
Le terme "bioplastique" est devenu omniprésent dans le discours environnemental et commercial, mais sa signification précise reste souvent floue pour le grand public. Loin d'être une solution miracle à la crise de la pollution plastique, le monde des bioplastiques est complexe, regroupant des matériaux aux caractéristiques et aux devenirs très différents. Cet article vise à démystifier le concept de bioplastique, en explorant ses différentes facettes, de sa composition à sa fin de vie, et en soulignant les défis et les opportunités qu'il représente.
Comprendre le Plastique : Fondations et Complexité
Avant d'aborder les bioplastiques, il est essentiel de comprendre ce qu'est le plastique lui-même. Les plastiques sont des matériaux complexes, généralement composés d'un ou plusieurs polymères et d'additifs. L'équation simplifiée suivante résume leur composition : Plastique = Polymère(s) + Additif(s). Les polymères sont de longues chaînes chimiques résultant de la polymérisation d'une ou plusieurs molécules appelées monomères. Les additifs, quant à eux, sont des substances incorporées pour conférer des propriétés spécifiques au plastique, telles que la souplesse, la couleur, ou la résistance au feu.
Il existe une infinité de formulations de plastiques, conçues pour répondre aux exigences spécifiques de divers usages. Cet article se concentre principalement sur les thermoplastiques, la famille majoritaire des plastiques produits et utilisés à travers le monde. Cette catégorie est également la plus critiquée et considérée comme dangereuse pour l'environnement en raison du volume considérable de produits en fin de vie et de la quantité de déchets plastiques qui se retrouvent chaque année dans la nature.
Bioplastique : Un Terme Général aux Multiples Facettes
Le terme "bioplastique" est un terme général qui ne dispose pas à ce jour de définition normée, ce qui peut engendrer une certaine confusion. Il peut désigner des matières aux caractéristiques bien différentes, liées soit à leur composition, soit à leur devenir. Certains bioplastiques sont fabriqués à partir de matières dites "biosourcées", c'est-à-dire issues de la biomasse, considérées comme renouvelables par opposition aux matières fossiles. D'autres caractéristiques tiennent au devenir de ces déchets, qui peuvent être qualifiés de "biodégradables" ou "compostables". Il est crucial de noter que la composition et le devenir du plastique sont deux caractéristiques indépendantes l'une de l'autre. Autrement dit, un plastique biosourcé ne sera pas nécessairement plus facilement biodégradable, et inversement.
Un bioplastique est donc un plastique biosourcé et/ou biodégradable. Le terme « biosourcé » signifie que les monomères qui composent le polymère proviennent de ressources renouvelables à des échelles de temps humaines, et sont donc généralement issues de la biomasse. L'acide lactique, par exemple, est issu de la fermentation de l'amidon et peut être polymérisé pour former l'acide polylactique (PLA). Le terme « biodégradable » indique que le plastique est capable de se décomposer dans un environnement spécifique grâce aux conditions environnementales telles que les micro-organismes, la température, les UV et l'humidité. De plus, les produits issus de cette dégradation (microparticules de plastiques) sont bioassimilés par les micro-organismes environnants qui les transforment en eau, CO2 et CH4. Les normes prennent en compte ces deux aspects, en plus de s'assurer qu'il n'y ait pas de relargage d'additifs ou de produits toxiques pour l'environnement, la faune et la flore, un indicateur appelé « écotoxicité ».
Les Différentes Familles de Bioplastiques
Le schéma bien connu, issu de European Bioplastics, résume parfaitement l'ambiguïté qui peut exister lorsque l'on parle de bioplastiques. Il existe donc plusieurs familles parmi les bioplastiques :
- Les pétro-sourcés biodégradables : Ces plastiques sont fabriqués à partir de ressources fossiles mais ont la capacité de se biodégrader.
- Les biosourcés non biodégradables : Ces plastiques sont fabriqués à partir de ressources renouvelables mais ne se biodégradent pas.
- Les biosourcés biodégradables : Ces plastiques combinent les deux caractéristiques, étant à la fois issus de la biomasse et capables de se biodégrader.
La famille des biosourcés non biodégradables est composée de polymères chimiquement identiques aux polymères conventionnels. L'unique différence est que les monomères ayant permis de produire ces polymères proviennent de ressources renouvelables. Concernant la fin de vie, cette famille n'apporte rien de nouveau pour contrer le problème de pollution plastique. En revanche, les familles des pétrosourcés biodégradables et biosourcés biodégradables mettent en avant une voie de fin de vie différente du recyclage : la biodégradation.
