La lutte contre les mauvaises herbes demeure une préoccupation majeure en production maraîchère. Les mauvaises herbes aussi profitent d’un sol bien préparé et fertilisé! Alors que plusieurs producteurs se tournent vers d’autres choix que les herbicides, le désherbage manuel peut représenter une charge de travail considérable et générer des coûts importants. Donc, qu’il s’agisse de mécaniser une partie des opérations de désherbage en maraîchage diversifié ou de désherber de grandes superficies, il importe de savoir quand et comment utiliser les outils disponibles.

Fondements de la structure des planches de culture
Dans la majorité des cas, la culture de légumes se fait en planches de largeurs variées. Aussi appelée plate-bande, une planche correspond généralement à la largeur de terre enjambée par le tracteur. Dans certains cas, les planches sont surélevées; on parle alors de buttes. Plus rarement, des systèmes de culture sur billons sont mis en place. La largeur d’une planche est mesurée du centre d’une allée jusqu’au centre de l’autre (centre à centre). En général, la largeur varie de 1,5 m à 1,8 m (5 à 6 pi). La largeur utile d’une planche de 1,5 m est toutefois de 1,1 à 1,2 m (3,5 à 4 pi), car il faut soustraire la zone de passage des roues du tracteur. Une largeur de 1,5 m est probablement celle qui donne le meilleur ratio passages/espace cultivé. De façon générale, pour des sarclages manuels, il est plus facile de travailler sur des planches de 1,5 m ou moins.
Avec un système de planches, les légumes sont plantés sur un rang (tomates, courges), sur deux rangs (aubergines, piments, brassicacées, concombres, haricots), ou encore sur trois rangs (la plupart des légumes racines, laitues, oignons, ail). La largeur des planches et l’espacement entre les légumes sur celles-ci doivent être choisis en fonction des contraintes de la ferme. Si la superficie est limitée, on cherchera à rapprocher les rangs sur une même planche. Il en est de même si le désherbage est manuel, car on vise à désherber la plus petite superficie possible.
Techniques de mise en butte et gestion du sol
Les planches peuvent être buttées afin d’être surélevées par rapport aux allées où passent les roues du tracteur. Toutefois, les buttes comportent aussi des désavantages, surtout s’il n’y a pas de paillis plastique. Le buttage a tendance à assécher les sols ayant une texture grossière, ce qui peut être un problème lors de printemps très secs. Le buttage devrait donc être évité dans les sols qui ont une faible rétention d’eau (sables moyens et grossiers), sauf s’il s’agit de sols très minces. Le buttage sans paillis plastique est plus intéressant en sol lourd ou mal drainé qu’en sol très léger.
Un autre désavantage des buttes est qu’elles requièrent un dégagement important sous le tracteur pour ne pas endommager les cultures lors du désherbage mécanique ou une autre opération impliquant le passage du tracteur au-dessus des planches. Une butteuse peut être achetée, louée ou fabriquée. Avant le buttage, le sol doit être ameubli par un travail profond, car la butteuse fonctionne mal si le sol est dur. S’il n’y a pas suffisamment assez de terre meuble, il faut utiliser une butteuse plus large et cela prend plus d’espace entre les rangs. Il faut choisir la butteuse en fonction du type de sol. Les buttes doivent être fermes; quand on marche dessus, on ne doit voir que la trace du talon.
Le buttage se fait généralement au printemps, mais peut se faire à l’automne, surtout si le sol est mal drainé. Le buttage permettra alors d’entrer au champ plus rapidement au printemps suivant. Les buttes formées à l’automne peuvent avoir de 15 à 20 cm de hauteur. Les engrais vert semés sur ces buttes en fin de saison peuvent être laissés jusqu’au printemps suivant. Il faut alors être capable de bien les enfouir pour que les résidus n’interfèrent pas avec les semoirs ou planteurs. Cette technique a été mise au point par Denis La France et a donné de bons résultats en sol mal drainé.

