Cap Figuier, Jaizkibel et la région d'Irun : Guide complet entre Océan et Pyrénées

Entre ciel, Océan, monde végétal et minéral, cette randonnée d’une journée est bien connue des locaux. Sur le papier, la marche qui relie les hauteurs de Fontarabie au port de Pasaia, dans la province de Guipúzcoa, a tout pour séduire. Le Jaïzkibel est la montagne la plus occidentale des Pyrénées, dominant les villes d’Irun, d’Hondarribia et d’Hendaye. Son point culminant est de 543 à 547 mètres selon les relevés, offrant un belvédère naturel sur la baie de Txingudi, la Bidassoa et l'immensité de l'Atlantique. Cette zone frontalière, empreinte d'une culture aussi colorée qu'attractive, invite à l'exploration de ses sentiers escarpés, de son patrimoine médiéval et de sa géologie singulière.

Panorama du mont Jaizkibel surplombant l'océan Atlantique et la baie de Txingudi

Le Cap du Figuier : Point de départ entre phare et littoral

Depuis le phare du cap du Figuier, il faut compter 21 kilomètres - soit une bonne journée de marche - et 780 mètres de dénivelé pour rejoindre Pasaia. Le point de départ se situe souvent au parking du camping au Cap Figuier (alt. 44 m). Les premiers kilomètres sont vivifiants, une fois dépassée la station d’épuration aux relents désagréables. Le vent océanique accompagne les premières montées, les rendant largement supportables. Le paysage s’ouvre rapidement : un ruisseau serpente entre de vastes pâturages où paissent quelques pottoks au bord des falaises, offrant de superbes clichés.

L'itinéraire classique, balisé en Rouge et Blanc sous l'appellation GR®121, part à droite sur le sentier côtier dès le kilomètre 0.46. Le randonneur longe la côte au plus près, profitant d'un circuit très intéressant qui se décompose en une première partie maritime et une seconde qui revient un peu plus haut par des pistes forestières plus faciles car quasiment sur une même courbe de niveau. À environ 7 kilomètres du départ, on atteint la pointe Biosnar, un bras rocheux s’avançant dans l’Atlantique. C'est ici que l'on prend toute la mesure de la force des éléments. La mer y est généralement agitée et il y a souvent du vent.

Traversée PASAIA-FONTARRABIE (sentier du littoral)

Géologie et biodiversité du massif du Jaizkibel

Le mont Jaizkibel est situé dans la chaîne du Jaizibel, une formation géologique datant de 54-45 millions d’années. Le paysage est marqué par des roches poreuses sculptées par l’érosion et les embruns qui évoquent un "gruyère minéral". Cette formation abrite des espèces rares de faune et de flore. Parmi les habitants notables de ces landes et falaises, on croise le lézard vert de grande taille. Ce reptile peut atteindre 40 cm de longueur totale, de l’extrémité du museau à celle de la queue. Les variations de coloration dans les teintes vertes sont nombreuses. Les mâles, principalement en période de reproduction, sont reconnaissables à la couleur bleue des écailles situées sur les côtés de la tête et une partie de la gorge que n’ont pas les deux autres espèces locales.

Sur les hauteurs du Jaizkibel, l’ambiance change radicalement. La forêt se densifie, apportant ombre et fraîcheur. On y trouve de très beaux arbres, dont des châtaigniers. Le sentier, bien aménagé, permet de franchir les cours d’eau sans difficulté majeure, bien que le terrain puisse devenir accidenté. Les ravines sont jalonnées de ruisseaux serpentant jusqu’à la mer Cantabrique. Le retour par la forêt est très agréable et offre un contraste saisissant avec la nudité des falaises côtières.

Les criques isolées et les plages de Fontarrabie

Le littoral au pied du Jaizkibel cache des joyaux souvent difficiles d'accès. À l’ouest du Cap du Figuier, s’étend sur 48m de long et 20m de large, une plage de galets et de rochers. La difficulté d’accès et l’absence de parking en font un endroit particulièrement tranquille, souvent frappée par la forte houle. Plus loin, la crique de Sisurko nécessite une attention particulière : le sentier y est étroit et aérien, obligeant à rester prudent pour ne pas glisser directement en bas de la crique.

Une autre crique, de 62m de long sur 30m de large, se situe au pied du Jaizkibel. On y accède par un sentier à partir de la route qui va du Port au Phare. Cette plage de galets et de rochers, isolée et entourée de végétation, a un niveau moyen de fréquentation. Les falaises qui la bordent impliquent un ensoleillement réduit, attirant particulièrement les adeptes du naturisme. Pour les passionnés de géologie, la plage rocheuse de Eretzin Zabala est célèbre pour ses roches en forme de ballons, de verrues et de phoques pétrifiés. C’est l’eau de la mer qui a déposé sur cette petite plage de 38m de long sur 5m de large ces formes curieuses. Enfin, nichée au pied des pentes, une minuscule crique de galets d’à peine 5m de large sur 105m de long constitue un site idéal pour la pratique de la plongée sous-marine.

En contraste, la plage principale d’Hondarribia s’étend sur presque 800m de long dans un environnement récemment réurbanisé. C’est une vaste étendue de sable située dans un cadre moderne, offrant tout le confort nécessaire aux estivants, loin de l'aspect sauvage des criques du Jaizkibel.

Formations rocheuses érodées et

Itinéraire urbain : De Hondarribia à Irun

L'exploration de la région ne serait pas complète sans la traversée des centres historiques. Une étape prologue urbaine, bien que non balisée au départ, permet de relier les points d'intérêt majeurs. Le balisage commence réellement à la fin d'Irún, mais la traversée de Fontarrabie est vivement conseillée. Nous proposons de passer par le vieux quartier au lieu de suivre la promenade le long de la baie comme cela est généralement indiqué dans la plupart des publications. Ce parcours dans le centre n'est pas plus long et en vaut la peine.

