Les mauvaises herbes sont une réalité inévitable dans le jardinage. Chaque jardinier doit être équipé du savoir-faire pour les éliminer afin d’empêcher leur invasion du jardin. Avec une multitude de variétés de mauvaises herbes au Royaume-Uni et en Europe, il devient impératif de distinguer les mauvaises herbes à racines des mauvaises herbes à graines. Avant de commencer, il est nécessaire de savoir quel type de mauvaises herbes vous allez éliminer. Les mauvaises herbes à racines sont des plantes vivaces avec des racines souvent étendues sous la terre, ce qui les rend difficiles à enlever. Si la racine se casse, chaque morceau avec un nœud peut s’enraciner à nouveau. Les mauvaises herbes à graines sont souvent des plantes annuelles qui se propagent par des graines produites en grande quantité.
Le désherbage thermique des adventices fait partie des méthodes écologiques qui sont de plus en plus prisées par les jardiniers pour remédier au développement rapide des mauvaises herbes, quelle que soit la météo. C'est une technique récente, qui repose sur une idée simple : on chauffe les plantes, ce qui les abat sans produit chimique et sans effort.

Le principe du désherbage thermique : Comprendre le choc thermique
Le désherbage thermique s'effectue avec un appareil à flamme, comme une sorte de chalumeau portatif. Au contact de la flamme, les tissus végétaux éclatent et dépérissent rapidement. Contrairement à une idée reçue, pour être efficace, il ne faut pas brûler la plante mais juste la chauffer. Cela peut sembler paradoxal : plus on chauffe, moins on est efficace ! En effet, si on brûle la plante, les parties restées intactes cicatrisent et repartiront de plus belle. Si vous vous contentez de "donner un coup de chaud" à la plante, vous abîmez ses tissus, ce qui l'affaiblit. S'il s'agit d'une plantule, elle n'aura pas la force de repartir.
Désherber thermiquement ne signifie pas carboniser la plante ! Il suffit simplement de créer un choc thermique au niveau des cellules du végétal. Après un passage, la plante semble seulement affaissée, abattue ; le lendemain, elle sera effondrée et commencera à faner. Le test pour vérifier la bonne utilisation du désherbeur thermique est le suivant : presser entre deux doigts une feuille de végétal, juste après le passage. Si vos doigts laissent une marque un peu translucide sur cette feuille, c'est bon.
Les différents outils : Gaz contre électricité
Face au rayon de votre magasin de jardinage, vous allez vous interroger sur le modèle à choisir. Les plus nombreux sont les modèles à gaz avec une lance, qui fonctionnent avec des cartouches de Butane ou Propane et ont des autonomies de 3 à 6 h. Les modèles électriques propulsant de l'air chaud à 600°C sont une alternative efficace également mais à condition que le jardin ne soit pas trop éloigné d'une prise de courant.
Les brûleurs à gaz
Les appareils comme le Thermoflamm bio Classic PLUS ou le KZ GARDEN fonctionnent avec une cartouche de gaz. Les tiges de flamme sont équipées d'un mécanisme d'allumage automatique pour une manipulation sûre. Le Thermoflamm bio Professional PLUS est relié à une bouteille de gaz sous pression et constitue le choix idéal pour le traitement de grandes surfaces. Les modèles récents, comme le Thermoflamm bio Professional E+ Turbo, assurent une température de flamme plus élevée, jusqu'à 1 200°C, sans augmentation de la consommation de gaz.
Les alternatives électriques
Les désherbeurs électriques offrent les mêmes avantages que le brûleur à gaz avec un avantage supplémentaire : vous n’avez pas à manipuler de bouteilles de gaz. Ils sont ergonomiquement responsables et parfaits pour une utilisation domestique ponctuelle.
Éliminer les mauvaises herbes dans une allée - Truffaut
L'innovation du désherbage à la mousse chaude
Une technique plus poussée existe : le désherbeur thermique à mousse. Ça ressemble à un aspirateur, mais c'est en fait une lance qui projette de l'eau à 95 degrés et une mousse composée d'extraits de coco et d'amidon de maïs. Cette mousse chaude vient à bout des mauvaises herbes de manière écologique.
