Guide complet : Comment tuteurer efficacement vos tomates avec du fil et autres structures

La culture de la tomate est une activité gratifiante, mais pour obtenir des récoltes abondantes et des plants en bonne santé, le tuteurage est une étape incontournable. Contrairement aux haricots qui s’enroulent ou aux concombres qui s’accrochent avec des vrilles, la tomate est une liane rampante. Pour des questions de récoltes, de prévention des maladies, entre autres, les tomates apprécient un bon système de tuteurage. Une fois plantée dans un sol riche, à part un peu de paillage et d’arrosage, la culture de la tomate ne demande pas grand-chose. Pour plusieurs raisons, un bon tuteurage permet tout de même généralement de récolter plus de tomates.

Schéma illustrant différents types de tuteurage : piquet simple, tipi, et palissage sur fil

L'importance vitale du tuteurage au potager

Le tuteurage consiste à soutenir une plante au moyen de structures verticales afin de favoriser sa croissance. Les tomates sont une variété à croissance haute, pouvant atteindre une taille de 2,5m, voire plus pour certaines variétés de tomates cerise. Lorsque les plants de tomates arrivent à maturité, le poids des fruits peut en outre endommager les branches et entraîner leur rupture. Cette surcharge peut simplement faire plier l’ensemble du plant de tomate, jusqu’à le faire toucher le sol.

Le tuteurage permet une meilleure circulation d’air et un meilleur ensoleillement des tomates. Il offre un moindre risque de limaces et d’escargots : accrocher les plants de tomates évite que les branches touchent le sol. Le tuteurage permet de libérer de l’espace au pied des tomates ! Vous pouvez donc cultiver entre vos tomates laitues, basilic, persil et bien d’autres. L'utilisation de tuteurs est fortement conseillée pour les variétés de tomates à croissance indéterminée ou celles avec une hauteur supérieure à 1,5 m afin de soutenir leur fort développement. Pour les variétés à port compact et à croissance déterminée, le tuteurage n'est pas indispensable et les plants peuvent être libres de tout support.

Les différentes méthodes de tuteurage : du piquet au palissage

Le tuteurage simple

Il consiste à installer un piquet droit, en bois ou en métal, à proximité d’un plant de tomate. Il y a donc autant de tuteurs simples que de plants de tomates. Les tuteurs droits, le plus souvent en bois ou en métal (fer à béton et autres tiges) sont les plus basiques. Les tiges y sont attachées grâce à des liens. Il est possible de choisir une bonne hauteur de piquet pour pouvoir l’enfoncer profondément dans le sol afin de supporter des tiges lourdes de fruits.

Le palissage par fil

Le palissage consiste à conduire les tomates au moyen d’une ficelle. Employer cette technique de support à la place des traditionnels piquets évite d’avoir à attacher les tomates à leur support. Enterrez la ficelle avec la motte des tomates. Les racines s’y accrocheront et permettront de bien ancrer la ficelle au sol. Attachez la ficelle en hauteur à la verticale du pied de tomate.

Le sens d’enroulement peut paraître anodin. Pourtant, étant dans l’hémisphère nord vous devrez enrouler vos plants de tomates dans le sens des aiguilles d’une montre. Si vous procédez en sens inverse, les tomates ne s’enrouleront pas correctement et s’écarteront du tuteur.

Structures assemblées (tipis et portiques)

Les constructions sont idéales pour les variétés indéterminées qui émettent beaucoup de longues tiges ou pour celles qui donnent beaucoup de fruits, pour les plants que vous ne souhaitez pas tailler.

  • Le tipi : Constitué de plusieurs (3 ou 4) piquets plantés en biais et formant un rond, assemblés par le haut. Très résistant au vent, il est idéal pour les plants non taillés, volumineux et aux gros fruits.
  • Le portique simple : Constitué de piquets plantés en ligne 50 cm l’un de l’autre, reliés entre eux par 2 barres horizontales. Il est adapté aux plants de tomates non taillés et aux variétés à gros fruits.
  • Le portique en V : Constitué de 2 lignes de piquets plantés en biais pour que chaque paire forme un V renversé. Ce type de portique est très résistant au vent.

