Immersion dans l'Histoire et la Culture : Explorer la Route des Plantations en Louisiane

La Louisiane, joyau du sud-est des États-Unis, fut tour à tour française, espagnole et à nouveau française, avant de devenir américaine en 1803. Cette histoire riche et complexe a profondément façonné l'État, notamment à travers la colonisation, l’agriculture et, tristement, l’esclavage. Au cœur de cette histoire se trouve la Route des Plantations, un itinéraire touristique incontournable qui serpente le long du Mississippi, offrant un témoignage bouleversant d'un passé à la fois grandiose et douloureux.

Carte de la Louisiane avec la Route des Plantations le long du Mississippi

Qu'est-ce que la Route des Plantations ?

La Route des Plantations fait référence à toutes les propriétés qui se sont développées le long du Mississippi au début du 18ème siècle par de riches planteurs. Ces derniers ont profité de la position du fleuve pour pouvoir développer des parcelles agricoles en utilisant l’eau du Mississippi, dans l’État de Louisiane, pour irriguer les champs et transporter les marchandises.

C'est au début du 18ème siècle que se développent les plantations dans cette région de Louisiane, le gouvernement français voulant développer l’agriculture dans cette colonie tout en tentant d’empêcher les crues du Mississippi. Implantées sur des parcelles de terres fertiles contigües au fleuve, ce qui facilitait le trafic commercial, les plantations se sont développées aux XVIIIe et XIXe siècles. Créées par des Créoles, descendants de colons, les exploitations agricoles prospéraient grâce au travail acharné d’esclaves africains. On retrouvait principalement quatre types de culture sur les rives du Mississippi : le coton, la canne à sucre, le riz et l'indigo (colorant naturel, qui a donné notamment son nom à Vermillonville à Lafayette comme on le verra plus tard).

Tristement liées à l’esclavage, les plantations ont vu les esclaves se succéder. Exploités par les hommes blancs fortunés, les esclaves étaient forcés de travailler et de vivre au sein des propriétés. Les domaines se composaient d’une grande maison de maître où vivaient les propriétaires, d’un quartier des esclaves composé généralement de cabanes en bois et des champs.

Le Déclin des Plantations et la Préservation d'un Héritage

La guerre civile, la fin de l’esclavagisme et l’arrivée de nouveaux types de culture sonnèrent finalement la fin de l’ère des plantations. Les destructions, pillages et incendies perpétrés par les soldats de l’Union, la déclaration d’émancipation d’Abraham Lincoln mettant fin à l’esclavagisme et l’arrivée de nouvelles cultures ont mis un terme à cet âge d’or.

Si quelques plantations continuèrent en « embauchant » pour quelques sous les anciens esclaves qui souhaitaient rester (la pression de n’avoir nulle part d’autre où aller fonctionna encore dans certaines plantations pendant un bon bout de temps), les autres furent vite abandonnées dès la fin du 19ème siècle. Alors qu’on comptait plus de 350 propriétés durant « l’âge d’or » des plantations, il n’en subsiste aujourd’hui qu’une dizaine. À la fois grandioses et nostalgiques, ces maisons antebellum (d’avant la guerre de Sécession) sont les derniers témoins d’une manière de vivre qui a contribué à forger la légende du Sud.

Ancienne maison de plantation typique du style Antebellum

Aujourd'hui, ces demeures historiques sont devenues de véritables musées, qui disposent parfois d’hébergements, permettant, le temps d’un road trip en Louisiane, de jouer les Scarlett O'Hara et Rhett Butler, en savourant le charme du Vieux Sud.

Accéder à la Route des Plantations et Préparer sa Visite

La Route des Plantations est facilement accessible depuis La Nouvelle-Orléans et peut également se visiter en excursion d’une journée en restant basé à NOLA. Elle se situe en Louisiane, sur l’un des tronçons de la Great River Road, longue de 70 miles (environ 110 km), elle relie les villes de La Nouvelle-Orléans et de Bâton Rouge.