"Cette mousse brûle la plante, les graines, mais aussi les racines, puisque la mousse permet de maintenir une température élevée (70 degrés) plusieurs minutes après l'application", détaille Anouck Lambin, éco-conseillère. Cette méthode est utilisée dans des communes "zéro pesticide" comme Eupen ou Court-Saint-Etienne. Elle fonctionne sur différents revêtements : macadam, pavés ou graviers. La machine est plus précise car on est directement sur le sol, contrairement au pulvérisateur classique.
Stratégies d'application et bonnes pratiques
Pour bien désherber avec un désherbeur thermique, prévoyez de passer à plusieurs reprises, afin d’épuiser progressivement les plantes qui tentent de repartir après le passage précédent. Il est difficile en effet, par cette méthode, de se défaire des plantes à racines profondes, comme le pissenlit ou le chiendent. Pour les plus rebelles, il faudra renouveler l’opération au bout d’une dizaine de jours.
Les erreurs habituelles du désherbage thermique sont les suivantes :
- Désherber une vivace : les réserves sont dans la racine, la plante repousse aussitôt.
- Intervenir quand la plante est trop développée : il faut désherber quand la plante est très jeune, le stade cotylédon est idéal.
- Désherber quand il fait grand vent : cela entraîne une perte de chaleur importante.
Effets secondaires et précautions d'usage
Le passage de la flamme sur le sol a des effets indésirables qu'il faut connaître. En premier lieu, la chaleur peut blesser des animaux utiles rampant sur le sol, comme les carabes, les perce-oreilles et les cloportes. La chaleur a surtout l'inconvénient de réveiller des graines endormies. Là où il n'y avait que quelques plantules, le passage de la flamme fait lever de grandes quantités de mauvaises herbes. Un second passage, quelques jours après, est donc nécessaire.

Prévenir l'apparition des indésirables
La meilleure défense contre les mauvaises herbes reste une pelouse saine. Si vous plantez un nouveau jardin ou semez une nouvelle pelouse, assurez-vous que le sol est aussi exempt de mauvaises herbes que possible. Les mauvaises herbes adorent une pelouse faible avec beaucoup de zones dénudées. La tonte rend votre herbe plus dense, et cela aide votre pelouse à former une barrière de protection.
Le paillage empêche la croissance des mauvaises herbes en les privant de lumière : on applique une couche de couverture sur les surfaces nues entre les plantes dans les massifs ou au pied des haies et des arbres (coupures de gazon, compost, copeaux de bois). Les plantes couvre-sol sont également une solution efficace : ce sont des plantes basses, plutôt à croissance rapide, capables de recouvrir rapidement des surfaces et ainsi de prévenir l’apparition de plantes spontanées.
Intégration dans une gestion écologique globale
En agriculture biologique, il n'existe pas de désherbant chimique, mais d'autres alternatives sont possibles : le désherbage mécanique et le désherbage thermique. Le désherbage mécanique, via le sarclage ou le binage, est une méthode rapide pour tuer les mauvaises herbes en les détachant de leurs racines. Cependant, le binage n’est pas adapté aux mauvaises herbes à racines ; vous aggravez en fait le problème si vous coupez les racines sans les enlever complètement.
La fauche différenciée consiste à varier la fréquence et les zones de tonte : les parties de votre jardin les moins utilisées seront tondues moins souvent, tandis que les zones plus fréquentées seront tondues plus régulièrement pour rester accessibles. Avant de procéder à une lutte contre les mauvaises herbes, vous pouvez aussi vous demander s’il est réellement nécessaire de combattre la flore spontanée. Ces plantes apportent de la couleur au jardin, mais aussi abri et nourriture à toute une série d’organismes vivants (abeilles, coccinelles, papillons). Si la végétation ne compromet pas la sécurité ou ne cause pas de problèmes de santé, elle peut parfois être maintenue.