Utiliser l’eau de pluie pour arroser le jardin n'est pas une pratique réservée aux adeptes de la permaculture. C’est une solution pratique, économique, et franchement simple à mettre en place. On parle ici d’un vrai confort : le jardin s’arrose tout seul, sans ouvrir un robinet ni courir avec un arrosoir à la main. Et le tout sans exploser la facture d’eau. Ce geste permet de préserver l’environnement tout en faisant baisser le prix de la facture d’eau. L’eau de pluie n’est pas une eau potable mais s’adapte parfaitement à ce type d’usage. Vous avez fait le bon choix en optant pour un récupérateur de pluie pour votre jardin, car il vous permet d’utiliser l’eau qui s’écoule habituellement dans les gouttières de votre maison. C’est une solution écologique pour arroser votre jardin ou laver votre voiture tout en faisant des économies. De plus, vous n’aurez pas à vous soucier du chlore ou d’autres produits qui pourraient être néfastes pour l’arrosage des plantes de votre jardin. La récupération d’eau de pluie est largement encouragée par le Service Public, car, en plus d’être économique, c’est un vrai geste pour la planète.

Choisir et préparer son récupérateur d'eau de pluie
La première étape consiste à choisir et installer cette fameuse poche à eau ou cuve. Il existe principalement deux types de récupérateurs d’eau : les cuves hors sol (aériennes) et les cuves enterrées. Le choix dépendra de vos besoins en volume et de l'espace disponible dans votre jardin. Pour savoir quel volume de cuve choisir selon vos besoins, un outil de calcul est souvent proposé par les professionnels. Il est crucial de bien définir vos besoins. Le calcul du volume idéal se base sur les précipitations annuelles, la surface de votre toit et un coefficient de perte (0,6 pour un toit plat, 0,9 pour un toit en pente en tuiles). Pour vous donner une idée, il faut compter environ 100 litres d’eau par m² pour un potager, 45 à 60 litres d’eau pour un jardin avec pelouse et fleurs, et 32 à 42 litres par m² pour des massifs (fleurs et arbustes). Pour un usage régulier de l'arrosage, un réservoir d’au moins 300 litres est recommandé.
Les récupérateurs d'eau de pluie hors sol
L’installation d’un récupérateur d’eau aérien, aussi appelé hors-sol, est assez facile par rapport à un modèle enterré. Ces récupérateurs se placent à proximité d’une descente de gouttière à laquelle ils peuvent être facilement reliés grâce à des raccords. Leur volume va de 200 à 2 000 litres.
Emplacement optimal :Choisir l’emplacement de son récupérateur d’eau de pluie est une étape importante. Tout d’abord, la surface doit être lisse et horizontale pour garantir la stabilité de la cuve. Une cuve de 1000 litres représente une charge d’une tonne, il est donc essentiel de vérifier avec un niveau. Si besoin, vous pouvez aménager la zone pour qu’elle réponde à ces contraintes en créant par exemple un socle plat et solide. Bois ou ciment, la matière importe peu du moment qu’elle permet de stabiliser le sol. Essayez autant que possible de ne pas installer le récupérateur sous des arbres pour éviter que les feuilles et brindilles n'aillent dans la cuve. Le récupérateur doit être installé à proximité du tuyau de descente de gouttière car il devra être raccordé à la gouttière pour en récupérer l’écoulement. La distance entre la cuve et la colonne de descente ne doit pas dépasser la longueur du récupérateur pour que le raccordement soit possible. Évitez d’installer votre collecteur au soleil car, à cause de l’eau chaude, l’arrosage de votre jardin pourrait être contre-productif. Il est aussi conseillé de le situer au nord pour éviter un risque de vieillissement du plastique de la cuve.
Étapes d'installation d'un récupérateur aérien :
- Préparer la surface : Choisissez la surface la plus stable possible. Il est important de préparer la dalle qui doit être rigide et plate.
- Positionner la cuve : Une fois la surface plane choisie, installez votre récupérateur d’eau. Placez la cuve à l’emplacement de votre choix sur une surface plane. Si la cuve est posée directement au sol, il faudra la surélever d’une vingtaine de centimètres pour faciliter la circulation de l’eau dans le tuyau par gravité. Vous pouvez poser deux parpaings, comme support à la cuve.