Le moyen le plus simple pour partir à la découverte de la route des plantations est de louer une voiture. Les demeures étant relativement proches les unes des autres, vous pourrez en visiter quelques-unes en une ou deux journées. En une journée, il est possible de visiter sans trop se presser trois plantations, et en voir quelques autres depuis la route. Si vous n’avez pas envie de vous lancer dans un road trip et de conduire lors de votre séjour, vous pouvez opter pour une excursion au départ de Bâton Rouge ou de la Nouvelle-Orléans. La plupart des formules incluent le transport et les visites guidées des plantations.

La plupart des plantations se visitent avec des guides, il faut donc compter environ deux heures sur place par endroit (et réserver son créneau de visite à l’avance si possible). La plupart des plantations ne peuvent pas être visitées librement et nécessitent la réservation d’une visite guidée.

J'avais lu que la route en elle-même n’était pas très sexy et ce n’était pas une blague car cette portion du Mississippi est très industrielle ! Les plantations sont entourées de grosses usines. On ne voit même pas le fleuve puisque de grosses digues en béton (recouvertes d’herbe) ont été construites comme protection contre les crues. Cependant, même si ce n'est évidemment pas la plus jolie partie de la Louisiane que nous ayons vu, il est intéressant de voir tout ça. On se rend alors bien compte de l'importance du Mississippi, voie de transport importante à travers les États-Unis, auquel toutes les industries sont reliées. Le long de la route, il y a plusieurs endroits où on peut monter au sommet de la digue et enfin voir le Mississippi, notamment au niveau de ces plantations. C’est là que l’on découvre qu’il y a en fait une belle piste cyclable en haut de la digue, plutôt sympa !

Le meilleur moment pour partir sur la route des plantations en Louisiane est de février à juin. À cette période, le temps est sec et les températures douces (20/25°C).

Les Plantations Incontournables de la Route

Parmi les nombreuses demeures qui jalonnent la Route des Plantations, certaines se distinguent par leur histoire, leur architecture ou leur approche muséographique. Celles que nous avons choisies étaient, comme vous le verrez, très complémentaires !

Evergreen Plantation : Le Témoin Silencieux d'une Histoire Cinématographique

Sur la route depuis La Nouvelle-Orléans, un bref arrêt peut être fait à la Evergreen Plantation. Bien que nous n'ayons pas eu le temps de la visiter, elle est notable car il s’agit de la plantation où a en partie été tourné le film Django Unchained de Quentin Tarantino, un film qui transcrit bien la violence de l’esclavagisme. C'est également dans l'atelier du forgeron de la Whitney Plantation qu'une scène du film Django Unchained a été tournée.

Oak Alley Plantation : L'Allée Légendaire et les Histoires de Fantômes

La première plantation que nous avons visitée est la Oak Alley Plantation, sans doute la plus Instagrammable et Instagrammée à cause de cette fameuse allée de chênes centenaires. Cette plantation, qui serait hantée, a notamment servi de lieu de tournage au film Entretien avec un Vampire (avec Tom Cruise et Brad Pitt). La plantation Oak Alley est connue pour son allée de 28 chênes centenaires formant une avenue de 400 mètres de long qui lui a valu son nom (Oak Alley se traduisant par « allée de chênes »).

Vue aérienne de l'allée de chênes centenaires de Oak Alley Plantation

Bâtie en 1839, dans le style américain du Greek Revival, par Jacques Telesphore Roman, frère du gouverneur de Louisiane André Roman, Oak Alley se dresse au bout d’une somptueuse nef végétale. Parée de colonnes doriques blanches, cette maison cossue doit sa notoriété à sa photogénique allée de 28 chênes verts tricentenaires de 50 m de haut. Appartenant aujourd’hui à la Oak Alley Foundation, la propriété ouvre ses portes aux visiteurs. Les visites guidées sont effectuées par des guides habillés en costume d’époque. Plus glamour que ses voisines, Oak Alley raconte les fastueuses années, où se côtoyaient des femmes corsetées dans leur robe à crinoline et des gentilshommes amateurs de poker et de bonne chère. Différents propriétaires se succèdent jusqu’à son rachat en 1925 par Andrew Steward. La bâtisse, alors en piteux état, est restaurée par son épouse Joséphine, qui a grandi dans un ranch au Texas. Pour donner un nouveau départ à la Plantation, elle y élève du bétail.

