Guide complet du mini-composteur en plastique : Optimiser le recyclage de vos biodéchets

Schéma des étapes du compostage

Le compostage est une pratique écologique fondamentale en permaculture, permettant de valoriser les déchets organiques de cuisine et de jardin pour enrichir le sol et créer des conditions de culture optimales pour les fruits et légumes. Face à l'obligation du tri des biodéchets à la source pour tous depuis le 1er janvier 2024, le compostage à domicile est devenu une solution incontournable pour les particuliers, collectivités et entreprises. Cette transformation de déchets organiques en présence d’air et d’eau, sous l’action de micro-organismes (bactéries, champignons), produit un compost comparable à de l'humus, offrant un fertilisant 100% naturel et réduisant jusqu'à 40% le volume des ordures ménagères. Que vous viviez en appartement, que vous ayez un petit jardin, une terrasse ou un balcon, des solutions de compostage sont accessibles, notamment via l'utilisation de composteurs en plastique, qu'ils soient achetés ou fabriqués maison.

Qu'est-ce que le compostage et pourquoi privilégier le plastique ?

Le compostage est la transformation de déchets organiques en présence d’air et d’eau, sous l’action des micro-organismes vivant dans le sol (bactéries, champignons). Le compost obtenu après quelques mois est comparable à de l'humus. C'est une imitation du procédé de dégradation de la matière organique qui se déroule seul dans la nature. Dans un bac à compost, vous jetez des déchets biodégradables et des micro-organismes se chargent de les décomposer. Plutôt que d’acheter en magasin des composts à la composition parfois peu écologique, le compostage maison est une alternative vertueuse. Le compost "fait maison" est plus vivant que le compost du commerce, qui a été stérilisé, et il améliore la structure du sol, le rendant plus grumeleux et moins collant.

Le composteur en plastique est souvent construit à partir de plastique recyclé, ce qui en fait une option abordable et respectueuse de l'environnement. Ces modèles sont disponibles dans différentes tailles, généralement de 280 à 420 litres, et leur principal avantage réside dans leur capacité à mieux conserver la chaleur. Cette rétention de chaleur favorise une dégradation plus rapide de la matière organique, ce qui est un atout non négligeable pour accélérer le processus de compostage. Bien que le plastique puisse être perçu comme moins esthétique que le bois, il offre une fonctionnalité et une efficacité certaines pour les jardiniers souhaitant un compost prêt plus rapidement.

Comparaison entre un composteur en plastique et un composteur en bois

Les grandes étapes du compostage réussi

Pour réussir votre compost, il suffit de trouver le bon équilibre entre matières sèches et humides, de bien aérer votre tas et de garder un taux d’humidité au top. Le compostage est un processus continu qui peut être pratiqué toute l'année, bien qu'il puisse ralentir en hiver lorsque les températures extérieures sont basses. Il est important d'alimenter le composteur tout au long de l'année afin de maintenir la vie de ce microcosme essentiel.

1. Choisir l'emplacement idéal pour votre composteur

L'emplacement du composteur est crucial pour son bon fonctionnement. Il est recommandé de l'installer dans une zone semi-ombragée de votre jardin, facilement accessible, à l’abri du vent et proche de la maison. Un compost laissé en plein soleil tout l'été risque de s'assécher assez vite. Pour garantir une bonne humidité, il est conseillé de choisir un emplacement qui pourra bénéficier à la fois d’ombre et de soleil. Le composteur peut être posé sur n’importe quelle surface en extérieur (terre, goudron, carrelage, etc.) et n’a pas nécessairement besoin d’être toujours en contact direct avec la terre. Il faut toutefois prévoir l’évacuation des jus (grille d’évacuation, pente d’évacuation, etc.). Pour un logement de 4 personnes avec un terrain de 500 m², on recommande l’achat d’un bac à compost de 400 litres (ou de 600 litres pour pouvoir y jeter aussi des déchets de jardin). Une fois l’emplacement défini et le composteur monté, vérifiez que l’ouverture des panneaux soit possible et donc que l’extraction du compost soit aisée. Débutez avec des matériaux grossiers pour réaliser un bon drainage.

