Guide complet : Arrosage et entretien de l’oranger en pot au fil des saisons

Une légende persistante voudrait que les agrumes soient peu gourmands en eau. De cette croyance découlent de nombreux échecs de culture, d'autant plus lorsque ces arbres fruitiers très gourmands en eau se trouvent cultivés en pots ! Les agrumes sont originaires du Sud Est asiatique, zones baignées par des pluies fréquentes et abondantes. Certes, ils apprécient la chaleur et sont cultivés dans le Sud de l'Espagne, au Maroc, en Floride ou en Corse, pays où les pluies sont plus rares ce qui a sans doute valu la fameuse légende des agrumes résistants à la sécheresse. Sauf que dans ces régions, les producteurs se creusent la tête (et le portefeuille) pour irriguer à la juste mesure avec des besoins conséquents pouvant atteindre 5000 m3/an/ha. Le manque d'eau provoque un ralentissement de la croissance, une chute des fleurs ainsi qu'une production moindre.

Schéma illustrant l'importance du drainage et de l'arrosage pour un oranger en pot

La gestion de l’arrosage en pot : une nécessité permanente

Un agrume cultivé en pot doit être arrosé tout au long de l’année car l’évaporation est alors très importante et le substrat de volume restreint. Attention à la pluie qui peut être insuffisante en toutes saisons et méfiance en hiver, si vous laissez votre pot en extérieur dans la région dite 'de l'oranger' car des sécheresses de près de 3 semaines ne sont pas rares !

Si vous arrosez à la main, arrosez toujours le soir, abondamment pour que le substrat absorbe l'eau en profondeur. Arrosez de nouveau dès que le substrat est sec sur 2 cm en surface en été. En hiver, lorsque le pot est hiverné en intérieur non chauffé, mais hors gel, arrosez tous les 10 à 15 jours si le substrat a séché sur 4 cm. Sinon attendez encore quelques jours et ne laissez jamais de coupelle sous le pot à cette époque de l'année. La terre dans laquelle il se trouve doit être toujours fraîche, voire humide, mais sans que de l'eau ne stagne dans la soucoupe. Vous pouvez également ajouter une couche de paillage au pied de l’oranger en pot pour permettre au substrat de rester humide plus longtemps. Aussi, l’oranger ne raffole pas des atmosphères trop sèches, donc n’hésitez pas à humidifier son feuillage régulièrement avec un brumisateur.

Bien prendre soin des agrumes : arroser

Choisir le contenant et le substrat idéal

Ce n’est pas parce que l’on ne peut pas faire pousser un oranger en pleine terre dans son jardin qu’il faut se priver de ce bel arbre fruitier. En effet, il pousse aussi très bien en pot ! Il est possible d’acheter un oranger en pot toute l’année en pépinière. Avant toute chose, il faut choisir le bon pot : optez pour un pot à peine plus grand que le volume de la motte. Il vaut mieux rempoter votre oranger régulièrement plutôt que de choisir un pot trop grand. En effet, les racines auront tendance à croître excessivement, entraînant un développement rapide du feuillage et des branches plutôt que des fruits. Aussi, il doit être percé pour permettre à l’eau de bien s’évacuer sans stagner. Il peut alors s’agir d’un pot en terre cuite, en plastique ou même d’un bac en bois mais évitez les pots à réserve d’eau puisque les orangers n’aiment pas l’humidité stagnante.

L’oranger apprécie être planté dans une terre riche et bien drainée. Réalisez un mélange composé de 2/3 de terreau de bonne qualité ou spécial agrumes, 1/3 de sable pour assurer un bon drainage et 1 à 2 poignées de fumier ou de compost. Pour une bonne reprise, placez l’oranger et son conteneur dans une bassine remplie d’un fond d’eau pour réhydrater la motte. Apposez une couche d’environ 5 cm de matériau drainant au fond du pot (graviers, billes d’argile ou pouzzolane). Ajoutez le substrat, démêlez les racines, placez l’arbre au centre et recouvrez sans enterrer le collet. Tassez délicatement et arrosez généreusement.

Rempotage et entretien régulier

Parce qu’il ne peut pas trouver dans le sol les éléments nutritifs nécessaires à sa croissance, il est recommandé de rempoter un oranger en pot tous les 3 ou 4 ans. Cela s’effectue de préférence à la fin de l’hiver ou au début du printemps. Choisissez un pot légèrement plus grand que le précédent, sans excéder 5 cm de diamètre supplémentaire. Les années où vous ne rempotez pas votre oranger, procédez à un surfaçage. Cela consiste à retirer quelques centimètres de substrat en surface pour le remplacer par du terreau frais, riche en minéraux nécessaires à la bonne pousse.

Pour bien pousser et produire de nombreux fruits, l’oranger en pot a besoin qu’on lui apporte les minéraux nécessaires à sa croissance. Pendant la période de végétation qui s’étend du printemps à l’automne, ajoutez du compost à son pied et griffez le sol légèrement. Ajoutez également régulièrement de l’engrais pour agrumes durant toute cette période, en respectant les dosages indiqués.

L’hivernage et l’exposition

Sortez votre oranger en pot dès que tout risque de gelée est écarté et ce, jusqu’à la fin de l’été. Si l’oranger ne supporte pas les températures négatives, il ne s’agit pas pour autant d’une plante d’intérieur qui peut être placée dans une pièce chauffée toute l’année. En effet, il a besoin d’une période de froid marquée pendant la saison de repos pour bien pousser. Entre octobre et mai, placez-le dans un abri lumineux mais non chauffé, où la température n’excède pas 12 °C. En effet, le seul agrume pouvant être cultivé à l’intérieur toute l’année est le calamondin.

Taille et prévention des maladies

Lorsqu’il pousse en pot, l’oranger doit être taillé plus régulièrement que lorsqu’il pousse en pleine terre pour bien contrôler sa croissance. Taillez-le plutôt en fin d’hiver ou au début du printemps mais il est également possible de le tailler légèrement plusieurs fois dans l’année. Procédez toujours avec un sécateur propre et apposez un mastic de cicatrisation sur les entailles afin de limiter le risque d’apparition de maladies cryptogamiques. Durant les premières années de vie de l’oranger en pot, on réalisera une taille de formation pour lui donner son allure générale. Les années suivantes, on se contentera d’une taille d’entretien afin de lui permettre de conserver sa forme tout en aérant le centre. Ôtez le bois mort au fur et à mesure.

L’oranger en pot peut être pris pour cible par certaines maladies cryptogamiques, notamment en hiver s’il se trouve dans une pièce qui n’est pas suffisamment aérée. La moniliose entraîne la pourriture des fruits ; il est nécessaire de supprimer au plus vite les fruits malades pour éviter qu’elle ne se propage. Le mal secco, quant à lui, cause un dessèchement des branches. Coupez les parties atteintes rapidement pour éviter que la plante ne dépérisse. En ce qui concerne les parasites, l’oranger en pot peut être envahi par les araignées rouges, les aleurodes ou encore les cochenilles farineuses et les pucerons. Si on remarque leur présence à temps, pulvériser un mélange d’eau et de savon noir sur le feuillage peut permettre de s’en débarrasser. La mineuse des feuilles peut également causer de gros dégâts sur un oranger en pot. Le moyen le plus sûr de limiter une propagation est de brûler les feuilles atteintes après les avoir coupées. Observer les feuilles de votre oranger permet d’avoir de bonnes indications sur les soins à lui apporter : si elles jaunissent et pointent vers le bas, c’est certainement qu’il a besoin d’être arrosé.

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