Contrairement aux idées reçues, la plantation n’a pas accueilli le tournage d’Autant en emporte le vent (le site de Twelve Oaks était situé en Géorgie). Sur 1000 m2, les appartements dévoilent un style de vie opulent. Salons, salle à manger et chambres sont aménagés avec d’authentiques meubles d’époque. Placées exactement les unes en face des autres, les portes-fenêtres permettaient, une fois ouvertes, de canaliser l’air frais venu du fleuve, propulsé sous le tunnel végétal. La plus connue des plantations sur notre itinéraire en Louisiane possède un restaurant ouvert de 8h30 à 15h.

Laura Plantation : L'Histoire Crue des Familles et de l'Esclavage

Juste à côté de la Oak Alley Plantation qui attire les foules, nous avons continué avec la visite de la Laura Plantation, souvent mentionnée comme la meilleure visite de plantation et nous confirmons ! La visite guidée (en français en plus) était la plus intéressante des trois ! C’est une plantation créole et donc très colorée. Ça fait plus penser aux Antilles, et a rappelé un voyage en Martinique. Ce qui est aussi unique ici, c’est qu’on présente non seulement l’histoire de plusieurs générations de planteurs mais aussi de plusieurs générations d’esclaves, là où ailleurs on ne cite que très rarement ne serait-ce que leurs noms… Et dire que ces familles d’anciens esclaves ont continué à habiter dans les cases ici jusque dans les années 70, on a du mal à y croire en en visitant une !

La Plantation Laura est l’une des plantations les plus visitées de Louisiane, située à Vacherie, il s’agit d’une des dernières plantations créoles de Louisiane. Outre son architecture, cette plantation se distingue par son histoire. Elle a été construite en 1805 par Guillaume Duparc, un vétéran français de la Révolution américaine qui reçut le terrain par le président Thomas Jefferson en récompense de sa loyauté aux États-Unis. Tout commence en 1804, lorsque le normand Guillaume Duparc, vétéran de la marine française ayant combattu dans la Guerre d'indépendance américaine, fait construire l’Habitation Duparc : une superstructure en bois de cyprès, posée sur des pilotis de briques (avant que le Mississippi ne soit dompté par une haute digue, ses crues noyaient les domaines). La visite de Laura Plantation commence par la maison principale. Mais avant de découvrir l'intérieur, on visite le rez-de-chaussée où l'on apprend que cette batisse a été construite en 11 jours par un esclave sénégalais. Cette prouesse a été rendue possible par le fait que la maison est parvenue "en kit" sur la propriété, chaque morceau de bois étant numéroté.

À la mort de Guillaume en 1808, sa veuve Nanette Prud'homme prend les rênes de la petite sucrerie et la fait prospérer pendant des décennies. En visitant la Plantation Laura, vous pourrez ainsi découvrir près de 200 ans d’histoire. Vous en apprendrez plus sur les 4 générations qui ont géré le domaine. Cela a été possible grâce aux mémoires de Laura Locoul, l’arrière-petite-fille du fondateur de la plantation, mais aussi grâce à des documents provenant des Archives Nationales à Paris. Pendant 9 années, le site ne trouve pas d'acheteur et tombe en ruine petit à petit. En 1984, soit 180 ans après sa fondation, la plantation de canne à sucre est abandonnée. La propriété n'aura appartenu qu'à deux familles créoles et le français aura toujours été la langue parlée ici.

De l'architecture de la maison, on bascule doucement vers l'histoire de la famille Duparc qui a construit et vécu dans cette maison pendant 200 ans. L'histoire du lieu à travers la vie de 4 femmes, dont Laura, fait la force et l'intérêt de cette visite. La maison était divisée en deux parties : un côté pour les hommes et l'autre pour les femmes. Contrairement à la plantation que nous avons visité à Natchez, ici les pièces sont simples et la décoration assez sobre, on ne retrouve pas le faste et le luxe de la plupart des maisons de planteurs.

