L'Abricotier : Un Arbre Fruiter Ornemental et Gourmand

L'abricotier (Prunus armeniaca), cet arbre fruitier qui nous vient d'Asie Mineure, est parvenu jusqu'à nous à la Renaissance. Cultivé à Versailles, il a d'abord régalé le Roi et sa cour, puis s'est popularisé au XVIIIe siècle. Depuis lors, il fait le bonheur de tous, tant par l'élégance de son arbre que par la gourmandise de ses fruits. Sa floraison délicate illumine un paysage endormi dès la fin de l'hiver. Sa silhouette régulière et arrondie se charge de fruits d'orange vif à rougeoyant, prêts à être récoltés tout au long de l'été selon la variété. L'abricotier est aussi ornemental que gourmand, et figure parmi les arbres fruitiers les plus faciles à cultiver. Nous allons explorer ses généralités, quelques variétés communes, les principaux gestes d'entretien, et découvrir quand et comment tailler un abricotier.

Abricotier en fleurs au printemps

Généralités sur l'Abricotier (Prunus armeniaca)

L'abricotier, aussi appelé abricotier commun, est un petit arbre à feuilles caduques qui peut atteindre 6 à 8 mètres de hauteur. Son port, d'abord sphérique, devient ensuite plus ou moins étalé. Sur le tronc, son écorce foncée est d'abord lisse, puis se crevasse longitudinalement. Cet arbre fruitier hermaphrodite est cultivé pour son fruit, l'abricot, mais il peut également être présent à l'état sauvage.

L'abricotier est originaire des montagnes de l'Iran oriental, du Turkestan et du nord-ouest de l'Inde, où il se trouve encore. Des abricotiers sauvages poussent dans la chaîne de montagnes des Tian shan, d'Asie centrale (Kirghizstan et Xinjiang en Chine) et dans diverses régions de Chine (Gansu, Hebei, Henan, Jiangsu, Liaoning, Nei Mongol, Ningxia, Qinghai, Shaanxi, Shandong, Shanxi, Sichuan) ainsi qu'en Corée et au Japon. Il est cultivé en Chine depuis plus de 2000 ans. En raison de cette culture ancienne sur de vastes zones à l'ouest et au nord du territoire chinois, il est difficile de déterminer sa distribution d'origine exacte, car on ne peut savoir quelles sont les formes vraiment sauvages et celles échappées des cultures. Yuan et al (2007) affirment que le centre de diversité de l'abricotier se trouve dans le Xinjiang car ses ressources génétiques y sont très abondantes ; par l'étude de la structure génétique de trois populations de cette province, ils identifient la zone de Kuche comme la possible zone de domestication de l'abricotier.

L'introduction de la culture de l'abricotier au Proche-Orient s'est faite à travers l'Iran et l'Arménie, aux alentours du Ier siècle avant notre ère. Les Grecs puis les Romains n'ont pris connaissance de l'abricotier qu'à cette époque. La dénomination en latin scientifique armeniaca a été utilisée la première fois par le naturaliste suisse Gaspard Bauhin (1560-1624). La croyance en une origine arménienne fut entérinée par Carl von Linné qui baptisa l'espèce Prunus armeniaca (1753). Cette erreur s'est perpétuée en Occident jusqu'au XXe siècle. D'après De Candolle (Origine 1882), ce serait le botaniste Joseph Decaisne (1807-1882) qui serait le premier à avoir soupçonné l'origine chinoise de l'arbre. Il avait reçu des échantillons du Dr Bretschneider d'abricots sauvages « des montagnes de Pékin » : « Le fruit est petit… sa chair est jaune rougeâtre, d'une saveur acide, mais mangeable » et d'abricots cultivés aux environs de Pékin, deux fois plus gros et semblables à nos abricots. C'est seulement au début de notre ère qu'il aborde les rivages de la Méditerranée, quelques centaines d'années après son arrivée en Arménie, et que la culture de l'abricotier est bien établie en Syrie, Turquie, Grèce et Italie. Il fut introduit en Espagne par les Maures après 714. Les croisés l'ont trouvé en Palestine. Son introduction en France provient d'une part de l'Italie par la vallée de la Loire au XVème siècle et d'autre part d'Espagne par le Roussillon. Les descendants des abricotiers de la vallée de la Loire, cultivés dans le Vaucluse et la vallée du Rhône, présentent les caractéristiques du phylum européen : une amande douce, l'autofertilité et une faible exigence au greffage. Les descendants de la population d'abricots du Roussillon possèdent eux les caractéristiques du phylum Nord Africain : une amande amère, l'autostérilité et de fortes exigences au greffage.

