Le bonsaï, cet art ancestral japonais de cultiver des arbres miniatures en pot, fascine par sa beauté et son symbolisme. Le mot « bonsaï » est d'ailleurs un terme japonais signifiant littéralement « arbre cultivé en pot ». Originaires de Chine sous la dynastie des Han (de 206 à 220 av. J.-C.), ces "paysages en pot" ont été largement adoptés au Japon avant d'être introduits plus récemment en Europe, notamment lors de la troisième exposition universelle de Paris en 1878.

Bien que les Japonais soient aujourd'hui reconnus mondialement pour cette culture, la première exposition nationale de bonsaïs à Tokyo ne date que de 1914, et cet art n'a été officiellement reconnu qu'en 1934. Initialement, les bonsaïs étaient des arbres d'extérieur, répliques miniatures d'érables, de pins ou de hêtres. Désormais, deux types de bonsaïs sont commercialisés : les bonsaïs d'extérieur et les bonsaïs d'intérieur, ces derniers étant issus de variétés tropicales ou subtropicales capables de s'acclimater à nos intérieurs. Les bonsaïs d'intérieur ont connu un succès tel qu'ils sont maintenant les plus répandus.
Le Bonsaï sous Cloche : Une Approche Spécifique
Le bonsaï sous cloche est une méthode d'entretien qui permet de recréer un microclimat idéal pour la croissance de l'arbre miniature. Cette technique, similaire à l'entretien d'un terrarium, offre un environnement contrôlé particulièrement adapté à certaines espèces. Observer un bonsaï évoluer dans un terrarium est une expérience unique et apaisante.
Choix du Bonsaï pour la Culture sous Cloche
Lorsqu'on opte pour des bonsaïs pour terrarium, il est essentiel de choisir des espèces adaptées aux conditions spécifiques de cet environnement clos. Il est crucial d'opter pour des espèces qui préfèrent l'humidité et la lumière tamisée. Parmi les bonsaïs d'intérieur les plus faciles d'entretien et adaptés à ce type de culture, on trouve :
- Le bonsaï ficus (Ficus retusa et Ficus microcarpa) : Les bonsaïs ficus sont sans nul doute les plus faciles à entretenir. Le Ficus retusa, l'un des plus répandus, se caractérise par des racines aériennes vigoureuses et une croissance rapide. Le Ficus microcarpa, également connu sous le nom de bonsaï ficus ginseng, possède de fortes racines aériennes et une silhouette avec un renflement important à la base du tronc, lui permettant de stocker l'eau. Leurs feuilles persistantes, épaisses et cireuses tolèrent relativement bien une certaine sécheresse ambiante, mais ils prospèrent dans un environnement humide.
- Le poivrier du Japon (Zanthoxylum piperitum) : Ce petit arbre original à croissance rapide offre un beau feuillage persistant, vernissé et très aromatique. Au printemps, il se pare de fleurs blanc-vert, suivies de petits fruits.
- Le pin des Bouddhistes (Podocarpus macrophyllus) : Pour ceux qui souhaitent un bonsaï sapin, le pin des Bouddhistes, à croissance très lente, présente des aiguilles d’un vert brillant au revers glauque.
- Le troène de Chine (Ligustrum sinensis) : Avec son feuillage persistant à semi-persistant vert foncé et sa croissance rapide, il peut parfois offrir quelques fleurs blanches en juin-juillet, suivies de petits fruits ovales noirs.
- Le buis de Chine (Buxus harlandii) : Ce bonsaï à croissance lente se distingue par ses très petites feuilles vert foncé brillant et une écorce côtelée décorative.
- Le bonsaï carmona (Carmona retusa, Carmona microphylla), aussi appelé arbre à thé : Il possède un feuillage vert brillant et des fleurs blanches en été, suivies de petits fruits globuleux. Sa croissance est rapide.
- Le bonsaï serissa (Serissa japonica) : Caractérisé par un tronc gris rugueux, un feuillage persistant d’un beau vert foncé et une croissance rapide. Il doit son nom d’arbre aux mille étoiles aux nombreuses fleurs blanches dont il se couvre de juin à septembre, suivies de petites baies.
- L’azalée des Indes (Rhododendron indicium, Azalea indica) : Un bonsaï à fleurs à croissance lente, qui demande un arrosage délicat mais offre une floraison somptueuse en juin, dans des coloris roses, rouges ou blancs.
Lumière et Humidité : Les Clés du Succès
Le bonsaï d'intérieur, et plus particulièrement celui sous cloche, a besoin avant tout de lumière et d’humidité. Il est crucial de lui offrir un emplacement lumineux à proximité d'une fenêtre, mais d'éviter le plein soleil direct qui pourrait augmenter la transpiration du feuillage et entraîner une dessiccation des feuilles. Une lumière directe n'est pas forcément nécessaire et peut même être préjudiciable.
