
L'arrosage automatique s'est imposé comme un élément clé de l'entretien des espaces verts, offrant une solution à la fois efficace et économique pour répondre aux besoins hydriques des plantes. Qu'il s'agisse d'un gazon luxuriant, d'arbustes florissants ou d'arbres majestueux, un système bien conçu permet d'optimiser la consommation d'eau tout en garantissant la santé et la vitalité de la végétation. Pour les jardiniers, c'est la fin de l'arrosage manuel, permettant ainsi de se sentir bien mieux et, de surcroît, de réduire la consommation d'eau.
Avant de se lancer dans l'installation d'un système d'arrosage automatique dans un jardin, de nombreux facteurs doivent être pris en compte. Il est tout d'abord essentiel de calculer la surface de terrain à arroser. Ensuite, le débit et la pression de l'eau disponible doivent être évalués. Enfin, les attentes en termes de programmation et le budget alloué sont des éléments déterminants. L'installation d'un tel système, surtout pour un jardin aux configurations complexes ou présentant des contraintes techniques spécifiques, est une spécialité qui peut même faire l'objet d'un certificat de spécialisation. Cet article a pour but de fournir les bases essentielles pour aborder sereinement l'installation d'un système d'arrosage automatique.
Comprendre les fondamentaux : Pression et Débit
La pression et le débit sont les deux paramètres cruciaux pour le bon fonctionnement de tout système d'arrosage automatique. Chaque système d'irrigation est conçu pour prendre une quantité d'eau prédéterminée et la distribuer uniformément à un débit et une pression spécifiques. Pour cette raison, le contrôle de la pression du système est crucial. L'arrosage est une étape primordiale dans l'entretien d'un jardin. Cependant, cela peut être une tâche un peu fastidieuse. L'installation d'un arrosage automatique peut simplifier l'entretien du terrain tout en garantissant une irrigation efficace de la pelouse. La première étape dans la création d'un plan d’arrosage automatique est de comprendre les besoins en eau du jardin. En effet, il faut donc prendre en compte les besoins des différentes plantes ou fleurs, du potager, des arbres ou encore de la pelouse présente sur le terrain. Certaines plantes auront besoin d’un arrosage plus fréquent que d’autres.
Le Débit en Eau : Calcul et Importance
Le débit en eau est un élément fondamental à connaître pour dimensionner correctement son installation. Il représente la quantité d'eau qui s'écoule par unité de temps. Pour calculer le débit d'eau de votre installation, il est conseillé d'utiliser la formule suivante : (Contenance en litre / Temps en secondes) x 3,6 = débit en mètre cube/heure.
En d'autres termes, la procédure est la suivante :
- Prenez un seau d'une contenance de 10 litres.
- Allumez le robinet qui servira à alimenter votre système d’arrosage et remplissez le seau.
- Veillez à bien fermer tous les autres robinets afin de réussir au mieux cette étape.
- Calculez les secondes nécessaires pour remplir le seau afin d'obtenir le débit en litre par seconde.
- Convertissez ensuite cette valeur en mètre cube par heure.
Si ces étapes sont respectées minutieusement, vous aurez calculé le nombre de réseaux que vous devrez mettre en place pour l'installation de votre système d'arrosage. Le débit doit être supérieur à 1,5 m³/h et suffisant pour alimenter tous les dispositifs d'arrosage prévus à fonctionner en même temps. Une éventuelle insuffisance pourra être compensée par un réglage approprié de la programmation, par exemple, en alternant l'arrosage des différentes zones.
La Pression d'Eau : Mesure et Impact
La pression d'eau est tout aussi cruciale. Pour fonctionner de manière efficace, votre système d’arrosage automatique doit avoir une pression d'environ 2 kg/cm², ce qui correspond à 2 bars. Au-delà de 5 kg/cm², il sera nécessaire d'installer un réducteur de pression, car celle-ci sera trop forte. La pression idéale se situe entre 2 et 3,5 bars. En deçà, il sera difficile de faire fonctionner les asperseurs ; au-delà, un réducteur de pression ou des asperseurs à haute pression seront nécessaires.
