La gestion des bois, qu'il s'agisse de végétaux vivants au jardin ou d'éléments structurels dans l'habitat, exige une compréhension fine des agents de dégradation biologiques. Si les objectifs diffèrent - sauver la production d'un arbre fruitier ou garantir la solidité d'une toiture -, les mécanismes d'infestation par les insectes xylophages et les champignons partagent des similitudes fondamentales.

Les ravageurs des arbres : de la sésie à la biologie du bois
Les perce-bois sont des ravageurs d'arbres que l'on rencontre fréquemment et qui appartiennent à divers groupes tels les coléoptères, les lépidoptères et les hyménoptères du genre sirex. Certaines espèces creusent des galeries dans l'écorce et le bois qui se remplissent d'une sciure fine et compacte. Bon nombre d'entre elles n'infestent que les arbres ayant dépassé le stade de maturité ou les arbres faibles, et on ne connaît aucun moyen de lutte appliquée efficace contre eux.
Dans les provinces des Prairies, la sésie du frêne (Podosesia syringae fraxini [Lugger]) et le charpentier des bois tendres (Prionoxystus robiniae [Peck]), dont les galeries sont exposées, sont d'importants ravageurs de plusieurs espèces d'arbres plantés à des fins ornementales et en vue de concevoir des brise-vent ou de fournir de l'ombre. Puisque ces insectes préfèrent les arbres exposés au soleil, les plantations en croissance libre sont plus gravement touchées que les plantations de brise-vent plus denses. La sésie du frêne s'attaque au frêne vert et au sorbier. Une espèce relativement semblable infeste le lilas. Le charpentier des bois tendres, qui s'attaque également au frêne vert et au sorbier, se retrouve en grande quantité dans les peupliers (incluant le peuplier baumier dans les peuplements naturels) et infeste rapidement les ormes de Sibérie et les ormes d'Amérique.
Les perce-bois dévorent des portions de l'écorce interne et de l'aubier; il en résulte, sur les troncs et les branches, des zones affaissées et sans vie, voire bien souvent des cimes « en tête de cerf ». La valeur esthétique des arbres ornementaux et d'ombrage ainsi atteints est généralement perdue ou grandement réduite. Les galeries creusées dans le bois par les perce-bois affaiblissent la structure des arbres et augmentent le risque de cassure par les vents. Les galeries permettent également à l'humidité et à la pourriture de pénétrer dans l'arbre et de le détériorer encore davantage.
LES INSECTES XYLOPHAGES
Cycle de vie et signes d'infestation
Les signes visibles sont des trous d'un huitième à un pouce de diamètre s'étendant dans les troncs ou les branches; les trous peuvent être peu nombreux et épars ou se présenter en groupes, souvent à la base de l'arbre et dans les branches inférieures. De petits à de gros amas de sciure provenant des perçages qui adhèrent aux troncs ou aux branches ou qui se trouvent sur le sol à la base des arbres.
La sésie du frêne et le charpentier des bois tendres passent par quatre stades de développement : adulte, œuf, larve et pupe. Les adultes de ces deux espèces sont des lépidoptères types, mais diffèrent considérablement sur le plan de la taille et de l'apparence. Les adultes sont des lépidoptères ayant la forme d'une guêpe avec des ailes transparentes ou translucides. Les mâles et les femelles se ressemblent. Leur corps est mince, brun foncé, presque noir avec des bandes jaunâtres sur l'abdomen. Les ailes sont étroites et, une fois déployées, ont un pouce et quart de largeur. Les pattes sont longues et oranges. Au repos, les papillons soulèvent fréquemment l'extrémité de leur abdomen.
Le charpentier des bois tendres, ayant atteint l'âge adulte, se présente sous la forme d'un lépidoptère de grande taille; l'apparence des mâles et des femelles diffère grandement. La femelle est grisâtre et son corps est corpulent. L'envergure de ses ailes est de trois pouces. Les ailes antérieures sont marbrées de gris et de noir, et les ailes postérieures sont fuligineuses. La coloration générale de la femelle se confond remarquablement avec la couleur de l'écorce rugueuse et la rend difficile à détecter lorsqu'elle est au repos.
La taille comme outil de santé et de structure
À la fin de l’hiver la taille des arbres fruitiers bat son plein. Certaines personnes, qui voient nos arbres fruitiers conduits en formes fruitières, palissées ou non, sont inquiètes et nous reprochent même parfois de faire subir à nos arbres de mauvais traitements : « Vous les empêchez de pousser ! ». En cette saison de taille, c’est le moment de faire la part des choses. Car tailler un arbre, ce n’est pas seulement manier des sécateurs. C’est aussi imaginer et rêver l’arbre à venir et sa récolte.
Pour simplifier, il existe trois catégories de taille : formation, fructification et régénération. Chacune répond à un besoin bien particulier de l’arbre fruitier. Il s’agit d’aider l’arbre à construire une charpente équilibrée. Cette taille s’effectue pendant les premières années de croissance. On choisit les branches qui deviendront les charpentières et on les raccourcit régulièrement pour leur permettre de se renforcer.