- Raccorder à la gouttière : À hauteur de l’arrivée d’eau dans la cuve, percez la descente de gouttière puis fixez le collecteur dans le trou que vous venez de faire et reliez l’autre extrémité au bac. Entre la descente de gouttière et le récupérateur, un raccord adapté à la configuration doit être installé, avec un filtre entre les deux qui va éviter que des déchets végétaux ou organiques arrivent dans le récupérateur.
- Installer le robinet et le trop-plein : Le récupérateur lui-même doit être équipé d’un robinet, pour un usage instantané pratique. Le robinet doit être placé suffisamment bas sur la cuve pour maximiser le volume d’eau utilisable. Ajoutez un trop-plein qui permettra de déverser l’eau dans le réseau d’eau de pluie quand la cuve est pleine. Si l’arrivée d’eau de la citerne n’inclut pas de trop-plein, installez-en un.
- Filtration : Nous vous conseillons de mettre un filtre ou des grilles en haut des gouttières de votre maison pour empêcher les feuilles et brindilles d’aller dans la cuve, ou vous pouvez installer un filtre si votre équipement n’est pas déjà équipé. Un récupérateur doit aussi être muni d’un filtre à l’entrée pour éviter que les impuretés ne bouchent le système.
- Couvercle : Ajoutez un couvercle ou une bâche pour recouvrir le récupérateur.
- Dernières retouches : Repérez les points de raccordement et percez les trous de fixation. Finissez l'installation par les embouts de fixation, le tuyau du collecteur et le robinet, si celui-ci n’est pas déjà fixé à la cuve. Poncez les bords des trous avec un papier abrasif et une lime. Pensez à retourner la cuve pour enlever les restes de la découpe.

Les récupérateurs d'eau de pluie enterrés
Les récupérateurs à cuve enterrée offrent un volume beaucoup plus important, allant de 2 000 L à 5 000 L. À la différence d’un récupérateur d’eau aérien, une cuve enterrée demandera des travaux de terrassement. L’emplacement du terrain auquel vous allez installer la cuve de votre récupérateur d’eau de pluie doit se situer à 1,20 mètres minimum de la maison. Pour l’installation de votre récupérateur enterré, il est préférable de faire appel à un professionnel. Vous serez ainsi sûrs du bon fonctionnement du système. Il est possible de le faire soi-même, mais il est nécessaire de bien planifier les étapes. L'intervention demande un important travail de terrassement. De plus, un raccordement de tuyauteries de gros diamètre est à prévoir. L'ensemble doit ensuite être relié au système d'arrosage de votre jardin.
Étapes d'installation d'un récupérateur enterré :
- Localisation : La cuve devra être située à côté de la gouttière et de la canalisation de distribution d’eau. À 1,20 m minimum de distance des constructions et 1 m de profondeur.
- Terrassement : La première étape consiste à installer la cuve. Pour cela, il faut creuser une fosse et vérifier que le sol soit bien stable. Pour vous éviter de creuser à la main un trou assez important, ainsi que les tranchées pour faire passer les tuyaux PVC, il est conseillé de louer une mini-pelle.
- Préparation de la fosse : Versez du sable dans la fosse, 10 cm d’épaisseur au minimum, puis installez la cuve. Pour l’installation de la cuve, il faudra utiliser une grue pour la soulever en la sanglant.
- Raccordement à la gouttière : En deuxième temps, il faudra raccorder la cuve à la gouttière à l’aide d’une canalisation. Il faudra pour ce raccordement creuser une tranchée d’environ 30 cm de largeur et en pente en direction du récupérateur d’eau de pluie.
- Remblayage : Tassez bien la terre en surface. La terre qui restera après avoir terminé de remblayer la fosse pourra être utilisée dans le jardin ou bien évacuée.
- Finitions : Vous avez à présent la possibilité de planter du gazon au-dessus du récupérateur d’eau de pluie dont l’installation est maintenant terminée.

Raccorder un tuyau d'arrosage à son récupérateur
Une fois le récupérateur en place, il faut l’équiper pour qu’il puisse envoyer l’eau là où il faut. C’est le moment de raccorder votre tuyau d’arrosage. Toutes les cuves de récupération d’eau ne se valent pas, surtout lorsqu’il s’agit d’y connecter un tuyau d’arrosage. Pour brancher un tuyau d’arrosage efficacement, il est préférable d’opter pour une cuve équipée d’un robinet fileté standard, souvent en ¾ de pouce. Ce détail est crucial : c’est lui qui permettra de fixer un raccord compatible avec votre tuyau.