Le nom « Abricotier » vient du catalan « abercoc », dérivé d’un mot arabe signifiant « précoce » en raison de la précocité de sa floraison.

Carte des origines et routes de propagation de l'abricotier

Description botanique

L'abricotier (Prunus armeniaca) est un arbre fruitier appartenant au genre Prunus de la famille des Rosaceae. Les principales caractéristiques du genre armeniaca sont : leurs fleurs sessiles, des feuilles à vernation convolutée (enroulées dans le bourgeon), des fruits pubescents ou veloutés, globuleux, charnus, succulents, indéhiscents (qui se scindent en deux), un noyau ovoïde creusé d’un sillon sur chaque bord renfermant une amande douce ou amère.

Les feuilles sont caduques, alternes et ont un limbe de forme elliptique cordiforme, pourvu de stipules, à bord crénelé denté.

Les fleurs sont blanches et grandes, disposées en corymbe et apparaissent avant les feuilles. Elles sont pentamères (5 sépales et 5 pétales) et possèdent 25 étamines. Le gynécée est unicarpellé à ovaire infère non adhérent, contenant 2 ovules. Chaque bouton à fleurs donne une inflorescence disposant de cinq pétales et cinq sépales. La floraison a lieu de mars à mai, ce qui rend l'arbre sensible aux gels printaniers. Les fleurs sont détruites à - 2 °C. En région parisienne, les fleurs apparaissent avant les feuilles, de fin février à fin mars. Cette floraison hâtive est souvent détruite par les gelées printanières tardives, surtout au nord de la Loire.

Le fruit de forme globuleuse est une drupe comestible à peau veloutée, de couleur jaune orangé. La chair est un parenchyme mou à maturité avec des méats. Le noyau, non adhérent à la chair, contient une amande douce ou amère selon le cas. L'abricot se développe à partir de l'ovaire. Après fécondation, l'ovaire reprend une division cellulaire et va grossir ; l'accroissement du calibre suit une courbe qualifiée de double sigmoïde. La maturation débute une semaine avant la récolte. Le fruit cesse d'accumuler des réserves et commence à les utiliser comme source d'énergie. Cette maturation correspond au début de la phase climactérique : la respiration des fruits et les échanges gazeux augmentent de façon importante. La durée de cette période varie en fonction des variétés et des conditions climatiques.

Schéma des parties d'une fleur d'abricotier

Croissance et fructification

L'abricotier a une croissance polycyclique. La croissance du rameau est arrêtée par la mort du méristème apical, qui marque alors la fin du cycle et d'une UC (unité de croissance). Le bourgeon situé immédiatement au-dessous prend le relais et une nouvelle UC est constituée. Une à quatre UC sont produites par an selon le climat, la variété et la charge de l'arbre. Au cours des différentes formations, la longueur des UC diminue.

Il existe deux types de rameaux formés :

  • Les rameaux courts : ils sont constitués en majorité d'organes préformés (1 seule UC) dans le bourgeon hivernal qui se déploie au printemps. On les appelle aussi bouquets de mai, leur longueur atteint en une année 1,5 à 5 cm. Certaines variétés produisent également des chiffonnes : allongement des entre-nœuds, rameau mesurant 15 à 20 cm.
  • Les rameaux longs : ils développent de nouveaux entre-nœuds après la croissance des entre-nœuds préformés dans le bourgeon hivernal. Ils sont composés de plusieurs unités de croissance (4 UC). Ils sont mis en place tout au long de la saison de végétation par vagues successives (rythme de croissance endogène). On distingue les prolongements et les repercements.

