
Le bambou, graminée de la famille des Bambusoideae, est reconnu par ses grandes tiges de coloration verte à jaune et ses feuilles allongées. Il s’agit d’une plante très répandue, avec près de 1300 espèces à travers le monde. Adapté à divers climats, des tropiques aux zones tempérées, il se retrouve naturellement sur la quasi-totalité des continents, à l’exception de l’Antarctique et de l’Europe, où il a été introduit. Le système racinaire du bambou est constitué de turions, de racines, de rhizomes et de bourgeons, tandis que sa structure aérienne est faite de « chaumes », intéressants pour diverses utilisations, qu'elles soient anciennes ou récentes. Le bambou est souvent associé à de nombreux processus valorisant sa polyvalence et les capacités de résistance de sa fibre végétale. Néanmoins, ce végétal peut également avoir un impact fortement négatif sur le milieu, notamment en raison de son fort pouvoir colonisateur.
Le Bambou : Une Espèce Indésirable aux Impacts Environnementaux Négatifs
Contrairement à d'autres espèces, le bambou est considéré comme une espèce indésirable plutôt qu'envahissante. Cependant, cela ne diminue en rien son fort impact sur les milieux naturels, en particulier humides et aquatiques, où il peut empêcher le développement des espèces locales.
Impact sur la Biodiversité et l'Érosion des Berges
Les rhizomes traçants denses et les rejets nombreux confèrent au bambou un pouvoir colonisateur significatif. Sur la rivière École et le ru de Rebais, de nombreux massifs de bambous sont observables sur les berges. Or, le système racinaire des bambous, bien que dense en surface, maintient mal les berges en profondeur, qui subissent alors une érosion progressive sous le système racinaire des bambous. Dans le cas des berges maintenues par des digues en situation « perchée », de telles érosions peuvent entraîner des « fuites » appelées renards hydrauliques, par lesquelles une partie de l’eau de la rivière s’échappe pour rejoindre le fond de vallée. Le bambou constitue une atteinte à la biodiversité en transformant les dynamiques végétales plurispécifiques en groupements monospécifiques, ce qui réduit la diversité des espèces végétales et animales.
Cas concrets d'interventions
En 2019, un massif important de bambou sur l’île de l’ancien grand plan d’eau dans le parc de la mairie de Pringy a été traité lors des travaux de restauration de la continuité écologique sur le cours de la rivière École. Son éventuelle reprise sera surveillée et limitée dans le cadre des chantiers d’entretien réalisés par le SEMEA, soulignant la nécessité d'une vigilance continue après les interventions.
Reconnaître et Gérer les Plantes Nuisibles : Leçon du Bambou et Autres Espèces
Certaines plantes sont nuisibles pour la santé humaine ou l'environnement, et il est important de savoir les reconnaître et de comprendre pourquoi elles se propagent si facilement, afin de mieux les gérer.
La Berce du Caucase : Un Danger pour la Santé
La berce du Caucase représente un risque pour la santé et pour la biodiversité. Sa sève contient des furanocoumarines (ou furocoumarines), des toxines qui causent une affection cutanée appelée phytophotodermatite. Le contact avec ces furanocoumarines est indolore, mais ces toxines, lorsqu’elles sont activées par la lumière (rayons ultraviolets), rendent la peau extrêmement sensible au soleil, causant des dommages aux cellules cutanées superficielles. Les phytophotodermatites liées aux furanocoumarines peuvent se développer jusqu’à 48 heures après l’exposition à la sève de la plante. Cette vivace à croissance rapide atteint 2 à 3 m de hauteur pendant l’été. Ses tiges creuses et noueuses sont semblables à celles du bambou, d’où les appellations de bambou japonais ou de bambou mexicain qu’on lui attribue parfois. À la fin de la saison, elle produit des panicules de fleurs blanc crème. De prime abord, ces caractéristiques peuvent séduire le jardinier, mais il ne faut pas se laisser tromper ! Cette belle plante figure au palmarès des 100 pires espèces envahissantes de la planète selon l’Union mondiale pour la nature (UICN). Les cultivars au feuillage panaché sont eux aussi envahissants.
