La culture des tomates est un processus délicat qui nécessite une irrigation précise pour garantir une croissance saine et un rendement maximal. L’arrosage des tomates peut devenir une vraie corvée. Outre le temps passé à arroser unitairement chaque pied de tomates (ce qui prend un max de temps), vient s’ajouter les attaques des moustiques. L’arrosage est fait lorsque le soleil n’est pas loin de son lit, à l’heure du repas de ces détestables insectes. Pour remédier à cela, il est essentiel de mettre en place un système d’arrosage automatisé pour se faciliter la vie.

Les méthodes d'irrigation : comprendre les alternatives
L'irrigation par sillons
Il s’agit d’une méthode traditionnelle qui consiste à creuser de petits canaux ou sillons entre les rangées de plants de tomates, afin de permettre à l’eau de s’écouler et d’atteindre la zone racinaire. Bien que peu coûteuse, l’irrigation par sillons peut entraîner un gaspillage d’eau dû à l’évaporation et au ruissellement.
L’irrigation par aspersion
L’eau est distribuée par un réseau de tuyaux et d’arroseurs, souvent par le biais d’un pivot central ou d’un système d’irrigation à déplacement latéral, ce qui permet d’obtenir une couverture uniforme du champ. L’irrigation par aspersion peut être plus efficace que l’irrigation par sillons, mais elle peut augmenter le risque de maladies du feuillage en raison de l’humidité des feuilles. Malgré une meilleure uniformité de la distribution de l’eau, l’irrigation par aspersion arrose inévitablement l’ensemble du champ, sans tenir compte des rangées de plantes elles-mêmes ou de la zone racinaire concernée.
L'arrosage manuel à l'arrosoir
Méthode peu onéreuse, sans installation, l’arrosoir est une bonne méthode pour arroser vos tomates. Généralement, ils contiennent 10 L d’eau. Cela permet d’avoir une idée de ce que l’on apporte à chaque pied. Petit souci de l’arrosoir, si vous avez un grand jardin, cela prend du temps. On va donc essayer de répartir des cuves à eau le plus possible dans le jardin afin d’éviter les allers-retours incessants.
Le système goutte à goutte : la solution de référence
Le système d’arrosage le plus adapté pour la culture de la tomate est sans nulle doute le système goutte à goutte (micro-irrigation). Car il permet d’arroser efficacement et uniquement les pieds de tomates. Pour rappel, il ne faut pas arroser les feuilles des tomates sous peine de favoriser le développement de maladies fongiques. Ce système permet d’arroser aux pieds ou à bonne distance les plants de tomates, évitant ainsi l’asphyxie racinaire.
Avantages de la micro-irrigation
Les systèmes d’irrigation goutte à goutte permettent d’économiser jusqu’à 50 % d’eau par rapport aux méthodes d’irrigation traditionnelles. Grâce à des goutteurs à faible débit, l’eau est appliquée en fonction des besoins des plantes et exactement là où elle est nécessaire. Des études ont montré que l’irrigation au goutte-à-goutte peut augmenter le rendement des tomates de 20 à 90 %, en fonction de la région et des conditions de culture.
Installer un système goutte-à-goutte pour potager - Truffaut
Évolution et conception du circuit d'arrosage
Du serpentin au montage en peigne
L’évolution majeure du système d’arrosage des tomates est la forme du circuit. Il est préférable de modifier le circuit en forme de peigne et non plus en serpentin. Le fait que le circuit soit en peigne donne une irrigation plus homogène pour les plants de tomates. Il permet de baisser la pression et donc un goutte à goutte plus lent, tout en limitant les pertes d’eau entre les rangs.
La gestion des goutteurs : externes vs intégrés
- Goutteurs externes : Ils offrent une flexibilité totale. On peut choisir la distance entre chaque goutteur. L’inconvénient, c’est l’installation car il faut le monter en assemblant des morceaux de tuyaux, des goutteurs, des T pour changer de direction.
- Goutteurs intégrés : L’installation est très simple puisqu’il s’agit d’un seul tuyau. C’est un système plus facile à installer, mais la distance entre les plants doit être bien régulière et du même écartement que les goutteurs sous peine de ne plus arroser les plants.