"Biodégradable" : Un Terme à Manier avec Précaution
Le terme "biodégradable" désigne l'aptitude d'un produit à se décomposer et à être effectivement "bio-assimilé" par l'environnement sous l'action de micro-organismes et de facteurs tels que l'humidité, la chaleur ou la présence d'eau. Cependant, l'usage du terme "biodégradable" sur un produit ne dit rien de la vitesse de cette dégradation, ni des conditions particulières, pas toujours réunies, dans lesquelles telle ou telle matière pourra effectivement se "bio"-dégrader. Ainsi, il ne signifie en aucun cas que le produit peut être jeté dans la nature sans conséquences. Fuyez donc plutôt ce terme, qui est souvent surtout la marque d'une démarche marketing de la part de l'entreprise.
La biodégradation est un processus complexe qui dépend du milieu dans lequel elle se produit. Pour éviter les erreurs, il est important de préciser le milieu en question. Un polymère comme le PLA, par exemple, ne sera pas biodégradable en milieu marin ni en sol selon les normes actuelles, mais uniquement en compost industriel.
Il est également crucial de faire la différence entre la biodégradation en conditions de laboratoire et la biodégradation en milieu naturel, qui est beaucoup plus lente, comme l'explique Jean-François Ghiglione, chercheur au CNRS.

Compostabilité : Une Précision Nécessaire
La notion de compostabilité des plastiques a le mérite d'être plus précise que celle de biodégradabilité. Elle désigne des matières qui sont susceptibles de se dégrader en présence de déchets organiques et dans des conditions de compostage spécifiques (montée en température, présence de micro-organismes spécifiques, etc.).
Il existe deux normes permettant de qualifier les plastiques de "compostables" :
- La norme NF EN 13432 : 2000, qui désigne les plastiques capables de se dégrader en conditions de compostage industriel. Pour qu'un bioplastique soit certifié compostable selon la norme EN 13432, il doit être biodégradable à 90 % en six mois dans des conditions de compostage industriel.
Les plastiques compostables ne sont pas nécessairement plus écologiques et, surtout, ne présentent pas une solution miracle au problème de la pollution plastique. En effet, pour être compostés, ces plastiques doivent être triés séparément du reste des ordures avec les déchets organiques (restes de repas) et doivent être orientés vers une plateforme de compostage industrielle. Ils ne doivent par ailleurs pas représenter une trop grande quantité par rapport aux déchets organiques pour pouvoir effectivement se dégrader. Toutes ces conditions sont dans la réalité compliquées à réunir.
Compostage Industriel vs. Compostage Domestique
Le compostage industriel est à ne pas confondre avec le compostage domestique. En effet, le compostage domestique est très disparate en fonction des habitations, de la taille du compost, de son entretien, là où le compostage industriel se fait dans des conditions professionnelles et contrôlées (température, pH, humidité, aération, etc.) qui permettent l'obtention d'un compost de qualité apte à l'agriculture. Cette capacité limitée du PLA, par exemple, à se dégrader dans des conditions naturelles limite donc son usage pour le compostage individuel.
Cependant, des innovations sont en cours. Carbiolice, une start-up française, a mis au point une innovation qui rend le plastique d'origine végétale entièrement compostable en conditions domestiques. La solution repose sur l'ajout d'un additif à base d'enzymes dans du plastique PLA (acide polylactique), un bioplastique tiré du maïs, de la pomme de terre ou de la canne à sucre, pour faciliter sa biodégradation. Cette enzyme va accélérer la décomposition de l'emballage plastique une fois celui-ci jeté au compost. Selon Nadia Auclair, présidente de Carbiolice, l'enzyme a besoin de conditions d'activation particulières : un pH autour de 9, une température proche de 28°C, une humidité supérieure à 55 % et des micro-organismes. Toutes ces conditions sont réunies dans un compost domestique. L'enzyme est un catalyseur qui accélère le processus de biodégradation, permettant de gagner 30 à 40 % de temps sur la durée de dégradation pour obtenir un label de compostabilité domestique pour le plastique PLA. Après une certification pour les films plastiques flexibles (emballages de salades, recharges de sucre, farine, ou emballages de café), une certification est en cours pour des emballages plus rigides comme les pots de yaourt.