La Renouée du Japon : Un Fléau Souterrain
La renouée du Japon possède des rhizomes qui peuvent s’enfoncer à plus de 2 m de profondeur et s’étendre latéralement sur 7 m, ce qui en fait une espèce particulièrement difficile à maîtriser. Une nouvelle technique d’élimination mécanique des renouées du Japon, rendue possible par l’apparition d’outils puissants et mobiles comme les godets-cribleurs-concasseurs ou les broyeurs à pierres, est en cours de développement. Le procédé consiste à blesser le réseau de rhizomes dans le sol, le rendant ainsi très vulnérable aux microorganismes et à la microfaune du sol, et à empêcher la régénération de la plante pendant toute la période de pourrissement déclenchée par ce concassage, grâce à une couverture provisoire du sol (bâchage). Pour cela, les terres infestées sont décaissées, puis concassées avant d’être recouvertes par une bâche noire totalement opaque à la lumière. Les outils mobiles de concassage des sols présentent un grand intérêt pour accéder aux sites naturels infestés et traiter ainsi les terres sur place, sans besoin de les exporter. Il existe plusieurs types d’outils avec chacun leurs avantages et leurs inconvénients, ce qui permet d'adapter la méthode aux spécificités de chaque site.
L'Herbe à Pou : Une Nuisance Allergenique
L’herbe à poux est une plante présente partout, dont le pollen est un élément allergène qui cause le rhume des foins. Cette plante annuelle pousse dans les sols pauvres et meurt lors des gelées de l’automne. Elle atteint une hauteur de 10 cm à 1,5 m. Son feuillage est uniformément de couleur verdâtre, découpé et possède trois lobes distincts. Pour éliminer l’herbe à poux, il est recommandé d’arracher manuellement ou de tondre cette plante, en période de floraison, à la fin juillet et à la troisième semaine d’août.

Stratégies pour la Destruction et le Contrôle du Bambou Envahissant
Les bambous peuvent être envahissants s’ils sont mal maîtrisés, et il peut parfois être difficile de les éliminer. Beaucoup de propriétaires se sont retrouvés confrontés à cette situation embarrassante sans trouver de solution efficace.
Méthodes Manuelles et Mécaniques d'Élimination
Pour détruire des bambous, deux principales méthodes sont possibles :
La Méthode Sportive (Recommandée)
Cette approche implique de couper tous les chaumes de bambou manuellement pour éliminer la photosynthèse, puis de surveiller les éventuelles pousses qui se développent et de les éliminer jusqu’à ce que le rhizome s’épuise. La durée avant la mort complète du bambou est estimée à 2 à 3 ans.
Étapes détaillées :
- Contenir le bambou avant de l’éliminer : Si le bambou est traçant et n’a pas encore été maîtrisé, il est conseillé de délimiter la plante mère en faisant une tranchée autour de celle-ci. En effet, couper tous les chaumes de manière répétée peut entraîner une réaction du bambou, qui va alors étendre son rhizome davantage pour aller chercher un endroit plus loin pour pousser.
- Couper tous les chaumes : Une fois la plante mère isolée, la première étape consiste à s’équiper d’un sécateur, d’une scie sabre, d’une tronçonneuse ou d’une disqueuse et de couper tous les chaumes présents en surface. Le bambou ne sera alors plus en mesure de faire sa photosynthèse, essentielle à son développement, entraînant sa mort progressive.
- Supprimer toutes les repousses : Après la coupe initiale, des pousses continueront de sortir de terre pendant encore 2 à 3 ans. Il est crucial de les laisser atteindre environ 1 mètre de hauteur avant de les couper. Si elles ne sont pas coupées, elles continueront à alimenter le rhizome en photosynthèse, ce qui lui permettra de reprendre des forces. Il est également important de noter qu’un seul petit morceau de rhizome avec au minimum trois nœuds peut permettre au bambou de repartir, d'où la nécessité d'une vigilance accrue.
