Utiliser le Compost dans un Potager : Un Guide Complet pour une Terre Fertile

Composter, c'est bien plus qu'une simple pratique de recyclage ; c'est une véritable philosophie pour le jardinier soucieux de l'environnement et de la santé de ses cultures. En transformant les déchets organiques du jardin et de la maison en un terreau riche, d'excellente qualité et 100 % naturel, le compost devient un allié inestimable. Ce processus allège la terre, permet des économies d'engrais, de terreau et d'eau, et réduit considérablement nos déchets, évitant ainsi les transports jusqu'à la déchetterie.

Schéma du cycle du compostage

Qu'est-ce que le Compost et Comment Fonctionne-t-il ?

Le terme « compost » signifie « engrais composé ». Il s'agit d'un fertilisant à base de déchets d’origine végétale ou animale qui, une fois décomposés par des micro-organismes tels que bactéries et champignons, mélangés et mis en tas, produisent un engrais de qualité totalement naturel. Ce produit nourrit les plantes, les rend plus saines et plus résistantes aux maladies. Il est considéré comme l'engrais le plus équilibré : plus vous compostez d'éléments différents, plus votre compost sera complet, intégrant matières vertes, déchets bruns, déchets humides et matières sèches.

Le processus de compostage est un phénomène aérobie qui nécessite de l'oxygène et dégage de la chaleur. Il se déroule en deux étapes principales :

  1. Le processus de dégradation : Cette phase initiale, intense et aérobie, transforme les résidus en compost frais. Elle est caractérisée par la décomposition de la matière organique fraîche à haute température (50 à 70 °C) sous l'action de bactéries et en présence d’oxygène.
  2. Le processus de maturation : Cette étape est marquée par une dégradation moins soutenue, où le compost continue de se stabiliser et d'acquérir ses propriétés finales.

Ces réactions sont essentielles pour obtenir un compost de qualité, riche en nutriments et bénéfique pour le sol.

Compost ► On reprend les bases pour avoir le plus beau compost

Les Différentes Méthodes de Compostage

Il existe plusieurs approches pour composter, chacune adaptée à des besoins et des espaces différents. Que vous ayez un grand jardin ou un petit balcon, une solution existe pour vous.

Compostage en Tas

Le compostage en tas est la méthode la plus simple et la plus naturelle, ne nécessitant pas de structure spécifique autre qu'un espace au sol. Un bon emplacement pour un tas de compost est à l’ombre, car une situation trop chaude le dessèche. Le contact direct avec le sol est crucial, car il constitue une source directe de micro-organismes, comme les lombrics, indispensables à la réussite du compost. Pour optimiser ce processus, il est idéal d’avoir au moins deux compartiments à compost afin de pouvoir le retourner aisément. Pendant qu'un bac termine sa fermentation, vous pouvez remplir le second, assurant une continuité dans la production de compost.

Pour ceux qui désirent composter une petite quantité de déchets, il est possible de creuser un trou directement dans la terre. Il suffit de créer une tranchée de 20 cm de profondeur et d’une largeur correspondant à la quantité de déchets souhaitée, puis de la couvrir de paille ou d’un plastique noir et de maintenir le tout humide, comme pour un compost normal.

Compostage en Silo

Les silos à compost, disponibles dans le commerce ou à construire soi-même avec des planches de bois ou du grillage, offrent une solution plus structurée pour le compostage. Ils permettent de contenir les déchets et de faciliter leur gestion. Les experts recommandent des composteurs en ligne sélectionnés pour composter en silo les déchets du jardin. Comme pour le compostage en tas, il est impératif de laisser le fond du bac en contact avec le sol pour bénéficier de l'apport des micro-organismes.

Composteur en silo et en tas

Compostage de Surface

Le compostage de surface est une technique rapide et efficace qui consiste à déposer directement les déchets organiques sur les planches de cultures. Cette méthode reproduit le cycle naturel de la matière organique, où une plante pousse, meurt et se décompose au sol, l'améliorant au passage. C'est une manière d'optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes, offrant un gain de temps et de fertilité.

Contrairement au compostage en tas, le compostage de surface ne génère pas de chaleur intense, ce qui signifie que l'énergie contenue dans les matières organiques n'est pas dissipée mais mise à disposition de l'activité biologique du sol (vers de terre, micro-organismes, larves d'insectes). Les matières non compostées, riches en sucres, protéines et cellulose, nourrissent directement la vie du sol. De plus, sa mise en œuvre est d'une grande simplicité : pas besoin de faire un tas dans les règles de l'art, il suffit de déposer les matières compostables au contact du sol. Si vous paillez déjà au jardin, vous pratiquez déjà une forme de compostage de surface.