Le bioplastique c'est fantastique
Les Plastiques Biosourcés : Origine et Enjeux
Le terme biosourcé se rapporte à une autre catégorie de bioplastiques, qui traite cette fois de la composition de la matière et non du devenir du déchet produit. "Biosourcé" signifie que la matière a été en partie ou complètement fabriquée à partir de ressources issues de la biomasse (résidus de cultures agricoles, canne à sucre, pomme de terre, etc.).
En la matière, il s'agit principalement d'être vigilant sur la proportion de matière "biosourcée" effectivement présente dans le produit (le terme peut être utilisé même si la part de biosourcé est en fait minime dans la composition) et sur l'origine de la matière ayant servi à produire le plastique. Ainsi, si l'utilisation de matières biosourcées peut permettre d'éviter une partie de la consommation de ressources fossiles, elle ne constitue pas une alternative à notre surproduction de plastique.
Le PLA fait partie de la famille des bioplastiques biosourcés et biodégradables ; il est issu de ressources renouvelables telles que le maïs ou la canne à sucre. La limite du PLA est sa compostabilité, possible uniquement en conditions industrielles, à certaines températures. Il est important de noter que certains plastiques biosourcés, tels que le bio-PET, ne sont pas nécessairement biodégradables.
Les Différentes Origines des Plastiques Biosourcés
Si les plastiques biosourcés sont issus de la biomasse, il convient cependant de les différencier, car la provenance de cette biomasse ne soulève pas les mêmes questions ni les mêmes enjeux.
- Plastiques biosourcés de 1ère génération : Ils proviennent de matières premières issues de l'agriculture vivrière (maïs, canne à sucre, betterave, etc.).
- Plastiques biosourcés de 2ème génération : Ils proviennent de matières premières issues de déchets (résidus de bois, résidus de l'industrie agroalimentaire, déchets agricoles, etc.).
- Plastiques biosourcés de 3ème génération : Ils sont issus de la culture d'algues.
Les enjeux ne sont donc pas les mêmes selon la génération à laquelle appartiennent les bioplastiques. Un argument qui revient souvent pour contester les plastiques biosourcés est l'utilisation de terres arables et l'utilisation de nourriture qui pourraient servir à nourrir l'humanité. Lorsqu'on regarde la proportion de terres fertiles utilisées pour produire des plastiques biosourcés, on voit que celle-ci est, à l'heure actuelle, inférieure à 0,1 % de la surface agricole mondiale. Cependant, ces chiffres sont à considérer avec précaution, car si tous les plastiques devenaient biosourcés, cette proportion de 0,1 % serait erronée et il serait probable qu'en effet des problèmes liés à l'utilisation de terres apparaissent. Nous revenons donc toujours à la même conclusion, également soutenue par l'ADEME : la réduction de notre consommation.
Gaspillage Alimentaire et Éthique des Bioplastiques
Le Ministère de la Transition Écologique estime qu'en France, les pertes et gaspillages alimentaires représentent 10 millions de tonnes de produits par an, soit une valeur commerciale estimée à 16 milliards d'euros. Cela représente en moyenne 30 kg par personne et par an, pour une valeur de 100 €. L'étude de l'ADEME sur l'état des lieux des masses de gaspillages alimentaires montre que la répartition de ces pertes et gaspillages est la suivante : 32 % en phase de production, 21 % en phase de transformation, 14 % en phase de distribution et 33 % en phase de consommation.
Environnementalement, à l'échelle mondiale, le gaspillage alimentaire émet autant de gaz à effet de serre qu'un pays dont le niveau d'activité se situerait en 3e position juste après la Chine et les USA. En outre, du fait de l'énergie nécessaire pour produire, transformer, conserver, emballer, transporter, c'est également un gaspillage de ressources naturelles conséquent, notamment d'eau. Économiquement, le gaspillage alimentaire est inévitablement un gaspillage d'argent et il coûte cher : entre 12 et 20 milliards d'euros par an en France, soit l'équivalent de 159 euros par personne. Éthiquement et socialement, jeter de la nourriture est d'autant plus inacceptable dans la perspective d'une crise alimentaire mondiale, mais aussi dans le contexte social actuel propre à chaque pays, y compris en France où l'on estime qu'une personne sur 10 a du mal à se nourrir.