Comme nous vous le disions un peu plus haut, à Laura Plantation, on parle de la vie des esclaves et de ce qu'elle était réellement, ce qui est finalement (et malheureusement) assez rare sur les sites de plantation. Joseph Dunn, qui guide la visite en français lors de notre road trip en Louisiane, explique la complexité de la vie des esclaves, intrinsèquement liée à celle de leurs maîtres. Dans les cabanes du parc, il souligne la transition difficile après l’abolition. Les cabanes d'esclaves, construites elles aussi en bois, étaient généralement partagées par deux familles. C'est réellement une riche et émouvante visite sur ce site exceptionnel de Laura Plantation.

Houmas House : Élégance et Histoire Cinématographique

La troisième et dernière plantation que nous avons visitée sur la Route des Plantations fut la Houmas House. Esthétiquement, c’est celle que j'ai préférée ! Ses jardins sont sublimes et l’intérieur est toujours bien vivant car encore habité (et son propriétaire actuel a des goûts assez originaux !). Assez drôle, c’est une parisienne, expatriée depuis des années, qui nous a fait la visite en anglais !

Jardins fleuris de la Houmas House Plantation

La plantation Houmas House doit son nom à la tribu des Indiens Houmas qui vivaient sur cette terre, une grande courbe du fleuve Mississippi. La plantation a vu le jour lorsque Maurice Conway et Alexandre Latil se sont appropriés le terrain pour construire une maison de plantation en 1775. En 1774, deux colons français, Maurice Conway et Alexander Latil, construisent une première demeure sur le territoire d’une tribu amérindienne, dont elle a pris le nom.

Ce n’est qu’en 1840, que la grande demeure de style renaissance grecque, que l’on connaît aujourd’hui, fut construite par la fille du général Hampton, héros de la guerre d’indépendance. En 1829, le général Wade Hampton, grand propriétaire terrien, fait construire sur le même domaine une grande maison néoclassique à colonnade. Après sa mort, en 1858, ses enfants la vendent à John Burnside, planteur irlandais, qui l’agrandit considérablement : près de 5 000 ha et 550 esclaves. La colossale production qui en résulte lui vaut le surnom de "Sugar Palace" (le Palais du sucre). Mais au fil des décennies, guerre civile, fin de la main-d’œuvre gratuite et bouleversements économiques changent la donne.

Passée entre les mains de plusieurs propriétaires, elle est acquise en 1940 par le Dr George B. Crozat, qui commence à lui redonner son apparat d’antan. A sa disparition, en 2003, Kevin Kelly, un homme d’affaires de la Nouvelle-Orléans, se porte acquéreur lors de la vente aux enchères. Inlassable collectionneur aux goûts éclectiques, Kevin conserve dans son manoir meubles précieux, lustres en cristal, figurines Houma, et même une statuette du président Lincoln en argent massif. Sur les 38 ha du parc, entre chênes et jardins luxuriants, s’égrènent fontaines, jets d’eau ornées de nymphes, statues et sculptures contemporaines. Un peu à l’écart, Kevin a imaginé le Great River Road Museum. Inauguré en 2020, il raconte, à travers 14 thèmes, l’histoire du puissant Mississippi et la vie de ceux qui y vivaient.

Côté historique, Bette Davis a séjourné ici pendant le tournage du film d’horreur Hush Hush Sweet Charlotte. Plus récemment, The Green Book (Oscar du meilleur film 2019) a aussi été filmé ici.

Nottoway Plantation : Le Château Blanc du Sucre

Avant de quitter la Route des Plantations, nous nous sommes rapidement arrêtés à la Nottoway Plantation. Nottoway Plantation est la plus grande plantation Antebellum du Sud des États-Unis et l’une des demeures les plus impressionnantes de la route des plantations. Elle fut construite en 1849 par John Hampden Randolph pour y loger sa famille de 11 enfants. Il fit fortune dans la culture de la canne à sucre et fut propriétaire de 4 plantations réparties sur 3000 hectares. Elle est surnommée « White Castle » pour sa couleur blanche et son style néo-classique. Comme pour la plupart des autres plantations, de nombreux esclaves ont continué de travailler en tant qu’hommes « libres » dans le domaine après la guerre civile et l'abolition de l'esclavage.

