Le rosier est sans doute l’un des végétaux les plus emblématiques des jardins français. Que ce soit pour créer de nouvelles plantations à moindre coût, multiplier une variété précieuse ou transmettre une rose de famille, le bouturage du rosier est une méthode naturelle, simple et accessible même aux débutants. Le bouturage est une méthode de multiplication végétative qui permet d’obtenir un rosier identique au pied mère. Contrairement au semis, qui donne un individu génétiquement différent, la bouture reproduit à l’identique la variété choisie, y compris sa floraison, sa couleur et sa résistance. Autre avantage : c’est une méthode économique et écologique. Aucun greffage, aucun porte-greffe, aucun engrais chimique n’est requis.

Principes fondamentaux du bouturage
Bouturer une plante est tout simplement une technique de multiplication végétative. Elle consiste à prélever une partie de la plante, généralement une tige, et à planter cette partie dans un substrat approprié. Ainsi, la bouture va développer ses propres racines et devenir une nouvelle plante indépendante. Cependant, il faut savoir que ce nouveau végétal va être un clone parfait de la plante-mère, avec ses qualités et ses défauts. Notez qu’il faut prélever sur les tiges de l’année précédente. Cela suppose que vous n’avez pas réalisé de taille automnale.
Le bouturage ne convient bien qu’aux variétés de rosiers émettant facilement des racines. C’est le cas des espèces à petites fleurs, des rosiers anciens ou botaniques (comme Rosa rugosa, Rosa gallica) et des rosiers buissons hybrides modernes. Les rosiers grimpants peuvent aussi être bouturés, à condition de bien choisir les tiges : il faut prélever des pousses secondaires non fleuries, semi-ligneuses, idéalement issues de l’année.
Préparation et prélèvement des boutures
Pour faire des prélèvements sur le bois de l’année, il faut prendre une ramification à une trentaine de centimètres. Coupez cela proprement au-dessus d'une feuille. Il faut en faire trois ou quatre. Lors de cette étape, vous allez pouvoir couper les inflorescences. Là où il y a le fruit, il n'y a pas besoin de couper. Couper au-dessus. La bouture doit à peu près faire une vingtaine de centimètres, et vous allez couper juste au-dessus d'une feuille comme d'habitude. Avec un sécateur bien aiguisé, coupez votre tige sous un "nœud". Un nœud est l'emplacement où se trouvait une ancienne feuille (il reste une cicatrice perpendiculaire à la tige) et où se situe un bourgeon latent.
Tout d’abord, sélectionnez votre tige en effectuant une coupe nette et légèrement oblique juste en dessous d’un bourgeon. Choisissez une tige saine de l’année, encore légèrement souple. Retirez les feuilles du bas pour éviter qu’elles ne touchent le substrat et ne provoquent de pourriture.
Utilisation des hormones et substrats
Au préalable, l’application d’une hormone de bouturage permet de stimuler la floraison. Une fois acquis, trempez la base de la bouture, en faisant attention à bien répartir le produit sur une longueur de 3 centimètres maximum. Cette solution se concentre en auxines dont l'osier est riche. Il est tout à fait possible de bouturer un rosier sans utiliser d’hormone de bouturage chimique. Même si ces hormones, souvent sous forme de poudre ou de gel, peuvent améliorer le taux d’enracinement, elles ne sont pas indispensables.
L’infusion de saule, riche en acide salicylique, stimule la croissance des racines. Faites tremper de jeunes rameaux de saule dans de l’eau pendant 24 à 48 heures. L’eau de cuisson des lentilles ou leur jus de trempage contiennent des hormones naturelles de croissance. Le miel pur, quant à lui, possède des propriétés antibactériennes et peut légèrement favoriser l’enracinement.
Utilisez un mélange léger et drainant, composé de terreau spécial bouturage, de sable et éventuellement de perlite. Remplissez un pot en terre cuite suffisamment profond de ce mélange. Arrosez au préalable votre terreau, faites-y un petit trou, et mettez ici votre bouture. À cette étape, il n'y a pas besoin d'arroser davantage.
Comment bouturer un rosier ? - Truffaut
Création d'un microclimat et enracinement
La technique de la bouteille consiste à créer une mini-serre pour favoriser l’enracinement. Il suffit de couper une bouteille en plastique, de remplir la base de terreau léger et humide, puis d’y planter une tige de rosier fraîchement prélevée. Si vous n’avez pas de serre, prenez une bouteille en plastique, coupez le bout et mettez votre bouture en dessous. Le principe consiste à maintenir l’humidité constante sans détremper le substrat.
