La découverte du monde vivant constitue un pilier fondamental de l'apprentissage en cycle 3. Comprendre comment les plantes se multiplient permet aux élèves de mieux appréhender la biodiversité et les stratégies de survie des organismes. Si la reproduction sexuée, impliquant des fleurs et des graines, est la plus connue, il existe un univers fascinant de stratégies alternatives permettant aux végétaux de se propager : la reproduction asexuée.

Les Fondements de la Reproduction Asexuée
La reproduction asexuée est un mode de multiplication où la fécondation n’intervient pas. Contrairement à la reproduction sexuée qui nécessite la rencontre de cellules reproductrices, ce processus permet à un végétal de générer une descendance sans passer par l'étape des fleurs ou des fruits. Le nouvel être vivant obtenu est la copie conforme, ou le clone, de son unique parent.
Dans la nature, ce phénomène est omniprésent. Certaines plantes ont développé des moyens supplémentaires de se propager. Par exemple, les fougères n’ont pas de fleurs et se reproduisent à partir de spores fabriquées par la plante. D'autres utilisent des organes spécialisés pour traverser les saisons ou coloniser leur environnement. Le rhizome est une tige souterraine qui s'allonge et se ramifie. Un pied de fraisier produit, au printemps et en été, de longues tiges fines, rampantes : les stolons. Ces derniers permettent au fraisier de faire de nouvelles racines à proximité de la plante d’origine.

Diversité des Stratégies de Propagation
La nature est ingénieuse et diversifie ses méthodes. Parmi les organes de réserve et de multiplication, le bulbe occupe une place centrale. Le bulbe est un organe qui permet à la plante de passer la mauvaise saison et d’attendre de meilleures conditions climatiques. L’homme récolte les bulbes et les plante, comme c'est le cas pour l'oignon ou la tulipe. De même, certaines plantes poussent à partir de tubercules ou « rhizomes ». Les pommes de terre, par exemple, peuvent germer à partir de « bourgeons » présents sur leurs tubercules.
L'intérêt pédagogique de ces plantations est de suivre sur plusieurs semaines ou mois, la croissance et le cycle de développement des plantes. En classe, la mise en œuvre de plantations répond à différents problèmes liés aux stades de développement d'un organisme végétal et aux modes de reproduction des végétaux. Il est crucial de noter que planter n'est pas semer. Vous pouvez planter des bulbes, des tubercules, des plantules ou de jeunes plantes.
Le Bouturage : Une Technique de Multiplication à la Portée des Élèves
Le bouturage est une capacité de certaines plantes de se reproduire sans fleurs ni fruits. C'est la reproduction asexuée, végétative. L'homme a aussi développé la capacité de modifier une plante ou d'en favoriser la multiplication de manière artificielle. Le bouturage consiste à couper une tige de la plante en plusieurs morceaux et à les mettre dans l'eau jusqu’à l’apparition de nouvelles racines. Ensuite, on plante cette bouture.
Parmi toutes les formes de bouture, l’une des plus simples est l’hydrobouture. C’est un joli mot pour dire que les plantes peuvent s’enraciner dans l’eau. Pour réussir cette activité en classe, comme l'explique Stéphane Marie dans Silence, ça pousse ! Junior, il convient de suivre une méthodologie rigoureuse.
COMMENT FAIRE DES BOUTURES ?
Protocole Expérimental pour la Classe
Pour mettre en place une activité de bouturage avec des élèves de CM2, le protocole doit être clair et structuré. Un matin, la maîtresse est arrivée avec une jolie plante dans un pot tout rose. Voici la marche à suivre :
- Il faut couper l’extrémité d’une tige de la plante-mère (environ 10 ou 15 cm maximum).
- Reprenez la coupe sous un bourgeon, car à cet endroit, les racines pousseront plus facilement.
- Coupez les feuilles du bas complètement, puis les suivantes à la moitié. Il ne faut pas toucher aux deux dernières, celles du haut. Plus la surface de la feuille est petite, moins elle transpire et se fatigue à pomper l'eau.
- Remplissez un verre d’eau et recouvrez-le d’un petit grillage qui empêchera la bouture d’aller toucher le fond et permettra de garder la tête hors de l’eau.
- Disposez tout cela devant une fenêtre, surveillez et maintenez le niveau d’eau.
Au bout d’une semaine, nous avons observé nos boutures pour voir si quelque chose avait changé, et nous avons constaté que sur la tige, des petites « branches » blanches étaient apparues. Une semaine plus tard, les racines avaient encore bien poussé. En deux semaines, les premières racines vont commencer à apparaître. Un mois plus tard, elles seront assez nombreuses pour que la bouture puisse être transplantée dans un petit pot individuel, composé de terreau additionné d’un peu de sable. C’est l’opération la plus délicate. Enfin, arrose ta plante régulièrement.

Autres Techniques de Multiplication : Marcottage et Greffage
Au-delà du bouturage, d'autres techniques permettent d'explorer la reproduction asexuée. Le marcottage consiste à forcer une tige à faire un coude dans la terre pour qu’il y ait de nouvelles racines. C'est une méthode naturelle chez beaucoup d'espèces que l'homme reproduit volontairement.
Le greffage est une opération plus complexe qui consiste à implanter dans les tissus d‘une plante un bourgeon ou un fragment quelconque, prélevé sur une autre plante ou de la même plante, pour que celui-ci continue à croître en faisant corps avec la première. Ces techniques offrent aux élèves une vision élargie de l'intervention humaine sur le vivant.
Conseils Pratiques pour l'Enseignant
Le choix des plantations à réaliser avec vos élèves dépendra, en fait, de vos objectifs. Il vous faudra donc déterminer dans quel(s) but(s) réaliser ces plantations. Pour les bulbes et tubercules que vous trouverez dans le commerce, vérifiez les périodes de plantation et de floraison indiquées sur les étiquettes. Par exemple, planter des bulbes de jonquilles ou de crocus, actuellement, n'est pas très intéressant, car ces plantes sont déjà en floraison.
Pour les jeunes plantes, vous pouvez prendre des cyclamens, qui sont peu exigeants et résistants. Quant aux modalités de plantation, elles sont assez simples. Vous pouvez utiliser des pots troués pour laisser l'eau s'écouler, et une terre appropriée que vous trouverez dans les jardineries (type terreau), ou planter en pleine terre dans le jardin de l'école.
Dans la classe, il faudra veiller à un arrosage régulier, environ une fois par semaine. Pour les bulbes (tulipe, iris, jacinthe, etc.) et les tubercules (dahlia, pomme de terre, etc.), ils doivent être plantés en profondeur et recouverts d'au moins 5 cm de terre. Vous pouvez aussi réaliser des boutures (d'impatiences par exemple), les laisser dans l'eau, attendre l'apparition des racines et les planter en pot. Et parce que les plantes ont toujours besoin de lumière, nous avons posé les pots dans la classe, près d’une fenêtre. Bientôt, nous offrirons une plante à chaque classe de maternelle. Nous offrirons également une plante à Marie pour son bureau de direction, mais Chut !