Les bourgeons floraux sont situés à côté ou à la place des bourgeons végétatifs, ils ne contiennent en général qu'une seule fleur. L'induction florale est réalisée au cours de l'année qui précède la floraison. Elle débute en juin et se poursuit jusqu'à la fin de l'été. La différenciation du méristème s'effectue au cours de l'été et dure jusqu'au printemps suivant. Elle ne peut s'opérer que si les réserves glucidiques atteignent un certain niveau. L'induction florale est favorisée par une surface foliaire importante, une photosynthèse active, une croissance modérée et une absence de fruits pour certaines variétés. C'est pourquoi une charge excessive en fruit entraînera une moindre charge de l'arbre l'année suivante. Les bourgeons floraux entrent en dormance progressivement au cours de l'été. Si les températures hivernales sont trop basses les pièces florales sont nécrosées et il y aura déficience de fructification.

La majorité des variétés traditionnelles est autofertile, la déhiscence des anthères se produit avant même l'ouverture de la fleur (fleur cléistogame) ; ce qui ne rend pas la présence d'abeilles indispensable. Les anciennes variétés sont autofertiles, les nouvelles le sont partiellement et apprécient un pollinisateur.

Bourgeon à fleur et bourgeon à bois d'abricotier

Usages et propriétés

L'abricotier est principalement cultivé en verger pour son fruit l'abricot, très riche en vitamine A. Le fruit peut être consommé tel quel, mais sa saison est brève et sa conservation très courte. Il est aussi consommé en confiture, compote, conserve séché et fruit au sirop. Son amande est également consommée dans certains pays. De son noyau, on tire des liqueurs comme le Noyau de Poissy ou l'amaretto. L'abricotier est aussi un arbre d’ornement pour sa floraison printanière. Son bois est dense et homogène et fut utilisé autrefois en marqueterie.

Sélection de Variétés d'Abricotiers

Sa préférence pour des terres très ensoleillées, chaudes et sèches combinée à une belle résistance au froid (certaines variétés sont rustiques jusqu'à -25°C) lui permettent de s'acclimater presque partout en France. Mais on notera tout de même que ses fleurs restent très sensibles au froid et peuvent être détruites dès -2°C. Dans les régions aux gelées printanières tardives, choisissez des variétés à la floraison la plus tardive possible. Partout ailleurs, pour une plantation en groupe, mélangez cultivars précoces et tardifs pour étaler les récoltes dans le temps.

  • 'Rouge du Roussillon' : Dès la fin du mois de juin, vous pourrez déguster cet abricot de taille moyenne, reconnaissable par les petites taches rouges qui viennent habiller une peau orange clair. Il offre une saveur exceptionnelle et une chair juteuse à souhait. Autofertile, il peut être la seule variété cultivée dans votre petit verger, mais comptez au moins 2 sujets pour assurer la fructification de vos arbres.
  • 'Luizet' : Pour des climats un peu moins cléments, choisissez 'Luizet', sa floraison subtilement odorante et ses gros fruits jaune orangé que vous récolterez dès la mi-juillet.
  • 'Polonais' : En juillet et en août, place à l'abricot 'Polonais' sa chair savoureuse, fondante, très juteuse. Une merveille en confiture !
  • 'Bergeron' : Pour clore la saison et composer de délicieuses conserves de fruits au sirop, choisissez 'Bergeron', variété adaptée à tous les climats, aux fruits à chair ferme, légèrement acidulée et exceptionnellement parfumée.
  • Abricotiers nains ('Golden Aprigold') : Certaines variétés comme le 'Golden Aprigold' n'excèdent pas les 1 à 2 mètres de haut et sont donc particulièrement adaptées à une culture en pot pour balcon ou terrasse ou encore en pleine terre dans un petit jardin. En plus d'être très décoratives, elles seront tout aussi généreuses en fruits que leurs classiques congénères.

Tableau comparatif des variétés d'abricotiers et leurs caractéristiques

Culture et Entretien de l'Abricotier

Pour obtenir une belle fructification, l'abricotier a besoin d'un minimum d'attention. L'abricotier est une espèce de climat chaud, qui prospère vraiment sous climat méditerranéen. Il est cependant rustique jusque dans le nord de la France et produit bien en région parisienne. Il est capable de résister à des températures allant jusqu’à - 30 °C mais il est très sensible aux froids printaniers qui peuvent contrarier la floraison (très précoce) ou la nouaison des fruits.