La Méthode par Bâchage
Une autre technique consiste à faire mourir le bambou en utilisant une bâche, particulièrement efficace pour un bambou non traçant occupant une petite surface. Pour mettre en place cette technique, il faut d'abord raser tous les chaumes. Ensuite, déposez une bâche bien opaque sur les chaumes coupés pour les priver de soleil et de pluie. Il est nécessaire de poser des parpaings ou des sacs de sable sur la bâche pour éviter qu’elle ne s’envole. Enfin, découpez les pousses qui se développeraient éventuellement à l’extérieur de la bâche.
L'Arrachage Mécanique
Il est également possible d’arracher le bambou à l'aide d'une mini-pelle ou de toute autre machine similaire. Si c’est un bambou non-traçant, il est possible de tout arracher d’un coup. L’avantage dans ce cas est de pouvoir le replanter ailleurs tel quel. Sinon, les rhizomes du bambou peuvent être retirés par morceaux avec la mini-pelle, ce qui est une méthode efficace pour les bambous traçants.
RHIZOMES de BAMBOU. Méthode d'arrachage sans efforts !
Efficacité et Risques des Méthodes Chimiques
Détruire les bambous chimiquement est généralement peu efficace, en plus d’être une solution coûteuse et non recommandée pour la biodiversité environnante.
Un cas observé dans le Finistère illustre cette inefficacité, où un particulier a tenté de se débarrasser de ses Phyllostachys edulis en utilisant du glyphosate. Pour que la méthode chimique ait une chance de fonctionner, il est nécessaire de couper les anciens chaumes avant d’appliquer le produit, car les chaumes anciens sont trop résistants et imperméables pour être éliminés chimiquement. Ainsi, il est recommandé d'éliminer d'abord les chaumes de bambou à l’aide des méthodes manuelles en fin d’hiver. Ensuite, un désherbant peut être appliqué sur les nouvelles pousses se développant à partir du printemps. Cependant, la plupart du temps, cette approche n'est pas efficace. Concernant les désherbants, le glyphosate est désormais interdit pour les particuliers. Il est donc possible d’essayer un désherbant biologique. Enfin, certaines personnes utilisent de l’acide chlorhydrique ou de la javel pour supprimer leurs bambous, mais ces méthodes sont également à considérer avec prudence en raison de leurs impacts environnementaux potentiels.
Prévention de l'Envahissement du Bambou : Mesures et Bonnes Pratiques
Mieux vaut prévenir que guérir : l'anticipation est la clé pour éviter l'envahissement du bambou dans votre jardin.
Choisir les Bonnes Variétés
Le plus simple, si l’on ne souhaite pas se retrouver envahi par les bambous et que l’on ne veut pas les planter en pot, est de choisir un bambou non-traçant, ou « cespiteux ». Pour cela, une des meilleures options est de choisir un bambou du genre Fargesia, qui a une croissance plus lente et reste compact.
L'Installation de Barrières Anti-Rhizomes
Si vous souhaitez planter des bambous traçants, il est impératif de mettre en place une barrière anti-rhizome. Cette barrière, dont le principe est de faire écran aux racines, les fera remonter en surface, où vous pourrez les supprimer.
- Préparation de la tranchée : Creusez une tranchée de 70 cm de profondeur avec une inclinaison de 15°C pour orienter les rhizomes vers la surface. Pour les grandes surfaces, une tranchée de 80 cm sur 80 cm sera parfaite pour éviter l'envahissement.
- Mise en place du film : Déposez un film semi-rigide de forte épaisseur (comme BAR70, rootcontrol ou plancotex), un film plastique en polypropylène semi-rigide de 1 mm d'épaisseur, dans la tranchée. Appuyez le film plastique sur les parois du trou, en prenant garde d’assurer un bon recouvrement à la jointure pour éviter que les racines ne s’insinuent. Il est généralement vendu au mètre.

Il est important de noter que l'utilisation d'un feutre géotextile ne suffit pas pour contenir les rhizomes de bambou, qui sont des « béliers » à rhizome charnu et peuvent transpercer les géotextiles les plus épais.
