La cartographie contemporaine, qu’il s’agisse de la précision chirurgicale d’un plan de jardin ou de la représentation macroscopique des systèmes nourriciers mondiaux, constitue un enjeu majeur pour la compréhension de nos territoires. Entre les outils numériques de pointe comme CartoBio et les réflexions méthodologiques nécessaires à la réalisation de cartes thématiques à grande échelle, la donnée spatiale devient le socle indispensable à la gestion durable des ressources.

Les outils de précision pour la gestion des parcelles agricoles
La transition vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement nécessite une connaissance fine du terrain. Découvrir et visualiser les parcelles agricoles conduites en bio ou en conversion dans votre commune, voilà ce que propose l’Agence Bio à travers CartoBio. Cet outil de cartographie interactif des parcelles agricoles bio françaises, développé avec le soutien financier de l’Office français de la biodiversité, est présenté cette semaine en avant-première au Salon des Maires et des collectivités locales.
Pour le moment, cet outil s’appuie sur les Registres parcellaires graphiques annuels publiés par l’IGN et l’Agence Bio. Un second outil à usage professionnel et destiné aux agriculteurs et aux organismes certificateurs est en cours de développement au sein du projet Cartobio. Cette démarche s'inscrit dans un besoin croissant de transparence. Particuliers et professionnels sont familiers du Géoportail de l'Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) pour y trouver une grande diversité d'informations spatialisées.
L’analyse pédologique : vers une compréhension des sols
La connaissance du sous-sol et de sa typologie est indissociable de la gestion agricole. Cette nouvelle carte, à l’échelle du 1:250 000, affiche les principaux types de sols de France métropolitaine selon une légende qui présente les grandes familles de sols selon la classification pédologique des sols. Cette carte est dynamique : en double-cliquant sur n'importe quel point sur la carte, on accède à des informations dont le type de sol dominant en ce point et ses caractéristiques, tel que présenté pour un « calcosol ».
La carte des sols de France n'était disponible jusqu'à présent qu'à l'échelle du 1 :1 000 000. Les fiches qui s'ouvrent par double-clic sur la carte précisent également les coordonnées des organismes à contacter pour aller plus loin dans l'utilisation des données sur les sols. Cette précision accrue permet aux acteurs du territoire d'adapter leurs pratiques aux réalités géologiques locales, garantissant ainsi une meilleure gestion des ressources.
La conception paysagère et le plan de plantation
À une échelle beaucoup plus intime, celle du jardin, la cartographie prend la forme d'un plan de plantation. Un jardin, c’est avant tout une histoire de plantes : ce sont elles qui lui donnent son âme, son caractère et toute son identité. Leurs couleurs, leurs textures et leurs associations créent l’ambiance unique de votre lieu.
Le plan de plantation est un document graphique sur lequel sont représentés tous les végétaux de votre projet. Il indique précisément l’emplacement de chaque plante, accompagné d’une clé et d’un symbole pour une identification rapide. Ce document est complété par une liste détaillée des végétaux (avec leurs noms précis et les quantités) et des planches photo de toutes les plantes du projet.
Dans un projet complet de conception de jardin, le plan de plantation intervient en fin de projet : après avoir défini l’aménagement, l’organisation de l’espace et l’esprit du jardin, je conçois le plan de plantation qui va donner son caractère unique à votre jardin. Chaque jardin est unique, et je veille à concevoir des plans de plantation qui respectent vos envies et les spécificités de votre terrain. Le choix des plantes est une étape essentielle qui demande à la fois réflexion et créativité.
Paysagiste Ondres projet aménagements et plantations
Une fois la palette végétale définie, j’attribue à chaque plante une place précise sur le plan. Le plan de plantation est donc une étape clé de votre projet, qui donne vie à votre jardin en harmonie avec vos envies et l’environnement. Le plan de plantation fait partie intégrante d’un projet complet de conception de jardin. Vous voulez uniquement un plan de plantation, pour végétaliser un massif ou une zone précise, sans modifier l’organisation de l’espace ? C'est une démarche qui nécessite une précision garantie.
Les avantages de la précision cartographique et technique
La maîtrise de l'information géographique offre des avantages compétitifs réels. Nous nous engageons en toute transparence à fournir un relevé précis. Chaque point a une position précise comprise entre 30 et 50 cm. Nous utilisons une technologie adaptée. Nous proposons un ensemble de documents et supports pertinents, éprouvés et adaptés à vos besoins.
L'outil cartographique permet une meilleure organisation du travail. Nos clients utilisent tous les jours nos cartes, supports et données cartographiques sur le terrain avec leurs équipes, leurs prestataires de services ou encore différents services administratifs. L'interopérabilité est ici le maître mot : les besoins, supports et applications cartographiques se multiplient. Les données produites trouveront une place sûre dans votre système d'information, de production et de gestion.
Sur le terrain, notre méthode de relevé est cohérente depuis 20 ans. Les moyens et méthodes mis en œuvre sont éprouvés sur le terrain, probants en cas de litige sur les surfaces. Notre prestation permet d'obtenir des surfaces de production exactes. Elle permet aussi d'obtenir les surfaces brutes ou analysées. Dans le secteur de la viticulture, afin d'affiner une production toujours plus exigeante, la mesure de surfaces précise est un point essentiel pour vos cultures. Nos services permettent une meilleure gestion de la production à plus grande échelle. En Grandes Cultures, le besoin de précision est toujours croissant afin d'améliorer les productions.
De la parcelle au monde : les enjeux des espaces nourriciers
Si la précision est reine à l'échelle locale, elle devient un défi majeur lorsque l'on tente de représenter les systèmes nourriciers à l'échelle mondiale. Cette carte à la une vise à présenter une version réactualisée de la carte des systèmes agricoles dans le monde. Reprenant une carte réalisée il y a plus de dix ans, cette mise à jour a finalement abouti à une nouvelle carte assez éloignée du document d’origine.
