L’arrosage automatique représente une solution moderne, pratique et économique pour arroser efficacement votre jardin, vos massifs, votre pelouse, ou encore votre potager. Grâce à l’automatisation et à la précision du système, vous offrez à vos plantes un apport en eau régulier, tout en optimisant vos ressources. L’arrosage automatique est une spécialité à part entière, enseignée notamment au travers d’un certificat de spécialisation (CS). Cet article ne prétend donc pas balayer l’ensemble du sujet mais vous donner les bases pour poser convenablement un système d’arrosage enterré.

Fondamentaux de la conception et calcul du taux d’application
Une formule simple permet de calculer le taux d’application pour les arroseurs. L’un des multiplicateurs de la moitié supérieure de l’équation correspond aux gallons par minute appliqués par les arroseurs. Pour convertir cette valeur en gallons par heure, nous devons multiplier par 60 minutes. Pour intégrer cela à la constante, nous multiplions 1,604 x 60 minutes et nous obtenons 96,3 pour la formule.
Étudions un exemple de calcul du taux d’application pour quatre arroseurs à impact en cercle complet. Chaque arroseur présente une portée du jet de 12 m à 3 bar, avec un débit de 1 m³/h. Chaque arroseur en cercle complet délivre seulement 1/4 de son débit dans la zone située entre les quatre arroseurs. Les 3/4 restants du motif de rotation de chaque arroseur sont pulvérisés en dehors de la zone. Avec un total de 1 m³/h par arroseur, seul 0,25 m³/h est pulvérisé par chaque arroseur dans la zone située entre eux. Lorsque quatre arroseurs fournissant 0,25 m³/h sont réunis, ils équivalent à un arroseur en cercle complet de 1 m³/h.
La valeur de 2 m³/h a été déterminée en additionnant la part du débit de chaque arroseur ayant contribué à la zone. Lorsque chaque arroseur est configuré en demi-cercle, une moitié de son débit est pulvérisée dans le carré tandis que l’autre moitié est diffusée dans le motif voisin. Les arroseurs ont des secteurs de couverture fixes et certains disposent de débits proportionnels à la surface. Calculer le taux d’application d’un espacement triangulaire est tout aussi simple que pour un espacement carré ou rectangulaire. Le moyen le plus simple de calculer le TA pour les motifs triangulaires est de les traiter comme des parallélogrammes, en utilisant quatre arroseurs au lieu de trois.
Analyse des besoins en pression et débit
Dans tous les cas, il faudra déterminer au préalable la pression statique et le débit du réseau d’eau du client. En effet, pour fonctionner correctement, les turbines et les tuyères ont besoin d’une pression comprise entre 2 et 3,5 bars. Or, lors de sa circulation, l’eau subit des pertes de charge linéaires (environ 0,25 bars tous les 10 m de tuyaux) et locales (coudes, réducteurs…). Il est donc généralement conseillé d’avoir une pression statique dans le système d’au moins 3,5 à 4 bars.
Si elle est trop faible, il faudra prévoir un surpresseur ; si elle est trop forte, un réducteur de pression devra être ajouté pour éviter les « coups de bélier » qui peuvent endommager le système. La pression statique se mesure à l’aide d’un manomètre vissé sur le robinet d’eau le plus proche du compteur d’eau. Le débit se mesure en remplissant un seau de 10 litres et en chronométrant le temps de remplissage.
Le principe de mesure de la pression
Choix du matériel : Tuyères vs Turbines
Choisir le bon type d’arroseur pour votre gazon peut s’avérer déroutant. Les tuyères sont idéales pour couvrir de courtes distances entre 1,5 et environ 5 mètres et conviennent parfaitement aux jardins dont le côté le plus court ne dépasse pas 5 mètres. En général, les zones arrosées à l’aide de têtes de pulvérisation nécessitent des durées d’arrosage de quelques minutes seulement, généralement entre 5 et 8.
Les turbines sont conçus pour couvrir de plus longues distances. Dans un contexte résidentiel, ils sont idéaux pour arroser des zones dont le côté le plus court est compris entre 5 et 12 mètres environ. Contrairement aux arroseurs statiques, les jets d’eau des turbines, et donc la consommation, restent constants pendant le cycle d’irrigation, quel que soit l’angle de fonctionnement.
Une turbine positionnée sur un coin du jardin couvrant un angle de 90° consommera la même quantité d’eau qu’une turbine positionnée sur le côté du jardin couvrant un angle de 180°. Cependant, cette uniformité peut entraîner une distribution inégale de l’eau. La solution pour assurer une distribution uniforme de l’eau consiste à remplacer la buse de l’arroseur réglée à un angle plus important par une buse plus grande, de sorte que le volume d’eau délivré augmente proportionnellement à l’angle d’arrosage.
Installation et mise en œuvre technique
Le piquetage consiste à matérialiser avec des piquets la position des regards d’électrovannes et de purges et celle des arroseurs. Le branchement au réseau d’eau potable doit être réalisé en aval du compteur et toujours rester accessible. D’une largeur minimale de 12 cm, les tranchées doivent avoir une profondeur d’environ 60 cm pour le réseau primaire et 40 cm pour le réseau secondaire.
En matière d’irrigation, il est possible d’utiliser des conduites en polyéthylène (PE) ou en PVC. Les tubes noirs de PE sont plus lourds mais ils sont semi-souples et supportent mieux le gel, les chocs et l’écrasement. L’assemblage des tubes PE se fait habituellement par serrage mécanique pour les diamètres inférieurs à 63 mm, à l’aide de raccords à compression ou de raccords encliquetables.
Une fois le raccordement terminé, il est indispensable de mettre en eau le système pour purger le réseau primaire de toutes les impuretés. Les turbines et les tuyères se connectent sur le tube PE au moyen de Colliers de Prise en Charge (CPC) en PE. Sauf contre-indication, il faut privilégier une installation en « peigne », en utilisant des té et des coudes pour obtenir un bouclage complet.

Gestion du programmateur et maintenance hivernale
Le programmateur d’arrosage automatique constitue le cerveau du réseau d’arrosage. Les modèles simples gèrent une ou deux voies, tandis que les versions avancées pilotent plusieurs zones indépendamment. Il est conseillé de choisir un programmateur équipé d’une sonde pluviométrique. Cette fonction coupe automatiquement l’arrosage en cas de pluie et optimise la consommation d’eau.
Les sondes de pluie doivent être installées dans un endroit bien exposé à la pluie (pas sous une gouttière). Quant au débitmètre, installé entre le compteur et l’électrovanne principale, il permet d’informer d’une éventuelle rupture de canalisation ou d’une simple fuite.
Il faut penser à prévoir des vannes de vidange manuelles sur chaque réseau secondaire, en point bas, pour pouvoir purger les différents réseaux l’hiver. La purge hivernale protège le réseau d’arrosage du gel. Il faut vidanger complètement les canalisations et démonter les arroseurs dans les régions où les températures descendent sous zéro. Le nettoyage régulier des filtres et goutteurs maintient un débit optimal. La vérification annuelle des électrovannes et du programmateur d’arrosage automatique évite les pannes. Il faut tester chaque zone séparément et contrôler l’absence de fuites.