Pour calculer la pression, utilisez un manomètre que vous brancherez directement sur votre robinet. Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez, vous adresser à votre compagnie des eaux. Il est impératif de déterminer la pression statique et le débit du réseau d'eau du client. Ces deux paramètres sont cruciaux pour le bon fonctionnement des composants du système d'arrosage, notamment les turbines et les tuyères.

Les Variations de Pression et leurs Causes
La régulation de pression est souvent un sujet mal compris. La pression a un impact direct sur le débit. Une variation de pression d'environ 20 % suffit pour créer une variation de débit d'environ 10 %. Par exemple, une variation de pression de 0,14 bar (2 psi) sur un arroseur conçu pour fonctionner à 0,69 bar (10 psi) équivaut à une variation de pression de 20 %. Les raisons les plus courantes de variations de pression dans le champ sont les différences d’élévation, l’activation/désactivation du canon final ou des corners sur un pivot central, et les zones d’arrosage dans une pépinière ou l’activation/l’arrêt de l’arrosage en plein champ. L'altitude est l'un des nombreux facteurs qui génèrent des fluctuations de pression. Dans les systèmes basse pression, la gestion de la pression est cruciale, car même une petite variation de pression peut avoir un impact significatif sur le débit d'application. Des pressions plus élevées augmentent le débit de n'importe quelle canalisation. Plus le débit augmente, plus la vitesse de l'eau augmente également.
Pertes de Charge
Il faut tenir compte des pertes de charge qui surviennent lors de la circulation de l'eau. Les pertes de charge linéaires, dues à la friction de l'eau contre les parois des tuyaux (environ 0,25 bars tous les 10 mètres de tuyau, dans un tuyau de 25 mm de diamètre, cas le plus courant), et les pertes de charge locales, causées par les coudes, les réducteurs et autres raccords, réduisent la pression disponible aux arroseurs. C'est pourquoi il est généralement conseillé de disposer d'une pression statique dans le système d'au moins 3,5 à 4 bars.
Les pertes de charge se calculent à partir de :
- La longueur du tuyau.
- Le diamètre intérieur du tuyau.
- La capacité de la pompe (débit d’eau par heure dans le tuyau).
Une longue distance, un petit diamètre intérieur et une puissante capacité de la pompe contribuent aux pertes de charge. La longueur requise pour le tuyau est un élément fixe. Si vous possédez déjà une pompe à eau et que vous ne souhaitez pas la remplacer, la seule solution est d’opter pour un tuyau plus large. Il est conseillé d’utiliser dans tous les cas un tuyau de jardin avec un diamètre intérieur minimal de 19 mm pour réduire la résistance du tuyau et pour bénéficier au mieux des performances de la pompe. Un tuyau d’arrosage trop étroit (par exemple, un tuyau de 13 mm) développe une importante résistance dans la conduite, empêchant la pompe de développer sa pleine capacité et pression.
La régulation de pression : des héros méconnus
Les régulateurs de pression sont les héros méconnus de votre système d'arrosage. Ces appareils ont pour but de maintenir les performances souhaitées du système. Un régulateur de pression de l'eau d'irrigation est capable d'ajuster automatiquement sa surface d'ouverture car l'eau entre dans l'appareil à des pressions fluctuantes.
Fonctionnement et Choix des Régulateurs de Pression
Les régulateurs de pression sont conçus pour fonctionner à un débit et à une pression spécifiques. Par exemple, le Senninger PSR-2 fonctionne avec un débit moyen de 114 à 3407 litres/heure (0,5 à 15 gpm) et peut supporter une pression d'entrée allant jusqu'à 8,96 bars (130 psi). Parfois, le choix du régulateur de pression peut être dicté par les raccords d'entrée et de sortie ou même par une caractéristique unique.
Il est important de noter que les régulateurs de pression requièrent au minimum 0,34 bar (5 psi) au-dessus du préréglage de la pression pour pouvoir réguler à cette pression. Les régulateurs de pression ne fonctionnent pas tant que la pression d'entrée ne dépasse pas la pression de fonctionnement nominale d'au moins 0,34 bar (5 psi) pour compenser la perte liée à la friction.