Faut-il donc arrêter d'utiliser de la potentielle nourriture pour les humains pour produire des plastiques biosourcés ? Éthiquement, c'est en effet discutable. Dans les faits, a-t-on besoin de plus de nourriture lorsqu'on voit tout le gaspillage alimentaire ? La question est toujours la même : lorsqu'une baignoire déborde, allons-nous d'abord chercher les serpillères ou fermons-nous en priorité le robinet ? Cette métaphore soulève la question de la priorité que l'on adresse aux problèmes actuels ; elle est aussi valable, par exemple, pour comparer le combat que la société mène pour tenter de gérer la pollution plastique et la nécessité de réduire la consommation de plastique. Pour finir, les projets de recherche actuels de production de polymères biosourcés s'orientent plutôt vers l'utilisation de déchets alimentaires plutôt que de la nourriture propre à la consommation.
Les Plastiques Oxo-fragmentables : Une Fausse Solution
Enfin, certains plastiques présentés comme "verts" ou "bio" sont en réalité des plastiques dits "oxo-fragmentables", qui ne se dégradent pas dans l'environnement. Les plastiques oxo-fragmentables, parfois présentés à tort comme biodégradables, ont un impact désastreux sur l'environnement. Une fois dans la nature, ils disparaissent effectivement rapidement de notre vue, mais pour se dégrader en microparticules de plastiques, tout aussi polluantes. La France a interdit les sacs plastiques "oxo-fragmentables" depuis 2015, et l'ensemble des produits à base de plastique oxo-fragmentable seront interdits sur le marché français en janvier 2021. La nouvelle Directive européenne relative au plastique à usage unique prévoit également leur interdiction.
Il y a quelques années, des plastiques oxo-dégradables ont été mis sur le marché ; ils se fragmentaient lorsqu'ils étaient mis en compost mais laissaient derrière eux des microplastiques qui n'étaient pas bioassimilés. Au regard de la définition de la biodégradabilité, ces plastiques ne sont pas biodégradables.
Ainsi, vous l'aurez compris, la vigilance est de mise sur les alternatives "bio", "végétales" ou "dégradables" aux plastiques conventionnels. La solution à la pollution plastique se situe bien sûr avant tout du côté de la réduction de notre consommation et du développement d'alternatives réutilisables aux produits et emballages à usage unique.
La Problématique Environnementale du Plastique et les Solutions
L'impact environnemental du plastique est fort et ne cesse de croître. En traçant une frise chronologique de faits liés au plastique sur 100 ans, on constate une appréhension grandissante :
- 1950 : apparition des premiers déchets plastiques
- 2020 : 9 % du plastique produit mondialement a été recyclé
- 2022 : détection de plastique dans le sang humain (1)
- 2023 : détection dans le cœur
- 2050 : on estime qu'il y aura plus de déchets plastiques dans l'océan que de poissons
On estime que l'industrie du plastique aura rejeté environ 56 gigatonnes de CO2 dans l'atmosphère d'ici 2050 (2). Pour autant, le plastique a permis des avancées spectaculaires dans une multitude de domaines, de la médecine au transport, en apportant des propriétés fonctionnelles uniques, pouvant même contribuer à une réduction de certaines émissions par le gain de poids. Comment alors valoriser les propriétés intrinsèques du plastique en limitant ses externalités négatives ?
Dans la lutte contre la pollution plastique, la règle des 3 R est un pilier fondamental : Réduire, Réutiliser/Réparer, Recycler.
- Réduire : Réduire la production, la consommation de matière, le nombre d'éléments, la quantité… c'est la façon la plus simple et efficace de réduire ses impacts environnementaux. Le dimensionnement de son besoin et le questionnement de ses usages sont une étape clé.
- Réutiliser et réparer : Réutiliser et réparer ce qui a déjà été produit. Si chaque produit pouvait être utilisé ne serait-ce qu'une seconde fois, on diviserait potentiellement par deux ses impacts environnementaux. Chaque fois qu'on allonge la durée de vie d'un support physique, on divise d'autant les impacts environnementaux liés à sa fabrication.
- Recycler : Recycler ces produits permet la valorisation des déchets générés et d'éviter l'impact environnemental lié à l'extraction. Une tonne de plastique recyclé, c'est 1,1 à 3,0 tonnes de CO2e en moins par rapport à une tonne de plastique vierge (3).
