Guide complet sur la multiplication et la culture de la Sauge de Jérusalem (Phlomis fruticosa)

La sauge de Jérusalem, connue sous son nom botanique Phlomis fruticosa, est une plante vivace herbacée de la famille des Lamiacées, originaire d’Asie Mineure et du grand sud-est européen. Comme vous le comprenez, c’est une sauge en arbre, elle est capable d’atteindre les 2 mètres de hauteur, mais le plus souvent elle se limite à 60 ou 80 cm. C’est une plante cousine des lavandes, appréciée pour ses fleurs jaunes qui participent à la beauté des jardins et apportent une touche d’originalité. Ses feuilles sont d’un vert amande assez joli et sont persistantes.

La sauge de Jérusalem est une plante qui préfère les endroits secs et ensoleillés. Elle s'adapte à différents types de sols, qu'ils soient sablonneux, caillouteux ou même avec un peu de graviers. Cependant, elle ne supporte pas les sols trop humides ou gorgés d'eau. Capable de s’adapter au climat dans lequel elle est cultivée, la plante fleurira d’avril à septembre à des périodes différentes selon la région de plantation. Dans les régions méditerranéennes et plus largement du sud de la France, elle peut se mettre en sommeil l’été et ne plus produire de fleurs en raison de la chaleur, mais elles réapparaissent en septembre dès que les températures s’adoucissent.

Illustration d'un plant mature de Phlomis fruticosa en pleine floraison jaune dans un jardin sec

Les propriétés et l'usage de la Sauge de Jérusalem

La sauge de Jérusalem peut être cultivée au potager pour ses qualités médicinales et au jardin d’ornement pour ses fleurs et son parfum très agréable. En phytothérapie, la sauge de Jérusalem, Phlomis fruticosa, développe des propriétés anti-inflammatoires, antibactériennes et antifongiques. Elle est notamment utilisée pour soulager les maux de gorge, rhumes et même les infections urinaires. Les feuilles travaillées en cataplasme soignent les blessures. L’huile essentielle de Phlomis fruticosa est efficace contre les bronchites chroniques, les angines, les ulcères ou les piqûres d’insectes.

Appréciée depuis l’Antiquité, la sauge de Jérusalem doit son nom à son feuillage duveteux, qui rappelle celui des vraies sauges, bien qu’elle n’ait pas d’usage culinaire. Ses fleurs jaunes en étages successifs apportent une dynamique graphique rare dans les jardins secs. Si les feuilles du Phlomis ne sont pas aussi aromatiques que celles de sa cousine la sauge officinale (Salvia officinalis), il ne s’agit pas d’une plante toxique pour autant. À noter que les feuilles de la sauge de Jérusalem sont couvertes de petits poils qui peuvent être irritants.

Techniques de multiplication : le bouturage

Le bouturage est le seul mode de multiplication qui permet de conserver le patrimoine génétique et donc de dupliquer la plante-mère, particulièrement pour les variétés hybrides. Il est tout à fait possible de bouturer la sauge de Jérusalem et, généralement, avec succès.

Le bouturage en pot (en terre)

Voici les étapes de la multiplication de la sauge arbustive directement en pot dans le jardin :

  1. Matériel nécessaire : Un sécateur, des branches de sauge arbustive (une branche semi-ligneuse correspond à la partie haute et jeune des sauges), un pot rempli de terreau de semis, un papier journal, de l’eau.
  2. Préparation : Tailler des boutures de sauge semi-ligneuses (mi-rigide, marron-vert).
  3. Mise en terre : Remplissez votre pot de terreau de semis et arrosez-le abondamment. Plantez directement les boutures dans le pot (3 à 6 boutures par pot).
  4. Protection : Placez le pot à l’abri du soleil (sous un arbre). Pour protéger les boutures du soleil direct, mettez du papier journal (préalablement humidifié) au-dessus des pots.
  5. Entretien : Surveillez l'humidité du papier journal : s'il est sec, humidifiez-le doucement par le dessus avec un arrosoir. Surveillez l'arrosage de votre pot. Soulevez-le et s'il est léger, arrosez directement le terreau (sous le papier journal).
  6. Enracinement : Au bout de 3 à 4 semaines, les boutures ont raciné.

Schéma explicatif montrant la coupe d'une tige semi-ligneuse sous un nœud pour le bouturage

Le bouturage dans l'eau

Oui, multiplier la sauge par bouturage dans l’eau fonctionne parfaitement. C’est même la technique la plus accessible pour obtenir plusieurs plants gratuitement, sans équipement spécialisé ni hormone.