Pour apporter l'humidité nécessaire, une bonne méthode consiste à placer le bonsaï sur une soucoupe remplie de pouzzolane ou de billes d'argile régulièrement arrosées. Cette technique permet de créer un microclimat humide autour de la plante sans que les racines ne baignent directement dans l'eau. Pour le bonsaï sous cloche, la cloche elle-même aide à maintenir une humidité ambiante élevée, essentielle pour la plupart des bonsaïs tropicaux et subtropicaux.
Arrosage du Bonsaï sous Cloche et en Terrarium
L'arrosage d'une plante sous cloche ou dans un terrarium nécessite une approche délicate pour maintenir un équilibre optimal d'humidité. Contrairement aux idées reçues, les racines du bonsaï ne doivent pas être continuellement mouillées.Pour déterminer si un terrarium a besoin d’eau, il est essentiel de surveiller attentivement l’humidité du sol à l’intérieur. On peut effectuer un test simple en insérant le doigt dans le substrat pour vérifier s’il est sec en profondeur. Si le sol semble sec au toucher, c’est un signe que le terrarium a besoin d’être arrosé.Cependant, il est important de ne pas trop arroser pour éviter l’engorgement des racines et les problèmes liés à l’excès d’humidité. Un excès d’eau peut entraîner la pourriture des racines, surtout dans un environnement confiné. Lorsque l'on arrose une plante sous cloche, il est essentiel de contrôler attentivement la quantité d’eau ajoutée pour éviter l’accumulation excessive d’humidité.
Comment entretenir un bonsaï d'intérieur ? - Truffaut
En moyenne, un bonsaï doit être arrosé une à trois fois par semaine, selon son espèce, la taille du pot et les conditions atmosphériques. Arrosez copieusement la plante, mais ne laissez jamais d’eau stagner dans la soucoupe ou au fond du terrarium après l’arrosage. Entre deux arrosages, laissez la surface de la terre, mais seulement la surface, sécher un peu.
En été, les arrosages seront plus fréquents, pouvant aller jusqu’à un ou deux par jour, surtout si le bonsaï passe une période en plein air. En plus de l’arrosage, des brumisations quotidiennes de l’écorce et du feuillage sont nécessaires pour la plupart des bonsaïs, en particulier ceux sous cloche où l'air peut devenir stagnant.
Il est recommandé d'utiliser de l'eau de pluie, de l'eau de source, ou de l'eau du robinet (même calcaire) ayant reposé 24 heures. La température de l'eau doit être proche de celle de l'endroit où se trouve le bonsaï. Généralement, la technique d'arrosage recommandée est le bassinage, qui consiste à arroser en pluie fine (comme avec un brumisateur) le haut du bonsaï jusqu'à ce que les premières gouttes tombent par les trous de drainage dans le pot. Certains arbres, comme le chêne, l'érable, le mélèze, et tous les arbres en floraison, n'apprécient pas l'humidité sur leurs feuilles et ne sont donc pas adaptés à cette technique.
Aération et Surveillance du Bonsaï sous Cloche
L’aération est une étape cruciale pour l’entretien d'un bonsaï sous cloche. Il est important d'ouvrir périodiquement la cloche pour permettre à l’air frais de circuler autour de votre bonsaï. Cela favorise la circulation de l'air et prévient les problèmes liés à l'humidité stagnante, comme le développement de maladies fongiques. Une atmosphère trop humide peut favoriser le développement de ces maladies, tandis qu’une température excessive ou trop basse peut stresser la plante.
La surveillance est également essentielle : il faut être attentif aux signes de stress ou de maladies sur le bonsaï. Avec les soins appropriés et une attention constante, le bonsaï sous cloche peut prospérer et offrir une expérience unique en matière de jardinage miniature.
Entretien Général du Bonsaï
Au-delà de la spécificité de la culture sous cloche, l'entretien d'un bonsaï demande une attention particulière à plusieurs aspects fondamentaux.
Fertilisation du Bonsaï
Un bonsaï vit dans une petite quantité de substrat, il est donc très important de lui fournir régulièrement un engrais liquide adapté. Cet engrais doit être apporté pendant la période de végétation, soit une fois par mois de mars à octobre. Lorsque vous cultivez des bonsaïs dans un terrarium, il est essentiel d’éviter les engrais trop concentrés qui pourraient endommager les racines délicates des arbres miniatures. Dans un environnement confiné comme un terrarium, une concentration excessive d’engrais peut facilement brûler les racines et compromettre la santé globale du bonsaï.