La Plantation en Pot : Une Solution Contrôlée
Si vous souhaitez planter un bambou traçant sans avoir à vous soucier de son envahissement, la plantation en pot est probablement la meilleure solution. Cela permet de contenir le système racinaire et de limiter sa propagation.
Entretien Général du Bambou : Clés pour une Croissance Saine
Les bambous comptent parmi les plantes les plus vigoureuses du jardin et leur entretien demande une attention régulière. En comprenant leurs besoins réels et en appliquant des gestes simples, il est possible de soutenir leur vitalité. Une gestion adaptée de l’eau, du sol, de la lumière et de la nutrition renforce leur résistance et améliore la qualité des chaumes.
1. Le Choix de l’Emplacement
Le choix de l’emplacement conditionne la vigueur, la stabilité et la longévité de vos bambous. Ces graminées géantes apprécient les sols riches et frais, mais chaque variété réagit différemment selon l’exposition ou la nature du terrain. En installant vos bambous dans un environnement adapté, vous stimulez une croissance régulière et une meilleure résistance aux stress climatiques. Un bon emplacement assure également une densité de chaumes harmonieuse, idéale pour constituer une haie brise-vue ou un massif décoratif. Pour garantir un développement sain, vous devez offrir à vos bambous des conditions de culture équilibrées. Le choix entre bambous traçants et non-traçants dépend directement de votre terrain, de l’espace disponible et de l’usage recherché. Les bambous traçants forment des rhizomes puissants qui s’étendent rapidement, créant des haies denses ou des bosquets en peu de temps. Les bambous non-traçants, eux, développent des touffes compactes et restent sagement en place.
2. L'Importance de l'Arrosage
L’eau joue un rôle central dans la croissance, la vigueur et la résistance des bambous. Leur système racinaire superficiel demande une humidité constante pour soutenir la production de turions et maintenir un feuillage dense. Il est donc crucial d’instaurer un rythme d’arrosage stable, capable de répondre aux besoins de la plante sans provoquer de stagnation. Une irrigation cohérente assure une croissance harmonieuse et limite les risques de stress hydrique, souvent responsables du jaunissement des feuilles et du ralentissement de la végétation. Trouver le bon équilibre entre humidité et drainage reste essentiel. Un manque d’eau fragilise les chaumes, accélère le dessèchement des extrémités et freine la pousse.
Les besoins en eau évoluent en fonction de la saison, de la température et de l’ensoleillement. En été, il est nécessaire d'augmenter la fréquence pour compenser la chaleur et la sécheresse, surtout en plein soleil où l’évaporation reste importante. Au printemps, il faut maintenir une irrigation régulière pour accompagner la pousse des nouveaux turions. En pot, une surveillance plus attentive du substrat est requise, car il sèche beaucoup plus vite qu’en pleine terre, notamment dans les zones exposées au vent et à la lumière directe. Arroser à la main en mouillant la base des bambous sans mouiller les feuilles, ou utiliser un arrosage goutte à goutte, sont des techniques efficaces.
3. La Fertilisation pour une Croissance Vigoureuse
Les bambous affichent une croissance rapide qui exige une alimentation régulière, équilibrée et adaptée à leur rythme naturel. Leur besoin en nutriments augmente dès la sortie des turions, période où la plante mobilise beaucoup d’énergie. Il est donc nécessaire d'intervenir au bon moment pour stimuler une croissance vigoureuse, maintenir un feuillage dense et renforcer la résistance aux stress. Un apport bien dosé favorise également la couleur vive des chaumes, tout en améliorant la structure racinaire. Le printemps correspond à la phase de reprise végétative, moment idéal pour offrir aux bambous les nutriments nécessaires. Les bambous répondent particulièrement bien aux engrais organiques, dont la libération progressive nourrit la plante sans provoquer de surdosage. Il est préférable de privilégier le fumier composté, les amendements organiques bien décomposés ou les engrais naturels riches en azote, qui améliorent à la fois la structure du sol et la vigueur du feuillage. Ces sources nourrissantes stimulent la croissance des chaumes et renforcent la densité de la touffe. En les distribuant au pied de la plante, on encourage un développement harmonieux, tout en respectant le fonctionnement naturel des racines.
