
La filière agricole française, et particulièrement le secteur du maraîchage, évolue constamment face aux défis environnementaux et économiques. Au cœur de cette transformation se trouvent des professionnels dévoués, tels que le technicien maraîchage et le conseiller en productions végétales, dont les rôles sont cruciaux pour assurer la pérennité et l'innovation des exploitations. Leur expertise, combinée à une connaissance approfondie des pratiques durables et des technologies émergentes, est essentielle pour accompagner les agriculteurs vers une production plus respectueuse des sols, de l'eau et de la biodiversité.
Le Technicien de Culture Maraîchère : Un Expert au Cœur de la Production
Le technicien de culture maraîchère est un professionnel spécialisé dans la production de légumes et de fruits. Son rôle principal est de superviser et d’assurer le bon déroulement des opérations liées à la culture maraîchère, couvrant l'intégralité du cycle de production. Cela inclut la préparation du sol, les semis, les plantations, l'arrosage, l'entretien, la récolte et le conditionnement des produits. C'est un métier exigeant, tant physiquement que mentalement, où la connaissance technique est primordiale.
Le salaire d’un technicien de culture maraîchère peut varier en fonction de plusieurs facteurs, notamment l'expérience, la taille de l’exploitation et la région d'exercice. En moyenne, un technicien débutant peut s'attendre à un revenu brut annuel compris entre 20 000 et 25 000 euros. Avec plusieurs années d’expérience, des perspectives d’évolution s'ouvrent vers des postes de responsabilité, tels que chef de culture, responsable de production ou consultant indépendant spécialisé en maraîchage.
Pour exercer ce métier, il est nécessaire d'immatriculer son exploitation agricole. La Mutualité Sociale Agricole (MSA) est obligatoire pour toute activité agricole professionnelle. Le maraîchage, s'apprend surtout en faisant, bien que des formations financables via Pôle emploi ou les régions existent. La production ne suffit pas, la vente est également une composante essentielle de l'activité. En maraîchage, les exploitants dépendent du régime agricole (bénéfices agricoles - BA), avec des options comme le micro-BA, un régime fiscal simplifié pour débuter, offrant un abattement forfaitaire sur les recettes, ou le statut d'entreprise individuelle agricole (EI), le plus courant. Le terrain est le cœur de tout projet maraîcher, sa qualité et sa gestion étant fondamentales.
Le Conseiller en Maraîchage : Un Accompagnateur Stratégique

Le conseiller en maraîchage, souvent rattaché à une Chambre d'agriculture, joue un rôle essentiel d'accompagnement et de soutien auprès des producteurs, qu'ils soient bio ou conventionnels. Son objectif est d'apporter un conseil technico-économique individuel et collectif, visant à faire gagner les maraîchers en productivité tout en respectant l’environnement. Les missions de ce professionnel sont variées et dynamiques, comme en témoigne Maxime Chabalier, conseiller en maraîchage à la Chambre d'agriculture Pays de la Loire, qui souligne que la diversité des missions est ce qui lui plaît le plus dans son métier.
Le conseiller est amené à animer des formations, des journées d’information et des visites techniques, permettant de diffuser les bonnes pratiques et les innovations. Il accompagne les maraîchers dans leurs choix stratégiques, de l'installation aux décisions techniques et économiques. La mise en place et la conduite d'expérimentations font également partie de ses attributions, contribuant ainsi à la recherche et au développement de nouvelles techniques adaptées aux réalités du terrain. La surveillance biologique et sanitaire du territoire, l'élaboration de références techniques et économiques, ainsi que la rédaction de synthèses et de bulletins techniques sont d'autres facettes de son travail.
Pour être un bon conseiller, des solides connaissances en agronomie et maraîchage sont indispensables, ainsi qu'une connaissance globale de l'environnement agricole. Une capacité d'analyse approfondie des résultats technico-économiques, un sens de la pédagogie et du conseil, des compétences en rédaction et synthèse, une force de proposition et un attrait pour les nouvelles technologies et l'innovation sont également des qualités recherchées. Le sens de l'écoute et du relationnel sont essentiels pour établir une relation de confiance avec les agriculteurs.
La rémunération pour un conseiller en maraîchage débute généralement entre 20 000 et 25 000 euros bruts par an, mais peut dépasser les 30 000, voire les 35 000 euros pour les profils les plus expérimentés. Les perspectives d'évolution incluent des postes de chef de service ou une orientation vers d'autres fonctions comme le commerce ou la formation.