Rempotage du Bonsaï
En moyenne, un bonsaï doit être rempoté tous les 2 à 3 ans, au printemps. Plus qu'un simple changement de pot, il s'agit de renouveler le substrat et de tailler les racines.
Comment entretenir un bonsaï d'intérieur ? - Truffaut
Les étapes du rempotage sont les suivantes :
- Commencez par dépoter l’arbre et grattez la terre de façon à libérer toutes les racines.
- Coupez ensuite les racines endommagées et taillez les racines les plus longues. Si la masse des racines est très développée, on pourra raccourcir le pivot, racine centrale qui prolonge le tronc, ainsi que les grosses racines latérales.
- Rempotez le bonsaï en utilisant un substrat adéquat, que vous verserez progressivement en le faisant bien pénétrer entre les racines.
- Tassez légèrement, arrosez bien et attendez quelques semaines avant de reprendre les apports d’engrais.
Le pot est plus qu'un accessoire dans l'art du bonsaï, il est primordial et doit constituer un ensemble harmonieux avec l'arbre. La longueur du pot doit faire les 2/3 de la hauteur de l'arbre. La largeur doit mesurer un peu moins que la distance entre les extrémités des branches antérieures et postérieures. Pour les pots ovales ou rectangulaires, il est recommandé de diviser la longueur du vase par deux et sa largeur par trois. Pour les pots ronds, hexagonaux et carrés, diviser le pot en quatre parties et implanter le tronc légèrement décentré vers l'arrière.
Le pot du bonsaï doit être surélevé par rapport à la coupelle située en dessous. Généralement, les pots pour bonsaï ont des "pieds". Si ce n'est pas le cas, il faut alors impérativement le surélever à l'aide de petits objets (comme par exemple des bouchons de bouteille). Bien entendu, surélever le pot n'a de sens que si celui-ci comporte des trous dans sa partie inférieure afin de laisser échapper le surplus d'eau. Si ce n'est pas le cas, il faut changer de pot.
Taille du Bonsaï
Il est impératif de tailler son bonsaï pour plusieurs raisons : cela permet de faire grossir le tronc ainsi que les branches, de donner à son bonsaï la forme souhaitée, et de l'aider à se développer.

À l’origine, la taille de formation, ou taille de structure d’un bonsaï, est généralement effectuée par un professionnel. Une fois que l'arbre est acclimaté à son pot et à son emplacement (environ deux mois), on peut commencer à le former.
Les types de taille sont :
- La taille de structure (coupure de branches) : Effectuée en hiver, elle sert à donner une forme équilibrée et une personnalité à l'arbre. Il sera nécessaire de couper les branches qui sont trop larges et dont le diamètre est identique ou quasi identique au tronc. Ensuite, il faut tailler les branches qui partent de la base du tronc du bonsaï. De cette façon, le bonsaï pourra capter plus de lumière et se développera plus facilement. Les branches basses ne doivent pas être les plus longues mais elles doivent diminuer graduellement vers le haut. Les branches ne doivent jamais se superposer directement mais être distribuées régulièrement sur le tronc. Lorsque l'on taille des branches de diamètre conséquent, prendre soin de bien couper à ras du tronc autant pour des raisons esthétiques que pour des raisons pratiques : en effet, cela sera plus facile pour le bonsaï de cicatriser. Toujours appliquer du mastic de cicatrisation à chaque coupe ; cela évite les maladies, les parasites, aide à cicatriser et diminue grandement les cicatrices.
- La taille de forme (rameaux et feuilles/épines) : Effectuée pendant la période de végétation (printemps et début de l'été), elle sert à modeler les volumes de la végétation afin de lui donner la forme, le volume et la densité voulus. Pour les bonsaïs d’intérieur, il n’y a pas vraiment de période pour les tailler, on peut le faire toute l’année. Le but étant de maintenir le plus possible la forme que lui a donné le producteur. Vous attendrez que les nouvelles pousses soient bien développées (environ 8 feuilles) et vous viendrez ensuite couper cette tige au-dessus de la 2ème ou de la 3ème feuille. Ne coupez jamais les jeunes rameaux vert clair, mais seulement les rameaux lignifiés qui présentent 6 à 8 feuilles : vous couperez alors au-dessus de la 2e feuille sur chaque rameau, tout en préservant la forme du bonsaï. Si un rameau pousse vers l'intérieur du bonsaï, coupez-le. Pour le pin, il faut "pincer" les bouts des rameaux afin de provoquer les ramifications.
Ligaturage du Bonsaï
Le ligaturage d'un jeune bonsaï permet d'adapter sa forme à sa convenance. Il est vivement conseillé de ne pas attendre le développement du bonsaï pour le ligaturer. Généralement, il faut garder six mois les ligatures sur les branches annexes et jusqu'à un an pour les branches principales ainsi que le tronc.