Plantation de l'Abricotier

Acheté en racines nues, votre abricotier sera planté idéalement en octobre ou novembre et plus largement jusqu'au mois d'avril, toujours hors période de gel. Une plantation tout au long de l'année est possible pour les fruitiers vendus en contenant, hors gel également mais aussi hors période de canicule.

Installez-le en exposition ensoleillée, à l'abri du vent, dans tous types de sols, en assurant toutefois un drainage impeccable car les arbres fruitiers craignent l'humidité stagnante. Il aimera une terre profonde et riche. Le principal critère pour le sol est le drainage. L’abricotier s’épanouit dans un substrat bien drainé. Il affectionne particulièrement les sols légers et sablonneux mais aussi les sols ordinaires, neutres ou calcaires. Si vous souhaitez en planter plusieurs côte à côte, prenez soin d’espacer les plants d’au moins 6 mètres.

Lors de la plantation, mélangez terre, terreau et amendement, faites une conque pour contenir l’eau, arrosez abondamment, plusieurs fois à la plantation et régulièrement au printemps et en été les premières années.

Schéma de plantation d'un arbre fruitier

Arrosage

Apportez de l'eau régulièrement à vos plantations de pleine terre les premières années. Cet arrosage cessera au fil du temps sauf en cas de sécheresse prolongée. Pour les plantations en bac ou en pot, laissez le substrat sécher entre deux arrosages sur environ 4 cm de profondeur. Une fructification de qualité nécessite de bons arrosages. Sauf en période de sécheresse particulièrement longue, l’abricotier planté depuis plusieurs années n’a généralement pas besoin d’être arrosé. Retenez qu’il redoute les excès d’humidité et ne survit pas dans une terre constamment détrempée. Cependant, pour l’arbre plus jeune, notamment durant sa première année et en cas de plantation en fin d’hiver, arrosez-le régulièrement. Bon à savoir : feuilles jaunissantes, ramollies ou pendantes sont les signes d’un manque d’eau de l’abricotier.

La quantité d'eau disponible par l'arbre a une incidence directe sur la croissance de la végétation qui induit de ce fait le potentiel et la qualité de la récolte produite ainsi que sur la préparation de la future production. Par conséquent, l'utilisation de l'irrigation devient un outil indispensable en culture intensive et un facteur économique important. La consommation augmente de façon régulière jusqu'à juin, se stabilise puis diminue en fin de saison. La phase critique de sensibilité à la sécheresse se situerait entre le début du durcissement du noyau (mi-mai) et la récolte.

Fertilisation

Chaque printemps, incorporez au pied de l'arbre dans un sol griffé en surface du compost ou un fumier bien décomposé. Ceci dynamisera la fructification. Réitérez éventuellement l'opération en automne pour aider votre fruitier à traverser l'hiver. Enfin, en plus d'un environnement sain et propre, une fertilisation naturelle et réfléchie sera la clé d'une fructification généreuse. Au début du printemps, dans l’objectif d’optimiser la fructification, n’hésitez pas à griffer le sol au pied de l’arbre en veillant à ne pas abîmer les racines superficielles et à répandre du compost ou du fumier décomposé. L’opération peut être renouvelée à l’automne.

La Taille de l'Abricotier : Quand et Comment ?

L'abricotier est un arbre qui se cultive habituellement en plein vent et sa taille n’est pas obligatoire car il prend spontanément un port équilibré. Cependant, elle est conseillée pour obtenir de plus beaux fruits. Et, comme pour tous les arbres fruitiers, la taille, bien que facultative, est souvent essentielle pour obtenir une belle fructification.

L'abricotier étant fragile à la coupe, procédez toujours avec un outil adapté - sécateur pour les petits diamètres et coupe-branches pour les diamètres plus importants. Appliquez également un baume cicatrisant. Le pêcher est un arbre incroyable, à la fois fragile et puissant. Il pousse très vite, on ne peut se permettre de rater une seule taille. Il est très réactif et les conséquences d'une erreur de taille sont parfois irréversibles. Il est aussi très fragile, il est important de tailler avec des outils très propres et nettoyés après chaque changement d'arbre.

