La culture du bonsaï est un art traditionnel japonais qui demande à la fois une connaissance du monde végétal et un certain sens artistique. Pour obtenir des résultats appréciables, il est très important de travailler sur des plantes vigoureuses. Les plantes faibles donnent des réponses insignifiantes, avec le risque d’en mettre en danger la survie. Toute intervention doit avoir un objectif précis. Il faut tâcher d’intervenir sans omission ni ajournement, parce qu’il s'agit dans tous les cas d'une occasion d’améliorer le bonsaï qui n’est pas fréquente.

Les principes fondamentaux de la physiologie végétale
Le début et la durée des phases sont fortement conditionnées par les variations de la photopériode (le rapport entre la durée du jour et celle de la nuit) et du climat, qui peuvent altérer les périodes de repos ou d'activité. La tendance naturelle des plantes est de développer la croissance des zones les plus riches en lumière pour pouvoir réaliser au mieux la photosynthèse. La tâche du bonsaika est de répartir la croissance le plus uniformément possible pour équilibrer la vigueur dans toutes les zones de la plante.
Les considérations notées ci-dessous ne sont que des indications de principe. La position géographique, le microclimat local sont des facteurs extrêmement variables, qui exigent de vérifier la capacité d'adaptation de la plante au lieu choisi. Il y a des espèces qui préfèrent les milieux humides et frais, d’autres qui acceptent le plein soleil et d’autres encore qui préfèrent des endroits ombragés. Les pins sont des arbres qui aiment le soleil, ils peuvent donc rester en plein soleil toute l’année sans protection particulière, ce qui signifie qu’il faudra bien surveiller l’arrosage. Les hêtres ou érables sont des espèces qui préfèrent les sols humides et frais, il faudra donc les placer dans des endroits ombragés.
La gestion des cycles saisonniers et les interventions
Les interventions sur les bonsaïs sont, la plupart du temps, subordonnées à l’une des phases du végétal. Parfois, le bon moment se limite à une durée très courte de quelques jours : c'est le cas pour le pincement des bourgeons des érables.
Phase 1 : Le repos hivernal
Les feuillus sont inactifs lors de cette période. L’absence des feuilles ne permet pas la photosynthèse et les organes n’ont pas d’activité. La partie aérienne n'a aucun besoin, ni en lumière ni en fertilisant. On se limite aux soins de routine pour éviter d’éventuelles infestations de parasites ou de champignons. Les racines, au contraire, nécessitent un certain degré d'humidité du substrat pour rester vigoureuses et ne pas sécher.
La plupart des bonsaïs peuvent être rempotés pendant tout l'hiver, mais les semaines juste avant la reprise sont préférables. Le rempotage des feuillus se fait en général à racines nues, en nettoyant au jet d'eau la motte des racines. C’est l’opportunité, tous les deux ou trois ans, de pouvoir bien regarder toutes les racines. Il faut en profiter pour les améliorer en éliminant les grosses afin de stimuler la pousse des fines qui absorbent les nourritures dissoutes dans l'eau. L’ensemble des racines d'un feuillu vigoureux peut être réduit de 60 %, et plus encore, sans que la plante en souffre.
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Phase 2 : Le réveil du printemps
Au début du printemps, les feuillus doivent être contrôlés assidûment pour voir les premiers signes du bourgeonnement. Sur l'érable en phase de perfectionnement, on doit intervenir sur les bourgeons tous les jours, à partir de l’éclosion des premiers jusqu'à la fin du bourgeonnement des derniers. L'intervention, appelée « pincement », induit la pousse de nouveaux bourgeons plus petits sortants des aisselles des feuilles laissées. Cette intervention constante et répétée, réalisée bien souvent en liaison avec l'effeuillage, génère de petites feuilles et une ramification fine et élégante.
Phase 3 : La pleine activité végétative
Quand la plante est en pleine activité, c’est le bon moment pour faire des marcottes. La sève coule avec abondance et tous les organes travaillent à une bonne cadence, ce qui favorise l’émission rapide de racines. On profite de l'aptitude d'un grand nombre de plantes à produire assez rapidement de nouvelles racines à l’endroit de l’ablation d'un anneau d'écorce. La marcotte est un moyen de multiplication facile à mettre en œuvre.