Le rôle des hormones et la dominance apicale
Grâce aux acquis récents de la biologie végétale on a enfin compris certaines recommandations des anciens : ils avaient noté que certains principes de taille permettaient de bons résultats mais en ignoraient la cause. La découverte du rôle des hormones est venue éclairer la lanterne des jardiniers. En particulier, on a établi qu’une hormone de croissance, l’auxine, permet aux arbres de pousser en hauteur mais inhibe le développement des branches secondaires. L’auxine est localisée dans le bourgeon apical, d’où le nom ‘dominance apicale’. Tant que ce bourgeon apical est présent, les bourgeons axillaires ne peuvent pas se développer. En revanche si on raccourcit l’axe, on supprime le bourgeon apical et les bourgeons axillaires se développent, donnant naissance à des rameaux. Il est donc souhaitable, dès l’achat d’un arbre, de veiller à l’ordonnancement des branches et, en particulier de supprimer celles qui sont mal orientées et de permettre à des branches secondaires de se développer sans laisser l’arbre ‘filer’ vers le ciel.

Protection et traitement des bois de construction
Si l'arbre vivant nécessite une gestion culturale, le bois de construction, une fois mis en œuvre, exige des mesures de conservation pérennes. Le traitement de la charpente en bois constitue une étape cruciale pour préserver l’intégrité structurelle de votre habitation. Les parasites et champignons peuvent causer des dégâts considérables s’ils ne sont pas traités rapidement. Heureusement, avec les bons outils et techniques, il est possible de réaliser soi-même un traitement efficace de sa charpente.
Diagnostic et préparation
Avant d’entamer tout traitement, un diagnostic approfondi de votre charpente s’avère indispensable. Cette étape permet d’évaluer l’étendue des dégâts et de choisir la méthode de traitement la plus adaptée. Le sondage, réalisé à l’aide d’outils spécifiques, révèle les zones fragilisées par les nuisibles. La préparation du chantier est tout aussi cruciale. Un nettoyage méticuleux de la charpente s’impose pour éliminer poussières et débris. L’utilisation d’équipements de protection individuelle, tels que masque, gants et combinaison, garantit votre sécurité lors de l’intervention.
Les bois de charpente appartiennent à la classe d'emploi 2. Les poutres, pannes, et chevrons se situent en intérieur ou sous abri. Les risques principaux pour ces pièces de bois sont les attaques biologiques dues à l'humidité. Les insectes xylophages à larves (vrillettes et capricornes) et les termites sont les principaux ennemis des charpentes en bois. Chêne, châtaignier, mélèze et pin Douglas sont des bois naturellement durables lorsqu'ils sont purgés d'aubier. Ils répondent aux prescriptions de la construction de charpentes. Quand ce n'est pas le cas, ils reçoivent un traitement de préservation.
Méthodes d'application : injection et pulvérisation
Deux techniques principales s’offrent à vous pour traiter efficacement votre charpente : la pulvérisation et l’injection. La pulvérisation consiste à appliquer un produit insecticide et fongicide sur toute la surface du bois. L’injection, quant à elle, s’adresse aux cas plus sévères. Elle nécessite de percer des trous dans le bois pour y injecter le produit en profondeur. Pour un traitement écologique, l’utilisation de la chaleur offre une alternative intéressante. Le traitement par air chaud à 55°C élimine efficacement les parasites et champignons sans recourir aux produits chimiques.
Pour l’injection, le processus diffère légèrement. Percez des trous régulièrement espacés dans le bois avant d’y injecter le produit à l’aide d’une seringue spéciale. Quelle que soit la méthode choisie, le traitement doit être renouvelé tous les 10 ans environ pour maintenir son efficacité. La prévention joue un rôle crucial dans la protection de votre charpente. Pour les constructions neuves, un traitement préventif appliqué dès la pose des poutres offre une protection optimale. L’entretien régulier de votre charpente constitue votre meilleure défense contre les infestations futures.
Considérations sur la sécurité et l'environnement
Pour toutes les phases de travail en hauteur et en l’absence de moyen de protection collective contre les chutes de hauteur, s’équiper d’un casque de protection et d’un équipement de protection individuelle contre les chutes : harnais antichute complet, longe avec absorbeur d’énergie et points d’ancrage fiables. Les points d’ancrage sont définis par l’encadrement. Pour se protéger des poussières de bois (risques liés à l’inhalation et aux contacts avec la peau, dermites par exemple), porter des vêtements couvrants ajustés au cou et aux poignets, une coiffe, des gants et des lunettes de protection, ainsi qu'un appareil de protection respiratoire, pièce faciale filtrante ou demi-masque, avec filtre P3.
Il est impératif de souligner que les produits destinés au bois mort (charpentes) ne doivent pas être confondus avec des traitements pour végétaux vivants. Bien que certains jardiniers tentent des interventions locales sur des arbres, l'usage de produits de type Xylophène sur un arbre vivant est déconseillé. Il existe des méthodes mécaniques, comme l'utilisation d'un fil de fer, pour déloger les larves, mais l'efficacité sur des galeries sinueuses reste limitée. La gestion d'une infestation sur un arbre vivant repose avant tout sur sa vigueur naturelle, un élagage raisonné et, si nécessaire, la suppression des sujets trop gravement atteints pour éviter la propagation aux autres arbres du verger ou du jardin.
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