Les arbres fruitiers connaissent divers types de taille tout au long de leur vie, selon leur âge mais également selon leur nature (fruit à noyau ou fruit à pépins). Dans le cas de l'abricotier on notera que, comme certains autres fruitiers à noyaux, il est peu adepte de la taille et surtout des tailles sévères. Voyons ainsi quand et comment tailler un jeune abricotier puis un arbre arrivé à maturité.

🌳 Comment bien tailler un abricotier, un cerisier, un prunier ou un pêcher ? 🍑🍒🍊

Reconnaître les bourgeons

Pour tailler correctement, il est nécessaire de reconnaître les diverses parties de l'arbre.

  • Un bourgeon à fruit (ou bourgeon à fleur) est généralement plus rond, plus gros et plus gonflé qu’un bourgeon à bois. Il est bien plus arrondi et plus souple.
  • Un bourgeon à bois est plus fin, allongé et pointu. Un rameau à bois comporte uniquement des yeux à bois et pousse principalement à la verticale. Un œil à bois est un bourgeon dense, brillant et très pointu.

Le meilleur moment pour observer les bourgeons est la fin de l’hiver, lorsque les bourgeons commencent à gonfler. Sur un arbre fruitier, les bourgeons à fruit (ou yeux à fruit) sont souvent plus visibles car ils sont plus gonflés et légèrement détachés du rameau. Les bourgeons à bois (bourgeon à feuille), eux, restent plus fins et collés au bois.

Une taille mal réalisée peut supprimer une partie de la future production de fruits. À l’inverse, conserver un bon équilibre entre bourgeons à bois et bourgeons à fruits permet de maintenir à la fois la croissance de l’arbre et sa production de fruits. En fonction de la charge de fruits prévue pour l’année, vous pouvez adapter votre taille. Une forte charge de fruits peut parfois permettre une taille un peu plus sévère.

Il est possible de tailler sans reconnaître les bourgeons, mais le risque est de supprimer des bourgeons à fruits et donc de réduire la production de l’année suivante. L’identification des bourgeons permet d’adapter la taille à la charge de fruits prévue. En horticulture, le terme œil est souvent utilisé comme synonyme de bourgeon. Il désigne la future pousse ou la future zone de fructification sur le rameau. La reconnaissance des bourgeons est une compétence essentielle pour bien tailler les arbres fruitiers.

La taille de formation de l'abricotier

C'est en hiver, de la fin du mois de novembre au début du mois de mars, hors période de gel, que le jeune abricotier se forme. Vous profiterez en effet de cette phase de repos végétatif pour intervenir car, avec une faible circulation de la sève, la cicatrisation se fera plus rapidement et plus aisément. Il s'agit d'amorcer la silhouette de l'arbre tout en privilégiant les futurs rameaux fruitiers.

  • La première année, raccourcissez les tiges du tiers ou de la moitié de leur longueur ; celles-ci vont alors se ramifier.
  • La deuxième année, rabattez de nouveau d'un tiers.
  • La troisième année, supprimez les branches qui pointent vers l'intérieur à l'aide d'un coupe-branches. Rabattez celles qui ne comportent que des bourgeons à bois, des bourgeons pointus, plus durs que la moyenne, qui ne donneront à terme que des rameaux dénués de fleurs et donc de fruits. Taillez-les au-dessus du 5e bourgeon.

Vous pouvez n'intervenir que la deuxième ou troisième année après la plantation. En effet, l'abricotier ramifie seul et est naturellement doté d'une silhouette équilibrée. Cependant, laissé libre, l'abricotier de plein vent poussera plus en hauteur et portera moins de fruits.

La taille d'entretien

C'est également une taille d'hiver qui a pour but de maintenir la silhouette et de nettoyer l'arbre. Votre fenêtre d'intervention ? Dès lors que les feuilles tombent et avant le redémarrage végétatif, généralement fin février.

  • Supprimez les bois morts, les branches abîmées et celles poussant vers l'intérieur pour favoriser la circulation de l'air et de la lumière au cœur de l'arbre.
  • Supprimez les rejets et les gourmands. Les rejets sont des branches souples qui poussent à la base de l'arbre alors que les gourmands poussent à la verticale sur les charpentières ; son bois est bien luisant et peut allègrement dépasser le mètre.
  • Rabattez totalement les tiges pointant vers le bas qui, à terme, ne fructifieront pas.
  • Raccourcissez les branches trop vigoureuses, toutes celles dépassant de la silhouette souhaitée.
  • Conservez intacts les rameaux portant les yeux à fleurs.

