Le bouturage est une méthode simple et économique qui permet de reproduire des végétaux à l’identique à partir d’un fragment de la plante mère. Contrairement à ce que l’on croit parfois, c’est un geste simple, à la portée du jardinier débutant. Il suffit de connaître la marche à suivre et de se lancer ! Avec quelques gestes simples, il est possible de bouturer un grand nombre de végétaux. Multiplier les plantes par semis, bouturage, marcottage ou division des touffes vise à reproduire une plante, pour en augmenter le nombre ou remplacer un sujet encombrant ou vieillissant. Dans tous les cas, les plantes obtenues sont identiques à la plante mère, avec toutes ses caractéristiques (couleur, odeur…), ce qui n’est pas toujours le cas lorsqu’on fait un semis.

Les principes fondamentaux du bouturage
Le bouturage permet de reproduire des végétaux à l’identique à partir d’un morceau de la plante mère. Il peut s’agir d’un fragment de tige ou de rameau, dans plus de 90 % des cas ; d’une feuille ou d’un fragment de feuille (succulentes, saintpaulia, certains bégonias…) ; ou d’un fragment de racine (cœur de Marie, pavot d’Orient, corète du Japon…). En revanche, les annuelles ne se bouturent pas.
Certaines plantes sont plus faciles à réussir que d’autres. En voici quelques exemples : les plantes d’appartement (coléus, misère, papyrus), les plantes de balcon (géraniums, bégonias), les vivaces (lavande, œillets, népétas, lupins), les plantes grimpantes (chèvrefeuille, lierre, vigne vierge), les plantes aromatiques (thym, romarin, basilic, menthe, sauge) et de nombreux arbustes (hortensias, forsythia, lilas, rosiers). Les arbres fruitiers comme le figuier ou le pommier peuvent également être multipliés ainsi.
Quand bouturer : la saisonnalité des gestes
Il n’existe pas de « meilleure période pour le bouturage » unique : différentes variétés de plantes préféreront diverses périodes, entre le début du printemps et la fin de l’automne.
Boutures de printemps
Au printemps, en mai-juin, on réalise des boutures à partir de tiges ou de rameaux verts et tendres : on parle de boutures herbacées ou encore de boutures en vert. De manière générale, celles-ci seront effectuées à « l’étouffée » (sous une cloche en verre ou plastique, ou une poche en plastique transparent maintenue par un élastique sur le pot). Cela permet à la bouture d’évoluer dans une atmosphère chaude et saturée d’humidité. Les vivaces (asters, lavande, lupin…) se bouturent bien de cette façon, de même qu’un certain nombre de plantes d’appartement.
Boutures d’été et d’automne
En été, et en début d’automne, de mi-août à mi-octobre, on réalise des boutures semi-ligneuses, encore appelées boutures semi-aoûtées, à partir de rameaux de l’année qui commencent à durcir et à changer de couleur, prenant une teinte brune à la base. Certains arbres, comme l’olivier, et la plupart des arbustes peuvent se bouturer à cette période : hortensias, lavatère arbustive, lilas des indes, chèvrefeuille arbustif, rosiers.
Boutures d’automne-hiver
En fin d’automne ou en début d’hiver, on réalise des boutures de bois sec, encore appelées boutures ligneuses ou boutures sur bois dormant. Elles se font à partir des rameaux de l’année qui ont pris une texture de bois. De nombreux arbres et arbustes à feuilles caduques peuvent se bouturer ainsi : buddléia, forsythia, troène, seringat, viorne, rosiers, saule, figuier, arbustes à fruits rouges.
Réussissez toutes vos boutures !
Technique pas à pas : la bouture de tige classique
Le fragment de tige ou de rameau prélevé est d’abord convenablement préparé, puis planté dans un substrat adéquat.