Gestion des Problèmes et Maladies
Quand un bonsaï est malade, il est important dans un premier temps de le mettre à l'abri de la lumière directe, de ne pas lui donner d'engrais, et de diminuer considérablement l'arrosage. Ensuite, il convient de déterminer de quelle sorte de maladie ou de quelle sorte de "mauvais traitements" il souffre.
- Manque d'eau : Si les feuilles jaunissent de façon uniforme, se ternissent ou se flétrissent et les racines se rétractent et s'assèchent, le bonsaï manque d'eau. Il faut le réhydrater par bassinage en pluie fine et intensifier un peu l'arrosage, mais sans le noyer.
- Excès d'eau : Si les feuilles jaunissent, certaines tombent, d'autres flétrissent et virent au marron et la terre s'assèche, mais qu'il y a aussi des symptômes comme des champignons ou de la mousse se développant à la surface de la terre et le tronc de l'arbre est gorgé d'eau, un peu gonflé ou carrément moisi, c'est un signe d'excès d'eau. L'humidité stagnante est souvent la cause.
- Attaque de pucerons : Les feuilles du bonsaï sont collantes et jaunes, et ont tendance à tomber. De plus, les fourmis envahissent régulièrement le pot du bonsaï. C'est le signe d'une attaque de pucerons qui empêchent l'arbre d'absorber l'eau dont il a besoin, pouvant à terme le dessécher. Pour lutter contre ce phénomène, il faudra tout d'abord prendre soin de bien arroser son bonsaï afin que celui-ci ne se dessèche pas.
- Manque d'humidité ambiante : Les bonsaïs d’intérieur sont plutôt des plantes tropicales qui ont besoin de rester à l’intérieur en hiver car ils ne supportent pas les températures basses. Cependant, en hiver dans la maison, l’air est très sec à cause du chauffage. Ils ont besoin d’une bonne hygrométrie, c’est-à-dire d’une humidité de l’air élevée. Pour cela, vaporiser son feuillage tous les jours. Il ne faut pas placer les bonsaïs près d’une source de chaleur.
- Perte de feuilles : Si un bonsaï perd ses feuilles, cela peut être dû à un manque de lumière directe par un voilage, une humidité ambiante insuffisante, un arrosage inadéquat, ou un emplacement près d'une source de chaleur.
Conseils Généraux
- Lumière : Les bonsaïs ont besoin de lumière. Placez-les près d'une fenêtre pour la luminosité mais protégez-les de la lumière directe par un voilage.
- Sortie en extérieur : Au cours de l'été, il est bon de les mettre en plein air pour qu'ils profitent d'un ensoleillement direct. Pour éviter tout choc thermique, il est important de les sortir progressivement. Les températures optimales se situent, selon les espèces, entre 7 et 24° C.
- Achat : Faites attention aux faux bonsaïs. Assurez-vous que le bonsaï soit bien fixé dans le pot. Regardez si l'arbre a des cicatrices apparentes sur son tronc. Les branches doivent être distribuées tout autour du tronc. Le feuillage doit être dense, car c'est lui qui renseigne sur l'état de santé de l'arbre.
- Semis : Semer un bonsaï permet de façonner son bonsaï dès son plus jeune âge. Semez dans des pots de cultures dans un substrat constitué de sable, qui, léger, favorisera la pousse des semis. Exposez le pot à la lumière et éloignez-le des variations de températures trop importantes. Certaines graines doivent être plantées très vite et ne sont viables que quelques mois alors que d'autres "survivent" plus longtemps. Après avoir semé un bonsaï, la première chose est de le laisser pousser environ six mois, de préférence dans un endroit ressemblant ou proche de celui où il est destiné à être exposé. Pendant ce temps, il faut lui choisir une coupe pas trop grande, avec ou sans soucoupe (la soucoupe évite juste d'abîmer le meuble qui est en dessous si l'arbre est à l'intérieur). Pensez à assortir la couleur de la coupe avec le feuillage et l'écorce de l'arbre. La coupe doit avoir un trou dans le dessous, destiné à laisser le trop plein d'eau s'écouler et aussi à aérer les racines.
- Substrat : Lorsque le bonsaï a poussé, avant de le transplanter dans la coupe, il faut tamiser la terre (du terreau pour plantes vertes convient) pour la rendre fine afin que les petites racines aient un meilleur contact. Attention, cette terre fine est très compacte si on la tasse. Il faut donc y aller doucement.
- Mousse séchée : Il est possible de rajouter de la mousse séchée sur la terre du pot.
En suivant ces conseils et en observant attentivement votre bonsaï, vous pourrez assurer sa santé et sa beauté sur de longues années, qu'il soit cultivé sous cloche ou de manière plus traditionnelle.