[TEMOIGNAGE] Kevin Masse - Maraîcher (49)
Maxime Chabalier, après une formation d'ingénieur et des expériences en arboriculture et recherche et développement sur la canne à sucre, a intégré la Chambre d'agriculture de Vendée. Il accompagne une quarantaine d’agriculteurs sur des thématiques variées telles que la vie du sol, la protection des cultures, l’irrigation, l’approche économique des exploitations et le conseil à l’installation. Il insiste sur la saisonnalité du poste, alternant travail de terrain et de bureau, et met en avant l'importance de l'organisation et de l'empathie pour gérer la diversité des missions et accompagner efficacement les producteurs. Alain Airiaud, chef de service maraîchage, arboriculture, vigne et agriculture de précision à la Chambre d'agriculture Pays de la Loire, confirme la multiplicité des missions, qui vont de la recherche et développement à l'accompagnement technique, la formation et l'animation de collectifs. Il souligne la recherche de profils complets, généralement de niveau Bac + 5, avec une expertise technique avérée, et insiste sur l'importance de la rigueur, des compétences en traitement des données, du travail d'équipe et de l'ouverture aux autres.
Le Réseau BTM : Un Soutien Constant aux Maraîchers
Adhérer au Bulletin Technicien Maraîchage (BTM) représente un avantage considérable pour les professionnels du secteur. Ce service offre un accès à un réseau social professionnel animé par des techniciens, permettant aux adhérents d'interagir, de partager des actualités, des événements, des diagnostics de problèmes phytosanitaires, des documents techniques et des bons plans d'achat de matériel.
Le BTM diffuse 11 bulletins « Brassica » tout au long de l’année, informant des avancées techniques de gestion des cultures. Il propose également le « Bulletin de Conseil Phytosanitaire » et « La Note Bio », publiés tous les 15 jours entre avril et octobre, pour un suivi précis de l'évolution des maladies et des ravageurs des cultures. Un guide de protection phytosanitaire légumes régional est mis à disposition, incluant l'ensemble des produits utilisables et des stratégies d'entretien et de protection des cultures, complété par une information phytosanitaire et réglementaire.
Le service inclut des offres de formation spécifiques au maraîchage, l’interprétation d'analyses de sol, et un accès au service météo adapté à l'agriculture locale par Météo France, ProagriMeteo. Les bulletins diffusés sont issus d'un réseau d'observation régional de conseillers. Des essais et démonstrations sont encadrés par la station d'expérimentation légume CTIFL unité de Brindas, couvrant le pilotage de l’irrigation, les essais variétaux, la lutte contre les bio-agresseurs et les essais de fertilité des sols. Une mise à jour et une réédition annuelle des guides de protection et d'entretien sont effectuées au niveau national.
Préservation des Ressources et Alternatives Durables

La préservation des ressources en eau du territoire est un enjeu crucial, non seulement pour la biodiversité des milieux naturels, mais aussi pour les usages humains. Face à ce défi, l'agriculture et les pratiques de jardinage doivent évoluer. Le printemps, saison de renouveau, est souvent marqué par de mauvaises habitudes qui persistent. Bien que le glyphosate, fer de lance de la "tuerie silencieuse", ait été interdit par les autorités le 1er janvier 2019, de nombreux particuliers, soucieux de leur jardin, se tournent vers des alternatives naturelles aux résultats similaires aux produits chimiques.
Beaucoup adoptent le vinaigre blanc, le sel ou la Javel, en cherchant les bons dosages sur internet, pensant faire un geste pour l'environnement. Hélas, c'est une erreur aux conséquences potentiellement pires. Le sel, tout comme la Javel, est toxique pour les organismes vivants dans l’eau et le sol. Ces substances modifient la structure interne du sol et réduisent sa perméabilité, ce qui a des effets dévastateurs sur la biodiversité et la capacité du sol à filtrer l'eau.
Des produits de biocontrôle, portant la mention “Emploi Autorisé dans les Jardins” (EAJ), sont disponibles. Ils sont souvent à base d’acide pélargonique, un acide gras d’origine végétale que l’on trouve par exemple dans les géraniums, offrant une alternative plus respectueuse. Moins répandue chez les particuliers mais très efficace et respectueuse des sols, la technique de l’enherbement consiste à semer ou laisser pousser une ou plusieurs espèces de plantes dans les allées et les jardins. Elle réduit les surfaces de sol à nu, prévenant ainsi les risques d’érosion, améliorant la filtration et l’infiltration de l’eau, et augmentant la biodiversité des sols.
L'Agroforesterie : Une Double Valorisation et un Engagement Climatique

L’agroforesterie est une pratique permettant une double valorisation sur une parcelle donnée, combinant l'activité agricole avec la plantation d'arbres. À une échelle plus large, l’introduction d’arbres contribue significativement à la lutte contre le réchauffement climatique.
La commune de Hasparren, avec une superficie de près de 7700 hectares, se classe parmi les communes les plus étendues du Pays Basque. Elle a la particularité de posséder elle-même des surfaces agricoles non négligeables. Dans le contexte d'une cessation de bail, la commune a repris une parcelle située au quartier La Côte, au lieu-dit « Errhinesorhua ». La recherche de l’amélioration de la valorisation de ces surfaces agricoles est apparue comme un levier intéressant.
Au Pays Basque, l’activité agricole est principalement tournée vers l’élevage, avec des exploitations souvent “mixtes” élevant à la fois des brebis et des bovins viande, la race la plus couramment rencontrée à Hasparren étant la Blonde d'Aquitaine, ou encore des chevaux, notamment les Pottoks. La diversité de l'élevage est importante, incluant également des vaches laitières, des brebis viande, des chèvres, des poules pondeuses, des poulets, des canards et des porcs Kintoa.