Types de Régulateurs et Caractéristiques Spécifiques
Senninger a créé son régulateur de filtre tout-en-un pour aider à prévenir le colmatage des petites buses sur les premières sections d'un pivot central. Il associe la fiabilité des régulateurs de pression noirs et blancs de Senninger avec le choix de modèles d'écran en fonction de la taille de la buse. Les électrovannes limiteuses à régulation de pression sont conçues pour contrôler la pression lorsqu'il n'y a pas de débit d'eau dans l'appareil.
Pour les installations goutte-à-goutte, qui fonctionnent à des pressions relativement basses, la gestion de la pression est cruciale. Diminuer la pression pour le système goutte-à-goutte est une action simple. Il suffit d’installer un régulateur de pression avec ou sans filtre. Il réduit et maintient une pression hydraulique constante et sans variations dans les tuyaux du goutte-à-goutte. Selon le modèle, la pression définie peut être de 1, 1,2 ou 1,5 bar. Il est possible d’installer, à la place du réducteur de pression, une centrale d’irrigation qui fait office de réducteur de pression mais aussi de filtre.

Durée de Vie et Maintenance
Les régulateurs de pression sont conçus pour durer des années, mais les conditions dans lesquelles ils fonctionnent influencent leur durée de vie. Les régulateurs installés sur des systèmes qui fonctionnent pendant de longues heures tout au long de la saison s'useront plus rapidement que ceux installés sur des systèmes fonctionnant moins longtemps. Les régulateurs de pression Senninger sont composés de thermoplastiques de qualité industrielle, résistant aux chocs, mais comme les arroseurs, ils ne durent pas éternellement.
Le plus simple pour savoir si un régulateur de pression fonctionne comme prévu est d'observer votre système pendant qu'il fonctionne. Si un régulateur de pression fonctionne mal depuis un certain temps, vous pouvez également remarquer une croissance inégale des cultures à proximité du régulateur de pression, due à la probabilité que les arroseurs fonctionnent en dehors de leur fourchette de débit et de pression. Si vous souhaitez tester des régulateurs de pression individuels, le moyen le plus simple d'obtenir une lecture exacte est d'installer un manomètre de chaque côté du régulateur. Si un régulateur de pression fournit une pression de sortie nettement supérieure à sa capacité, il doit être remplacé.
L'hystérésis désigne l'écart de performance du régulateur de pression lorsque la pression d'entrée augmente ou diminue. Lorsqu'un régulateur de pression a une hystérésis très faible, cela signifie qu'il est capable de maintenir une performance très similaire, que la pression du système augmente ou qu'elle diminue. Aucun régulateur de pression n'est parfait, mais ceux capables de la plus grande précision maintiennent mieux la pression de sortie souhaitée. Par exemple, un régulateur de pression Senninger qui offre une précision de +/- 6 % régulera plus précisément qu'un régulateur de pression qui affiche une précision de +/- 12 %. Avec une précision de +/- 12 %, un régulateur de pression de 1,38 bar maintiendra la pression de sortie dans une fourchette de 1,20 à 1,54 bar (17,4 à 22,4 psi).
Il est toujours essentiel d'installer les régulateurs de pression en aval de tous les robinets d'arrêt dans le bon sens. Chaque modèle comporte une flèche directionnelle sur le côté indiquant le sens de l'écoulement.
La phase de conception et de préparation d'un système d'arrosage automatique
Une fois les contraintes hydrauliques établies, la phase de conception peut débuter. Cela implique la création d'un plan détaillé du jardin, sur lequel seront matérialisées avec précision les futures installations. Le piquetage, par exemple, permet de définir l'emplacement exact des regards qui abriteront les électrovannes et les purges, ainsi que la position de chaque arroseur.
Les plans : Une étape essentielle
Dans un premier temps, il vous faudra réaliser les plans pour votre jardin. À l’aide d’un décamètre, prenez les mesures de votre jardin et reportez-les sur un plan. Indiquez sur celui-ci toutes les informations nécessaires quant aux infrastructures déjà présentes dans votre jardin ou celles que vous souhaiteriez installer. Pensez aussi à renseigner l’inclinaison de votre terrain (pentes, dénivelées).
Dans un second temps, il vous faudra réaliser les plans pour l’installation de votre système d’arrosage. Pour ce point, vous pouvez faire appel à un distributeur à qui il faudra fournir le plan du lieu et du débit d’eau afin que l’installation soit la plus optimale possible. Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi vous lancer seul. Dans ce cas, indiquez les asperseurs et quadrillez la zone, puis tracez le réseau de tuyaux.