  • Préparation de la tige : Repérez une tige de l’année, c’est-à-dire du bois jeune qui n’est ni trop tendre ni trop dur. On appelle cela une tige semi-aoûtée. Choisissez une tige saine, mesurant entre 10 et 15 cm. Coupez juste sous un nœud, car les nœuds concentrent les hormones de croissance naturelles.
  • Nettoyage : Retirez toutes les feuilles sur la moitié inférieure. Conservez uniquement 3 à 4 paires de feuilles au sommet.
  • Mise en eau : Remplissez votre récipient transparent aux trois-quarts avec de l’eau tempérée. Plongez la partie dénudée sur 3 à 4 cm maximum. Vérifiez que minimum 2 nœuds sont immergés.
  • Suivi : Placez votre récipient près d’une fenêtre sans soleil direct. Changez l’eau tous les 2 à 3 jours de manière rigoureuse. Les racines blanches apparaissent en général entre 2 et 4 semaines.

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Conditions de culture et entretien du Phlomis

La sauge de Jérusalem est bien une plante vivace et rustique jusqu’à -12 °C (voire -15 °C en sol très drainé), ce qui lui permet d’être ajoutée au jardin dans de nombreuses régions.

  • Emplacement : La sauge de Jérusalem se plaît particulièrement lorsqu’elle est plantée en plein soleil. Elle supporte également très bien les embruns, ce qui la rend intéressante à planter dans un jardin en bord de mer. Aussi, elle ne craint pas le vent.
  • Sol : Robuste et peu exigeante, elle s'épanouit parfaitement dans une terre sablonneuse, caillouteuse ou encore calcaire. Toutefois, pour qu’elle supporte l’hiver sans problème, elle doit être plantée dans un sol bien drainé.
  • Arrosage : Comme en témoignent ses feuilles grisâtres et duveteuses, la sauge de Jérusalem est une plante qui supporte bien la sécheresse. Elle n’a nullement besoin d’être arrosée, même en cas d’épisodes de sécheresse estivale.
  • Taille : Il est conseillé de tailler légèrement le feuillage persistant et dense de la sauge de Jérusalem. La taille s’effectue à l’automne ou à la fin du mois de mars, ce qui permet à la plante de conserver un port régulier et une allure bien garnie.

Pour un massif méditerranéen harmonieux, alternez Phlomis fruticosa, lavandes et graminées. Le Pavot de Californie (Eschscholtzia californica) sera également un bon compagnon. La sauge de Jérusalem est une plante très résistante aux maladies et aux parasites. Bien que les cicadelles puissent parfois l'attaquer, il est possible de les combattre en pulvérisant un insecticide naturel comme le savon noir sur les feuilles.

Diversité du genre Salvia et multiplication alternative

La sauge (Salvia spp.) se décline en une très grande gamme d'espèces, de variétés et d'hybrides allant des annuelles et bisannuelles qui garnissent les jardinières aux plantes arbustives comme la sauge rouge arbustive dite sauge de Graham (Salvia microphylla). Toutes les sauges dégagent un parfum au froissement de leurs feuilles et certaines sont aromatiques avec des vertus médicinales.

Outre le bouturage, il existe deux autres méthodes pour multiplier ces plantes :

  1. Le semis : Il permet de multiplier les espèces botaniques. Les semis doivent être effectués au mois de janvier ou au plus tard en février dans un mélange de terreau et de sable de rivière. Répartissez les graines sur le substrat et recouvrez légèrement avec du sable.
  2. La division : Toutes les espèces ne peuvent pas être divisées. Seules les plantes possédant une souche drageonnante, rhizomateuse, tubéreuse ou cespiteuse peuvent subir ce genre de multiplication. Cette opération devra être effectuée au tout début du printemps, une fois la taille ou le nettoyage terminés, sur une touffe assez forte.

Si vous aimez vous référer au calendrier lunaire, entreprenez le bouturage de sauge en période de lune descendante, durant laquelle la sève descend dans les parties souterraines, favorisant ainsi un bon enracinement. Quelle que soit la méthode choisie, la pérennisation de ces espèces permet de conserver un patrimoine botanique précieux tout en offrant au jardin une structure, une couleur et une lumière incomparables, même dans les espaces les plus difficiles.

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