4. La Taille et l'Aération
La taille des bambous vise avant tout à maintenir une silhouette harmonieuse, un feuillage dense et une bonne aération de la touffe. Même si ces graminées poussent naturellement sans intervention, une taille réfléchie optimise leur esthétique et leur vigueur. Cela permet d'améliorer la circulation de la lumière, de stimuler la production de nouvelles cannes et de prévenir l’encombrement qui peut affaiblir la plante. Éliminer les cannes âgées, cassées ou desséchées constitue l’une des étapes clés pour conserver un bambou sain.
L’aération constitue une étape essentielle pour favoriser un développement équilibré, surtout dans les variétés vigoureuses. Il faut éclaircir la base en retirant quelques tiges situées au centre afin de créer un passage pour la lumière et l’air. Cette ouverture améliore la vigueur globale, limite l’humidité stagnante et réduit les risques de maladies. Cela facilite également l’accès aux jeunes turions qui gagnent en robustesse lorsqu’ils profitent d’une luminosité régulière. La meilleure période pour tailler les bambous est au printemps, juste avant que la nouvelle croissance ne commence. Les bambous nains, sélectionnés comme couvre-sol, gagnent à être taillés au printemps. N'oubliez pas qu'une tige de bambou coupée ne repousse pas.
5. Protection contre Maladies et Ravageurs
Les bambous comptent parmi les plantes les plus vigoureuses du jardin, ce qui nécessite une gestion attentive, autant pour maîtriser leur expansion que pour éviter l’apparition de maladies. Leur croissance rapide peut entraîner une propagation incontrôlée si l’environnement s’y prête, et leur feuillage dense peut parfois favoriser les problèmes sanitaires lorsqu’il manque d’aération. En adoptant des gestes préventifs, on assure la stabilité de la plantation, on protège les végétaux voisins et on conserve des bambous en pleine santé.
Une observation régulière constitue la meilleure prévention contre les maladies ou les attaques d’insectes. Il est important d'analyser la couleur du feuillage, la souplesse des tiges et l’apparition éventuelle de taches ou de points collants. Un jaunissement localisé peut indiquer un manque d’eau ou un excès d’humidité, tandis que la présence de pucerons ou de cochenilles se manifeste par un aspect poisseux ou un enroulement des feuilles. En intervenant tôt, on limite la propagation et on restaure rapidement la vigueur de la touffe. Les bambous plantés en extérieur dans les milieux tempérés craignent peu les maladies. Des champignons comme la fumagine peuvent s'incruster avec les insectes. Les pucerons, les limaces et les scarabées japonais sont des ravageurs courants.
Entretien Hivernal
En hiver, les bambous ont besoin de soins spéciaux pour les aider à survivre aux conditions froides. Avant l'arrivée de l'hiver, il est important de préparer vos bambous pour les mois froids à venir. Nettoyez les feuilles en enlevant les feuilles mortes ou jaunies des bambous. Paillez le sol en appliquant une couche de paillis autour de la base des bambous pour les protéger du froid, en utilisant du compost, de la paille ou des feuilles mortes. Arrosez abondamment les bambous avant l'arrivée de l'hiver. Bien que les bambous soient généralement résistants au froid, certaines espèces peuvent être sensibles aux gelées sévères. Il est important de protéger les racines en ajoutant une couche de paillis supplémentaire autour de la base des bambous. Pendant les mois d'hiver, réduisez la fréquence d'arrosage pour éviter l'accumulation d'eau autour des racines. Si vous vivez dans une région venteuse, installez des brise-vent pour protéger les bambous du vent froid.
Solutions Alternatives pour l'Aménagement Paysager : Le Pas Japonais
Le pas japonais permet d'envisager le problème des herbes indésirables sous un angle nouveau. Au lieu de s'épuiser à maintenir des allées de gravier exemptes de mauvaises herbes, il est plus malin de créer des cheminements qui émergent au milieu d'elles, offrant une solution pour Dieu créa la fin du désherbage.