Au vu des caractéristiques de la parcelle d'Errhinesorhua, le choix de la commune s’est porté sur l’implantation d’une châtaigneraie à grande distance. Traditionnellement, une châtaigneraie est plutôt installée dans une configuration de type « verger ». Cependant, en système agroforestier, les lignes d’arbres sont espacées, ce qui rend possible la valorisation de la culture au sol. Dans ce cas précis, les lignes de châtaigniers sont distantes de 12 mètres, et la culture au sol sera une fougeraie dans un premier temps, pour ensuite s’orienter vers une prairie, valorisable par un pâturage ovin.
Le châtaignier est une essence plutôt “rustique”, c’est-à-dire qu’il nécessite un entretien modéré durant les premières années et s’adapte bien aux sols acides des anciennes landes communales, ainsi qu’au climat local. Par ailleurs, une filière locale se développe depuis quelques années, ce qui permet d’envisager des débouchés de proximité pour les fruits. L’implantation d’une châtaigneraie à gros fruits sur cette parcelle a également pour objectif de servir de référence technique pour un éventuel développement de la filière, notamment sur les questions liées à la taille ou au choix des variétés. Les variétés seront choisies pour leur résistance au chancre, mais également pour leurs qualités gustatives et leur aptitude à la transformation.
La Valorisation de la Laine : De la Ressource Oubliée au Compost Innovant

L'Ursuya, la montagne des sources, n'est pas uniquement un lieu de randonnées, elle symbolise aussi la richesse des ressources locales. En 2021, une étude a été menée par LANALAND, la Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques, le Conseil départemental des Pyrénées Atlantiques, la région Nouvelle-Aquitaine, le Fonds International de Développement Régional et l’APESA, sur la revalorisation de la laine. Les efforts ont abouti à la publication d'un rapport détaillant différents prototypes de compost et usages de ce matériau.
La laine est classée en sous-produit animal de catégorie 3 dans la réglementation européenne, ce qui implique des règles très spécifiques concernant sa transformation en composts et engrais (règlements UE n°1069/2009 et n°142/2011).
Le compostage de la laine présente des défis. Un compostage non optimal peut résulter d'un taux d’oxygène trop faible (largement en dessous de l’optimum de 10 %), dû principalement à un manque de structurants et/ou à une humidité trop élevée. Cependant, l’ajout de laine n’aggrave pas ces phénomènes. Des composts non matures peuvent également être observés, avec des teneurs en ammonium importantes, en raison d'un processus non optimal et d'un rapport Carbone/Azote (C/N) trop faible.
Les analyses des composts avec laine (sans déchets verts) ont montré des teneurs en azote 10 à 20 % plus hautes, et des teneurs en soufre 40 à 55 % plus importantes. Sur quatre tas étudiés, l’étape d’hygiénisation est respectée sur trois tas (plus de 70 °C pendant plus d’une heure). Seul le tas composé de fumier et de laine coupée n’a atteint que 68 °C. Les analyses microbiologiques réalisées (Escherichia coli, Salmonella, Enterococcaceae) confirment que les composts satisfont aux exigences réglementaires sur le plan microbiologique.
La granulation est une autre voie de valorisation. Une grille permet d’obtenir une très grande majorité de fibres de tailles inférieures à 6 mm. Cependant, le débit est réduit à cause du suint présent dans la laine. La granulation a été réalisée avec une presse à granulés de la marque Smartwood® (Italie). Initialement, plusieurs compositions de granulés ont été étudiées, associant la laine à de la sciure de bois, des déchets verts, des tourteaux de tournesol ou des drêches de brasserie. Seuls les granulés avec les drêches ont montré une tenue satisfaisante.
Deux paramètres permettent d’optimiser le procédé de granulation : l’humidité de la matière première et le taux de compression. L’optimum d’humidité se situe entre 8 % et 17 %. La presse à granulés permet de faire monter la matière en température (à plus de 90 °C pour les taux de compression de 6), mais pendant un laps de temps très court (moins de 5 minutes). Les analyses microbiologiques des granulés n'ont pas révélé la présence d'Entérobactéries et de Salmonelle, ni initialement ni dans les granulés. En revanche, on note la présence de Clostridium dans certains échantillons de laine brute et dans certains granulés.
Le Recensement Agricole : Un Instantané de l'Agriculture Française
Le recensement agricole a pour objectif d’actualiser les données sur l’agriculture française et de mesurer son poids dans l’agriculture européenne. Une grande partie de la collecte de ces données s’effectuera par Internet, facilitant ainsi la participation des exploitants et la centralisation des informations. Cette initiative permet d'avoir une vision précise de l'état de l'agriculture, de ses évolutions et de ses besoins, afin d'adapter les politiques agricoles et de soutenir efficacement les professionnels du secteur.
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