de la sélection empirique, puis volontaire, du pommier au cours des siècles passés.
La Place Prépondérante de la 'Reinette Franche'
La place d’une variété très ancienne nommée ‘Reinette franche’ (ou encore ‘Reinette de Normandie’) a surpris les chercheurs. Elle a été identifiée comme parent direct de 66 autres variétés et comme grand-parent, ou arrière-grand-parent, ou arrière-arrière-grand-parent… de plus de 170 autres variétés. Au total, elle se retrouve dans la généalogie de 18 % des variétés analysées, ce qui est considérable. Ces résultats confirment donc ce qu’écrivait, en 1873, le fameux pépiniériste angevin André Leroy dans son Dictionnaire de pomologie : ‘Reinette franche’ est « la mère d’un nombre considérable de variétés de pommes ». Le naturaliste allemand Julius Mayer considérait, dès le XVIIe siècle, que l’épithète ‘franche’ se référait à la France et que cette variété était à l’origine de très nombreuses variétés françaises de type ‘reinette’. André Leroy cite encore Charles Estienne qui, en 1540, décrit la ‘Pomme de Renette’ (autre synonyme de ‘Reinette franche’) comme originaire de Normandie au début du XVIe siècle (ou avant). Dans les descendants directs ou indirects de ‘Reinette franche’, on retrouve par exemple la fameuse ‘Reine des reinettes’, la variété suisse ‘Rose de Berne’, la variété belge ‘Président Roulin’, ou encore les variétés américaines ‘Jonathan’ et ‘Melrose’ ou australienne ‘Democrat’.
D'Autres Variétés Anciennes et leurs Relations Intriguantes
D’autres variétés très anciennes occupent aussi une place majeure pour leur nombre de descendants sur une ou plusieurs générations comme ‘Reinette des Carmes’, ‘Margil’, ou encore ‘Grand Alexandre’. Le croisement entre ‘Reinette franche’ et ‘Reinette des Carmes’ (synonyme ‘Reinette rousse’, XVIIe siècle) a donné la fameuse variété ‘Reinette de Hollande’ (ou ‘Reinette carminée de Hollande’, début-milieu du XIXe siècle), qui a elle-même généré de très nombreux descendants. Cependant, ses deux variétés sœurs (‘Mabbott’s Pearmain’ et ‘Adams’s Pearmain’) n’ont généré aucun descendant dans l’échantillon des 1 400 variétés étudiées : un mystère de la génétique et de la sélection.

La variété ‘Margil’ (synonyme ‘Reinette Musquée’, ou ‘Muscadet’ ; déjà décrite en 1608 par Olivier de Serres) s’est surtout développée au Royaume-Uni, mais proviendrait également de Normandie d’après André Leroy. Les analyses ont pu montrer que la fameuse variété anglaise ‘Cox’s Orange Pippin’ descendait directement de ‘Margil’, de même qu’une autre variété anglaise triploïde bien connue : ‘Ribston Pippin’. Ces analyses ont ainsi permis de contredire de façon catégorique l’hypothèse selon laquelle ‘Ribston Pippin’ aurait donné naissance à ‘Cox’s Orange Pippin’. La relation de parenté existe bien entre ces deux variétés, mais à travers leur parent commun ‘Margil’, et non au travers d’une relation parent-enfant. Les chercheurs ont même pu montrer que la nature triploïde (3n) de ‘Ribston Pippin’ proviendrait d’un gamète non-réduit (2n) de ‘Margil’ et d’un gamète réduit (n) d’une autre variété anglaise : ‘Nonsuch Park’.
Enfin, la vieille variété russe ‘Grand Alexandre’ (synonyme ‘Aport’ ou ‘Aporta’ ; vers 1700) a, elle aussi, donné de très nombreux descendants (plus de cent!) sur plusieurs générations, dont ‘Cox’s Pomona’ ou ‘Peasgood’s Nonsuch’ au Royaume-Uni, ‘Reinette de Landsberg’ en Allemagne, ‘Signe Tillisch’ au Danemark, ou encore ‘Bismarck’ en Australie. De nombreuses autres relations d’apparentement ont été dévoilées grâce à cette étude, dont certaines intrigantes, comme celle de la fameuse ‘Transparente blanche’ (synonyme ‘Papirovka’, Pays Baltes, vers la moitié du XIXe siècle) issue du croisement entre une variété suédoise ‘Aspa’ et la variété ‘St-Germain’.