Il est indispensable de connaître le débit et la pression de votre installation d’eau domestique afin d’établir le plan de votre futur système d’arrosage intégré. L’hiver est la meilleure saison pour préparer l’installation d’un système d’arrosage intégré dans la pelouse. Mais avant de vous lancer dans ces travaux conséquents, il est important d’en prévoir la faisabilité et l’ampleur par une petite étude de projet.
Le système d'arrosage : Assemblage et Test
Vous devez maintenant assembler le réseau complet au sol. Pour ce faire, commencez par vous référer au plan. Placez les asperseurs sur votre pelouse et reliez-les à l’aide de tuyaux que vous aurez mesurés et coupés préalablement. Utilisez des T et des colliers pour le raccordement. Une fois le réseau installé, connectez-le à un tuyau d’arrosage branché et allumez l’eau. Constatez si, oui ou non, votre pelouse est arrosée comme vous le souhaitez. Si besoin, réajustez en orientant différemment les têtes des asperseurs. C’est le moment d’assembler au sol le réseau (en reliant les tuyaux aux asperseurs à l’aide de raccords) pour pouvoir le tester avant son enfouissement.
Les différents types d'arroseurs
L'arrosage automatique d'une pelouse nécessite l'installation d'un réseau intégré, c'est-à-dire enterré, commandé par un programmateur capable de gérer plusieurs réseaux de distribution. En effet, dès que la surface de gazon dépasse quelques centaines de mètres carrés, des problèmes de pression, de débit et de compatibilité entre les profils d'asperseurs (turbines ou tuyères) obligent à diviser la pelouse en différentes zones afin d’assurer un arrosage homogène et sans baisse d'intensité.
Selon la typologie des zones (pelouses, potager, verger, massifs de fleurs…), vous déterminez autant de lignes d'arrosage commandées chacune par une électrovanne, elle-même pilotée par un programmateur.
- La tuyère, escamotable, est idéale pour les plates-bandes, petites pelouses, arbustes.
- La turbine, ou arroseur à jet rotatif, également escamotable, convient pour les espaces verts plus grands.
- Le goutteur, raccordé ou intégré au tuyau, délivrera juste la quantité d'eau nécessaire au pied des plantations du potager ou d'un massif d'agrément.
- Le micro-asperseur sera plus particulièrement destiné aux massifs de fleurs.
Il est important de noter que les turbines et tuyères ne doivent pas être installées sur une même ligne d'arrosage du fait de leur différence de fonctionnement. Pour fonctionner correctement, les tuyères et les turbines d’aspersion ont besoin, en fonction de leur portée, d’une pression et d’un débit minimum, indiqués sur leur étiquette.
Calcul du taux d'application
Une formule simple permet de calculer le taux d’application pour les arroseurs. L’un des multiplicateurs de la moitié supérieure de l’équation correspond aux gallons par minute appliqués par les arroseurs. Pour convertir cette valeur en gallons par heure, nous devons multiplier par 60 minutes. Pour intégrer cela à la constante, nous multiplions 1,604 x 60 minutes et nous obtenons 96,3 pour la formule.
Étudions un exemple de calcul du taux d’application pour quatre arroseurs à impact en cercle complet. Chaque arroseur présente une portée du jet de 12 m à 3 bar, avec un débit de 1 m³/h. Chaque arroseur en cercle complet délivre seulement 1/4 de son débit dans la zone située entre les quatre arroseurs. Les 3/4 restants du motif de rotation de chaque arroseur sont pulvérisés en dehors de la zone. Avec un total de 1 m³/h par arroseur, seul 0,25 m³/h est pulvérisé par chaque arroseur dans la zone située entre eux. Lorsque quatre arroseurs fournissant 0,25 m³/h sont réunis, ils équivalent à un arroseur en cercle complet de 1 m³/h. Même si le schéma représente huit arroseurs, nous nous intéressons uniquement à la zone située entre quatre arroseurs adjacents. La valeur de 2 m³/h a été déterminée en additionnant la part du débit de chaque arroseur ayant contribué à la zone.