Matériel nécessaire pour le raccordement
- Robinet fileté : Certaines cuves en plastique ou en polyéthylène sont déjà munies d’un robinet adapté. Si ce n’est pas le cas, il est possible d’en installer un soi-même, à condition que la cuve dispose d’un emplacement prévu à cet effet ou que l’on soit prêt à percer le réservoir.
- Raccord rapide universel : Le plus simple est d’utiliser un raccord rapide universel, comme ceux utilisés pour les robinets de jardin standards. Ce raccord se visse directement sur le robinet de la cuve, s’il est de taille standard, ou via un adaptateur si le filetage diffère.
- Kits complets de raccordement : Il existe aussi des kits complets de raccordement pour récupérateur d’eau, incluant un robinet, un adaptateur, un tuyau renforcé et parfois même un support de surélévation. Ces kits sont très pratiques pour les débutants.
- Tuyaux souples : On branche ensuite les tuyaux souples pour acheminer l'eau.
- Vanne d'arrêt : Installez une vanne d’arrêt pour garder le contrôle de l'eau.
- Embouts : Pour améliorer le confort d’arrosage, on peut également installer un embout pistolet sur le tuyau. Ce type d’embout permet de moduler la puissance du jet en fonction des plantes à arroser.

Optimiser l'arrosage : pression et automatisation
Pour que votre tuyau arrose quoi que ce soit, il faut que l’eau arrive avec une pression suffisante. Tout dépend de l’usage que l’on souhaite faire de son tuyau d’arrosage.
Utilisation de la gravité
Sur un terrain légèrement en pente, la gravité fait déjà une bonne partie du boulot. Si vous utilisez simplement la gravité, le débit sera suffisant pour un arrosage en bas débit (goutte-à-goutte ou petit arrosage manuel). Toutefois, attention à ne pas trop solliciter la pression : sans pompe, la gravité seule assure le débit, qui peut être faible si la cuve est peu surélevée ou presque vide. Une alternative est de placer le récupérateur d’eau très en hauteur afin que la gravité se charge d’envoyer l’eau dans le système. Cela fonctionne sur des jardins assez pentus.
Quelle pompe pour récupérateur d'eau de pluie choisir ?
L'indispensable pompe
En revanche, pour une irrigation plus conséquente ou pour utiliser un arroseur oscillant, une pompe devient vite indispensable. C'était la clé de la solution de mon voisin pour obtenir une bonne pression. Les pompes assurent la pression nécessaire pour alimenter un tuyau, ou même un réseau d’arrosage automatique : tuyaux microporeux, goutte-à-goutte, micro-asperseurs… Tout est possible !
Il existe des pompes spécialement conçues pour les récupérateurs d’eau de pluie. Ces modèles sont souvent immergés directement dans la cuve ou posés à proximité. La pompe augmente la pression de l’eau, permettant une utilisation plus proche d’un réseau domestique classique. On choisira une pompe en fonction du débit souhaité (exprimé en litres/heure) et de la hauteur de refoulement (la distance verticale entre la pompe et le point de sortie de l’eau). À noter que certaines cuves haut de gamme intègrent directement une pompe, ce qui facilite grandement le branchement. Il suffit alors de raccorder le tuyau comme sur un robinet traditionnel.
Les pompes pour récupérateurs d’eau de pluie sont électriques et de deux types :
- La pompe de surface : Installée à proximité du récupérateur ou accrochée au récupérateur. Elle fonctionne en aspirant l’eau et en la rejetant vers sa sortie sur laquelle sera branchée le tuyau d’arrosage.
- La pompe immergée : Comme son nom l’indique, elle est placée dans l’eau du récupérateur et envoie l’eau grâce à la force centrifuge.
L'arrosage automatique
Un programmateur se charge de la cadence de l'arrosage. Le matin à l’aube ou le soir au frais, il déclenche l’arrosage automatiquement. Et oui, ça fonctionne très bien avec une citerne souple pleine d’eau de pluie. Pour ceux qui souhaitent automatiser l’arrosage, il existe des petits systèmes de goutte-à-goutte compatibles avec les cuves de récupération d’eau, particulièrement utiles pour les potagers. Vous pouvez brancher, programmer, oublier… et regarder, pousser, tout simplement.
Composants d'un système d'arrosage automatique :
- Le programmateur : Fixé sur la sortie d’eau, c’est lui qui commande l’arrosage, et qui gère donc les horaires et la durée. Il peut être capable de gérer plusieurs arrosages différents. Pour faire des économies d’eau, il peut être relié à un pluviomètre et à une sonde d’humidité qui lui indiquent s’il va pleuvoir et si l’humidité du sol est suffisante. Pas besoin d’arroser s’il a plu toute la nuit.