Finalement, ces recherches apportent un regard renouvelé sur la sélection des pommes anciennes. Les prochaines étapes consisteront à étudier la transmission des gènes depuis les variétés « fondatrices » (très anciennes) jusqu’aux hybrides élites en cours de sélection dans les programmes d’amélioration modernes. La lecture du passé vient ainsi apporter un nouvel éclairage à la génétique du futur.
L'Arbre Généalogique : Reflet de l'Histoire Familiale
L'ARBRE COSMIQUE #1 Origine et Chamanisme
Le motif de l’arbre de la famille plonge ses racines dans une riche thématique biblique et iconographique. Depuis l’Antiquité, la métaphore végétale est courante pour symboliser la fécondité familiale. « Depuis l’Antiquité, médecins, naturalistes et philosophes se sont plu à chercher les correspondances entre l’homme et l’arbre, à mettre en parallèle la sève, les branches, la verticalité et la recherche de la lumière du second avec le flux du sang, le développement des membres, l’aspiration à la perfection proprement humains. Qui plus est, par une autre métaphore végétale, l’arbre a servi pendant des siècles à représenter le grand corps qu’est un lignage, une descendance. Comme l’arbre, une famille naît, elle s’épanouit, se ramifie, elle se dessèche. Ainsi, toute parenté s’exprime-t-elle à la manière des branches d’un arbre dont chaque fruit est une personne de la famille. » La représentation de la famille sous la forme d’un arbre généalogique est un motif relativement tardif, qui ne s’épanouit véritablement qu’à partir du 16e siècle.
Les Origines de l'Arbre Généalogique
La métaphore végétale s’est d’abord appliquée au Christ et à sa famille. À l’époque romane, et encore au 13e siècle, le Christ est crucifié sur un arbre verdoyant ou fleuri. Au 15e siècle, il est crucifié sur une vigne ou pressé au pressoir telle une grappe de raisin. Au début du 12e siècle, la parenté du Christ prend la forme de l’arbre de Jessé : depuis le corps de Jessé, personnage biblique, endormi, surgit le tronc de la famille de Marie, qui fait de la Vierge une descendante de David. Au sommet de l’arbre de Jessé, telle une fleur incomparable, s’épanouit le buste de la Vierge tenant son Enfant dans les bras. Du sang royal coule donc dans les veines de Jésus. L’arbre de Jessé, bible des Capucins (XIIe siècle, art médiéval, France) et l’ivoire de Bamberg (vers 1200, Allemagne, art médiéval) sont des exemples notables. Parmi les illustrations du commentaire de saint Jérôme sur Isaïe, une image montre l’arbre émergeant du flanc de Jessé. Marie semble émerger de la ramure de l’arbre qui jaillit du ventre de Jessé. L'Arbre de Jessé de Jacques de Besançon (XVe siècle), inspiré par la Légende Dorée (XIIIe siècle) de Jacques de Voragine, illustre 43 générations. À l’origine, cette filiation charnelle menait de Jessé à Joseph, père de Jésus… avant de mener de Jessé à la Vierge Marie, mère du Christ et affiliée à la lignée de David.
Le modèle de l’arbre de la parenté du Christ, l’arbre de Jessé, a d’abord été appliqué aux familles royales. Cet arbre de Jessé est un des ancêtres de l’arbre généalogique : ce dernier lui doit son arborescence. Inspirés par le motif de l’arbre de parenté du Christ, les familles royales, dès le 14e siècle, puis aristocratiques dès le 15e siècle, s’attachent à faire dresser le leur. Mais la représentation de la famille « ordinaire » sous la forme d’un arbre généalogique est un motif relativement tardif, qui ne s’épanouit véritablement qu’à partir du 16e siècle. Le succès de l’arbre généalogique s’affirme à cette date ; sa diffusion débute dès la fin du 15e siècle par le biais des spectacles urbains donnés lors des entrées royales. Ainsi, pour l’entrée royale de Charles VIII, alors âgé de 14 ans, on avait dressé à Paris un échafaudage en forme d’arbre sur les branches duquel étaient assis des enfants jouant le rôle des membres de la lignée de saint Louis au nouveau roi.