La taille pratiquée actuellement en production est une taille dite « longue » (préservation du prolongement) puisqu'elle procède à l'allongement des extrémités des charpentières. Celles-ci sont étagées et laissées entières, elles comportent 1 à 2 sous-mères, les rameaux trop vigoureux sont supprimés et les branches vieillissantes ou qui s'allongent trop sont raccourcies afin de préserver le renouvellement des ramifications. Les charpentières ont ainsi une forme pyramidale bien équilibrée qui laisse pénétrer la lumière jusqu'à la base.

La taille de fructification (taille d'été ou en vert)

Elle concerne des arbres bien vigoureux et ne se pratique pas tous les ans. Elle peut se tenir en fin d'hiver, période plus aisée pour reconnaître les divers types de bourgeons. Mais certains arbres fruitiers se plieront plus volontiers à une taille d'été ou taille en vert, c'est-à-dire alors même que l'arbre est toujours en feuilles. Cette taille de production a pour but de maintenir en bonne forme les branches fruitières, de renouveler les rameaux à fleurs et à fruits tout en assurant une bonne répartition sur l'ensemble de l'arbre et de maîtriser la croissance de ce dernier afin que sa sève se concentre sur la production fruitière.

  • Supprimez les branches qui ne portent pas de fruits.
  • Raccourcissez légèrement les rameaux pour les inciter à se ramifier en coupant toujours nettement, en biseau et au-dessus d'un œil.
  • Supprimez ceux qui pointent vers le cœur de l'arbre ou vers le bas.
  • Conservez les branches ne portant que des boutons à fleurs.
  • Taillez les autres rameaux mixtes (portant à la fois des yeux à bois et des boutons floraux, plus gros et plus ronds) au-dessus d’un œil à bois qui servira à tirer la sève, en prenant soin de conserver au moins 4 ou 5 bourgeons à fleurs.

Une taille l'été permet de freiner la végétation trop vigoureuse de certains arbres et favorise ainsi le développement des branches à fruits. La taille en vert (d'été) qui consiste à sectionner les tiges trop vigoureuses permet en particulier d'améliorer l'ensoleillement des fruits et d'assurer un meilleur séchage de ceux-ci et ainsi les rend moins sensibles aux maladies de conservation. La taille de fructification est réalisée l'été et doit permettre de choisir les rameaux qui vont porter les fruits l'année suivante (rameaux courts, brindilles ou bois d'un an) afin de réduire la charge, de produire des fruits plus gros et de limiter l'alternance. L'époque et l'importance des tailles doivent être propres à la variété.

Taille d'un abricotier nain

En réalité, le traitement apporté aux variétés naines est assez similaire à une taille classique. Cette taille permettra les deux premières années de pousser l'arbre à se ramifier et de lui donner sa forme. Les années suivantes, la taille permettra de conserver la silhouette, d'aérer le centre de l'arbre, de nettoyer les parties mortes et abîmées et de maîtriser les dimensions.

Maladies et Ravageurs de l'Abricotier

L’abricotier, bien que robuste, peut être sujet à diverses maladies et attaques de ravageurs. Une vigilance constante et des mesures préventives sont essentielles pour assurer la santé et la productivité de l'arbre.

Maladies Cryptogamiques (Champignons)

La Moniliose (Monilia laxa et Monilia fructicola)

La moniliose est la maladie la plus commune et la plus sensible pour vos abricotiers. Elle est plus ou moins présente dans tous les vergers. Sa propagation est favorisée par un microclimat humide, ou lors des années particulièrement pluvieuses. Les symptômes commencent à l’extrémité des branches, alors que ceux du chancre commencent généralement à la base des branches.

La moniliose est localisable sur les fleurs, par un dessèchement de ces dernières qui servent de portes d’entrée à la maladie. On observe également un dépérissement de l’extrémité des rameaux ou éventuellement des branches entières dans les cas les plus graves, ce qui peut entraîner la mort de l’arbre (tailler au-dessous du bois atteint). Parfois un exsudat de gomme se forme à proximité des zones infectées. Sur le fruit, la maladie est le plus facilement repérable.