Les déchets peuvent être hachés et généralement déposés sous un paillage déjà présent, évitant ainsi les nuisances visuelles et olfactives. Cela permet de laisser sur place les fanes de betteraves ou de carottes, les queues de haricots, réduisant le temps de nettoyage à la maison. Tous les déchets de cuisine peuvent être épandus au potager sous le paillage au fil des mois, à l'exception de la viande, du poisson et des produits laitiers qui pourraient attirer les rats. Il est recommandé de les composter dans un silo.

Compostage en Tranchée

Pour ceux qui souhaitent un mix entre les deux méthodes précédentes, le compostage en tranchée est une option intéressante. Il s'agit de creuser une petite tranchée entre deux rangs de culture et de la remplir de matière organique. Cette méthode éprouvée permet d’enrichir efficacement un rang de légume disposé à côté, favorisant leur croissance.

Lombricompostage

Le lombricompost est une alternative au compostage traditionnel, utilisant l’activité naturelle des vers de terre pour transformer les déchets de cuisine et de jardin en un amendement particulièrement riche pour le sol. Il se fabrique dans un lombricomposteur, souvent composé de plateaux empilables où les vers consomment progressivement les matières organiques. Le résultat est une matière sombre, fine, très riche en nutriments assimilables par les plantes. Le lombricompost génère peu d’odeurs, peut être installé dans un garage ou sur un balcon, et décompose les déchets plus rapidement qu’un tas de compost classique, sans nécessiter de retournement manuel.

Les Facteurs Clés d'un Compost Réussi

Quelle que soit la méthode choisie, la règle d'or est de maintenir l'équilibre entre les différents types de déchets et de gérer l'aération et l'humidité.

Aération : Le Souffle de la Décomposition

L’aération est un facteur essentiel car le compostage est un processus aérobie. Une mauvaise aération du tas de compost est la principale raison d’un compostage lent, partiel, hétérogène ou mal odorant. On estime que l'air devrait occuper au moins 50 % du volume du tas. Pour cela, il est important de mélanger le tas le plus souvent possible (toutes les 4 à 6 semaines) pour bien l'aérer.

Les bactéries responsables de la dégradation du compost ont besoin d’oxygène pour respirer et produisent de la chaleur en dégradant la matière. Il est donc crucial de bien aérer le tas de compost pour leur apporter de l’oxygène et maintenir une température autour de 70 °C. Le premier mélange ne doit être réalisé que 2 à 4 semaines après la mise en tas des déchets. Un outil adapté, comme l'aérocompost, permet de former des puits d'air dans le compost. On peut également en profiter pour incorporer des activateurs naturels (urine, fumier de volaille, poudre d’algue, poudre d’os marine) qui stimulent l’activité. Ajouter de la terre en guise de levain et un lit de branchages au fond du composteur favorise également l’aération.

Humidité : L'Équilibre Vital

Il est important de contrôler l’humidité du compost. Pour vérifier qu’il est satisfaisant, il suffit de comprimer une poignée de compost dans la main. Si le compost est trop sec et que l'apport de déchets humides n'est pas suffisant, les bactéries meurent et seuls les champignons continuent à travailler, signalés par l'apparition de filaments mycéliens blancs. Dans ce cas, il faut arroser le compost. Il convient également de vérifier que l’aération n’est pas excessive et que l’emplacement n’est pas trop venteux. Couvrir le tas de compost avec une bâche après l’avoir arrosé aide à maintenir l’humidité.

À l'inverse, un excès d'eau diminue la quantité d'air disponible, remplaçant les bactéries aérobies par des bactéries anaérobies qui dégagent des gaz et engendrent des odeurs désagréables. Dans ce cas, il est important de bien mélanger le compost pour éviter les zones trop humides à l'intérieur. Découvrir le tas par temps sec peut augmenter l’aération. Si le taux d’humidité est vraiment trop important, étalez une partie du compost sur le sol durant quelques heures par temps sec pour l'aérer, puis remettez-le dans le bac à compost.

Illustration de l'équilibre air/eau dans le compost

Le Juste Mélange des Matières

La diversité des déchets utilisés fait du compost le meilleur engrais organique. Pour un compost 100 % naturel, il faut utiliser les déchets verts de la maison (fruits et légumes) et du jardin. Il est essentiel d'utiliser des matériaux variés et broyés (les micro-organismes seront plus efficaces si les déchets sont en petits morceaux) en mélange équitable de secs (bois, rameaux, feuilles mortes) et d'humides (encore verts). La règle d'or est de maintenir l'équilibre entre : déchets verts (tonte de gazon, fruits et légumes gâtés, épluchures…), déchets bruns (broyats de bois sec, de taille…), matières sèches et déchets humides. Retenez simplement qu'il est optimal de mélanger à la fois des déchets carbonés et azotés pour qu'ils se bonifient les uns les autres. L'un apporte de l'eau, de l'azote, pendant que l'autre apporte du carbone et aère l'ensemble.

