Le bouturage est une méthode simple et économique qui permet de reproduire des végétaux à l’identique à partir d’un fragment de la plante mère. Contrairement à ce que l’on croit parfois, c’est un geste simple, à la portée du jardinier débutant. Il suffit de connaître la marche à suivre et de se lancer pour décorer votre extérieur dans quelques mois. En consacrant seulement un peu de votre temps, vous pourrez ajouter régulièrement de nouvelles plantes dans votre jardin en évitant d’acheter de nouvelles plantes et graines, en utilisant simplement celles déjà présentes dans votre jardin.

Les principes fondamentaux de la multiplication végétative
Le bouturage consiste à sectionner une partie d’une plante et à la stimuler à produire des racines et de nouvelles tiges. Avec le bouturage, une tige nue devient une plante entière en assez peu de temps. C’est la technique de multiplication végétative la plus utilisée, tant par les professionnels de la filière horticole que par les particuliers. Il s’agit de reproduire un végétal ligneux à partir d’un fragment détaché de la plante-mère.
Il est important de noter que les plantes obtenues sont identiques à la plante mère, avec toutes ses caractéristiques (couleur, odeur…), ce qui n’est pas toujours le cas lorsqu’on fait un semis. Il existe différentes méthodes selon la nature du fragment :
- Un fragment de tige ou de rameau, dans plus de 90 % des cas.
- Une feuille ou un fragment de feuille (succulentes, saintpaulia, certains bégonias).
- Un fragment de racine (cœur de Marie, pavot d’Orient, corète du Japon).
Choisir le matériel adéquat pour réussir
Le matériel nécessaire est plutôt simple : un bon sécateur (désinfecté à l’alcool à 90 °C entre chaque utilisation pour éviter tout risque de propagation de maladies), un greffoir, quelques pots en plastique ou en terre cuite, un brumisateur, et une mini-serre à placer impérativement près d’une fenêtre lumineuse.
Pour le substrat, évitez les gros pots, car le terreau a tendance à y rester détrempé. Les plantes s’enracinent mieux dans de petits pots de 6 à 10 cm de diamètre qui permettent au terreau de s’assécher un peu plus rapidement. Vous pouvez utiliser du terreau pour plantes d’intérieur ou pour semis, ou encore, de la perlite ou de la vermiculite. Mélangez à parts égales deux produits type sable de rivière, tourbe blonde, vermiculite, perlite ou billes de polystyrène expansé. Le plus simple pour le particulier étant sable fin et tourbe blonde.
COMMENT RÉUSSIR LES BOUTURES D'ARBUSTES
Le calendrier : quand bouturer ses plantes ?
Il n’existe pas de « meilleure période pour le bouturage » unique : différentes variétés de plantes préféreront diverses périodes, entre le début du printemps et la fin de l’automne. Les boutures réussissent plus facilement quand la plante est en croissance, soit au printemps et à l’été.
Les boutures de printemps (mai-juin)
Au printemps, on réalise des boutures à partir de tiges ou de rameaux verts et tendres : on parle de boutures herbacées ou encore de boutures en vert. De manière générale, celles-ci seront effectuées à « l’étouffée ». Les vivaces (asters, lavande, lupin…) se bouturent bien de cette façon, de même qu’un certain nombre de plantes d’appartement.
Les boutures d’été et d’automne (mi-août à mi-octobre)
On réalise des boutures semi-ligneuses, encore appelées boutures semi-aoûtées, à partir de rameaux de l’année qui commencent à durcir et à prendre une teinte brune à la base. C’est le cas des petits arbustes persistants, des géraniums, ou encore de l’olivier, des hortensias, du lilas des indes et des rosiers.
Les boutures d’automne-hiver (octobre à janvier)
C’est l’époque des boutures dites « à bois sec » ou ligneuses, pour les espèces à feuillage caduc. Prélevez des pousses de l’année en les coupant sous un œil, réunissez les boutures en bottes et mettez-les en jauge dans du sable, en attendant le printemps pour les planter.