Une Vieille Tradition Revisitee
Le pas japonais est, comme son nom l'indique, d'origine japonaise. Il consiste à poser sur le sol des dalles de pierre ou de bois, séparées entre elles par la distance d'un pas, afin d'éviter de piétiner le sol. Dans son pays d'origine, où la saison des pluies peut s'éterniser et rendre le sol mouillé, boueux, salissant, mou ou glissant, ce petit cheminement marqué permet de poser les pieds au sec sur un sol dur et stable. Utilisé dans les jardins aux quatre coins du monde, autant pour des questions de praticité que d'esthétique, il est devenu, avec le bambou et le niwaki, l'apanage un brin caricatural des jardins zen. Il n'en reste pas moins une manière élégante de marquer un cheminement.
Un Problème Vu à l'Envers
Passons outre le potentiel esthétique du pas japonais pour s'intéresser à ce qu'il offre de plus intéressant en termes d'entretien. Il est l'opposé absolu de nos belles et immaculées allées gravillonnées. Au lieu de tenir les herbes à distance afin de marquer le passage, il chemine effrontément au milieu d'elles. Les herbes s'installent et poussent entre les dalles, mais pas sur elles. Et si les pas ont été correctement posés, ils n'offrent à la lame de tondeuse aucune prise, ce qui limite l'entretien à une simple tonte.
À l'inverse, dans toutes les allées et cheminements en gravier ou agrégat quelconque, les herbes indésirables finissent toujours par s'implanter. Qu'il s'agisse des adventices « béliers » à rhizome charnu (chiendent, liseron, prêle…) qui transpercent les géotextiles les plus épais ou des incroyables frugales qui germent sur la fine poussière qui se dépose entre le gravier et le feutre de protection, il y a toujours, tôt ou tard, des plantes indésirables qui s'installent dans les allées et qui nécessitent un pénible et régulier désherbage. Prenez donc le problème à l'envers, en laissant les herbes, bonnes ou « mauvaises », se développer à leur guise, et en posant votre cheminement sur elles. Vous gagnerez un temps infini en travail de désherbage.
Pour Marcher au Pas : Création et Matériaux
Pour créer un pas japonais, le choix des matières est vaste : de la pierre naturelle à la pierre reconstituée, de la très chic ardoise aux rustiques poutres de bois, tout est possible, y compris la fabrication maison de dalles en béton décoré ou en calades artisanales. Tout est bon, à condition que la matière ne soit pas trop glissante en cas d'humidité. Il est ainsi parfois judicieux de recouvrir le bois d'un petit grillage à poule discret. Espacez les dalles selon votre enjambement, et veillez à les dimensionner d'une taille minimum de trente centimètres en tous sens.

Autres Méthodes de Gestion des Mauvaises Herbes
En complément des techniques spécifiques au bambou et de l'approche du pas japonais, il existe d'autres méthodes pour gérer les mauvaises herbes.
Vinaigre Blanc et Paillage
Une solution consiste à pulvériser du vinaigre blanc (1/3 vinaigre, 2/3 eau) à la base des herbes à éliminer. Le paillage, quant à lui, empêche la repousse des mauvaises herbes, économise l’eau car il réduit l’évaporation, conserve le taux d’humidité dans le sol et garde le sol "frais", ce qui permet aux vers de terre de travailler le sol.
Angélique et Eau Javellisée
Les fleurs d'angélique, d'un jaune verdâtre, disposées en larges ombelles, sont visibles vers juillet et août et sont tout aussi efficaces contre les mauvaises herbes. Il suffit de faire macérer pendant une semaine, un kilo d’angélique dans 10 litres d’eau et de répandre cette mixture sur les mauvaises herbes. Au printemps avant de jardiner, arroser l’endroit que vous souhaitez désherber. Le lendemain, arroser de nouveau avec de l’eau javellisée.