En effet, d’autres types de motifs avaient eu la faveur des hommes du Moyen Âge et des représentations de la généalogie existaient bien avant, mais elles étaient fondées sur d’autres métaphores : celle du corps humain et de ses membres (on parle encore des « membres » d’une même famille), celle d’une maison (on parlait de la « maison » d’un prince pour décrire sa famille), et enfin celle d’une chaîne dont chaque anneau, souvent prétexte à un portrait en médaillon, figurait un membre de la famille. L’arbre généalogique a également pour antécédent le motif clérical de l’arbre de consanguinité, qui veut représenter concrètement les différents membres de la famille afin de mieux expliquer aux familles les interdictions de mariages entre membres trop rapprochés : la crainte de l’inceste est au cœur des préoccupations des clercs médiévaux. Au haut Moyen Âge, l’interdiction de mariage valait jusqu’à la septième génération ; à partir de 1215, il ne vaut plus que jusqu’à la quatrième.
Réaliser son Arbre Généalogique
Le 24 juillet, c’est la fête des cousins et des cousines ! L’occasion de se retrouver en famille et d’en apprendre plus sur vos ancêtres. Peut-être même de faire un arbre généalogique ! Ce travail d’enquête est passionnant. C’est une représentation, sous forme d’arbre, de tous les membres d’une famille au fil des siècles. Dans un arbre généalogique, les plus jeunes sont en bas, sur le tronc. Pour certaines personnes, c’est un loisir. Elles sont curieuses de savoir qui étaient leurs ancêtres. Elles se demandent s’il y avait dans leur famille une personne célèbre ou venant d’un autre pays ? Pour d’autres, c’est une obligation. Mais dans tous les cas, réaliser son arbre généalogique n’est pas facile : il faut faire de nombreuses recherches. D’abord, demander aux grands-parents de raconter leurs souvenirs, et regarder dans les papiers et les photos de famille. Puis, pour remonter plus loin dans le temps, contacter les mairies ou un centre d’archives. Ces services d’État conservent des documents prouvant les naissances, les mariages, les décès. On peut aussi rechercher sur Internet : des sites donnent des conseils et permettent d’accéder à des archives.
L'Arbre : Une Définition et une Typologie Essentielle

Présent sur terre depuis 370 millions d’années, l’arbre a façonné notre monde : il est essentiel à la vie ! Il est marqué d’une forte symbolique à travers les âges car il nous fournit nourriture, matériau de construction, combustible, papier, crayon, caoutchouc, parfums, médicaments, etc., sans oublier une grande partie de l’air que nous respirons. L’arbre retrouve une place médiatique centrale tant pour de tristes raisons comme tous ces incendies géants (Californie, Australie, Brésil, Afrique), que de bonnes, la découverte récente des réseaux d’échanges, d’alertes et de coopération entre eux, et surtout leur formidable capacité de puit à carbone.
Qu'est-ce qu'un Arbre ?
L’arbre appartient au règne végétal. Il se distingue généralement des autres végétaux par sa tige ligneuse autoportante, épaisse et rigide : le tronc. Nu ou recouvert d’une couche protectrice (l’écorce), il est sans ramification dès sa base. Il possède des racines souterraines qui s’étendent à la verticale ou à l’horizontale. Sa partie supérieure est formée de branches ramifiées. Celles-ci portent le feuillage qui, selon l’espèce, prend des formes différentes - feuilles, aiguilles, écailles -, le tout formant la couronne nommée aussi houppier. Fleurs et fruits assurent son cycle de vie. Les arbres sont également caractérisés par leur hauteur. Est donc considéré comme un arbre le végétal ligneux qui atteint une hauteur d’au moins 5 mètres, dans de bonnes conditions, durant sa croissance ou à maturité. Si les arbustes sont également des plantes à bois, ils sont plus petits et sans couronne. En revanche, le bambou et le palmier, non ligneux, y sont intégrés en raison de leur hauteur. L’arbre croît en hauteur mais aussi en épaisseur : les troncs et les branches grossissent au fil du temps, en augmentant l’espace aérien occupé. Enfin, l’arbre peut atteindre une longévité exceptionnelle, variable de quelques dizaines d’années à plusieurs millénaires selon l’espèce et la qualité de l’environnement.
