Guide complet pour bouturer et entretenir la Misère (Tradescantia)

La Tradescantia Zebrina, affectueusement surnommée « misère », est une plante d’intérieur qui mériterait d’être un peu plus connue tant elle est facile d’entretien et jolie. J’aime son petit nom et ses couleurs. Ses feuilles sont argentées zébrées vertes et violettes en dessous. Je pense qu’elle doit son nom à sa culture facile car elle n’est pas exigeante et se contente de peu. Cette capacité à survivre en milieu relativement hostile lui a valu son nom : misère… Cerise sur le gâteau, la plante est en outre décorative, avec son feuillage d'un beau vert lumineux, sa délicate floraison blanche et, pour certaines variétés, ses coloris panachés.

Tradescantia Zebrina avec ses feuilles caractéristiques argentées et violettes

La Tradescantia Zebrina est originaire du Mexique. C’est une vivace couvre-sol rampante qui se développe en zone forestière fraîche et ombragée. Comme elle est gélive, en France, nous la retrouvons dans nos intérieurs mais aussi à l’extérieur dans les régions méditerranéennes. L’espèce Tradescantia rassemble une soixantaine de variétés très différentes les unes des autres. Les premières espèces ont été introduites en Europe au XVIIe siècle par le botaniste et jardinier britannique John Tradescant, d’où le nom du genre.

Comprendre le cycle de vie et les besoins de la plante

Les misères, également appelées éphémères (leurs fleurs fanent en moins d'une journée) sont des plantes herbacées vivaces et persistantes originaires du continent sud-américain. Le genre Tradescantia (famille des Commelinacées) compte de très nombreuses espèces, toutes formant de longues tiges portant des feuilles engainantes et alternes. La misère est increvable, ou presque : elle pardonne aisément les défauts d'arrosage (ses tiges charnues stockent l'eau en prévision d'épisodes de sécheresse), elle peut se contenter d'une luminosité limitée et pousse même dans les sols pauvres.

La misère est vraiment la plante rêvée pour tous ceux qui disent ne pas avoir la main verte, ou qui ont tendance à "oublier" leurs protégées. À la maison, elle est sur le rebord d’une fenêtre côté ouest, elle a du soleil direct en fin de journée. Elle est dans un pot en terre cuite installé dans un cache-pot cygne. En poussant, la Tradescantia Zebrina allonge ses tiges et se dégarnit à la base, ce n’est pas très esthétique.

Maîtriser le bouturage : multiplier sa misère à l’infini

Bouturer la misère, c’est (vraiment) facile. Si vous avez un verre d’eau et un peu de patience, vous pouvez multiplier votre Tradescantia Zebrina en un clin d’œil. C’est un moyen de la multiplier à l’identique. Vous avez deux façons de faire des boutures : dans l’eau ou directement en terre tout en veillant à garder une humidité constante.

La méthode par l’eau

À la maison, je prélève les grandes tiges devenues trop longues avec peu de feuilles. Je les coupe en section de 10 cm puis je les mets dans l’eau. Il suffit de prélever des bouts de tige d’une dizaine de centimètres de longueur, de supprimer quelques feuilles à la base et de mettre à tremper dans l’eau. Des petites racines vont apparaître en quelques jours/semaines.

  1. Nettoie tes outils : Rince les ciseaux à l’eau chaude puis désinfecte-les à l’alcool. C’est essentiel pour éviter de transmettre des bactéries ou champignons à la bouture.
  2. Coupe une tige avec une racine aérienne : Coupe une tige juste en dessous d’un nœud de feuille.
  3. Mets la bouture dans l’eau : Assure-toi que les feuilles ne touchent pas l’eau. Si c’est le cas, enlève-les - elles risquent de pourrir et de nuire à la croissance.
  4. Enracinement : Au bout de quelques semaines, tu verras apparaître des racines. Plante ensuite les boutures dans du terreau frais. La partie avec les racines va dans la terre.

Schéma illustrant le prélèvement d'une bouture sous un nœud

La méthode par terreau

On peut aussi la bouturer dans un mélange de tourbe et sable en utilisant du matériel de récupération (boîte de conserve, bouteille en plastique) pour recréer une ambiance de serre. Avec un crayon, faites des trous dans la terre du nouveau pot et glissez-y les tiges. Arrosez, et c’est tout ! Les boutures de misère reprendront et commenceront à pousser au bout de deux semaines. Je repique soit les boutures directement dans la plante mère pour la regarnir à la base (je fais un trou avec un bâton en bois et je place doucement la bouture) soit dans un nouveau pot pour faire un nouveau pied.

