Bonsaï au tronc qui coule : Causes, Diagnostic et Solutions

Bonsaï avec des symptômes de pourriture du tronc

Le bonsaï, bien que perçu comme un symbole de résilience et de longévité, est une plante délicate sujette à une multitude de maux. Parmi les problèmes les plus préoccupants pour les passionnés, le phénomène du "tronc qui coule" est souvent le signe avant-coureur d'une affection grave, potentiellement fatale pour l'arbre miniature. Comprendre les causes sous-jacentes de ce symptôme, savoir l'identifier précisément et appliquer les solutions adéquates est crucial pour la survie et la prospérité de votre bonsaï.

Comprendre la vulnérabilité du bonsaï et les signes avant-coureurs

Les bonsaïs, tout comme les plantes traditionnelles, sont sujets à des maladies, dont certaines peuvent être fatales. Pour cette raison, il importe de connaître ces affections afin de pouvoir mieux agir et d’éviter la mort de l'arbre. On peut facilement identifier un bonsaï malade en prenant en compte les signes révélant son mauvais état de santé. Ils se manifestent généralement comme des anomalies au niveau des feuilles, de l’écorce ou des branches. Un bonsaï en mauvais état se reconnaît aussi par la présence de parasites à différentes zones de la plante, ou par des racines en mauvaise santé. Si vous avez des doutes quant à l’état de votre arbre en pot, pensez à régulièrement l’inspecter, à adapter son arrosage et à le mettre à une bonne exposition. Malgré leur allure vigoureuse, les bonsaïs sont exposés à de nombreuses maladies qui peuvent nuire à leur forme et leur développement. De nombreux autres facteurs peuvent aussi mettre à mal votre bonsaï. Par conséquent, plus tôt vous interveniez pour y remédier, mieux vous allez pouvoir conserver la santé de votre arbre. Un suivi régulier et un maintien des bonnes conditions de culture vous aideront à limiter les risques. Également, pour limiter toute contamination extérieure, évitez de placer votre bonsaï sous un arbre ou directement posé sur le sol, retirez les feuilles mortes et mauvaises herbes du pot, nettoyez vos outils avant et après utilisation, mastiquez les grosses plaies et observez votre bonsaï à la loupe régulièrement.

Le cas d'un Podocarpus du commerce, rempoté récemment avec un mélange d'akadama, granulé de lave, tourbe et kiryu, mais présentant un tronc "très amoché" et des racines de plus de 50 cm dans un pot de 18x8 cm après avoir été abandonné en pleine canicule, est un exemple frappant d'une accumulation de facteurs de stress qui rendent l'arbre extrêmement vulnérable. Le rempotage, bien que nécessaire, a pu accentuer le choc. Le "tronc qui coule" est souvent le symptôme d'une maladie fongique ou bactérienne profonde.

Comment REDONNER la SANTE à son BONSAÏ ?

Les ennemis invisibles : Champignons et bactéries

De la même manière que les plantes plus courantes, les bonsaïs peuvent être attaqués par des champignons. D’ailleurs, ils sont à l’origine d’un grand nombre de pathologies chez les arbres en pot. Les champignons se développent généralement à cause d’un excès d’humidité ou par le manque d’exposition à l’air libre. Les bactéries peuvent aussi affecter le bonsaï et conduire à des complications graves au niveau du développement de l’arbre miniature. Ces dernières ressemblent beaucoup à des champignons, et se développent presque de la même manière. On reconnaît les bactéries sur un bonsaï par des taches qui peuvent s’étendre, mais aussi qui peuvent amaigrir l’arbre. Le mastic avec fongicide proposé à 24€ le pot témoigne de la reconnaissance du rôle majeur des champignons dans ces affections.

Pathologies fongiques courantes

Plusieurs types de champignons peuvent être responsables des symptômes observés sur le tronc et le feuillage :

  • Oïdium : Les symptômes se manifestent par une légère poudre blanche recouvrant les feuilles et les tiges. Ce champignon se développe surtout avec la chaleur et l'humidité, notamment la nuit. La "pellicule blanche (comme celles de cheveux) sur les feuilles" observée sur le Podocarpus, qui n'est pas de l'eau d'arrosage, pourrait être un signe d'oïdium.
  • Botrytis (pourriture grise) : Ces champignons ressemblent à des taches brunes sur les feuilles, parfois accompagnées de moisissure grise sur les branches.
  • Anthracnose : Il se présente comme des taches brun foncé sur les feuilles et les tiges, qui peuvent s’étendre.
  • Phytophthora : Ce champignon se développe sur les racines en cas d'excès d'humidité, ce qui peut entraîner un flétrissement des feuilles et un brunissement ponctuel de l'aubier. La pourriture spongieuse brun marron en coupe transversale du collet chez les conifères est un symptôme caractéristique du phytophthora. Le dépérissement des racines et du collet mentionné dans le cas du Podocarpus peut être lié à cette maladie, aggravée par le substrat compacté et l'excès d'humidité.

