Le figuier (Ficus carica) est l’une des plus anciennes plantes cultivées par l’homme. Originaire du Moyen-Orient et de l’Asie occidentale, il est cultivé depuis plus de 5 000 ans pour ses fruits, les figues, qui sont appréciées pour leur douceur et leur richesse nutritionnelle. Le figuier a été introduit en Europe par les Grecs et les Romains et s’est bien acclimaté dans les régions méditerranéennes.

Un arbre de caractère aux origines mythiques
Emblème du bassin méditerranéen, le figuier s’est répandu autour de la Méditerranée bien avant l’écriture, devenant un symbole de prospérité, de connaissance et même de sacré. Dans la mythologie grecque, il était associé à Dionysos, dieu du vin et de la fête. Les Égyptiens l’utilisaient pour momifier leurs morts, et les Romains en faisaient un emblème de paix et d’abondance. Aujourd’hui encore, il trône fièrement dans les jardins, les cours des maisons provençales ou les oliveraies, offrant ombre et fruits sucrés à qui sait l’apprivoiser.
Le figuier n’est pas un arbre comme les autres. Il résiste à la sécheresse, pousse dans les sols les plus pauvres et peut vivre plusieurs siècles. Son tronc tortueux, souvent creusé par le temps, raconte des histoires de générations de paysans. Il est à la fois robuste et fragile : un gel tardif peut anéantir sa récolte, mais il renaît toujours, année après année, avec une vitalité surprenante. Le figuier est également intimement lié à l'histoire romaine. On dit que c'est sous cet arbre que Romulus et Rémus furent abandonnés et trouvés par la louve qui les allaita.
Botanique et cycle de vie : une fécondation singulière
Le figuier commun a trois floraisons, au printemps, en été, et en automne, mais ne produit pas forcément de figues. Pour que la figue soit produite il faut une fécondation, qui est principalement effectuée par une guêpe Agaonide mutualiste du Figuier : Blastophaga psenes. Certains figuiers en effet se reproduisent seuls, mais la plupart ont besoin de la fécondation par un Carpofiguier (Figuier mâle), les plans cultivés étant eux, des pieds « femelles ».
La figue est un fruit cousin de la mûre. En effet, comme la mûre, le fruit est en réalité composé de plusieurs fruits, chaque graine correspondant à une ancienne fleur. Les fleurs du figuier poussent en effet dans le creux de la « figue » verte où la femelle Blastophaga dépose ses œufs. Piégée dedans par la « figue », la guêpe meurt et la « figue » se referme au niveau de l’opercule… le fruit que l’on connaît est né et n’a plus qu’à se colorer en arrivant à maturité.
Le saviez vous ? manger une figue, c’est aussi manger une guêpe !
Techniques de culture et entretien
Le figuier préfère un sol bien drainé, léger, et riche en matière organique. Un apport de compost bien décomposé ou de fumier est recommandé avant la plantation. Le figuier se plante de préférence à l’automne ou au printemps, entre octobre et avril, hors périodes de gel. Cette période permet aux racines de bien s’installer avant le début de la croissance printanière. Pour permettre un bon développement des arbres et faciliter l’entretien, il est recommandé de laisser un espace de 5 à 8 mètres entre les figuiers.
Le figuier nécessite une taille régulière, généralement en fin d’hiver, pour éliminer les branches mortes ou malades et aérer la couronne. La récolte des figues se fait généralement de juillet à octobre, selon les variétés. Les fruits sont cueillis lorsqu’ils sont bien colorés et légèrement souples au toucher. Les figues doivent être consommées rapidement après la récolte, car elles se conservent peu de temps, même au réfrigérateur. Parmi les menaces courantes, on note la rouille du figuier (champignon provoquant des taches brunes sur les feuilles), les cochenilles et la mouche des fruits.
Variétés emblématiques et adaptation géographique
La variété cultivée à Solliès est la Figue Violette appelée Bourgeasotte Noire. Il existe des centaines de variétés, chacune adaptée à un climat, un sol, une tradition culinaire :
- Variétés unifères : Elles fructifient une seule fois en fin d’été.
- Variétés bifères : Elles donnent deux récoltes par an, une au printemps ou au début de l’été, l’autre en fin d’été ou à l’automne.
- Variétés trifères : Dites aussi cimaruoli, leurs figues arrivent à maturité très tardivement et parfois seulement au printemps suivant.
En Provence, on vénère la Bourjassote noire, une figue noire au goût de miel. En Corse, la Dottato séduit par sa peau dorée et sa chair fondante. En Turquie, la Smyrne est reine, tandis qu’en Californie, Black Mission a conquis les palais. Certaines variétés comme celle découverte à Chicago dans les années 1980 sont extrêmement rustiques et résistent au gel jusqu’à -30°.