Lorsque chaque arroseur est configuré en demi-cercle, une moitié de son débit est pulvérisée dans le carré tandis que l’autre moitié est diffusée dans le motif voisin. Les arroseurs ont des secteurs de couverture fixes et certains disposent de débits proportionnels à la surface. Examinons le calcul du taux d’application pour quatre arroseurs situés dans l’angle d’une zone de pelouse. Calculer le taux d’application d’un espacement triangulaire est tout aussi simple que pour un espacement carré ou rectangulaire. Dans cet exemple, de grands arroseurs sont espacés de 21 m (d’une tuyère à l’autre) selon un motif triangulaire.
Un bon exemple illustrant l’utilisation de la méthode de bascule des motifs est l’espacement des arroseurs souvent conçu pour le champ extérieur d’un terrain de baseball. Le concepteur doit commencer par un espacement rectangulaire derrière la troisième base, puis, en suivant la courbe extérieure de la zone non gazonnée des lignes de base, passer graduellement à des motifs de parallélogramme puis de triangle derrière la seconde base, et revenir à nouveau à des motifs rectangulaires derrière la première base. Le moyen le plus simple de calculer le TA pour les motifs triangulaires est de les traiter comme des parallélogrammes, en utilisant quatre arroseurs au lieu de trois. Lorsque l'on examine le motif sous la forme d'un parallélogramme, on constate que deux des arroseurs contribuent moins au secteur (et diffusent donc une quantité moindre de leur débit dans la zone) que les deux autres.
Le programmateur : Chef d'orchestre des électrovannes
Le programmateur est le cerveau du système d'arrosage automatique. Pour les modèles fonctionnant sur secteur, il est préférable de les installer à l'intérieur, à l'abri des intempéries, bien que certains modèles avec transformateur intégré puissent être fixés sur un mur extérieur. Le câblage électrique entre le programmateur et les électrovannes 24V s'effectue à l'aide d'un câble U1000 R2V multibrins, doté d'une gaine en caoutchouc. Ce câble peut être enterré directement, mais il est fortement recommandé de le faire passer dans une goulotte pour une protection accrue. Au niveau des regards, les connexions électriques aux électrovannes doivent être réalisées avec des connecteurs étanches, idéalement imprégnés de graisse pour une meilleure isolation.
Le choix d'un bon programmateur pour un arrosage optimal, idéalement associé à une sonde de pluie, se fera en fonction de l'importance de l'installation et du niveau de confort d'utilisation souhaité :
- Les programmateurs et électrovannes à piles 9V peuvent s'installer dans des endroits enterrés, sur des terrains dépourvus d'alimentation électrique.
- Le programmateur centralisé, connecté au secteur et à autant d'électrovannes, peut piloter jusqu'à 22 lignes d'arrosage.
- Le programmateur « nez de robinet » régule un arrosage automatique localisé.
Pour un confort maximum, il existe des gammes qui permettent de programmer à volonté l'ensemble d'une installation via une application pour smartphones et tablettes, en Bluetooth ou en wifi.
Système d'irrigation automatique connecté pour plantes d'intérieur BWC-20.app [PEARLTV.FR]
L'installation finale : du creusement des tranchées aux réglages
La réalisation des tranchées et le choix des matériaux
Il est maintenant temps de creuser les tranchées dans votre pelouse et d’installer votre système d’arrosage ! Matérialisez l’emplacement de chaque élément sur la pelouse à l’aide d’une bombe de peinture. Sur 20 cm, découpez la pelouse et coupez les racines avec une bêche. Installez des bâches plastiques. À l’aide d’une bêche ou d’un creuse-tranchée, creusez des tranchées en V. Les parois doivent être inclinées et le fond doit être plat. Adaptez la profondeur de vos tranchées pour que les asperseurs soient bien installés. Ils se posent généralement au ras du sol.
L'installation des réseaux de canalisations nécessite la création de tranchées. Pour le réseau primaire, qui relie la source d'eau aux électrovannes, une profondeur d'environ 60 cm est recommandée. Le réseau secondaire, assurant la liaison entre les électrovannes et les arroseurs, nécessite une profondeur d'environ 40 cm. La largeur des tranchées doit être d'au moins 12 cm, et ne doit pas dépasser deux fois le diamètre de la canalisation. Il est essentiel de s'assurer que le fond des tranchées soit parfaitement nivelé pour éviter toute contrainte sur les tuyaux.