La culture sur billons : une alternative spécialisée
La culture sur billons est pratiquée surtout en grande culture (maïs, soya), mais elle peut aussi donner de très bons résultats pour le maraîchage en sol lourd. Les billons sont le plus souvent espacés de 75 cm. Le tracteur enjambe deux billons à la fois et il y a un rang de légumes par billon. C’est une méthode intéressante surtout pour les légumes normalement cultivés sans paillis plastique en rang simple (ex.: brocoli) ou double (ex.: laitue). Les billons se réchauffent vite au printemps et conviennent particulièrement bien aux primeurs.
La culture en buttes, utilisée pour les cultures légumières (pommes de terre, carottes, endives…) ou la vigne, rend plus difficile le désherbage de l’inter-rang. Il est recommandé d’alterner l’étrillage (qui n’est efficace que sur la butte) et le sarclage qui permet d’éliminer les adventices entre les buttes et sur leurs flancs. Un buttoir écologique dispose de racloirs qui retirent une couche de terre et les adventices présentes sur les flancs de buttes. Un sarcleur qui suit la surface des flancs de butte constitue une solution efficace pour maintenir ces zones propres.
Mécanisation et outils de précision
Certains outils comme la houe rotative et la herse étrille permettent de désherber toute la surface en prélevée ou post-levée de la culture lorsqu’elle est bien enracinée. Des outils comme les socs de binage ou de buttage, les lames, les disques, les cages de binage et les étoiles bineuses sont utilisés pour désherber près de la culture et dans l’entre-rang. Ils peuvent s’adapter aux houes maraîchères et aux sarcleurs et être fixés sur des unités montées sur parallélogramme afin de suivre le contour du sol. Le tracteur porte-outils, quant à lui, offre la possibilité d’installer les outils de désherbage en face de l’opérateur.
La CHOPSTAR-HILL est une bineuse de buttage équipée de grands disques incurvés. Elle est utilisée pour butter les cultures sur butte, comme par exemple les pommes de terre. Les disques inclinés repoussent la terre érodée sur l’ados. La poutre-châssis stable, sur laquelle sont montés les éléments bineurs, est disponible en version rigide ou en repliage hydraulique jusqu’à une largeur de 19 mètres. Le tube profilé spécial Einböck permet un montage rapide et simple des éléments de binage. La conception de la poutre-châssis garantit une longévité et une précision d’ajustement maximales.
Biner le maïs avec translateur & camèra | CHOPSTAR-PRIME d'Einböck
Fonctionnalités avancées des équipements de binage
Les longs parallélogrammes guidés sont renforcés au niveau de la pénétration et sont équipés de roues de jauge Farmflex durables. Les articulations du parallélogramme peuvent être réglées, ce qui garantit une stabilité latérale maximale et donc un binage précis, même après plusieurs années. Les longs parallélogrammes assurent une marge de manœuvre et une compensation de hauteur suffisantes pour chaque élément, même sur les surfaces inégales, sur les pentes ou dans les creux.
Les parallélogrammes d’Einböck sont équipés des ressorts de pression de série réglables à trois niveaux. Grâce au renforcement de la pénétration, réglable sur trois niveaux, les outils de binage pénètrent mieux, même dans les sols fortement battants. Cela permet des vitesses de travail plus élevées sans risque de voir les éléments vibrer ou sauter. L’élément butteur du CHOPSTAR-HILL est équipé de grands disques bombés permettant de réaliser des buttages. L’angle et la hauteur de ces disques peuvent être réglés afin d’obtenir différentes formes de buttes. Le sol situé devant les disques est ameubli par une dent en S avec des socs patte d’oie, et ce afin d’obtenir pour le buttage une terre résistant aux précipitations.