Le palissage des tomates aux mattines

Choisir ses matériaux : durabilité et efficacité

Le matériau doit être résistant, et il doit résister à l’humidité du sol puisqu’il y sera planté durant de longs mois.

  • Le bois : Les tuteurs en bois peuvent être porteurs de maladies ou de champignons, notamment si vous utilisez les mêmes d’année en année. Le châtaignier et l’acacia sont des bois imputrescibles. Le tuteur en bambou est très résistant, la canne du bambou est en effet imputrescible et très dure.
  • Le métal : Le tuteur en métal offre une solidité à toute épreuve. Les fers à béton sont souvent utilisés par les jardiniers, car ils sont peu coûteux et leur surface striée permet une bonne attache des tiges, mais ils rouillent.
  • La ficelle : Utilisez des matériaux solides et résistants comme le coton ou mieux encore des matériaux rapidement biodégradables comme le chanvre, le sisal ou la fibre de coco tressée.

Conseils de pro pour une installation réussie

Manipulez vos tomates par temps sec et chaud ! Lorsque les tiges de tomates sont froides, le matin par exemple, elles sont beaucoup plus cassantes. Aux heures les plus chaudes de la journée, en plein soleil, les tiges seront beaucoup plus flexibles. Veillez à positionner le support avant la plantation ou au moment de celle-ci. Le risque serait en effet d'abîmer les racines du pied en étant planté plus tard.

Laissez du mou à vos tomates ! Lorsque vous attachez votre tomate à son tuteur à l’aide de fil de fer ou de ficelle, pensez à leur laisser du mou. Les tiges grossissent avec la croissance et on se retrouve parfois avec des plants étranglés par les liens du tuteurage. Les liens ne doivent pas être trop serrés autour de la tige, afin de ne pas écraser et asphyxier celle-ci.

Assurez-vous d’avoir les mains propres avant de manipuler les plants de tomates. Vous éviterez de propager d’éventuels spores de champignons. Si vous fumez soyez d’autant plus vigilant. N’attachez pas les plants si le feuillage est humide.

Infographie comparant les avantages des liens biodégradables (chanvre, sisal) par rapport aux liens synthétiques

Tuteurage sous serre et en espace réduit

Sous serre, si la structure est assez solide, on peut s’en servir pour tuteurer les tomates. Selon le modèle, la taille et sa structure, vous pouvez soit directement attacher vos ficelles aux faîtières ou bien à du fil deltane que vous attacherez de part et d’autre de la serre. Il existe également des enrouleurs spécifiques au tuteurage des tomates sous serre. Il s’agit d’une bobine de fil réutilisable pour tuteurer les tomates. Il suffit de dérouler la bobine une fois que le plant atteint le plafond afin de continuer à les faire grandir.

Si vous ne voulez pas vous embêter avec du tuteurage, sachez qu’il existe des variétés de tomates naines. Celles-ci ne monteront pas à beaucoup plus de 50 cm et donc nécessiteront pas ou peu de tuteurage. La variété Roma est la tomate de plein champ, qu’on laisse ramper au sol sans taille ni tuteurage. Elle est idéale pour faire des sauces et des tomates séchées.

Pour les jardiniers qui ont déjà un plan de potager bien abouti, vous pouvez envisager une structure au-dessus du potager que vous pourrez laisser en place toute l’année. En métal, ou bois naturel, cette dernière pourra rapidement devenir ornementale et surtout vous rendre bien des services pour le tuteurage ou même l’ombrage si vous en ressentez le besoin. Pensez à faire une structure bien solide, enfoncée en profondeur et avec des renforts en cas de gros vents. Lorsqu’on l’installe, on ne se rend pas forcément compte que cette structure devra supporter quelques dizaines de kilos au bas mot.

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