Destrehan Plantation : La Plus Ancienne et son Rôle Historique

Située à une dizaine de kilomètres de la Nouvelle-Orléans, il s’agit de la première plantation accessible depuis la ville. C’est aussi la plus vieille plantation de la vallée du Mississippi. Assise sur des piliers en brique, coiffée d’un toit à double pente selon le style colonial de l’époque, cette demeure achevée en 1790 était le foyer de la famille Destrehan. Jean-Noël, le patriarche, a joué un rôle important dans l'histoire locale. Nommé par Thomas Jefferson au Conseil législatif territorial, il a contribué à l’intégration de la Louisiane dans les États-Unis après son achat en 1803. Il a également été juge lors des procès des meneurs de la grande rébellion de 1811 (déjà évoquée à Whitney Plantation). En effet, dopés par la réussite de l’insurrection noire en Haïti, qui s’est soldée par la liberté et l’autonomie en 1804, les esclaves louisianais se sont révoltés à leur tour quelques années plus tard. Un petit musée aménagé dans une cabane du parc abrite une exposition sur ce soulèvement.

La plantation cultivait de l’indigo, une plante utilisée pour teindre les uniformes des armées européennes, ainsi que la canne à sucre. Le couple faisait partie des planteurs les plus riches de l’état. Plus de 200 esclaves y étaient exploités. Quant à son architecture, la Destrehan Plantation se caractérise par une imposante façade ornée de 8 colonnes et d’un toit à double pente.

Whitney Plantation : Un Hommage à la Mémoire des Esclaves

La plantation Whitney est un formidable complément aux autres visites, cette plantation est l'une des seules à présenter les choses exclusivement sous l'angle de l'esclavage, problématique centrale des cultures. En 1867, le nouveau propriétaire, l’homme d’affaires new-yorkais Bradish Johnson, la renomma Whitney Plantation pour honorer son petit-fils Harry Whitney, écrivain et explorateur de l’Arctique. En ruine, elle est entrée en 1990 dans l’escarcelle de la Formosa Chemical Corporation, qui voulait construire sur le domaine la plus grande usine de rayonne au monde (une fibre textile artificielle à base de cellulose). Mais face au tollé général, elle a finalement été acquise par John Cummings, riche avocat blanc de la Nouvelle-Orléans.

Outre l’exposition historique dans le bâtiment d’accueil et la grande maison assez dépouillée, la visite se concentre à l’extérieur. Un mémorial affiche 216 plaques de granit sur lesquelles sont gravés les prénoms de 107 000 esclaves, qui ont vécu en Louisiane avant 1820. À côté, s’égrènent diverses structures reconstruites selon leur conception initiale : baraquements d’esclaves, ponctués ici et là de statues d’enfants, atelier du forgeron, cage-prison, bouilloires en fer utilisées pour le jus de canne.

Hébergement et Restauration sur la Route des Plantations

Sachez également que plusieurs plantations ont été transformées en bed & breakfast de luxe où vous pourrez passer la nuit (comme le Oak Alley Plantation Bed & Breakfast, le Nottoway Plantation & Resort ou The Inn at Houmas House). Si les plantations sont ouvertes au public pour des visites, certaines proposent même aux visiteurs de séjourner sur place. En effet, plusieurs d’entre elles ont été transformées en Bed & Breakfast et sont même considérées comme les meilleurs hébergements de la région. L'étape la plus luxueuse, spacieux et romantiques, les 21 cottages joliment aménagés de la Houmas House, qui mixent pièces anciennes et contemporaines, offrent des prestations comparables à celles des grands hôtels.

