Le monde des bonsaïs fascine par sa capacité à condenser la majesté de la nature dans un petit contenant. Tout le monde connaît ces petits arbres miniatures qui allient culture et art japonais et qui s'installent de plus en plus souvent dans nos salons. Ils s'appellent "bon-sai", ce qui signifie "planté dans un bol". Bien que cette appellation soit devenue le standard mondial, il est essentiel de dissiper un mythe tenace : un bonsaï n’est pas un « arbre nain » ! La traduction du japonais est « cultivé en pot » ; donc n’importe quelle espèce d’arbres peut, dès qu’il est cultivé en pot, être un bonsaï.

Les Racines Historiques et Culturelles
Cette technique de jardinage artistique était déjà très populaire vers 700 après J.-C., mais elle était réservée à la classe supérieure. A cette époque, la technique consistant à faire pousser des arbres nains dans des pots s'appelait encore "pun-tsai". Durant la période Kamakura, le Japon a adopté une grande partie de la culture chinoise et donc la technique des arbres miniatures. Celle-ci a été développée sous l'influence du bouddhisme et a acquis son propre style.
Les origines du bonsaï remonteraient au « penjing » (bonkei en japonais), art paysager chinois cultivé depuis l'Antiquité. L'histoire du bonsaï change le regard que vous portez sur lui. Pour découvrir l'art du bonsaï au Japon, le moyen le plus accessible est de voir des pièces en vrai dans un musée ou un jardin spécialisé (bonsai-en). Dans le quartier de Toro-chō, à Kita-ku, Saitama, le Musée d'art du bonsaï d'Ōmiya est un musée public qui présente la culture du bonsaï dans son ensemble : bonsaïs d'exception, pots d'exposition (bonki), pierres d'admiration (suiseki), œuvres picturales et arrangements de salon (zashiki-kazari).
Classification et Espèces Autochtones
En France Métropolitaine, les arbres bonsaï vendus par grandes surfaces et jardineries viennent en grande partie d’Asie. Il y a aussi les arbres autochtones. En France, il existe différentes zones climatiques et les arbres dits « autochtones » ne sont pas les mêmes espèces selon le territoire sur lequel on se trouve. Il y a également les arbres que l’on achète et qui ne correspondent pas nécessairement aux espèces locales.
- Métropole : Les arbres conifères ou feuillus, vivant naturellement ou à l’état naturel, de la métropole sont dits « autochtones ».
- DOM-TOM : Dans les DOM-TOM, ce sont les arbres tropicaux qui sont dits « autochtones ».
- Saint-Pierre-et-Miquelon : À Saint-Pierre-et-Miquelon, seuls certains conifères sont « autochtones » et donc originaires de cette zone.