2. Déposer et diversifier les apports

La règle d’or du compostage est de respecter un bon équilibre des matières. Vous devez mélanger des matières « humides » (végétaux, épluchures de légumes…) et des matières « sèches » (paille, écorce, feuilles, brindilles…). L'équilibre idéal est d'environ 50% de matières azotées (matières fraîches, vertes) et 50% de matières carbonées (matières sèches, brunes). Certains experts recommandent un rapport de 2/3 de déchets secs pour 1/3 de déchets humides. Pour assurer une oxygénation optimale, pensez aussi à déposer dans votre bac des déchets de différentes tailles (grossiers ou fins).

🍆🍌 Compostage obligatoire en 2024 : les déchets à éviter dans votre bac

Que puis-je composter ?

  • Déchets de cuisine : Épluchures de fruits et de légumes (carottes, pommes de terre, bananes, pommes), coquilles d’œufs concassées (riches en calcium), marc de café et filtres, sachets de thé infusé, petits restes de fruits pourris ou cuits, carton brun sans encre chimique ni étiquette. Les agrumes et les petits restes de viande peuvent aller au compost dans des proportions raisonnables (sauf pour les composts en milieu urbain).
  • Déchets de jardin : Tontes de pelouse (en petites quantités pour éviter le compactage), « mauvaises herbes » (sans graines pour éviter la repousse), fleurs fanées, feuilles mortes (un excellent apport en carbone en automne), bois broyé (petites branches et tailles de haies pour aérer le compost), fanes de légumes, paille, foin, écorces d'arbre (broyées). La sciure et les copeaux de bois non traités sont également de bons apports.

Qu'est-ce qu'il faut éviter de mettre dans votre composteur ?

Certains matériaux peuvent ralentir la décomposition, attirer des nuisibles, provoquer des odeurs désagréables ou même polluer votre compost.

  • Déchets non organiques : Plastiques, métaux, verre, produits synthétiques, gravats, plâtres, charbon de barbecue, polystyrène. Ces déchets ne se dégradent pas.
  • Déchets à risque : Restes de viande et de poisson (surtout en grande quantité, car ils attirent les rongeurs et peuvent dégager de mauvaises odeurs), produits laitiers. Les mauvaises herbes si elles contiennent des graines, car elles risquent de repousser. Les végétaux malades (bien que la plupart des germes pathogènes soient éliminés, une hygiénisation totale ne peut être garantie). Les bois vernis ou peints (souvent traités chimiquement).
  • Déchets spécifiques : Huile de friture (uniquement en très petite quantité), excréments d'animaux domestiques et litières souillées (peuvent contenir des parasites), poussières d'aspirateur et balayures (peuvent contenir des produits chimiques ou des micro-plastiques), mégots de cigarettes, couches-culottes (non entièrement biodégradables), papiers imprimés en couleurs (prospectus, publicités, en raison des encres chimiques).
  • Déchets trop ligneux ou durs : Tailles de haies trop importantes, branches (si non broyées), os, noyaux, trognons de chou. Ces éléments se dégradent très lentement et peuvent déséquilibrer le tas. S'ils sont utilisés, ils doivent être broyés au préalable.

3. Brasser et aérer votre compost

L'aération est très importante pour que votre compost se dégrade bien. Les micro-organismes ont besoin d'oxygène pour respirer et transformer la matière. Pour cela, retournez régulièrement votre tas afin de permettre aux micro-organismes d’accéder à l’oxygène. Un brassage régulier évite le tassement des matières et assure une décomposition aérobie intense (en présence d'air). Si vous utilisez un composteur en plastique avec des perforations sur les panneaux pour l'aération, un brassage reste nécessaire. On ne saurait trop vous conseiller d'investir dans un aérateur de compost, sorte de vis qui permet de mélanger les matières sans effort. Le simple fait de mélanger au moins une fois par jour son compost permet d'accélérer le processus de décomposition des déchets.