Des observations de fleurs et de rameaux nécrosés ont été réalisées en 2017 sur un réseau de parcelles d’abricotiers situées en Drôme et en Ardèche, sur des arbres non traités. Parmi les 15 parcelles suivies, la présence de M. laxa sur fleur a été observée sur 14 parcelles, et celle de M. fructicola a été observée sur 5 parcelles. Lorsque M. fructicola était présent, celui-ci était minoritaire (dans 4 cas sur 5) par rapport à M. laxa. Sur rameau, M. laxa a été identifié sur toutes les parcelles du réseau, et M. fructicola a été identifié sur 5 parcelles. La présence de M. fructicola sur fleur ne se traduisait pas nécessairement par sa présence sur rameau, et inversement. Dans l’état actuel des connaissances, la protection contre les monilioses ne prend pas en considération les espèces de monilioses présentes au verger.

Traitement : Traiter à la bouillie bordelaise à la chute des feuilles, au débourrage des bourgeons et à la chute des pétales. Un nouveau traitement est à effectuer en automne à la chute des feuilles et au début d’hiver avec des huiles blanches.

Symptômes de moniliose sur fleurs d'abricotier

L'Oïdium

L'oïdium est une autre maladie fongique qui peut affecter l'abricotier. Il se manifeste par une poudre blanche recouvrant les feuilles, les jeunes pousses et parfois les fruits. Les feuilles peuvent se déformer et jaunir, et la croissance de l'arbre peut être ralentie.

Traitement : Des pulvérisations de soufre sont efficaces contre l'oïdium.

Maladies Bactériennes

La Bactériose (Chancre bactérien et taches bactériennes)

Les dommages causés par la « Bactériose » regroupent deux maladies : le chancre bactérien causé par les bactéries Pseudomonas syringae pv. Syringae et Pseudomonas mors prunorum et les taches bactériennes causées par Xanthomonas campestris pv. pruni. Elles se traduisent par des attaques estivales sur les rameaux et sur les fruits en pénalisant la croissance de la plante et en altérant la qualité de la production.

Ces bactéries pénètrent l’arbre par des blessures et profitent d’un temps froid et humide pour infecter l’arbre étant donné que ce sont des bactéries glaciogènes (autrement dit, plus il fait froid, plus elles sont actives). À la fin de l’hiver, des taches noires et huileuses sont présentes autour des bourgeons, sur les charpentières et les rameaux. Les symptômes des monilioses peuvent être confondus avec ceux du chancre à Pseudomonas.

Traitement : La bouillie bordelaise peut aider à prévenir la propagation des bactérioses. Il est important de tailler les parties infectées et de désinfecter les outils.

Maladies Virales et à Phytoplasmes

La Sharka (Plum pox virus)

La Sharka est causée par le Plum pox virus. Les dégâts causés sont variables, ils peuvent aller de la simple baisse de rendement à une importante déformation des fruits ainsi rendus inaptes à la commercialisation. Il n'existe pas de traitement curatif pour la Sharka ; les arbres infectés doivent être arrachés pour éviter la propagation du virus.

L'Enroulement chlorotique de l’abricotier ('Candidatus Phytoplasma prunorum')

L’Enroulement chlorotique de l’abricotier est une maladie à phytoplasme (bactérie sans paroi). L’agent pathogène, 'Candidatus Phytoplasma prunorum', se multiplie dans les tubes criblés qu’il obstrue s’il est présent en trop grande quantité, conduisant à la mort de l’arbre par dépérissement (progressif) ou apoplexie (brutale). En hiver, il peut causer un débourrement très précoce des bourgeons (janvier ou février) avec une feuillaison anticipée. Au printemps, la croissance végétative est affaiblie (entre-nœuds courts, levée d’inhibition des bourgeons axillaires), les feuilles présentent une chlorose inter-nervaire et commencent à s’enrouler sur elles-mêmes. Comme pour la Sharka, il n'y a pas de traitement, et l'arrachage est recommandé.

Ravageurs

La Petite Mineuse (Anarsia lineatella)

Ce sont les chenilles qui provoquent le plus de dégâts. Elles creusent des galeries dans les jeunes pousses d’abricotier qui se recourbent et se dessèchent en laissant exsuder des gouttelettes de gomme. Une chenille peut de cette manière parasiter successivement quatre à cinq rameaux.