Deux principaux types de conduites sont couramment utilisés pour l'irrigation : le polyéthylène (PE) et le PVC. Les tubes en PVC, légers et faciles à poser grâce à leur système d'emboîtement ou de collage, présentent cependant une sensibilité accrue aux chocs et à l'écrasement. Les tubes noirs en PE, bien que plus lourds, offrent une meilleure résistance grâce à leur semi-flexibilité, les rendant plus aptes à supporter le gel, les chocs et l'écrasement.
La pose des canalisations et les techniques d'assemblage
Dans le fond des tranchées, disposez une couche de graviers d’environ 10 cm. Installez les tuyaux et connectez-les aux asperseurs. Réalisez le branchement aux électrovannes, puis au programmateur. Testez à nouveau votre installation. Recouvrez les tranchées d’une couche de gravier (environ 10 cm). Identifiez la zone à l’aide d’un grillage avertisseur bleu. Remettez les mottes de terre et damez. Semez du gazon par-dessus.
L'assemblage des tubes en PE se réalise généralement par serrage mécanique pour les diamètres inférieurs à 63 mm, à l'aide de raccords à compression (en plastique ou en laiton) ou de raccords encliquetables (droits, coudés ou en T). Pour des diamètres plus importants ou des applications industrielles nécessitant une grande fiabilité, l'électrosoudage est une technique plus sûre, bien qu'elle requière un équipement spécifique.
Lors du déroulage d'une couronne de tube PE, il est crucial de la faire rouler, en commençant par le tube extérieur, afin d'éviter toute torsion. Avant de commencer, il est conseillé d'obstruer l'extrémité du tuyau pour empêcher l'entrée d'impuretés. La coupe des tuyaux se fait généralement à la scie à métaux. Pour les gros diamètres, une étape de chanfreinage de l'extrémité et un ponçage à la lime ou au papier de verre sont nécessaires avant la mise en place d'un raccord.
Après le raccordement des tuyaux, une étape de mise en eau du système est indispensable. Cette opération permet de purger le réseau primaire de toutes les impuretés qui auraient pu y pénétrer et qui pourraient compromettre le bon fonctionnement des électrovannes.
L'installation des électrovannes et des regards
Le système d'arrosage automatique est généralement composé d'une électrovanne principale et d'une électrovanne secondaire pour chaque zone d'arrosage préalablement définie. L'ensemble de la robinetterie et des électrovannes doit être logé dans des regards. Les modèles rectangulaires sont souvent privilégiés pour leur praticité. La taille des regards est déterminée par le nombre d'électrovannes à installer. Il est important que les regards affleurent le niveau fini du sol après tassement, et que les électrovannes soient positionnées à une profondeur d'environ 40 cm.
Les turbines et les tuyères, éléments centraux de la diffusion de l'eau, se connectent aux tubes en PE à l'aide de Colliers de Prise en Charge (CPC) en PE. Avant de procéder à la pose définitive des arroseurs, une nouvelle mise en eau du système est nécessaire. Cette étape permet cette fois de purger les réseaux secondaires de toute impureté et, surtout, d'identifier d'éventuelles fuites au niveau des raccords.
Optimisation de la diffusion de l'eau : arroseurs et réseaux
La manière dont les arroseurs sont disposés sur le réseau est primordiale pour une couverture homogène. Sauf contre-indication spécifique, l'installation en "peigne" est généralement privilégiée, utilisant des raccords en T et des coudes pour créer un bouclage complet du réseau. L'espacement entre les lignes d'arroseurs et les goutteurs dépend de plusieurs facteurs, notamment le type de sol. Un sol sableux, par exemple, limite la dispersion de l'eau, nécessitant des goutteurs et des lignes plus rapprochés pour une efficacité optimale.
Le déroulage des tuyaux doit se faire de manière antagoniste à leur enroulement d'origine. Il est recommandé de poser les lignes "en tension" pour éviter l'effet "zigzag" qui peut survenir lors de la dilatation des tuyaux sous l'effet de la chaleur estivale. Pour anticiper les besoins de maintenance hivernale, il est essentiel de prévoir des vannes de vidange manuelles sur chaque réseau secondaire, positionnées en point bas, afin de pouvoir purger l'eau résiduelle et prévenir les risques de gel.