Phase 4 : L'été et les défis climatiques
Parfois, faute de temps ou par la survenue d’incidents divers, on ne peut rempoter durant la période la plus favorable. Certaines espèces peuvent être rempotées sans risque au mois de juin. Ce rempotage d'été se fait quand les feuilles sont matures. En été, les racines ne seront réduites que de 40 % au maximum. Il est conseillé de réduire de même la végétation, par un effeuillage plus ou moins important, de façon à équilibrer le bilan hydrique. Après le rempotage, il est important de protéger la plante du vent et du soleil direct pour quelques semaines.
À l’arrivée des hautes températures estivales - au-dessus de 32-35 °C - presque toutes les plantes arrêtent ou ralentissent considérablement leur activité végétative. Durant cette période, toute l’attention doit être portée à l'arrosage : il arrive souvent que les températures très hautes et le vent sèchent très vite le substrat et brûlent littéralement les feuilles déshydratées.
Phase 5 : La consolidation automnale
Passée la période des grandes chaleurs, les températures redeviennent normales, les plantes recommencent alors leur activité végétative normale. C’est le moment où l'attention doit se concentrer au maximum sur la fertilisation, qui doit fournir à la plante les substances pour se développer, consolider la végétation produite, reconstituer les réserves utilisées et se fortifier pour affronter au mieux la saison hivernale. En automne, il faut utiliser de préférence des engrais faibles en azote, mais riches en phosphore et en potassium.
L'importance du substrat et des conditions de culture
Le soleil est un des éléments essentiels à chaque plante. C'est par son action que les feuilles puisent le dioxyde de carbone de l'air et le transforment en sucre qui alimentera chaque cellule de la plante. Toutefois, la durée d'exposition dépendra de votre région et de votre bonsaï. Si vous vous situez dans une région à fort ensoleillement et été très chaud, une exposition en continu pourrait dessécher le substrat trop rapidement et brûler le feuillage.
D'une manière générale, tous les bonsaïs, quels qu'ils soient, auront besoin d'une exposition au soleil régulière. Il sera nécessaire de les acclimater doucement pour éviter de brûler le feuillage. Dans leur aire d'origine, les bonsaïs bénéficient d'un été chaud et humide, et d'un hiver froid et sec. Dans nos régions, il se produit plutôt l'inverse : un été chaud et sec, et un hiver froid et humide. L'air sec est l'ennemi des bonsaïs. Pour conserver un bonsaï en bonne santé, il faudra impérativement créer un microclimat humide autour de lui.
Concernant le substrat, il importe de choisir un terreau permettant un bon drainage. Aucun bonsaï n’apprécie d’avoir constamment les pieds dans l’eau. La terre doit permettre une bonne circulation de l’air. Il importe donc de choisir un terreau bien aéré. Ce type de terreau permet aux racines de respirer et d’absorber de l’oxygène ainsi que d’autres éléments importants.

L'entretien quotidien et la protection hivernale
Toutes les variétés locales et méditerranéennes de bonsaïs ont besoin d’un emplacement en plein air tout comme leurs congénères dans la nature. Les arbres miniatures veulent aussi être exposés au vent et aux éléments et ont besoin de faire une pause pendant la saison froide. Ces arbres n’ont pas leur place à l’intérieur, même en hiver.
Pour l’hivernage, choisissez un endroit clair, protégé du vent et de l’ensoleillement direct. Protégez les racines, par exemple avec une boîte ou des plaques en polystyrène expansé et contrôlez régulièrement qu’elles ne sèchent pas. Lors de périodes de froid prononcé, vous pouvez également utiliser du voile en non-tissé. Même lors de températures négatives extrêmes, un bonsaï d’extérieur ne doit jamais être placé dans un appartement chauffé.
Chaque plante est un sujet unique en ce qui concerne sa physiologie, son aspect esthétique et sa vigueur, qui peuvent influencer les réponses aux interventions. L’âge des plantes aussi peut conditionner profondément la rapidité et l'importance de la réponse. Chaque situation est différente et exige d’adapter les modalités et les temps d'intervention.