Étape 1 : Prélever la bouture
Sur une plante mère parfaitement saine, sélectionner une tige ou un beau rameau de l’année, défleuri ou n’ayant pas porté de fleurs. Munissez-vous d’un sécateur bien affûté et désinfecté. Prélevez à l’extrémité de la tige ou du rameau un fragment de 10 à 15 cm de long, en le coupant en biais sous un départ de feuille ou un bourgeon. Pour multiplier les chances de réussite, prélevez plusieurs boutures sur une même plante.
Conseil : dans certains cas, une « bouture à talon » a plus de chances de réussir : elle se fait à partir d’un rameau secondaire, en conservant à la base un fragment du rameau principal (« talon »). Ce type de bouture se pratique en particulier pour les arbustes fruitiers tels que la vigne, et parfois pour des arbustes comme le lilas.
Étape 2 : Préparer la bouture
Étêtez la bouture en la coupant juste au-dessus d’un bourgeon. La base de la bouture doit être prélevée juste sous un nœud ou bourgeon. Éliminez toutes les feuilles sauf deux ou trois au sommet. S’il s’agit de grandes feuilles, les couper en deux pour limiter l’évaporation. Afin de favoriser la production de racines, on peut tremper la base de la bouture dans une poudre d’hormone de bouturage vendue en jardinerie. Il faut alors prendre la précaution de tapoter légèrement la bouture avec le doigt pour éviter un surplus néfaste d’hormones.
Étape 3 : Planter la bouture
Une fois préparée, la bouture doit être plantée immédiatement dans un pot rempli d’un substrat léger (mélange de terreau et de sable ou terreau de bouturage). À l’aide d’un crayon, creuser un trou dans le substrat, puis glisser la bouture dedans. Si le pot est grand, on peut parfaitement y planter plusieurs boutures provenant de la même plante mère. Tassez légèrement le substrat autour de chaque bouture et arrosez sans noyer la bouture. Placez le pot à mi-ombre, dans un endroit du jardin abrité du vent.

Le bouturage à l’étouffée et en milieu aquatique
Un cas particulier concerne les boutures à l’étouffée : un certain nombre de boutures (rosiers, hortensias, lavande, buis…) s’enracinent plus facilement lorsqu’elles sont placées dans un milieu chaud et saturé d’eau. Recouvrez le pot d’une cloche transparente ou d’un sac en plastique. Laissez la cloche en place une quinzaine de jours, en veillant à aérer tous les deux jours pour éviter à la bouture de pourrir.
Concernant le bouturage dans l’eau, certaines tiges (papyrus, misère, coléus, menthe, lierre, laurier rose, saule) s’y prêtent bien. Mettez la bouture à tremper dans un verre d’eau (à changer tous les 3-4 jours). Toutefois, une mise en garde s'impose : les racines produites dans l’eau sont fragiles. Dès que les racines commencent à se pointer (petites bosses blanches), transplantez rapidement dans du terreau avant qu’elles ne s’allongent trop, car les racines aquatiques s'acclimatent difficilement à un milieu terrestre.
Conseils d'entretien et suivi
Le temps d’enracinement dépend de chaque espèce. Plusieurs semaines sont nécessaires. Durant ce temps, il faudra veiller à ce que le mélange terreux ne sèche pas, et protéger vos godets du gel le cas échéant. Vous saurez que le bouturage est réussi quand vous verrez de nouvelles feuilles sortir, signe que les racines commencent à faire leur travail. Tirez alors légèrement sur la tige : s’il y a une résistance, cela confirmera l’enracinement. Quelques mois après que la bouture ait donné des signes de reprise, c’est le moment de la rempoter dans un substrat horticole ou de la replanter directement en pleine terre, selon sa vigueur.
Le printemps est la saison parfaite pour travailler dans son jardin. En consacrant seulement un peu de votre temps, vous pourrez ajouter régulièrement de nouvelles plantes dans votre jardin en utilisant ces méthodes éprouvées, qui permettent d'obtenir des végétaux gratuitement tout en préservant l'intégrité génétique de la plante mère.