4. Maintenir une humidité suffisante

Le mélange doit être humide comme une éponge pressée. Si le compost devient trop sec, les déchets se dessèchent, les micro-organismes meurent et le processus de décomposition s’arrête. Vous pouvez remédier facilement à ce problème en arrosant un peu le compost. À l’inverse, trop d’humidité empêche l’aération : le compostage est freiné et des odeurs désagréables peuvent se dégager. Si c’est le cas, on peut étaler le compost quelques heures au soleil ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche. Bien surveiller son compost, par exemple au moment de l’apport de déchets frais, permet de déceler un excès ou un déficit d’humidité, des zones mal décomposées, ou des odeurs.

Illustration d'un composteur en plastique avec des déchets organiques

Options de compostage en plastique

Devant le vaste choix de composteurs individuels, il est parfois difficile de s’y retrouver. Les composteurs en plastique offrent des solutions variées pour répondre aux besoins spécifiques des jardiniers.

Les sacs de compost pour les petits espaces

Si vous vivez en ville, que vous avez un petit jardin, une terrasse ou un balcon, des fabricants ont développé des sacs de compost. Légers et pliables, ils se font discrets quand vous ne les utilisez pas. Ces petits composteurs sont dotés d’une ouverture sur le dessus du sac pour déposer vos déchets et d’une fenêtre en bas pour recueillir votre compost mûr. Enfin, des poignées aident à déplacer le sac si nécessaire. Ces sacs sont une solution pratique pour valoriser vos déchets même avec un espace limité.

Les bacs à compost en plastique recyclé

À la recherche d’un composteur pas cher ? Optez pour les modèles en plastique recyclé. Ils sont disponibles dans différentes tailles - de 280 à 420 litres - à partir de 75 €. Malgré les perforations sur les panneaux pour favoriser l’aération, un brassage des matières est nécessaire. Pour cela, un aérateur de compost est fortement recommandé. La matière plastique conserve mieux la chaleur, ce qui permet une dégradation de la matière organique plus rapide. C'est un choix fonctionnel et économique pour le compostage individuel. Le seul bémol pour certains réside dans son aspect moins esthétique comparé au bois.

Fabriquer son propre composteur en plastique

En permaculture, on aime faire avec ce que l’on a sous la main. Avant de vous lancer dans l’achat d’un composteur, faites un petit inventaire chez vous et voyez ce que vous pouvez récupérer : un seau, une poubelle, un bidon, un pot de fleurs, un bac de rangement, etc. En métal ou en plastique, ils sont autant de solutions prêtes à l'emploi pour démarrer un petit compost rapidement. Il faudra simplement percer des trous sur le couvercle et les côtés pour faciliter l’aération. Et aussi au fond pour que les jus du compost puissent s’écouler. Pour créer un bac de compostage en plastique, vous avez besoin d'avoir un grand récipient en plastique avec deux couvercles : l’un sert à sceller l'ouverture, l’autre pour recueillir les liquides qui pourraient se former. Fabriquer un composteur maison, c’est à la fois économique, écologique et plutôt simple à réaliser, même si vous n’êtes pas un as du bricolage. En plus, cela vous permet d’adapter sa taille à vos besoins et à l’espace dont vous disposez.

Exemple de composteur DIY avec un seau ou un bidon en plastique

Autres méthodes de compostage complémentaires

L'art du compostage de jardin est accessible à tous, et diverses méthodes peuvent compléter ou s'adapter à vos besoins spécifiques.

Le lombricompostage (vermicompostage)

Si l’idée d’élever des vers ou des lombrics à la maison ne vous effraie pas, surtout n’hésitez pas à tenter l’aventure en adoptant un vermicomposteur ou lombricomposteur. Le lombricompostage est une méthode innovante de compostage en appartement, qui utilise des vers pour décomposer les déchets organiques. Ce processus produit un compost de haute qualité tout en préservant l’humidité du composteur et en favorisant une dégradation douce et régulière.