En principe, les plantes ligneuses les plus diverses conviennent comme bonsaïs. On privilégie essentiellement les arbres à feuilles caduques ou les conifères. Parmi les feuillus, ce sont surtout les essences des genres troène et nothofagus (hêtre de Magellan) qui jouent un rôle.
Les Bonsaïs d’Intérieur : Choix et Entretien
Désormais, deux types de bonsaïs sont commercialisés : les bonsaïs d’extérieur et les bonsaïs d’intérieur, ces derniers étant obtenus à partir de variétés tropicales ou subtropicales susceptibles de s’acclimater dans nos maisons. Les bonsaïs d’intérieur ont connu un tel succès qu’ils sont maintenant les plus répandus. Attention, cependant ! En dépit de leur nom, ce sont des arbres qui ont besoin de vivre une partie de l’année en plein air : autrement dit, il est nécessaire de pouvoir les sortir à la belle saison au jardin ou sur le balcon.
Les Espèces Populaires pour Débutants
Prêtez d’abord attention à la facilité d’entretien et à la vitesse de croissance de l’arbre.
- Le bonsaï ficus : Sans nul doute les plus faciles à entretenir, notamment en raison de leurs feuilles persistantes, épaisses et cireuses.
- Ficus retusa : L’un des plus répandus, avec des racines aériennes vigoureuses et une croissance rapide.
- Ficus ginseng (Ficus microcarpa) : Possède de fortes racines aériennes et un renflement important à la base du tronc pour stocker l'eau.
- Poivrier du Japon (Zanthoxylum piperitum) : Un petit arbre original à croissance rapide, au feuillage persistant, vernissé et très aromatique. Il est souvent qualifié de "poivrier" ou arbre à poivre. Il nécessite beaucoup de lumière et une température stable.
- Pin des Bouddhistes (Podocarpus macrophyllus) : Pour ceux qui souhaitent un « bonsaï sapin », à croissance très lente, portant des aiguilles d’un vert brillant au revers glauque.
- Autres espèces : Le troène de Chine (Ligustrum sinensis), le buis de Chine (Buxus harlandii), le bonsaï carmona ou arbre à thé, et le serissa, surnommé « l'arbre aux mille étoiles » pour ses fleurs blanches.
Principes de Culture : Lumière, Eau et Substrat
Le bonsaï d'intérieur a besoin avant tout de lumière et d’humidité. Offrez-lui un emplacement lumineux à proximité d'une fenêtre, mais évitez le plein soleil. Pour lui apporter l'humidité dont il a besoin, une bonne méthode consiste à le placer sur une soucoupe remplie de pouzzolane ou de billes d'argile régulièrement arrosées.
La Gestion de l’Arrosage
La règle la plus importante est de ne jamais arroser par habitude. Il faut ignorer l'étiquette attachée au bonsaï qui affirme qu’il faut l’arroser tous les « X » jours. Au lieu de cela, il faut observer son arbre et l’arroser selon son besoin.
- En moyenne, arrosez votre bonsaï une à trois fois par semaine, selon son espèce et la taille du pot.
- Arrosez copieusement, mais ne laissez jamais d’eau stagner dans la soucoupe.
- Entre deux arrosages, laissez la surface de la terre sécher un peu.
En été, les arrosages seront plus fréquents, jusqu’à un ou deux par jour, pendant la période que votre bonsaï passe au jardin ou sur le balcon.
Substrat et Rempotage
En moyenne un bonsaï doit être rempoté tous les 2 à 3 ans, au printemps. Plus que de changer le pot, il s’agit de renouveler le substrat et de tailler les racines. Choisissez un mélange drainant, type akadama ou mélange minéral, qui retient l'eau sans asphyxier les racines.
Comment rempoter son Bonsaï ?
Techniques de Formation et Taille
Le grand objectif est de créer l'image naturelle d'un grand arbre. Si deux branches poussent au même niveau du tronc, vous devez en supprimer une. De même, coupez les branches qui poussent verticalement ou qui sont trop fortes pour être formées.
Pour les bonsaïs d’intérieur, on peut tailler toute l’année. Le but est de maintenir la forme donnée par le producteur. Vous attendrez que les nouvelles pousses soient bien développées (environ 8 feuilles) et vous viendrez ensuite couper cette tige au-dessus de la 2ème ou de la 3ème feuille. Si un rameau pousse vers l'intérieur du bonsaï, coupez-le.
Techniques Avancées
Il existe de nombreuses techniques de création pour les amateurs avancés, comme la création de bois mort (jin et shari), la création de racines apparentes (neagari) ou la plantation d'une petite forêt de bonsaïs (yose-ue). Si vous souhaitez obtenir des informations plus détaillées sur le sujet, n'hésitez pas à consulter un livre spécialisé sur la création de bonsaïs.
Diagnostic des Problèmes : Le Cas du Feuillage
Si votre bonsaï perd ses feuilles, c'est souvent un signe de stress. Les causes fréquentes incluent :
- Sous-arrosage : Terre trop sèche, provoquant le jaunissement et l'enroulement des feuilles.
- Sur-arrosage : Eau stagnante, entraînant la pourriture des racines.
- Manque de lumière : Croissance ralentie et chute des feuilles.
- Chocs thermiques : Proximité d'une source de chaleur (radiateur) ou courants d'air froid.
Dans les climats tempérés, l'hiver est une période critique. L'air intérieur devient très sec à cause du chauffage, ce qui nécessite une augmentation de l'hygrométrie par brumisation quotidienne du feuillage. Les arbres de zones tempérées, contrairement aux tropicaux, ont besoin d'une période de dormance hivernale au frais pour respecter leur cycle de croissance naturel.

Perspectives sur la Pratique
Un malentendu fréquent à propos des bonsaïs est qu’ils doivent être maintenus en intérieur en permanence. En réalité, la majorité des arbres devraient être placés en extérieur, où ils sont exposés à toutes les saisons comme les arbres normaux. Il y a différents arbres que l’on peut cultiver en intérieur, mais de loin le plus courant et le plus facile à entretenir est le bonsaï Ficus. La principale raison est que les arbres de zones tempérées ont besoin d’une période de dormance (en hiver). À cette période, le cycle de croissance annuel s’arrête, et l’arbre prépare le prochain cycle qui redémarrera au début du printemps.
Veillez lors du choix de votre bonsaï à ce qu’il soit de bonne qualité et adressez-vous de préférence à un magasin spécialisé. Outre les bonsaïs d’intérieur très appréciés, il existe également des essences qui se prêtent particulièrement bien à la culture en extérieur - ce que l’on appelle les bonsaïs d’extérieur. Parmi ceux-ci figurent entre autres les représentants du genévrier, du hêtre, du pin ou de l’érable, car ils sont tous très robustes. Ainsi, l’érable palmé, avec ses feuilles rose vif, ou le hêtre commun de nos régions sont de véritables points de mire.
Bien que les bonsaïs de jardin se plaisent en pleine terre, ils doivent être protégés des fortes gelées en hiver. En effet, le faible volume de terre et de racines dans la coupe favorise le gel de la motte, raison pour laquelle il est conseillé de les envelopper dans un non-tissé ou une toile de jute avant les premières gelées. Il est également possible de l’hiverner dans une caisse de bois remplie de paille ou de feuilles ou dans une pièce fraîche hors gel, à cinq degrés minimum, comme une serre ou un abri de jardin lumineux.