Comparaison entre l'oïdium et la fumagine sur les feuilles de bonsaï

Pathologies bactériennes

  • Feu bactérien : A pour symptôme un flétrissement précoce des feuilles et le noircissement.
  • Taches bactériennes : Comme l’indique son nom, elles se manifestent par des parties tachetées en noir ou brun avec un contour jauni sur les feuilles.

Fumagine

Ces taches ressemblent à de la suie. Il s'agit de fumagine. Ce champignon se développe sur le miellat produit par les pucerons et les cochenilles, ce qui indique une infestation préalable par ces nuisibles.

L'impact des ravageurs : Les insectes xylophages et suceurs

Cela peut surprendre, mais de nombreux nuisibles et parasites peuvent s’en prendre à votre bonsaï à cause de sa sève. Ces derniers peuvent nuire à la santé de la plante et, dans le pire des cas, conduire à sa mort.

Insectes xylophages

Des trous (2-3 mm) de forage ronds dans le tronc ou les branches plus épaisses, qui peuvent également présenter des gouttes de résine, sont des signes distinctifs de la présence d'insectes xylophages. Le flétrissement du feuillage des axes de faible diamètre (jeunes tiges ou branches) peut s’accompagner de rejets de sciure blanche attestant la présence d’un insecte xylémophage. En été, le dépérissement de la partie terminale d’une branche ou de l’axe principal d’une jeune tige qui sèche et casse parfois au niveau de la zone atteinte qui est entièrement évidée, est également un symptôme clair d'une attaque.

Insectes suceurs

  • Pucerons : Ce sont des petits insectes verts ou noirs que vous pouvez souvent remarquer sur les tiges et feuilles enroulées. On les trouve en amas sur les jeunes pousses. On remarquera également la présence de fourmis autour du bonsaï, car elles « élèvent » les pucerons pour recueillir leur miellat.
  • Cochenilles : Ces nuisibles se présentent comme des petits amas cotonneux ou des carapaces brunes sur les branches et feuilles collantes. On les reconnaît au fait qu'elles forment un bouclier fixé sur les feuilles. Elles sont blanches, marron, grises ou même parfois recouvertes d'un cocon fibreux.
  • Araignées rouges : Ces bestioles peuvent jaunir les feuilles de votre arbre. Leur présence se constate par de fines toiles au verso des branches. On devine leur présence aux petits filaments qu'ils produisent au dos des feuilles. Les acariens se développent en présence de chaleur et d'une atmosphère sèche.
  • Aleurodes (mouches blanches des serres) : Ils se trouvent généralement sur le revers des feuilles, et s'envolent au moindre contact. On les trouvera uniquement sur les végétaux en intérieur ou en serre.

Illustration des différents types de parasites du bonsaï

Les fourmis

Les fourmis ne représentent pas réellement un danger direct, mais elles vont souvent de pair avec les pucerons et les cochenilles. Si vous en voyez autour du pot, il est impératif d'observer votre bonsaï attentivement.

Maladies physiologiques : Les erreurs d'entretien

Les maladies physiologiques des bonsaïs sont généralement imputables à des erreurs d’entretien. C'est un facteur majeur dans l'affaiblissement d'un bonsaï et sa vulnérabilité aux autres affections. Le cas du Podocarpus, avec son passé d'abandon et de canicule, est une parfaite illustration de ces stress.

  • Chlorose : Elle se manifeste par un jaunissement des feuilles, signe d’un arrosage excessif, lié à un pot trop étroit ou un manque de fer ou d’azote.
  • Déshydratation : Elle est due à un air trop sec ou un manque d’eau.
  • Brûlures de soleil : Liées à une exposition au soleil direct tout au long du jour, elles peuvent être fatales au bonsaï.

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Diagnostic précis des symptômes

Les séries de photos de symptômes sur organes végétatifs sur feuillus, en dessous, les espèces touchées par ces symptômes et le descriptif devraient vous permettre d’identifier de quel ravageur ou maladie il s’agit ou au moins vous en approcher. Vos doutes pourront être confirmés en grattant l’écorce de l’arbre. Une photo du problème sera toujours plus efficace qu'un long discours pour obtenir des conseils.

Symptômes généraux sur le feuillage et les branches

  • Dessèchement brutal et épars de quelques branches.
  • Certains rameaux et branches se dessèchent, l’écorce se soulève par endroits.
  • Le flétrissement du feuillage des axes de faible diamètre (jeunes tiges ou branches).
  • Les plus visibles consistent en des descentes de cimes, ou dépérissement des extrémités de branches, dues à la formation de nécroses empêchant la circulation de sève.
  • Les feuilles se flétrissent et se recroquevillent en été.
  • Les feuilles mortes restent souvent très longtemps suspendues aux rameaux.
  • La coloration des feuilles, de vert clair à brun en passant par le jaune.
  • Dessèchement très net, plus ou moins important du bouquet floral ou fruitier, après floraison jusqu’en été.