Matières Compostables à Mettre au Compost

Au jardin :

  • Feuilles mortes broyées
  • Tonte d'herbe fraîche
  • Herbes séchées
  • Fleurs fanées, même celles du fleuriste
  • Plantes d'appartement
  • Bois de taille broyé, sciures et copeaux
  • Aiguilles de conifères
  • Mauvaises herbes non grainées, dont les orties entières avant floraison (laissez-les sécher, racines à l'air libre, durant quelques jours, surtout les plus problématiques comme le chiendent. Pour les annuelles peu problématiques, coupez-les au collet une fois qu'elles gênent les cultures).

À la maison :

  • Déchets et épluchures de légumes et de fruits
  • Peaux d'agrumes broyées (en petite quantité)
  • Restes de repas (sans viande, ni graisse)
  • Feuilles de thé et sachets de thé
  • Marc de café avec le filtre
  • Croûtes de fromage, couenne de jambon
  • Coquilles d’œufs, de noix, de moules broyées
  • Pommes de terre flétries broyées
  • Graisses, huiles de cuisine (en petite quantité)
  • Papier essuie-tout (mouillé)
  • Papier, journaux, cartons (en morceaux)
  • Tissus naturels tels le coton et le lin (broyés)

Infographie des matières compostables et non compostables

Matières à Ne Pas Mettre au Compost

Au jardin :

  • Terre, sable et cendre de charbon
  • Gros bois, bois traité, bois exotique
  • Plantes malades (certains recommandent de les brûler, mais le compostage de surface des plantes malades n'entraîne pas de propagation significative car les spores sont déjà présentes dans le sol et l'environnement. Dans le cas d'un compost en tas, la montée en température n'est pas suffisante pour détruire tous les agents pathogènes.)
  • Tailles de thuyas et autres conifères
  • Cendres de bois
  • Toutes plantes grainées (sauf si vous utilisez un composteur industriel dont la température monte au-delà de 60°C pour tuer les graines)
  • Litières non biodégradables
  • Plantes invasives qui sont montées à graines, sinon on risque de se retrouver avec des repousses dans toutes les plates-bandes.
  • Certains végétaux coriaces qui ont tendance à prendre racine rapidement : ronces, lierres, liserons (vous pouvez les faire sécher avant de les incorporer si vous souhaitez vraiment les composter).

À la maison :

  • Viandes, poissons, produits laitiers (surtout pour le compostage de surface à proximité des cultures, car ils peuvent attirer les rongeurs. Privilégiez un silo pour ces éléments)
  • Plastiques, métaux, verres (utilisez vos poubelles de tri)
  • Papier glacé, imprimé ou coloré
  • Langes jetables
  • Poussières de sac d'aspirateur et balayures
  • Tissus synthétiques tel le nylon et le lycra
  • Tous les produits chimiques
  • Huile de vidange

Les fumiers doivent être utilisés bien décomposés, car frais, ils sont riches en éléments solubles trop concentrés pour la croissance des plantes.

Quand le Compost est-il Prêt ?

Le compost peut être mûr au bout de 3 à 6 mois au printemps/été ou 6 à 9 mois en automne/hiver s’il est bien isolé et retourné régulièrement. Certains composteurs permettent même la réalisation d’un compost de qualité en 4 à 6 semaines seulement ! Pour un compost bien décomposé, pensez à alterner deux couches avec un activateur à compost.

Le compost est prêt lorsqu’il sent la terre forestière, l’humus et s’effrite facilement. À ce stade, on ne reconnaît plus les matières d’origine, et il est riche en nutriments. Pour vérifier sa maturité, un test simple consiste à semer des graines : si elles germent après deux ou trois jours et que racines et feuilles se développent une semaine plus tard, le compost est mûr. Si les semences ne germent pas, le compost n’a pas encore atteint sa maturité et doit être étalé sur toute la surface du sol.

Comment Utiliser le Compost dans un Potager ?

Le compost n’est pas seulement un “engrais naturel”, c’est un activateur pour avoir un sol vivant. Il améliore la structure du sol, favorise la rétention d’eau et des éléments minéraux, augmente la résistance au compactage, à l’érosion éolienne et hydrique, la fertilité du sol, l’immunité des plantes et le stockage de carbone.