Le Bokashi : composteur de cuisine sans vers

Moins connu, le bokashi est un composteur de cuisine, sans vers, qui repose sur la dégradation des matières par des micro-organismes en milieu anaérobie. Il s'agit d'une excellente solution pour les déchets de cuisine, y compris les restes de viande et de produits laitiers, qui sont généralement proscrits des composteurs traditionnels.

Le seau de cuisine pour le stockage temporaire

Pour ceux qui vivent en appartement ou disposent d’un petit espace extérieur, un composteur de balcon ou d’appartement est l’idéal. Le seau de cuisine est pratique pour stocker temporairement les biodéchets avant de les transférer dans votre composteur. Pour éviter les mauvaises odeurs, optez pour un modèle avec un couvercle bien ventilé, ça permet aussi de garder une bonne aération. Pensez à le vider régulièrement pour éviter que les déchets alimentaires ne s’accumulent trop et n’altèrent la qualité de votre futur compost.

Utilisation du compost mûr

Après quelques mois de patience, votre compost arrive à maturation. À ce moment-là, il devient plus fin, avec une couleur sombre, et il est prêt à être utilisé. Pour vérifier qu’il est bien mûr, vous pouvez tester sa température et son odeur. Une fois votre compost prêt, il peut devenir un très bon allié pour vos plantes.

Enrichir le sol et nourrir les plantes

Vous pouvez l’utiliser comme terreau pour enrichir le sol de votre jardin. En ajoutant une petite poignée de compost dans le trou de plantation, vous offrez à vos plantes, qu’il s’agisse d’arbres fruitiers ou de fleurs, une alimentation naturelle, pleine de bons nutriments. Cela booste leur croissance de façon saine et équilibrée. Le compost nourrit vos plantes, arbres fruitiers et légumes du potager, contribuant ainsi à une meilleure récolte.

Améliorer la structure du sol et retenir l'humidité

Le compost ne sert pas seulement à nourrir les plantes, il peut aussi améliorer la structure du sol. Si vous avez un sol trop compact (ce qui est souvent le cas dans les jardins argileux, par exemple), le compost peut l’aérer. Cela permet aux racines des plantes de mieux respirer et de se développer plus facilement. Il aide également à retenir l’humidité, ce qui est génial pour éviter que votre sol ne sèche trop vite pendant l’été.

Comment doser le compost ?

Il est important de bien doser votre compost pour ne pas en faire trop. Pour les plantations en pleine terre, une couche de compost de 5 à 10 cm suffit. Pas besoin de trop en mettre, il va se décomposer lentement et enrichir la terre de façon durable. Si vous jardinez en pots ou en jardinières, un mélange de compost et de terre est parfait pour offrir à vos plantes un terreau léger et riche. Une bonne règle : mélangez environ 1/3 de compost avec 2/3 de terre.

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Précautions et astuces supplémentaires

Le compostage est facile, mais quelques précautions et astuces peuvent optimiser vos efforts. Pensez à alterner les matières : sèches et humides, vertes et brunes, fines et grossières, riches en azote et riches en carbone. Les outils nécessaires sont une fourche, un arrosoir, et un bio seau pour collecter vos déchets de cuisine. Si vous remarquez que votre compost est sec, n'hésitez pas à l'arroser. Inversement, si votre compost est trop humide et dégage des odeurs désagréables, vous pouvez l'étaler quelques heures au soleil ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche. Les coquillages et les coquilles d’œufs ne se décomposent pas mais ils peuvent être placés en petite quantité car en se désagrégeant en petits morceaux, cela apporte des éléments minéraux au compost et facilite son aération. En sectionnant, fragmentant, écrasant ou broyant les déchets durs, longs et encombrants, vous facilitez l’action des micro-organismes. Ces déchets favorisent également l’aération des matières en compostage. Pour ceux qui ont un très grand jardin et beaucoup de déchets à valoriser, la fabrication d'un composteur à plusieurs compartiments est une solution très pratique, permettant d'avoir en permanence un tas de compost mûr, un tas en cours de décomposition et un tas en cours de montage. Les possibilités pour fabriquer un composteur maison sont infinies, offrant l'opportunité d'exprimer votre créativité et vos talents.

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