Le bouturage, qu'il s'agisse de racines, de tiges ou de feuilles, constitue une technique fondamentale de multiplication selon un mode de reproduction asexuée. Cette pratique permet d'obtenir un nouvel individu strictement identique à la plante mère, fonctionnant comme un véritable clone. Bien que le bouturage de racines soit une méthode spécifique pratiquée durant le repos de végétation, le bouturage de tiges demeure la méthode privilégiée par les amateurs de rosiers pour multiplier leurs variétés favorites.

Fondements et préparation du matériel végétal
Le bouturage de racines se pratique pendant la dormance, à la fin de l'automne et en hiver. Pour les racines de vivaces, on déterre les sujets avec une fourche-bêche et on sectionne des tronçons d'un diamètre minimal d'un crayon de papier, sur une longueur de 3 à 10 cm. Pour les arbustes et les arbres, on dégage délicatement les racines avec une petite griffe pour prélever des morceaux de 7 à 10 cm. Une vigilance particulière est requise pour ne pas endommager les radicelles, ces filaments délicats qui parsèment les racines.
Il est impératif de ne pas laisser les tronçons prélevés sécher à l'air libre. L'utilisation d'un papier journal humide s'avère être une solution idéale pour conserver les échantillons en attendant le bouturage. Cette technique, appliquée également aux tiges de rosiers, semble bénéficier des propriétés des solvants contenus dans l'encre, qui pourraient jouer un rôle favorable sur la stimulation de l'enracinement.
La technique du bouturage en papier journal
L'expérience montre que le bouturage en papier journal permet de visualiser, presque comme un cadeau de Noël, l'apparition de superbes calles - ces excroissances cellulaires indifférenciées permettant de produire des radicelles - et de racines naissantes. Il est notable que plus les tiges étaient petites, plus la pousse de radicelle était marquée.
Cependant, cette méthode comporte des risques. Pour certains rosiers anciens, la présence d'épines ou d'aiguillons importants peut empêcher le papier journal de bien adhérer aux tiges, engendrant des poches d'oxygène propices au développement de moisissures superficielles. À titre comparatif, des tests réalisés en pot classique avec un arrosage automatique ont montré que certaines variétés, bien qu'en apparence faciles à bouturer, peuvent se dessécher rapidement si les conditions ne sont pas optimales.
Bouturer des Rosiers 🌹 Quand et Comment faire ? [4 étapes]
Méthodologie du bouturage de tiges de rosiers
D'emblée, il est judicieux de rappeler que bouturer un rosier est une opération réservée à un cadre légal strictement personnel. Le bouturage est une technique de jardinier amateur, là où les professionnels privilégient la greffe pour sa rapidité et son taux de réussite élevé. Toutefois, le bouturage reste une méthode gratifiante, produisant des rosiers vigoureux et longévifs, bien qu'il faille compter au moins deux ou trois ans pour obtenir une plante de taille correcte et florifère.
Il existe deux périodes clés selon la technique choisie :
- Le bouturage à bois sec (ou ligneux) : Réalisé sur des rameaux complètement aoûtés entre novembre et février, idéalement durant le repos végétatif.
- Le bouturage semi-ligneux (ou semi-aoûté) : Pratiqué en été, entre juillet et septembre, lorsque les tiges sont matures.
Pour réussir une bouture, coupez une tige tout juste défleurie, longue de 20 à 25 cm, idéalement issue d'une tige n'ayant pas fleuri durant l'année. Taillez la base de la tige juste au-dessous d'un œil avec une coupe droite. Il est conseillé d'enlever toutes les feuilles à l'exception d'une paire à l'extrémité du rameau. L'usage d'une hormone de bouturage sur l'extrémité coupée peut favoriser l'apparition des racines.
Mise en place et soins post-bouturage
Si vous choisissez la plantation en pot, utilisez un mélange à parts égales de terreau ou de tourbe blonde et de sable. Pour la plantation en pleine terre, creusez une petite tranchée dans une zone ombragée du jardin, disposez les boutures en ligne droite et recouvrez-les aux deux tiers de leur hauteur.
Un point critique est l'identification du sens de la bouture. Si elle est plantée à l'envers, elle ne pourra pas s'enraciner. Il est donc recommandé de marquer le haut de la bouture avec une étiquette ou un feutre indélébile. Vous pouvez également opter pour la technique de la « bouture à l'étouffée » en plaçant une bouteille en plastique sur l'extrémité de la tige. Gardez ce dispositif durant 3 ou 4 semaines et retirez-le dès que de nouvelles feuilles apparaissent. Si des gouttelettes se forment à l'intérieur, ôtez le couvercle pour ventiler.
Durant l'hiver, les boutures doivent être installées sous un châssis ou à l'abri du gel, dans une véranda ou une serre. L'arrosage doit être limité au strict minimum pendant la période de dormance. Au printemps suivant, si les boutures sont couvertes de feuilles, vous pourrez les rempoter dans des contenants individuels avec un substrat léger et bien aéré, en veillant à ce que l'humidité reste constante. La seule méthode à proscrire absolument pour les rosiers est le bouturage dans l'eau.
Facteurs influençant la réussite
La réussite du bouturage dépend de plusieurs facteurs déterminants. Pour les racines, le maintien d'un substrat humide sans excès, une bonne luminosité une fois les bourgeons émis, et la protection contre le gel sont essentiels. Les racines de vivaces se placent dans un pot en terre cuite percé, empli d'un mélange de terreau de bouturage et d'un tiers de sable grossier. Posez les racines à l'horizontale, couvrez-les d'un centimètre de terreau et vaporisez avec modération pour éviter la pourriture.
Pour les tronçons enfoncés verticalement, respectez le sens de la bouture en plaçant la partie biseautée vers le haut, en utilisant un bâtonnet pour créer un pré-trou afin de ne pas endommager les tissus. Lorsque les racines produisent des pousses feuillées, c'est le signe d'une reprise. Il est alors temps de placer chaque bouture en godet individuel dans un terreau plus riche, tout en aérant progressivement l'environnement pour endurcir la jeune plante.

La persévérance est la clé. Que vous multipliiez des rosiers comme 'The Fairy', 'Star Profusion' ou des variétés plus complexes, chaque étape, du choix de la tige à la gestion de l'humidité sous papier journal ou en pot, contribue à la pérennité de vos massifs et à la conservation de variétés anciennes parfois introuvables dans le commerce.