Symptômes spécifiques sur le tronc et le bois

  • Brunissement ponctuel de l’aubier.
  • En section transversale des rameaux ou des branches : coloration du bois par plages limitées par les cernes.
  • Ponctuations noirâtres des vaisseaux du bois au niveau de la zone de progression du champignon.
  • Sur les racines et le collet, une pourriture associée à des plaies chancreuses, avec souvent une réduction du chevelu racinaire.
  • Chez les conifères une coupe transversale du collet révèle une pourriture spongieuse brun marron.
  • Les zones des tronc ou tiges infectées se fissurent et se craquellent. Autour d’elles se forment des bourrelets cicatriciels.
  • Des chancres se forment parfois sur le tronc ou les branches.
  • Petites pustules sphériques qui parsèment l’écorce des branches. De couleur orange, rouge à rose, ces pustules changent de teinte avec le temps et deviennent rouge brique très foncé presque noires.

Il est important de noter que les symptômes dépendent beaucoup de l’hôte : chez le Châtaignier les brunissements affectent à la fois le tronc et les feuilles tandis que chez le Hêtre, seul le tronc est touché. Ils varient aussi en fonction de la température et de l’humidité (plus lent en hiver). Sur le Mélèze, les aiguilles jaunissent puis rougissent.

Stratégies de traitement et de prévention

La rapidité d'intervention est primordiale pour sauver un bonsaï malade.

Solutions pour les affections fongiques et bactériennes

Si des "parties pourries" sont indistinctes sur le Podocarpus, il est crucial d'agir.

  • Suppression des parties atteintes : Lorsque la plante est atteinte, supprimez les parties malades.
  • Traitement fongicide : En cas de phytophthora, traitez à l'Aliette. Pour d'autres champignons, des fongicides spécifiques peuvent être utilisés. L'idée d'un "mastic avec fongicide" est pertinente pour les plaies sur le tronc.
  • Amélioration du drainage et de l'aération : En prévention, utilisez un substrat bien drainant, respectez les fréquences d'arrosage, et rempotez votre bonsaï régulièrement afin d'éviter le tassement du substrat. Le substrat du Podocarpus (akadama/granulé de lave/tourbe/kiryu) est généralement bon, mais un excès d'humidité suite au rempotage et au passé de négligence peut avoir été préjudiciable.
  • Environnement contrôlé : Les champignons se développent généralement à cause d’un excès d’humidité ou par le manque d’exposition à l’air libre. Assurer une bonne circulation de l'air est essentiel.

Solutions pour les ravageurs

  • Pucerons : Traitement avec un insecticide naturel (savon noir) ou spécifique.
  • Cochenilles : Retrait manuel avec un coton-tige imbibé d'alcool, ou utilisation d'un insecticide systémique.
  • Araignées rouges : Privilégiez une atmosphère humide. En cas d'infestation, mouillez régulièrement le feuillage en insistant sur le revers. Des acaricides spécifiques peuvent être nécessaires.
  • Aleurodes : Traitez votre bonsaï avec un insecticide à base de bifenthrine pour éliminer les adultes, puis du buprofézine pour éliminer les larves.
  • Fourmis : Éliminer la source de nourriture (pucerons ou cochenilles) pour les faire disparaître.

Exemple de trou de forage causé par un insecte xylophage

Solutions pour les maladies physiologiques

  • Arrosage adapté : Ni trop, ni trop peu ! Pour la déshydratation, il faut adopter un arrosage plus adéquat. Utiliser un plateau d’eau sous le bonsaï permet aussi d’accroître l’humidité ambiante.
  • Exposition adéquate : Les brûlures de soleil peuvent être atténuées par un placement mi-ombreux, ou un arrosage en heure fraîche. Pour la chlorose, un manque de fer ou d'azote peut être corrigé par un apport d'engrais équilibré.
  • Taille et rempotage appropriés : Rempoter un bonsaï avec des racines de plus de 50 cm dans un petit pot nécessite une taille des racines drastique mais soigneuse, afin d'éviter un choc trop important.

Conseils généraux pour la prévention

  • Surveillance régulière : Observer votre bonsaï la loupe régulièrement permet de détecter les problèmes tôt.
  • Hygiène : Nettoyez vos outils avant et après utilisation pour éviter la propagation des maladies. Retirez les feuilles mortes et mauvaises herbes du pot.
  • Protection : Mastiquez les grosses plaies.
  • Positionnement : Évitez de placer votre bonsaï sous un arbre ou directement posé sur le sol pour limiter toute contamination extérieure.
  • Kits de soins : Pour vous aider à entretenir votre bonsaï, découvrez les kits de soins et accessoires de taille proposés par des spécialistes.

Si vous avez des doutes sur la marche à suivre pour traiter votre bonsaï, n'hésitez pas à vous renseigner auprès de bonsaïka confirmés via des forums, des expositions, dans des clubs proches de chez vous.

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