Utilisation lors des Plantations

Le compost mûr peut être apporté en surface et mélangé avec les 5 à 10 premiers centimètres du sol lors des plantations. Il est crucial de ne pas enfouir le compost au fond du trou, mais de l'incorporer de façon superficielle.

  • Légumes exigeants (tomates, courges, artichauts…) : 2 à 3 kg par plante.
  • Légumes moins exigeants (carotte, haricot, persil, pois…) : 1 à 2 kg par plante.
  • Plantes vivaces : 0,5 à 1 kg par plante.
  • Arbustes et rosiers : 3 à 6 kg par arbuste.
  • Arbres fruitiers ou d’ornement : 8 à 10 kg par arbre.
  • Création de pelouse : 2 à 3 kg / m² avant de semer, incorporé sur les dix premiers centimètres de terre.

Pour vos jardinières ou vos plantes d’intérieur, mélangez 1/3 de compost avec 2/3 de terre végétale. Pour vos arbres fruitiers, dispersez du compost mûr à l’endroit où tombent les feuilles pour enrichir le sol où se trouvent les racines.

Utilisation en Entretien

Le compost permet d’entretenir la terre, notamment les terres pauvres en humus ou celle du potager très sollicitée par les cultures exigeantes. Le compost est toujours à utiliser en surface, après récolte à la fin de l’été ou début d'automne, ou en fin d’hiver.

  • Plantes vivaces : entre 1 et 2 kg / m² tous les 2 ans.
  • Arbres et arbustes : entre 1 et 2 kg / m² tous les 3 à 4 ans.
  • Arbres fruitiers : 3 kg / m² tous les 2 ans, en automne.
  • Arbustes fruitiers (fraisiers, framboisiers…) : 3 à 5 kg / m² par an.
  • Pelouse : 0,5 kg / m² tous les 3 à 4 ans, finement tamisé au préalable.
  • Massifs floraux : lors de l'installation d'un parterre, incorporez de 5 à 8 kg/m² de compost sur les quinze premiers centimètres. Lors des plantations, vous pouvez aussi mettre votre compost dans les trous, en le mélangeant avec la terre.

Quand Appliquer le Compost ?

Le printemps est la saison idéale pour amender le sol avant les plantations avec un compost plus mature et tamisé. L'automne est également propice à l'utilisation du compost pour préparer le potager pour la saison prochaine, avec un compost plus jeune et moins tamisé afin d’enrichir le sol en azote pendant l’hiver. Cependant, le compost peut s'utiliser toute l'année :

  • À l’automne ou en fin d’hiver : en surface avec un léger griffage pour l’incorporer à la terre.
  • Au printemps : entre les rangs de légumes avant de pailler par-dessus.
  • Toute l’année : dans les trous de plantation en le recouvrant de fines couches de terre afin que les graines ne soient pas en contact direct avec le compost. En se développant, ce sont les racines qui vont s’enfoncer dans le sol et accéder aux nutriments du compost.

Calendrier d'application du compost au potager

Le Tamisage du Compost

Lorsque le compost est prêt, il reste toujours quelques fragments non décomposés. Vous pouvez les récupérer en tamisant votre compost et les réincorporer dans le prochain tas que vous ferez. Le tamisage est particulièrement recommandé pour le compost destiné aux semis ou aux plantes délicates.

Précautions et Erreurs à Éviter

Attention à ne pas abuser du compost ! Utilisé en excès, un compost nutritif et bien gras issu de matière organique riche en azote peut libérer des nitrates dont les plantes se nourrissent à outrance, favorisant leur vulnérabilité vis-à-vis des maladies et des ravageurs. De même, l’utilisation excessive d’un compost plus fibreux et riche en carbone, bon pour structurer plus durablement le sol mais plus pauvre en azote, pourrait freiner la croissance des plantes à court terme.

Il est important de ne pas utiliser le compost pur pour y semer des graines, sauf pour les plantes très exigeantes comme les tomates ou les courges qui peuvent germer dans du compost pur. Même un compost mûr doit être mélangé à de la terre pour les semis ou les plantes délicates. Les plantes à faibles besoins, comme l'ail ou l'oignon, peuvent se passer d’apport de compost, et même le compostage de surface est à éviter avec ces cultures qui n'apprécient pas les sols trop humides.

Enfin, un compost doit toujours être légèrement humide. Il convient de l’humidifier régulièrement jusqu’à son utilisation, car les organismes décomposeurs risquent de mourir dans un compost trop sec.