- Les électrovannes : Il s’agit de robinets dont l’ouverture et la fermeture sont commandées par le programmateur. Les électrovannes ont besoin d’une certaine pression d’eau pour fonctionner.
- Le système d’arrosage : Constitué de tuyaux simples ou avec dérivations (tuyaux secondaires plus fins) et arroseurs, il peut être composé de :
- Tuyaux microporeux : Ce type de tuyau laisse perler l’eau sur la totalité de sa surface. Il convient aux planches potagères où les végétaux sont plantés en lignes de plants assez serrés. Il s’installe en surface.
- Tuyaux goutte-à-goutte : Ils sont percés de petits trous à intervalles réguliers et conviennent aussi pour les plantations en ligne. Ils peuvent être utilisés en surface ou enterrés. Côté arrosage, plusieurs options : goutte-à-goutte pour les tomates, aspersion pour la pelouse, tuyaux enterrés pour un effet clean… tout dépend des besoins.
- Système de micro-irrigation : Composé d’un tuyau principal et de dérivations à l’extrémité desquels se trouvent un goutteur ou un micro-asperseur. Les goutteurs comme les micro-asperseurs sont des arrosages à basse pression. Les premiers laissent s’écouler l’eau goutte par goutte et sont adaptés aux terrains argileux et aux plantations en ligne (potager, haies) et sur des surfaces plus petites, tandis que les seconds donnent une pluie fine sur quelques mètres, convenant bien aux terres légères et aux massifs et autres grandes surfaces.
- Arrosage de pelouse : Se réalise grâce à un réseau de tuyaux primaires et secondaires et de turbines ou tuyères pour un système enterré ou de canons d’arrosage pour un système en surface.
Mettre en place l'arrosage automatique :Tout d’abord, vous brancherez le programmateur sur la sortie d’eau, généralement sur la pompe pour un arrosage automatique. Il se règle en fonction des végétaux à arroser et éventuellement, si vous avez installé un pluviomètre et une sonde, sur un besoin en eau des végétaux. À la sortie du programmateur viennent les électrovannes, sur lesquelles vous viendrez brancher les tuyaux, simplement lorsqu’il s’agit de tuyaux microporeux ou goutte-à-goutte. Pour un réseau d’arrosage automatique, il est bon de faire un plan avant l’achat. Un réseau se crée en fixant un tuyau primaire au nez de chaque électrovanne, tuyaux qui s’avancent jusqu’à l’extrémité de chaque zone d’arrosage. Grâce à des raccords en T y sont fixées des dérivations aux endroits stratégiques.

Maintenance et entretien pour une installation durable
Avant de tout oublier en mode "arrosage automatique activé", mieux vaut faire quelques tests. Est-ce que l’eau arrive bien ? Rien ne fuit ? Ensuite, place à l’entretien régulier. Un système de récupération d’eau bien entretenu dure des années et reste efficace.
Conseils d'entretien :
- Nettoyage des filtres : Le premier conseil est de nettoyer régulièrement les filtres situés à l’entrée de la cuve pour éviter l’accumulation de feuilles, brindilles ou autres débris.
- Vidange annuelle : Il est aussi conseillé de vider complètement la cuve une fois par an (idéalement à l’automne) pour la nettoyer à l’intérieur.
- Protection contre le gel : Pendant l’hiver, si la cuve n’est pas hors gel, mieux vaut vidanger complètement l’eau et démonter les raccords pour éviter qu’ils ne se fissurent sous l’effet du gel. On pourra aussi stocker le tuyau à l’abri, à l’horizontale, pour éviter les torsions.
- Qualité de l'eau : Évitez d’utiliser l’eau de pluie pour des plantes sensibles si l’eau stagne depuis longtemps, car elle peut contenir des bactéries. Un bon indicateur : si l’eau dégage une odeur désagréable, mieux vaut ne pas l’utiliser.
- Vérification des raccords : Un petit coup de propre dans les filtres, un regard sur les raccords.
Raccorder une citerne souple à un système d’arrosage automatique, c’est le combo parfait entre autonomie, confort et bon sens. Et le tout, sans effort, sans gaspillage, et avec une vraie satisfaction à chaque déclenchement du programmateur. C’est presque magique.
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