Les Différents Types d'Arbres
Les arbres sont présents sur tous les continents, avec plus de 100 000 espèces différentes. On peut classer les essences de bois en deux catégories : les arbres feuillus et les arbres résineux. Certains ont un feuillage caduc, qui tombe chaque année à l’automne, tandis que d’autres sont pourvus d’un feuillage persistant.
L'Arbre Résineux : Définition
Communément appelés conifères et appartenant à la famille des gymnospermes, les arbres à bois résineux sont les plus anciens, apparus il y a 300 millions d’années. Ils tirent leur nom de leurs fruits en forme d’épi ou de cône et de la résine sécrétée par leurs cellules. Ils ne font pas de feuilles mais des aiguilles ou des écailles. En Europe, les plus communs sont le pin (pin douglas, pin maritime, pin sylvestre), le sapin, le mélèze, l’épicéa, l’if, le cyprès et le cèdre.
L'Arbre Feuillu : Définition
Plus récents que les résineux (140 millions d’années), les feuillus appartiennent à la famille des angiospermes. La sève remonte des racines jusqu’à la pointe des feuilles par des vaisseaux. Les feuilles sont caduques pour la plupart des espèces. En Europe, les plus connus sont le chêne, le peuplier, le platane, le hêtre… mais aussi les arbres fruitiers (châtaignier, pommier, prunier…).
D'Autres Types d'Arbres Notables
- L'arbre mellifère en fleurs attire les abeilles et contribue ainsi à l’activité de cet insecte essentiel. L’aulne, le saule pleureur, l’érable, le frêne, le robinier et bien d’autres, avec la plupart des arbres fruitiers, sont des arbres mellifères.
- L'arbre à pain, qui pousse dans les îles de l’Océanie, est cultivé depuis des millénaires pour ses fruits nourrissants riches en glucides. Il a été importé aux Antilles, à Madagascar et en Afrique Subsaharienne.
- L'arbre rare (ou arbre remarquable) est une appellation commune à des types d’arbre très spécifiques. Comme le nom l’indique, on ne les trouve pas partout. C’est pourquoi ils sont très appréciés comme arbres d’ornement dans la création de jardins et d’espaces verts originaux.
Une Terminologie Répandue et Fortement Symbolique
Peut-être au bord de la page, avez-vous un menu en “arborescence” ? Et qu’en est-il de votre arbre généalogique ? L’arbre de vie, avec ses déclinaisons en arbre de la Connaissance (Genèse) et arbre du monde, symbolise l’ancrage par ses racines et le développement de la vie. On le retrouve dans de nombreuses civilisations, croyances et religions du monde entier. Saint Louis rendait justice sous un chêne, les Scandinaves ont prié Yggdrasil, l’arbre monde. En Afrique francophone, l’arbre à palabre est le lieu de rassemblement, matérialisé par la présence d’un grand arbre feuillu dont l’ombre facilite les longs échanges. En mécanique, l’arbre est une pièce de forme cylindrique : arbre de transmission, arbre à came, arbre de renvoi… Il transmet la puissance, le couple et le mouvement.
L'Importance des Arbres pour la Planète

Une publication dans la revue américaine Nature estime à 3000 milliards le nombre d’arbres sur Terre en 2015. Chaque arbre abrite un véritable écosystème. Il est peuplé d’insectes, d’oiseaux, d’autres espèces végétales, de champignons qui vivent en symbiose ou l’occupent en parasites. Une fois mort, il se transforme en un terreau très riche. Les arbres sont donc essentiels au maintien de la vie et de sa diversité. Ils constituent également un poumon vert, indispensable au cycle du carbone. Par photosynthèse, les arbres captent le CO2, gardent le carbone nécessaire à leur croissance et restituent l’oxygène dans l’atmosphère terrestre. La reforestation et le reboisement sont les principaux projets de compensation carbone volontaire ou réglementée.
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