À partir de Erdiko Punta (0 km), on rejoint la plage de Hondarribia (2 kms) et le port de plaisance jusqu'à l'embouchure de la Bidassoa. En tournant à droite et en longeant la baie de Txingudi, on laisse sur la droite une zone sportive jusqu'au début de la promenade de Butrón. La rue San Pedro (3,5 kms), célèbre pour ses maisons colorées, est l'endroit idéal pour savourer des pinxos à la terrasse des restaurants. Le parcours mène ensuite à la Plaza Guipúzcoa (4,1 km), puis à la rue Harategi et la rue San Nicolás jusqu'à la Plaza de Armas où se situe le Parador.

Pour continuer en direction d'Irún, il faut franchir la Porte de Santa Maria (4,5 kms). Après avoir franchi le portail, on continue par la rue Minasoreta jusqu'au rond-point de l'aéroport (route N-638). On atteint la Place Zubi Muxu (6,7 km), puis la Plaza de San Juan (8,2 km), où se trouve l'hôtel de ville d'Irún. Cette cité, d'origine médiévale, s'est établie sur le territoire des Vascons et possède un riche patrimoine comme le musée romain d'Oiasso.

Patrimoine historique et culturel de la Basse-Bidassoa

La région de Txingudi-Bidasoa est un carrefour d'histoire. À Hondarribia, les murailles d'origine médiévale protègent la vieille ville. La porte de Santa Maria, datant de 1694, présente encore un pont-levis permettant d'enjamber la fosse. À l'intérieur, la Plaza de Armas et son château transformé en Parador témoignent de l'importance stratégique de la ville. L’ermitage de Notre-Dame de Guadalupe, situé sur les pentes du Jaizkibel à 224m d’altitude, est une autre étape incontournable. Le navigateur Juan Sebastián Elcano y aurait fait don de ducats d’or. Le bâtiment actuel, bien que possédant des fondations du 16ème siècle, date principalement de la fin du 18ème siècle.

Irun, de son côté, met en avant son passé industriel et romain. L'exploitation des mines dans les montagnes d'Irun fut à son apogée à l'époque romaine, comme en témoigne le cimetière d'Oiasso. Plus tard, des fours de calcination furent utilisés pour exploiter le carbonate de fer. La ville a su s'adapter aux nouvelles tendances avec la nouvelle appli "Irunberdea" qui permet de profiter de la réalité augmentée pour découvrir le patrimoine. Le centre-ville présente l'offre commerciale la plus complète de la région avec plus de 150 stands et des marchés modernes proposant du poisson frais et des produits locaux.

La Porte de Santa Maria et les remparts médiévaux de Fontarrabie

Logistique et conseils pratiques pour la randonnée

Pour réaliser la traversée complète vers Pasaia, il est crucial de bien s'équiper. Chaussures de trail, bâtons pour s'aider sur les pentes du Jaizkibel, pique-nique, gourde et crème solaire sont indispensables. Il n'y a pas de point d'eau sur le parcours du Jaizkibel, mais une simple gourde sera suffisante pour les boucles plus courtes partiellement ombragées. Attention toutefois : au kilomètre 3 de certains sentiers côtiers, des éboulements peuvent interrompre le chemin. Il faut parfois "faire le cabri", voire poser les mains pour contourner par le bas l'absence de chemin. Si on veut éviter cet écueil, il vaut mieux suivre scrupuleusement le balisage rouge et blanc du GR 121.

Pour le retour de Pasaia vers Irun ou Hondarribia, la logistique est facilitée par les transports en commun. Après l’arrivée à Pasaia, il faut longer l’embouchure de la rivière jusqu’au quartier historique. Une navette maritime permet de traverser l’estuaire du río de Oiartzun pour rejoindre la gare de l’Euskotren - Topo. Ce train permet d’embarquer pour Irún en une trentaine de minutes. Pour ceux qui souhaitent prolonger l'expérience, l’hôtel Donibanea, situé dans le fjord de Pasaia, est une demeure du XVIIIᵉ siècle rénovée en 2022, alliant charme authentique et confort moderne avec ses sept chambres.

Navigation et sécurité sur le sentier du littoral

L'itinéraire Jaizkibel - Chemin côtier - Cap du Figuier représente une distance d'environ 13,8 Km pour une boucle standard, avec un dénivelé positif et négatif de 481 m. L'altitude maximum est de 202 m sur ces circuits courts, tandis que la traversée intégrale vers Pasaia grimpe à 547 m. Il est impératif de ne pas trop s’écarter de la sente pour ne pas glisser directement dans les criques, car certains passages sont particulièrement escarpés.

La signalisation est généralement excellente une fois sorti des zones urbaines. Cependant, il faut rester vigilant car plusieurs parcours s'entrecroisent. Pour les randonneurs utilisant des traces GPS, il est conseillé de vérifier la couleur et l’épaisseur du tracé ainsi que l’échelle avant le départ. En période de forte affluence, comme les jours fériés ou les ponts, le sentier est très fréquenté par des randonneurs, des coureurs et des promeneurs locaux. Un dernier conseil pour les amateurs de photographie : le ciel et le panorama se découvrent souvent en milieu de journée, offrant alors des vues saisissantes sur le fjord bleu saphir de Pasaia et l'embouchure de la Bidassoa.

Traversée PASAIA-FONTARRABIE (sentier du littoral)

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