Valeurs nutritionnelles et usages en phytothérapie
Les figues sont riches en vitamines (notamment la vitamine B6 et la vitamine K), en minéraux (potassium, calcium, magnésium) et en fibres. Elles sont également une bonne source de sucres naturels et d’antioxydants, bénéfiques pour la santé. Les figues sont reconnues pour leurs propriétés digestives et énergétiques. En phytothérapie, les figues sont utilisées pour leurs effets bénéfiques sur la digestion, notamment pour soulager la constipation.
Son latex, une sève laiteuse, a servi de présure pour faire cailler le lait bien avant l’invention des ferments industriels. Les paysans l’utilisaient aussi pour soigner les verrues ou les irritations de la peau, bien avant que la science ne découvre ses propriétés cicatrisantes. La médecine moderne nous apprend, quant à elle, que les figues possèdent un taux élevé de vitamines A, B et C qui en font un remède antifatigue.
Une place centrale dans l'histoire, la religion et la symbolique
Le figuier est sacré pour les Bouddhistes, les Mahométans et les juifs. La tradition chrétienne y voit au contraire un arbre maudit car la figue serait le vrai fruit défendu qu'Eve croqua. Dans la cour du temple d'Héliopolis en Égypte poussait un vénérable sycomore, ou Figuier des pharaons. On l'appelait le Figuier du dieu Thot et de la déesse Seshat. Fruit d'immortalité, il était donné par la Dame du Sycomore, soit la déesse Neith, Nephtys, Isis ou Hathor, aux âmes des défunts représentées par des oiseaux perchés sur l'arbre.
Les anciens Grecs considéraient la figue comme le fruit civilisateur que la déesse Déméter offrit aux premiers agriculteurs de l’histoire. Au nord-est de l’état d’Israël, sur les rives du lac de Tibériade, le site archéologique dit d’Ohalo II a permis la mise à jour de graines de figuier datant de 21 000 ans avant J.-C., témoignant de l'importance de ce compagnon de route historique pour l'humanité.
La myciculture : une autre forme de culture sous abri
Contrairement aux champignons sauvages, poussant spontanément dans les sous-bois frais, les champignons cultivés sont disponibles toute l’année car ils ne sont pas soumis aux aléas climatiques. Ce n’est pourtant qu’au XIXe siècle que la myciculture sous abri voit le jour à Paris, en carrières sur couche de fumier et de paille. Depuis, le champignon de Paris est devenu une des stars incontournables parmi les champignons cultivés.
Le champignon de Paris est la variété la plus cultivée dans le monde, reconnaissable à sa couleur blanche uniforme et à son chapeau bien arrondi. 101 000 tonnes sont récoltées en France chaque année, produites en majorité en Pays-de-Loire, Centre, Poitou-Charentes, Nord-Pas de Calais, Picardie, et Basse-Normandie. D'autres espèces complètent ce paysage : le shii-také, encore nommé 'Lentin de chêne', présente un chapeau brun chamois charnu, tandis que le pleurote, troisième espèce la plus cultivée au monde, se décline en une quarantaine de variétés présentant une saveur très parfumée, douce, rappelant le sous-bois. Enfin, le pied-bleu demeure très original par sa couleur lilas ou mauve bleuté et son goût sucré au parfum anisé.

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