Systèmes de guidage et automatisation
Les bineuses arrière sont équipées de série d’un système de pilotage automatique du bras supérieur qui assure un binage précis même dans les pentes et virages. La bineuse suit avec précision les traces laissées par le tracteur, même dans les virages. Le pilotage est assuré par des roues à coutre haute et la machine n’a pas besoin d’être portée par le tracteur. Les roues à coutre haut assurent un pilotage optimal de la bineuse ainsi qu’une bonne stabilité dans les pentes. Les roues avant du tracteur ne sont pas libérées de leur charge puisque les roues à coutre haut supportent entièrement le poids de la machine. Ces roues empêchent la machine de dévier, notamment dans les pentes, et des décrottoirs empêchent par ailleurs de s’encrasser.
La profondeur de travail est réglable en continu. La tige de la roue de jauge permet de régler en continu la profondeur de travail de l’élément bineur. L’outil de binage peut ainsi être adapté au millimètre près et la profondeur de travail idéale obtenue avec précision. Chaque parallélogramme doit être réglé individuellement puisqu’on doit généralement biner plus profondément dans les traces laissées par les tracteurs ou qu’on doit égaliser les traces particulièrement profondes. Un châssis avec une hauteur de passage atteignant les 70 cm permet de travailler dans des cultures déjà assez élevées comme le maïs, le tournesol, etc. Cela permet de biner ou de butter efficacement à des stades de développement plus avancés tout en ménageant les cultures.

Le désherbage thermique est un autre moyen de lutte physique. Le pyrodésherbeur (flamme au propane) peut être utilisé en prélevée, en post-levée, dans l’entre-rang ou sur le rang moyennant certaines précautions à l’égard de la culture. Le désherbeur à l’eau chaude et/ou à la vapeur, qui cause le flétrissement des mauvaises herbes, convient en prélevée et en post-levée de la culture, entre les rangs. Des systèmes de guidage avec opérateur ou caméra peuvent être utilisés pour améliorer la précision du désherbage. Assis derrière le sarcleur, l’opérateur guide latéralement les outils de travail du sol à l’aide d’un système hydraulique ou mécanique.
Enfin, les caméras installées sur des sarcleurs automatisés tractés permettent de différencier les plantes cultivées des mauvaises herbes selon leur couleur, leur dimension et leur position. Un microprocesseur analyse les images et actionne les lames sarcleuses sur les rangs, entre les plants, indépendamment les unes des autres.
Maintenance et optimisation des dispositifs de buttage
Le buttage est l'une des mesures de culture les plus importantes dans la culture des légumes et des pommes de terre. Le buttage ciblé de la terre permet de former des buttes stables qui offrent de nombreux avantages aux plantes : les buttes sèchent plus rapidement, se réchauffent plus intensément et réduisent le risque de pourriture - ce qui est particulièrement important pour les pommes de terre et de nombreuses variétés de légumes. En même temps, la croissance des plantes est stimulée, les racines profitent d'une structure de sol aérée et on parvient à une qualité de rendement nettement plus élevée.
La différence entre un buttoir et un équipement de buttage réside dans leur fonctionnalité technique et leur construction au sein de la technique agricole, en particulier pour l'entretien des plantes et le travail du sol. Le buttoir est un outil individuel ou une partie d'outil qui est utilisé activement pour le buttage. Il se compose généralement d'une tige, d'un soc ou d'ailes qui poussent le sol latéralement vers la plante et effectuent le travail mécanique proprement dit du buttage. Le dispositif de buttage, quant à lui, est le dispositif ou l'ensemble technique complet dans lequel sont montés un ou plusieurs buttoirs. Celui-ci comprend, outre les éléments de buttage, les châssis, les éléments de fixation, le réglage en hauteur, les guides de profondeur et, le cas échéant, les éléments d'entraînement.
Avec agria, il est possible d'utiliser des appareils de base à un seul essieu combinés à des outils adaptés pour un travail rapide, efficace et ergonomique dans les champs. Selon l'emplacement et les besoins, les accessoires des outils de buttage peuvent être équipés de manière flexible. La qualité et la fiabilité dépendent d'une bonne connaissance de la filière, garantissant des machines et des options de réglage faciles et conviviales pour les producteurs.
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