Le pélargonium, souvent appelé à tort géranium de balcon, est une plante emblématique de nos extérieurs. Originaire des régions chaudes, notamment d'Afrique du Sud, il jouit d'une robustesse qui peut parfois être mise à mal par des conditions de culture inadaptées. Bien que la plupart des jardiniers ne rencontrent que peu d'affections, une connaissance approfondie des risques, et tout particulièrement de la rouille du pélargonium (Puccinia pelargonii-zonalis), est essentielle pour assurer la pérennité de vos plantations.

La rouille du pélargonium : Puccinia pelargonii-zonalis
La rouille est l'affection la plus courante, chez nous, la rouille du pélargonium. Le responsable n’est autre que Puccinia pelargonii-zonalis, un champignon favorisé par l’humidité ambiante, la présence d’eau sur le feuillage, et des températures comprises entre 16 et 21 °C. La maladie se manifeste surtout au début et en fin de saison. Le mauvais temps de ce début d’été a favorisé la maladie.
Symptômes et identification
Les premiers symptômes s’observent sous forme de taches jaunâtres sur le dessus des feuilles les plus anciennes. À partir de ces taches apparaissent, en face inférieure, des pustules de couleur rouille, organisées en anneaux concentriques simples ou doubles. Les tiges peuvent présenter des nécroses brunes, et le géranium des balcons s’affaiblit peu à peu. Les feuilles sévèrement infectées jaunissent, s’enroulent puis chutent prématurément.
Il est important de ne pas confondre la rouille avec l’œdème, un trouble physiologique causé par un excès d’eau. Celui-ci provoque des boursouflures sur les feuilles, qui prennent ensuite un aspect liégeux. Les feuilles sont parsemées de petites excroissances liègeuses de couleur claire, le plus souvent par un excès d’arrosage.
Cycle biologique et propagation
Les rouilles sont des maladies complexes causées par des champignons qui sont des parasites obligatoires. Les spores sont disséminées par le vent et nécessitent la présence d’eau liquide à la surface des feuilles pour germer et pénétrer dans les tissus végétaux. Le champignon pénètre par les stomates. En hiver, les parasites se conservent sous la forme d’amas de mycélium dans le sol ou le substrat, qui sont à l’origine des contaminations primaires en début de saison. La période de latence peut souvent atteindre plus de deux semaines.

Mesures préventives et curatives
Pour lutter contre cette maladie, la prévention est primordiale :
- Favorisez la circulation de l’air entre les plantes.
- Évitez de mouiller le feuillage lors des arrosages et arrosez toujours et seulement la terre au pied des plantes.
- Désinfectez les outils après utilisation.
- Maintenez l’humidité inférieure à 80 %.
- Si la maladie est déjà présente, supprimez les parties touchées. Vous pouvez appliquer un traitement antifongique, comme la bouillie bordelaise.
Les pourritures : un défi lié à l'arrosage
Les pourritures sont encore une conséquence d'un excès d'eau. Elles sont provoquées par des champignons et s'attaquent à toutes les parties de la plante.
La pourriture grise (Botrytis cinerea)
La pourriture grise est également causée par un champignon, Botrytis cinerea. Les fleurs du géranium présentent des taches, avortent et chutent. Des taches grisâtres et poudreuses se développent sur les feuilles. Le collet et la tige peuvent présenter des traces de pourriture et des chancres beiges. Cette maladie est favorisée par un taux d’humidité élevé, des feuilles mouillées, des petites blessures et des températures comprises entre 16 et 25 °C. Pour prévenir cette maladie, assurez une bonne ventilation entre les plantes et arrosez au pied.
La pourriture bactérienne (Xanthomonas hortorum pv. Pelargonii)
Causée par Xanthomonas hortorum pv. Pelargonii, cette maladie bactérienne provoque des taches arrondies, brunâtres et cernées de jaune, souvent en forme de V et situées à la marge des feuilles. Le feuillage peut flétrir et s’affaisser. Il n’existe pas de traitement contre cette maladie. Si l’un de vos géraniums est atteint de cette maladie, détruisez-le ainsi que son substrat, et les plantes qui ont été à son contact. Désinfectez votre matériel.
La verticilliose
La verticilliose est causée par un champignon, Verticillium albo-atrum, qui infecte le géranium des fleuristes par ses racines. Les pieds et les tiges noircissent. Le champignon est présent dans le sol, et se développe lorsque les températures sont douces et que la terre est humide. Si vos géraniums sont atteints, supprimez les parties touchées et rempotez-les dans un substrat neuf et des pots propres.
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Ravageurs : le cas du "Brun du Pélargonium"
Le lycène du géranium (Cacyreus marshalli), aussi appelé brun du pélargonium, est un petit papillon brun originaire d’Afrique du Sud. C'est une espèce invasive qui pond ses œufs sur les tiges et feuilles des géraniums.
Détection et comportement
La chenille est une sacrée coquine. Vous avez inspecté vos pélargo et n'avez pas trouvé la moindre trace de chenille ? Que nenni, elle a plus d'un tour dans son sac. Avez-vous seulement remarqué, sur une tige, le petit renflement ? Et oui, la chenille s'est logée dans la tige. Elle a l'art et la manière de se camoufler, adoptant des couleurs rose et verte pour passer inaperçue. On remarque d'abord des feuilles grignotées, des boutons floraux déformés et creux.
Stratégies de lutte
Si vous apercevez ce petit papillon rôder autour de vos pélargoniums, inspectez vos plantes pour ramasser les chenilles et supprimez les parties atteintes. Vous pouvez aussi appliquer un traitement à base de Bacillus thuringiensis. Installez des hôtels à insectes pour essayer de garder les chrysopes, ces petits insectes qui vont dévorer les œufs et les larves du brun dans leurs premiers stades.
Autres nuisibles : aleurodes et pucerons
Les aleurodes, aussi appelés mouches blanches, forment des colonies qui s’envolent dès que l’on frôle le feuillage. Ces petits insectes se nourrissent de la sève des plantes, et laissent un liquide collant. Ils peuvent transmettre certaines maladies, et être suivis de l’apparition de fumagine. Lavez le feuillage à l’eau, cela fait tomber les œufs et décourage la ponte.
Le puceron, quant à lui, est un petit insecte dont les différentes espèces s’attaquent à de nombreuses plantes. Les feuilles du géranium se déforment et se recroquevillent, et un miellat est présent sur la plante. Les pucerons sont vecteurs de certaines maladies et provoquent la fumagine. Les plantes vigoureuses et en bonne santé sont plus résistantes aux pucerons. Favorisez les insectes auxiliaires pour mieux les réguler. Si vos géraniums sont infestés, vous pouvez appliquer un traitement à base de savon noir et d’huile végétale.

Conseils de culture pour des plantes saines
Un pélargonium a plus de chance de tomber malade par excès d’eau que par manque d’eau. Ils sont originaires de pays chauds et surtout d'Afrique du Sud. Les pélargoniums aiment le soleil. Ne comptez pas sur l’eau du ciel pour faire le travail à votre place.
La bonne plante au bon endroit, un adage familier à Jardiner Autrement ! Pour des pélargoniums en parfaite santé, inspectez bien vos plantes. Si vous voyez un œuf blanc solitaire, prenez une loupe pour bien l'examiner. Les variétés sensibles à la rouille seront bouturées chaque année, les plantes de l'année seront détruites. Nettoyez correctement les pots en les brossant à l'eau de javel. Enfin, n'oubliez pas de brûler, à l'extérieur, tous les déchets de plantes que vous sortez de la serre. La vigilance reste votre meilleur outil de jardinage.