Installation technique et maintenance
La question de la pression et du débit
Il faut suffisamment de pression si le nombre de plants est élevé. Prévoir 2 entrées d’eau pour une pression identique dans tout le circuit. Le système de filtrage est l’élément principal d’une installation goutte à goutte : il protège le système contre l’occlusion et garantit que chaque goutteur délivre le débit nominal prévu par projet. Pour les tomates industrielles, le débit de chaque goutteur est compris entre 0,8 et 1,5 litres/heure avec un espacement de 30/40 cm.
Automatisation et programmation
Investir dans un programmateur pour arrosage automatique est crucial. Cela évite d’oublier l’arrosage pendant toute une nuit par exemple. Les programmateurs, qu’ils soient solaires ou électriques, offrent la possibilité de personnaliser l’irrigation en fonction des besoins spécifiques de votre jardin.

Besoins hydriques et physiologie de la tomate
Les besoins en eau de la tomate sont très élevés, l’apport total varie en effet entre 5000 et 7000 m3/Ha. Ces apports doivent être interprétés en fonction des tendances climatiques saisonnières et des objectifs productifs.
La gestion des stades phénologiques
- Début de saison : En évitant de trop arroser les premières semaines, on encourage la tomate à s’installer afin qu’elle puisse d’elle-même aller chercher l’eau en profondeur.
- Période de production : Les besoins augmentent à partir de la formation du troisième bouquet floral. À ce stade, les besoins moyens oscillent entre 200 et 300 mL par jour.
- Fortes chaleurs : Lorsque les fortes chaleurs estivales arrivent, la tomate consomme 600 à 700 mL par jour.
Éviter les erreurs classiques
L’arrosage irrégulier aura souvent pour impact deux soucis : l’enroulement des feuilles et la maladie du cul noir. Ces problèmes sont en réalité dus à une mauvaise assimilation du calcium par les tomates qui résulte d’une mauvaise gestion de l’arrosage. Trop ou trop peu, essayez d’apporter ce dont chaque pied a besoin.
Fertirrigation : optimiser la nutrition
La fertirrigation joue un rôle primordial dans la maturation des tomates, grâce à la translocation des sucres aux baies pendant la dernière partie du cycle végétatif. Elle augmente également la résistance des plantes à la sécheresse, améliore l’activité photosynthétique et la prolifération racinaire. Avec l’application de systèmes de fertirrigation, on améliore la production brute vendable de l’ordre de 20 % par rapport aux méthodes classiques.
Solutions alternatives : les oyas et l'enterrement de bouteilles
Pour arroser vos tomates en profondeur, vous pouvez enterrer des bouteilles en plastique aux pieds de vos tomates dès la plantation. On viendra couper le fond de la bouteille et faire quelques petits trous autour du goulot. Elles seront positionnées bouchon vers le bas. On pourra ensuite venir arroser nos tomates directement en profondeur et ainsi limiter l’évaporation d’un goutte-à-goutte en surface. Bien que cette méthode soit peu onéreuse, elle reste assez chronophage si le nombre de plants est élevé. De même, les oyas (terres cuites) permettent d'arroser par capillarité, une solution intéressante mais qui demande un investissement initial.
Conseils de mise en œuvre pour le jardinier
L’arrosage est une étape essentielle pour maintenir un jardin en bonne santé, qu’il s’agisse de tomates, de fleurs ou d’arbres fruitiers. Le choix du tuyau d’arrosage commence par la détermination de la longueur et du diamètre adaptés à votre jardin. Pour les jardins de petite à moyenne taille, un tuyau de 25 mètres suffit généralement. Pour ceux qui souhaitent automatiser leur système, les électrovannes et les programmateurs sont des pièces supplémentaires incontournables. Adoptez des pratiques de jardinage durable en conservant l’eau, en favorisant la biodiversité et en utilisant des systèmes qui minimisent l’empreinte écologique et le gaspillage des ressources. En intégrant ces astuces dans votre routine, vous participerez activement à la prospérité de vos plantes tout en contribuant à la préservation de l’environnement.