Le Défi du Recyclage et la Valorisation des Bioplastiques
L'usage que nous faisons du plastique et, par extension, d'une ressource non renouvelable est déconnecté des problématiques environnementales auxquelles nous devons faire face. On peut voir que le secteur de l'emballage est responsable à lui seul de l'utilisation de près de 160 millions de tonnes de plastique, alors que ces mêmes emballages ont une durée de vie très réduite du fait de leur usage unique. Nous appauvrissons une ressource unique et performante, qui peut être utilisée à bon escient dans des secteurs essentiels, mais qui est en réalité utilisée en grande partie pour l'emballage en entretenant la culture de l'usage unique et du tout jetable.
Il faudrait que le prix du baril de pétrole soit nettement plus haut pour que le plastique soit considéré à sa juste valeur. Que le plastique soit aujourd'hui exploité dans une logique économique quasi linéaire où les produits en fin de vie sont considérés comme des déchets avec peu ou pas de recyclage est un non-sens tout autant écologique qu'économique. En effet, dans un monde aux ressources fossiles limitées dont le pic des découvertes de gisements de pétrole a été atteint dans les années 1970 et ne cesse de décroître depuis (4), parier sur une baisse du prix du baril de pétrole pour baser sa stratégie à long terme paraît donc risqué. Quel industriel produirait sans se soucier de son stock ? Quel comptable ne valoriserait pas le stock dans un bilan ? Pourquoi alors ce qui paraît impensable en gestion d'entreprise devient la norme au niveau macroéconomique quand on se penche sur le sujet des ressources non-renouvelables ?
Ian Parry, expert en politique fiscale environnementale au département des finances publiques du FMI, explique que le prix des énergies fossiles est sous-évalué. Le prix ne devrait pas se limiter au coût de l'approvisionnement mais également inclure les coûts environnementaux. Il assimile la non-prise en compte des coûts environnementaux à une subvention de 5 900 milliards USD en 2020 dont 86 % concerne le coût du changement climatique, la pollution atmosphérique locale et la mortalité.
La Règle des 5 R : Une Approche Globale
Sans avoir à rentrer dans la géopolitique du plastique, chaque individu et entité juridique peut à son niveau utiliser la règle des 3 R et même la pousser jusqu'à la règle des 5 R. Si le mouvement Zéro Déchet et notamment l'activiste Béa Johnson (5) apportent une approche destinée au consommateur, elle est tout à fait applicable aux professionnels.
Les règles des 5 R sont : Refuser - Réduire - Réutiliser/Réparer - Recycler - Rendre à la terre (composter).
- Refuser : L'objectif est d'éviter les déchets en refusant les plastiques à usage unique comme les emballages, en utilisant le vrac par exemple. Il illustre avant tout le pouvoir d'incitation et de prescription de l'acheteur. On a d'ailleurs pu observer depuis la crise du COVID une hausse non-négligeable des demandes de produits et services à impact environnemental réduit, ce qui a poussé l'ensemble des acteurs à trouver des solutions.
- Rendre à la terre : C'est le dernier R, de « rot » en anglais pour « composter ». Les déchets organiques représentent 27 % des déchets domestiques ; en y ajoutant les mouchoirs et autres papiers souillés, cela représente 33 % (6). Le compost a de multiples bénéfices : réduction de la quantité de déchets à traiter et, en conséquence, du coût de leur traitement, réduction des gaz à effet de serre générés à leur incinération (CO2) ou mise en décharge (méthane), valorisation en engrais et réduction de l'impact environnemental de la production d'engrais industriel.
Le Kairlin®, en plus d'être recyclable, a aussi cette capacité d'être composté industriellement, ce qui augmente ses possibilités de fin de vie. C'est en ce sens que la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire impose qu'à partir du 1er janvier 2024, tous les ménages devront disposer d'une solution leur permettant de trier leurs déchets biodégradables. En effet, si la gestion des déchets dans les villes est une problématique depuis l'antiquité pour des raisons d'hygiène et de santé, la problématique des déchets non biodégradables et non valorisés n'est apparue que depuis le XIXème siècle. C'est dans cette logique du zéro déchet que les bioplastiques ont tout leur intérêt !