Méthodologie : étape par étape pour les tiges
Pour multiplier vos fleurs et arbustes, commencez par sélectionner une tige ou un beau rameau de l’année sur une plante mère parfaitement saine, idéalement une tige vigoureuse, sans fleurs ni boutons floraux, car ceux-ci saperont l’énergie de la plante.
- Le prélèvement : Munissez-vous d’un sécateur bien affûté et désinfecté. Prélevez un fragment de 10 à 15 cm de long, en le coupant en biais, de préférence quelques millimètres en dessous d’un nœud (là où se forment les feuilles). Pour multiplier les chances de réussite, prélevez plusieurs boutures sur une même plante.
- La préparation : Éliminez toutes les feuilles sauf les deux ou trois au sommet. S’il s’agit de grandes feuilles, coupez-les en deux pour limiter l’évaporation. Vous pouvez pincer l’extrémité des boutures pour stimuler une meilleure ramification pour les plantes comme les coléus et les hibiscus.
- L'hormone d'enracinement : Seules les plantes ligneuses ont habituellement besoin d’une hormone d’enracinement. Pour ces plantes, achetez une hormone d’enracinement et, avec un coton-tige, badigeonnez ce produit sur la partie inférieure de la bouture. Tapotez légèrement avec le doigt pour éviter un surplus néfaste.
- La plantation : Percez un trou dans le terreau à l’aide d’un crayon. Glissez la bouture, partie inférieure vers le bas, jusqu’au deuxième ou troisième nœud. Tassez doucement le terreau pour que la bouture se tienne debout. Plantez toujours la bouture dans la direction normale de sa pousse.
La gestion de l’humidité et l’enracinement à l’étouffée
L’enracinement se fait mieux à l’étouffée. La vaste majorité des boutures s’enracineront mieux sous une forte humidité. Recouvrez le pot d’un dôme ou d’un sac de plastique transparent, créant de ce fait une mini-serre où l’humidité relative sera à presque 100%. Placez le pot dans un emplacement bien éclairé, mais à l’abri du soleil direct, et aussi relativement chaud (de 21 à 24 °C). N'oubliez pas d'aérer tous les deux jours pour éviter à la bouture de pourrir.

Le cas particulier du bouturage dans l’eau
Le bouturage dans l’eau fonctionne, mais produit des racines fragiles qui survivent difficilement à la transplantation. Le problème est que ces racines s’acclimatent à un milieu aquatique et pourrissent souvent lors du passage en terre. La solution est de transplanter rapidement, dès que les racines ne sont encore que de petites bosses blanches ou jaunes sur la tige, sans attendre qu’elles s’allongent. Changez l'eau tous les 3 à 4 jours pour éviter la prolifération de bactéries.
Conseils pour les plantes spécifiques
- Cactus et succulentes : Ils se bouturent aussi, mais n’ont pas besoin d’une forte humidité pour s’enraciner et peuvent même pourrir si on les bouture à l’étouffée. Utilisez un terreau sec.
- Plantes ligneuses : Le laurier rose, le laurier-sauce ou le buis demandent plus de patience et souvent l'usage d'hormones.
- Plantes aromatiques : Le romarin, le thym, l'origan et la ciboulette se bouturent facilement au printemps.
- Plantes d'intérieur : Le bégonia rex, les pothos, le philodendron, le coléus, les piléas et les succulentes sont parmi les plantes « faciles à bouturer ».
Suivi et entretien après la plantation
Patientez ! Vous saurez que le bouturage est réussi quand vous verrez de nouvelles feuilles sortir, signe que les racines commencent à faire leur travail. Tirez alors légèrement sur la tige : s’il y a une résistance, cela confirmera l’enracinement. Si vous voyez des racines brunes, c’est un signe de pourriture des racines ; agissez rapidement et coupez les racines pourries avec des ciseaux propres.
Ne placez jamais une jeune bouture en plein soleil pour éviter tout risque d’insolation. Arrosez copieusement mais sans excès et sans que l’eau ne stagne. Quelques mois après que la bouture ait donné des signes de reprise, c’est le moment de la rempoter dans un substrat horticole ou de la replanter directement en pleine terre, selon sa vigueur, après les gelées printanières.