Techniques de division et entretien courant

La division de touffes est une autre technique de reproduction. Tranchez la motte avec un couteau bien affûté pour créer deux nouveaux sujets. Pour étoffer votre potée de misère, n'hésitez d'ailleurs pas à mettre à profit cette grande faculté d'enracinement : pincez l'extrémité des tiges - ce qui favorisera la ramification - et plantez les boutures dans le pot.

Les misères n'ont pas besoin d'un grand pot, leurs systèmes racinaires étant peu développés. Dans ce substrat drainant, elle a alors besoin d’un arrosage régulier mais modéré. Videz la soucoupe après l’apport pour ne pas laisser d’eau stagnante. Ajoutez à l’eau d’arrosage un engrais pour plante verte tous les 15 jours à 3 semaines jusqu’à l’automne.

Tradescantia, misère : Culture et entretien - capsule horticole

Conseils pour une plante vigoureuse et esthétique

La misère a tendance à voir ses tiges se dégarnir et s'allonger sans se ramifier : coupez juste au-dessus d'une belle feuille les tiges devenues trop longues, afin d'encourager l'apparition de nouvelles ramifications. Si vous allez en jardinerie, les Tradescantias ont un port très compact. Une fois ramenées chez vous, leurs feuilles poussent de plus en plus espacées. En pépinière, les misères sont souvent conservées sous des lampes horticoles.

Côté exposition, le Tradescantia apprécie les expositions ensoleillées sans soleil direct ou encore la mi-ombre. Cependant, trop d’ombre nuit à la coloration des feuilles, notamment à la coloration des feuilles panachées ou pourpres. Pour le sol, bien qu’il s’adapte à tous les sols, même pauvres, il est recommandé de lui offrir un sol riche et humifère. En pot, privilégiez un terreau pour plantes vertes de qualité.

Culture en extérieur : précautions et saisonnalité

L’été à l’extérieur… On l’utilise également en extérieur où elle accompagne agréablement nombre d’annuelles. Il convient alors de l’installer quand les gelées ne sont plus à craindre et que les températures nocturnes ne passent plus sous la barre des 10°C. Avant, au printemps, surtout si elle est cultivée en pot, il faut veiller à la rentrer à l’abri la nuit.

Si vous sortez votre misère dehors, pensez à la réhabituer progressivement au soleil. Sinon gare aux brûlures du feuillage ! Entre une culture à l’intérieur et à l’extérieur, la différence est flagrante : les feuilles sont beaucoup plus grandes, les tiges sont plus épaisses et costaudes, les couleurs sont plus vives ! À noter : les hivers dans le Sud-Ouest ne sont pas particulièrement rudes. Faites bien attention au degré de rusticité de vos misères, surtout si vous vivez dans des régions où les températures baissent davantage en hiver.

Tradescantia installée en extérieur dans une jardinière colorée

Variétés remarquables et spécificités

Le genre Tradescantia regroupe plus de 70 espèces. Parmi les plus intéressantes, on note :

  • Tradescantia fluminensis, l'espèce type : feuillage vert.
  • Tradescantia fluminensis 'variegata' : feuillage panaché de crème.
  • Tradescantia fluminensis 'aurea' : feuillage tirant sur le jaune.
  • Tradescantia zebrina : la plus "fashion" des misères ! Feuillage rayé de vert et blanc avec des tonalités mauves sur les jeunes feuilles, revers des feuilles violet brillant. Port tapissant.
  • Tradescantia pallida : la misère pourpre (syn. Setcreasea pallida), au feuillage violacé et aux fleurs roses. Espèce rampante, non rustique, parfaite comme couvre-sol annuel dans un massif. Elle est de plus réputée pour ses vertus dépolluantes (absorbe le benzène et le toluène).
  • Tradescantia virginiana : l'éphémère de Virginie, formant une touffe de feuilles étroites et arquées.
  • Tradescantia sillamontana : plante xérophile à feuilles duveteuses, fleurs roses ou mauves.

Toutes les misères sont robustes, mais Tradescantia fluminensis l’est peut-être plus encore que les autres ! On peut en collectionner plusieurs variétés, avec des feuillages de couleurs différentes. La Tradescantia sillamontana variegata est encore plus belle, avec son feuillage panaché de jaune ! Autant vous dire que celle-ci je la convoite… Je trouve son feuillage magnifique avec ce rose explosif. Il existe des Tradescantias relativement rares vraiment canons.

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