Prenez soin ensuite de tenir cette bouture à 20 degrés. En serre cela est facilement faisable. Après 6 à 8 semaines, les premières racines sont apparues. Une bouture de rosier réussie montre des signes visibles après quelques semaines : de nouvelles feuilles apparaissent, la tige reste ferme et garde une couleur saine. Le substrat doit rester humide mais la bouture ne doit pas noircir ni se ramollir.
Le repiquage au mois de novembre
Retrouvez vos boutures de rosier dès le mois de novembre. Déjà, elles ont des boutons. Le repiquage doit se faire dans un substrat aéré et dans un pot de petite taille (environ 1 Litre) afin de permettre à votre plante de le coloniser au plus vite. Prenez du terreau universel sans engrais, ajoutez-y du sable pour que le sol soit bien drainé. Prenez des pots assez hauts car les rosiers aiment bien les racines.
Puis, rempotez. Si votre rosier a des boutons au moment du remplissage, pincez et enlevez les boutons, car vous ne voulez pas qu’il fleurisse. En effet, cela ne sert à rien que la sève monte dans les boutons floraux. Maintenant, vous allez pouvoir les tenir dans une serre ou une véranda hors gel, ne les mettez pas dehors. C'est tout de même une vivace, et elle a donc besoin de froid. Jusqu'ici, elle a été tenue pendant deux mois à 20 degrés afin qu'elle fasse son système racinaire. Maintenant, vous l'avez rempoté, vous allez donc passer le tout au froid dans une serre ou une véranda hors gel.
Suivi et développement au printemps
Où en sont vos boutures arrivées au mois de mars ? Vous allez vous apercevoir que tout a bien pris, admirez un peu le travail ! Prenez-en deux et plantez-les. Vous allez commencer à avoir des boutons. Plantez-les. Comme la terre est grasse il faut assurer derrière. Couvrez le tout avec un peu de terre. Sortez le rosier avec son joli système racinaire. Si vous voulez mettre du sable, vous pouvez en remettre sans aucun problème. Vous allez voir qu'il y a aussi une ramification qui pousse. Celle-ci, vous allez la couper. Pensez à arroser la bouture au préalable dans le pot. Après rien ne vous empêche de remettre un petit coup d'eau. Faites une belle cuvette.
La bouture peut être, par exemple, un rosier à grosses fleurs ou un grimpant. Toutes les grosses fleurs, vous allez couper le tout à trois yeux. Voici le résultat de votre bouture. C'est une bouture de rosier grimpant et remontant.

Considérations sur les méthodes alternatives
Vous avez peut-être vu circuler l’astuce consistant à planter une bouture de rosier dans une pomme de terre avant de l’enfouir en terre. Le principe consiste à planter la base d’une tige de rosier dans une pomme de terre crue. La pomme de terre est censée fournir humidité et nutriments, mais en pratique, elle n’apporte pas grand-chose de plus qu’un bon terreau bien arrosé. Elle est plus intéressante comme expérience ludique ou pédagogique.
La bouture dans l’eau est la méthode la plus rapide, même si elle ne fonctionne pas avec toutes les variétés. Il suffit de placer une tige de rosier dans un verre d’eau en veillant à ce qu’aucune feuille ne trempe. L’eau doit être changée tous les deux à trois jours pour éviter le développement de bactéries. Cette méthode fonctionne surtout pour les tiges très jeunes.
Entretien des rosiers en pot
Si vous ne disposez pas d’un jardin, sachez qu’il est tout à fait possible de cultiver un rosier en pot sur un balcon ou une terrasse. Le contenant est un élément essentiel. Un rosier, même de petite taille, a besoin d’un pot assez profond (au moins 30 cm de haut) et large (30 à 40 cm de diamètre). Préférez un pot en terre cuite ou en plastique résistant aux UV, bien drainé avec plusieurs trous au fond.
Le rosier apprécie un sol riche, meuble et bien drainé. Mélangez du terreau pour rosiers avec un peu de compost ou d’engrais organique et du sable pour alléger le mélange. Un rosier en pot appréciera un balcon bien exposé, ensoleillé au moins 5 à 6 heures par jour. L’arrosage est plus fréquent qu’en pleine terre, surtout en été. Arrosez dès que la terre sèche en surface, sans jamais laisser le pot baigner dans une soucoupe d’eau stagnante. Un apport d’engrais naturel tous les 15 jours pendant la période de floraison renforce la vigueur du rosier. Avec un minimum de soin, un rosier en pot peut vivre plusieurs années sur un balcon. Protégez votre jeune rosier contre les pucerons avec un traitement naturel et surveillez aussi les limaces ou escargots au pied.