Son titre même a été modifié : pour intégrer les autres sources d’alimentation que l’agriculture, cette carte des systèmes agricoles est devenue une carte des espaces nourriciers (terrestres). Le but de ce texte est de raconter la construction de cette carte. Comment représenter la diversité des systèmes nourriciers à l’échelle mondiale ; peut-on résoudre le tiraillement entre simplification et validité des informations ?
L’origine de cette carte est un travail réalisé en 2008. Elle s’appuyait sur deux sources principales, l’Atlas du XXIe siècle et une carte de Jean-Paul Charvet. La carte a été réactualisée à de nombreuses reprises jusqu’à la version de 2019 publiée dans Géoconfluences. À force de la voir réutilisée et modifiée, ses défauts me sautent aux yeux. En légende, l’opposition est trop nette entre deux types d’agricultures qui, dans les faits, ne sont pas forcément antagonistes. La carte répartissait l’agriculture familiale et l’agriculture commerciale dans ce qu’il était convenu d’appeler autrefois respectivement les « Suds » et les « Nords ».

Or, l’agriculture familiale est aussi la forme d’exploitation majoritaire dans les « Nords », et l’agriculture commerciale est largement présente dans les « Suds ». Les degrés d’intensivité sont aussi discutables à l’infini. La carte elle-même fonctionne par de larges aplats qui écrasent des nuances locales. Les grands massifs montagneux et forestiers sont invisibles. Il semblait alors qu’une carte plus détaillée des systèmes agricoles serait utile.
Défis méthodologiques : plantations et forêts
Les plantations représentent une difficulté qu’il a fallu chercher à résoudre prioritairement. Faute de mieux, la source utilisée a été le recensement des plantations à l’échelle mondiale par Global Forest Watch. On n’y trouve pas les plantations de coton ou de canne par exemple : il a donc fallu se résoudre à se passer des cotonniers étasuniens ou kazakhs. En revanche, les bananeraies d’Amérique centrale, les plantations de palmiers à huile ou d’hévéa pour le caoutchouc sont indiquées.
À l’exception de quelques États, il est difficile de montrer, à l’échelle mondiale, l’ampleur du phénomène des plantations liées à des cultures commerciales, notamment celles du palmier à huile, parce que le phénomène est très localisé à l’échelle régionale et très diffus à une échelle plus fine.
Le titre de la carte a été modifié pour tenir compte des autres fonctions nourricières des espaces ruraux que la fonction agricole. La carte redonne ainsi leur place aux forêts, comme ensemble de systèmes nourriciers qui ont alimenté les sociétés humaines dans le temps long, et qui continuent de le faire aujourd’hui. Leur importance pour l’humanité est d’abord surfacique. En de très nombreux espaces, les forêts gagnent du terrain, y compris dans les pays à l’agriculture très productiviste et intensive. Mais faire apparaître la forêt est aussi un moyen de réaffirmer son rôle alimentaire.
Continuités et transitions dans les systèmes agraires
Les travaux récents sur la cueillette ont fait la lumière sur les autres productions forestières que le bois (ce qu'on appelle les produits forestiers non ligneux). De nombreuses forêts dans le monde sont également pourvoyeuses de gibier ou de poisson de rivière. Surtout, dans de nombreuses parties du monde, il existe un continuum entre les terres agricoles et les forêts : de nombreux systèmes agraires associent boisement dense ou clairsemé, parcelles cultivées et complantées avec des arbres, haies ou bosquets, et parcelles découvertes.
Le critère retenu pour la forêt sur la carte est un boisement supérieur à 75 % ; certains espaces partiellement boisés apparaissent donc comme des savanes ou des terres arables. Plus généralement, la question de la transition entre un figuré et l’autre se pose partout sur la carte : qu’un système laisse brutalement la place à un autre est l’exception. Les forêts recèlent des clairières cultivées ou pâturées ; inversement les paysages agricoles ne sont pas exempts de boisement allant du bosquet au grand massif forestier.
La mosaïque mondiale et les limites de la généralisation
On pourrait même dire que ce qui est indiqué comme « savanes » sur la carte est une vaste mosaïque de paysages faisant la transition entre la forêt et les terres arables. Elles ont été cartographiées par défaut, une fois représentées les forêts, les terres arables et les systèmes pastoraux. Les terres arables ont été ajoutées à partir de la carte de l’USGS de 2015. Il s’agit ici d’une acception extensive de l’agriculture : les croplands recouvrent aussi bien les rizières en terrasses et les céréales en culture pluviale que les prairies artificielles et les cultures destinées à l’élevage.
Les parcours pastoraux ont été cartographiés à partir d’informations éparses. L’un des défauts de cette source est qu’il semble faire apparaître tous les espaces où du bétail est présent, y compris de façon très clairsemée. Pour tenir compte des interactions fortes entre systèmes agricoles et agglomérations urbaines où vit la moitié de l'humanité, un figuré représente les espaces périurbains ou les espaces ruraux très densément peuplés.
À ce stade, il restait à combler plusieurs zones blanches qui demeuraient encore localement, et à corriger des situations locales représentées de façon insatisfaisantes au regard des connaissances de la région. C’est une nouvelle confirmation de cette règle de la cartographie : toute carte à vaste échelle nécessite une généralisation, c’est-à-dire une simplification des contours, et aboutit par conséquent à une perte d’information. La carte reste imparfaite. Ses défauts résultent de la difficulté à trouver des données récentes à l’échelle mondiale, d’un manque de temps pour faire les vérifications nécessaires à des échelles plus fines, d’une méconnaissance de certaines situations locales, et des lacunes des sources utilisées.
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