Économie et Marché des Bioplastiques
Plus le prix du baril de pétrole augmente, plus celui des polymères pétrosourcés augmente et plus les matières recyclées et biosourcées sont compétitives. En 2022, le marché du plastique a été estimé entre 416 et 551 milliards d'euros, dont 43 milliards d'euros pour les activités du recyclage. En France, l'ADEME évalue le marché de la collecte et de la préparation des plastiques usagés à 200 millions d'euros et celui de la régénération à 500 millions d'euros. En 2021, le Fonds mondial pour la nature a affirmé que la production mondiale de plastiques synthétiques d'origine pétrochimique a augmenté au cours des dernières décennies. Cependant, la forte augmentation de son utilisation dans la vie quotidienne ne s'est pas accompagnée d'une bonne gestion de son élimination ou de sa dégradation, estimant que le plastique représente environ 54 % des déchets anthropiques de l'environnement. Par conséquent, la recherche d'alternatives à ce problème a suscité un grand intérêt pour le développement des bioplastiques.
La fabrication de bioplastiques a connu une croissance significative et il est désormais courant d'en voir dans les supermarchés et les restaurants. Cependant, il existe encore une certaine confusion entre les termes utilisés pour les décrire. Cela est dû au fait que le préfixe "bio" est associé à la biodégradabilité, aux biopolymères, à la compostabilité, à la durabilité, aux ressources renouvelables, entre autres.
Les bioplastiques sont également classés comme biodégradables et compostables. Les plastiques biodégradables sont ceux qui ont la capacité d'être fragmentés par les micro-organismes en petites parties jusqu'à ce qu'ils soient consommés par eux. En revanche, les bioplastiques compostables peuvent se décomposer en quelques mois en compost (engrais pour sols riches en nutriments) et ne générer aucun déchet ni toxicité pour la nature.
Comme on peut le constater, il existe une vaste littérature sur le sujet des bioplastiques, sans parler des innombrables applications de la vie quotidienne (couverts, produits de nettoyage, fournitures de bureau, dans le cadre des appareils ménagers, entre autres). En tant que consommateurs, nous devons examiner chacun de ces produits et savoir ce que nous achetons. Par exemple, combien de fois n'avons-nous pas vu des gens jeter leurs contenants ou leurs couvercles de restauration rapide par terre, simplement parce qu'ils sont en « bioplastique » ? Sans le comprendre, tous les bioplastiques n'ont pas la propriété d'être biodégradables ou compostés.
Nos pailles Penka sont biosourcées et biodégradables, ce qui en fait une excellente alternative durable aux pailles en plastique traditionnelles. Le bioplastique est un matériau qui est issu de produits végétaux, que l'on peut utiliser comme une alternative au plastique issu du pétrole. On le sait, le plastique est un véritable fléau : non biodégradable, il s'immisce à tous les niveaux de l'écosystème et son recyclage constitue un véritable casse-tête.
Et si on remplaçait alors tout ce plastique par du « bioplastique », ce plastique végétal issu de ressources renouvelables ? Si le problème du plastique réside dans son recyclage, autant fabriquer une matière plastique biodégradable : le problème de laisser ses déchets dans la nature ne se pose plus. Le bioplastique porte mal son nom : il n'est pas issu de l'agriculture biologique, mais issu de la biomasse : sous-produits agricoles, du traitement du bois, des algues. En outre, le terme « bioplastique » recouvre plusieurs types de matériaux : les matériaux biosourcés (issus du végétal), les matières biodégradables mais pouvant être issues du pétrole ; tous les bioplastiques n'étant en outre pas biodégradables. Avec l'interdiction des sacs plastique à usage unique en France, on voit se développer des sacs en bioplastique, compostables. Ils peuvent constituer une alternative écologique aux sacs en plastique, à condition qu'ils soient compostés en fin de vie. Il ne faut pas qu'il concurrence les cultures agricoles : en effet, comme les « biocarburants », le bioplastique est parfois fabriqué à partir de maïs ou de blé, qui pourrait nourrir des humains ou des animaux. On l'a compris, le bioplastique n'est pas si révolutionnaire que cela. Le bioplastique peut être la solution dans certains cas, comme pour les sacs utilisés pour le compost. Il certifie que le bioplastique peut être biodégradable à 90 % en six mois dans des conditions de compostage industriel. On se rappelle d'une règle simple : le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas !
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