Les Effets Concrets du Compost sur les Sols et les Plantes

Le compost enrichit le sol en matière organique, ce qui favorise largement la rétention d’eau et des éléments minéraux, la résistance au compactage, à l’érosion éolienne et hydrique, la fertilité du sol, l’immunité des plantes et le stockage de carbone, réduisant le dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Le sol est vivant, constituant la partie animée de la croûte terrestre peuplée par une grande diversité de micro-organismes. Un sol en bonne santé est nécessairement riche en matière organique et en vie. Le compost agit comme l’humus : il stocke le résidu de matière organique, d’eau et de nutriments qui n’ont pas été totalement décomposés lors du compostage et libère progressivement tous ces éléments dans le sol une fois épandu, plus lentement. C’est la minéralisation ou transformation finale de la matière organique en éléments minéraux et inorganiques qui deviennent de nouveau disponibles pour les plantes. Cette perte naturelle de matière organique doit être compensée par de nouveaux apports, sous forme de compost, de fumier ou de paillis de végétaux.

Des projets de jardins expérimentaux ont démontré les bienfaits du compost. Par exemple, des tests comparatifs sur des carottes ont montré l'efficacité du compost pour la croissance des légumes. Des jardinières sans compost, avec seulement de la terre végétale, ont donné des résultats moins probants. L'ail et l'oignon, peu gourmands en compost, se sont développés parfaitement avec un apport modéré de matière organique. Les tests sur des fleurs sauvages de prairies ont également montré des résultats sans appel en faveur du compost, confirmant son rôle dans le stockage pérenne du carbone dans le sol et le ralentissement des effets du changement climatique.

Le compostage de surface, en particulier, nourrit directement toute la petite faune du sol, y compris les lombrics, qui décomposent la matière et rejettent la nourriture indispensable aux végétaux. Cela améliore également la structure du sol à moyen terme, le rendant plus meuble et aéré, souvent comparé à du couscous. L'apport de déchets de cuisine au potager, sous le paillage, augmente l'humidité du sol, permettant une économie d'eau non négligeable.

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Le Matériel Indispensable pour un Bon Compostage

Pour réussir votre compostage, quelques outils peuvent s'avérer très utiles :

  • Une brouette : pour transporter les déchets jusqu'au tas de compost.
  • Un récipient de petite taille : pour récupérer les déchets de la maison.
  • Un broyeur : pour couper les déchets en petits morceaux et faciliter le travail de fermentation des micro-organismes.
  • Un ou deux silos à compost ou composteurs : pour contenir les déchets.
  • Une fourche : pour remuer et aérer régulièrement le tas de fumier.
  • Un thermomètre de couche : pour observer l’évolution de la température au cœur du compost. Des thermomètres spécialisés indiquent la température au centre de votre tas de compost, traduisant ainsi l’activité qui y règne. Si la température est trop élevée, n’hésitez pas à aérer votre compost.

Où Trouver du Compost ?

Environ un tiers des ordures ménagères sont composées de déchets organiques, et une loi à partir de janvier 2024 oblige les municipalités à proposer une solution de compostage à tous les ménages. Si vous avez un jardin, avoir un tas de compost évite les allers-retours en déchetterie.

De plus en plus de municipalités proposent gratuitement ou à prix symbolique le compost de déchets verts effectué par les organismes de collecte. N'hésitez pas à vous renseigner auprès de la vôtre. Si vous avez de la place, vous pouvez également contacter les entreprises d’espaces verts. Elles disposent de grandes quantités de matière qu’elles mènent quotidiennement en déchetterie. Certaines seront ravies de venir déposer directement chez vous leurs résidus de tailles et tontes, ce qui peut être une très bonne solution pour amasser une grande quantité de matière organique.

Le Compostage de Surface face au Compost en Tas

Le compostage de surface présente de nombreux avantages : il nourrit directement la vie du sol en place, les jus de compost riches en éléments partent bien dans les zones de culture, et il minimise les interventions. Cependant, il ne permet pas l'hygiénisation du tas par une montée en température, ce qui signifie qu'il ne détruit pas les adventices et leurs graines comme le ferait un compost plus classique. Cela peut être un inconvénient si vous avez des problèmes de rongeurs, car vous pourriez alimenter le problème.

Le compost en tas ou en silo, quant à lui, permet de produire beaucoup de compost d’un coup et de créer un substrat riche lors du repiquage des plants. La montée en chaleur qu'il génère permet de "nettoyer" le compost des graines et adventices. Le climat peut aussi parfois inciter à mieux valoriser les déchets en tas où le taux d'humidité peut être géré avec plus de soin. Le compostage de surface est donc complémentaire avec un compost en tas ou en silo.

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