Traitement : Des traitements biologiques à base de Bacillus thuringiensis peuvent être utilisés. La pose de pièges à phéromones peut aider à détecter et à réduire les populations.

Le Forficule (Forficula auricularia L.)

Les forficules provoquent principalement des dégâts sur fruits. Ils entament l’épiderme des abricots. Ces morsures donnent des plages rongées plus ou moins étendues, souvent parsemées de déjections de l’insecte, qui sont la porte d’entrée à certains champignons responsables de maladies de conservation (Monilia, Alternaria). Les forficules fuient la lumière (lucifuges).

Traitement : Des pièges à base de pots de fleurs renversés remplis de paille peuvent attirer les forficules, qui peuvent ensuite être retirés.

Le Puceron (Hyalopterus pruni et Myzus persicae)

Les piqûres des pucerons provoquent un recroquevillement des feuilles sous lesquelles ils s’abritent ; les jeunes pousses végètent et se déforment ; les fruits se développent mal et si les attaques sont importantes ils se dessèchent et chutent.

Traitement : Des pulvérisations de savon noir peuvent être efficaces. Les coccinelles sont des prédateurs naturels des pucerons.

Infographie des maladies et ravageurs de l'abricotier

Questions Fréquemment Posées

Pourquoi les boutons floraux de l'abricotier noircissent-ils et tombent-ils ?

Plusieurs facteurs peuvent entraîner le noircissement et la chute des boutons floraux. Une cause fréquente est le gel printanier. Les fleurs de l'abricotier sont très sensibles au froid et peuvent être détruites dès -2°C. Même des températures légèrement fraîches, sans gelées intenses, peuvent être suffisantes pour endommager les bourgeons en phase de débourrement.

Une autre explication est la moniliose, une maladie cryptogamique. Les symptômes de la moniliose peuvent commencer par le dessèchement et le noircissement des fleurs, servant de porte d'entrée à la maladie qui peut ensuite se propager aux rameaux. Bien que le feuillage puisse ne pas être affecté au début, les boutons floraux sont souvent les premières victimes. Il est important de distinguer les symptômes du gel (dommages généralisés et rapides sur les bourgeons) de ceux de la moniliose (souvent progressifs, avec parfois un exsudat de gomme).

Si un arbre était couvert de boutons floraux en fin d'hiver et que ceux-ci ont noirci et sont tombés avant de s'ouvrir, avec seulement quelques fleurs produisant des fruits, il est probable que le gel ou la moniliose en soit la cause. Il est important de surveiller les températures et l'humidité ambiante, ainsi que d'appliquer des traitements préventifs contre la moniliose si cette maladie est fréquente dans la région.

Quelle est la différence entre un œil et un bourgeon ?

En horticulture, le terme « œil » est souvent utilisé comme synonyme de « bourgeon ». Il désigne la future pousse ou la future zone de fructification sur le rameau. Il n'y a pas de distinction formelle entre les deux termes dans ce contexte.

Peut-on tailler sans reconnaître les bourgeons ?

Il est possible de tailler un abricotier sans reconnaître les bourgeons, mais cela comporte le risque de supprimer des bourgeons à fruits et donc de réduire la production de l’année suivante. L’identification des bourgeons permet d’adapter la taille à la charge de fruits prévue et d'optimiser la fructification. Pour l'abricotier, il est crucial de préserver les bouquets de mai, qui sont des rameaux courts portant des bourgeons à fleurs.

L'abricotier est-il autofertile ?

La majorité des variétés traditionnelles d'abricotiers sont autofertiles, ce qui signifie qu'elles peuvent se féconder elles-mêmes sans l'aide d'un autre arbre. La déhiscence des anthères se produit avant même l'ouverture de la fleur (fleur cléistogame), ce qui ne rend pas la présence d'abeilles indispensable. Cependant, certaines variétés modernes sont partiellement autofertiles et apprécient la présence d'un pollinisateur pour une meilleure fructification. Par exemple, le 'Rouge du Roussillon' est autofertile, mais il est conseillé de planter au moins 2 sujets pour assurer une bonne fructification.

Diagramme d'un cycle de vie de l'abricotier

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