La finition et les derniers réglages
Une fois l'ensemble des réseaux posés, il est temps de procéder au remblayage des tranchées. Les 15 premiers centimètres doivent être comblés avec un matériau exempt de cailloux, afin de prévenir tout risque d'endommagement des tuyaux. Ensuite, il est primordial de positionner des filets avertisseurs : bleus pour les canalisations d'eau seule, et rouges en cas de présence de câbles électriques.
Avant de finaliser l'installation, une étape de contrôle et de réglage des arroseurs est indispensable. Il faut d'abord vérifier, à l'aide du débitmètre, que le débit est nul lorsque le système est fermé, signe qu'il n'y a pas de fuite. Pour les turbines, il est crucial de s'assurer que les buses installées correspondent aux préconisations du concepteur. Chaque turbine est livrée avec un jeu complet de buses, offrant la possibilité d'ajuster la portée et le débit en fonction des observations sur le terrain. Pour les tuyères, le choix des buses est directement conditionné par la portée souhaitée et doit être effectué dès la commande. Un code couleur facilite leur identification rapide.
Une fois ces réglages effectués, il ne reste plus qu'à programmer les durées d'arrosage pour chaque secteur et les heures de lancement des programmes. Il est important d'adapter la durée des cycles en fonction de la pluviométrie des arroseurs : les tuyères ont une pluviométrie généralement 3 à 6 fois supérieure à celle des turbines. L'ajustement saisonnier est également une pratique recommandée. La plupart des programmateurs disposent d'une fonction "Water budget" qui permet de modifier rapidement la durée de fonctionnement des électrovannes, en appliquant un pourcentage d'ajustement par rapport aux réglages de base, sans avoir à modifier ces derniers.
Documents clés pour une installation terminée
À la réception d'une installation d'arrosage automatique, plusieurs documents essentiels doivent être remis. Le plan de récolement à l'échelle du terrain, détaillant l'ensemble des installations, est indispensable. Il doit être accompagné des notices techniques des fournitures utilisées, du manuel d'utilisateur du programmateur, et d'un tableau récapitulatif des programmes d'arrosage.
L'arrosage goutte-à-goutte : une alternative économique et efficace
En complément des systèmes enterrés plus traditionnels, l'arrosage goutte-à-goutte offre une solution particulièrement économique et respectueuse de l'environnement. Cette méthode consiste à délivrer l'eau lentement et directement au pied des plantes, minimisant ainsi l'évaporation et le gaspillage. Il existe des kits complets conçus pour différents usages, tels que les potagers, les haies, les massifs de fleurs, ou encore les arbres isolés.
Certains systèmes, comme ceux fonctionnant par gravité à partir d'une réserve d'eau, ne nécessitent ni pile ni électricité, offrant une grande autonomie et une simplicité d'installation. Ces systèmes peuvent maintenir le sol humide pendant plusieurs semaines, même en période de forte chaleur, et permettent d'adapter le débit d'eau aux besoins spécifiques de chaque plante grâce à des goutteurs réglables.
Pour les situations où l'installation d'un réseau complet enterré est complexe, il est possible de raccorder un tuyau goutte-à-goutte à un tuyau d'arrosage existant. Cette opération, bien que nécessitant quelques étapes précises, reste accessible même aux jardiniers novices. Elle implique de rassembler le matériel adéquat, de s'assurer de l'intégrité du tuyau d'arrosage, de choisir l'emplacement idéal pour le raccordement, puis de couper les tuyaux à l'aide d'un outil adapté pour garantir une coupe nette. Vient ensuite la fixation du nez de robinet à une vannette, puis le raccordement du tuyau goutte-à-goutte, où une bague de serrage assure l'étanchéité. Un test final permet de vérifier le bon fonctionnement du système.
L'arrosage automatique permet d’irriguer le jardin plus facilement et intelligemment de façon à apporter la juste dose d’eau aux plantes pour les garder en pleine santé, mais aussi économiser l’eau, tellement précieuse !
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