Le midi, nous nous sommes arrêtés pour manger à The Cabin, un restaurant à la déco originale, qui occupe d’anciennes cabanes d’esclaves. On y trouve de la cuisine créole et cajun (j'ai pris un jambalaya) et de la cuisine américaine classique (monsieur a pris un burger). Dans un décor qui ne paie pas de mine, cette adresse, très prisée par les locaux, offre un large choix de crabes, crevettes, huîtres et autres fruits de mer d’une incroyable fraîcheur et à des prix très abordables.

Road trip en Louisiane 🇺🇸 : plantations, bayous et culture cajun

Au-delà des Plantations : Explorer la Louisiane et ses Environs

La Route des Plantations s'inscrit souvent dans un itinéraire plus large à travers la Louisiane, permettant de découvrir d'autres facettes de cet État unique.

La Nouvelle-Orléans : Le Berceau du Jazz et de la Culture Créole

Après avoir visité pendant plusieurs jours La Nouvelle-Orléans, nous avons repris la route pour passer une journée sur la Route des Plantations le long du Mississippi. À l'arrivée à La Nouvelle-Orléans, on peut s'installer pour trois nuits dans une jolie maison typique du Faubourg Marigny, à quelques minutes de l'effervescence du Quartier Français. Malgré cette proximité, on jouit ici d'un calme et d'une intimité insoupçonnés. Le porche sur la rue, les parquets qui craquent, la décoration un tantinet rétro : on est bel et bien dans le Sud des États-Unis. Cachée à l'arrière de la maison, prête à parer à la chaleur des beaux jours, se trouve une agréable petite piscine.

Il faut découvrir "Nawlins" par son histoire et celle du relief de sa skyline, bien sûr. Mais la ville égrène aussi les bars de jazz comme autant de terrains d'expression de son identité profondément musicale. Il suffit, pour en prendre conscience, de porter ses pas vers l'ancien quartier commerçant de Warehouse District, le Garden District sillonné par les tramways aux cliquetis sonores ou le long de Frenchmen Street dans le Faubourg Marigny.

On peut faire une visite de New Orleans dans les pas d'une locale francophone. Votre guide du jour n'en est pas vraiment une : ancienne professeure de français, elle est installée ici depuis une vingtaine d'années. Passionnée d'histoire, elle est intarissable sur les "Free People of Color", ces gens de couleurs libres dont le rôle a été déterminant dans l'évolution de la ville. Gagner le quartier d'Algiers, de l'autre côté du Mississippi, boudé des visiteurs et pourtant si riche, est également une option.

Le Faubourg Tremé, délimité par Esplanade Avenue à l’est, Saint Louis Street à l’ouest, North Broad Street au nord et North Rampart Street au sud, est l’un des vieux quartiers de La Nouvelle-Orléans. Au XIXe siècle, à une époque où l'esclavage a encore cours, il s'impose comme un lieu libre et symbolique où les gens de couleur viennent se réfugier. Nombreux sont les noirs libres à s'y installer, y ouvrir des commerces et animer la zone au son du jazz. Sans surprise donc, Tremé voit naître de nombreux grands noms du genre.

On peut profiter d'une journée pour flâner aux abords du quartier français à l’architecture si particulière. Continuer ensuite dans l’Arts district où vous trouverez de nombreux musées et galeries d’arts nichés à l’intérieur d’anciens entrepôts. Dans l’après-midi, prendre le célèbre tramway « nommé désir », fidèle à l’univers de Tennessee Williams, qui vous mènera au Garden District, quartier qui doit son nom aux nombreux parcs et jardins truffés de propriétés ante-bellum.

Le Garden District est l'un des rares lieux qui incarne encore l'élégance du vieux Sud avec ses superbes demeures Antebellum d'avant la guerre de Sécession. L'hôtel peut être niché dans une très belle maison victorienne de la fin du XIXe siècle. Partout, que ce soit dans les espaces communs ou dans les chambres, les volumes et hauteurs sous plafond sont impressionnants. Quant à la décoration, elle prend tout son sens dans une bâtisse classée monument historique : mobilier ancien, antiquités, papiers peints, parquets cirés, lustres rococo, baignoires à pattes de lion… Dans le jardin planté de magnolias, même charme, même harmonie, une véritable invitation à la détente. Virée à bord du mythique tram Streetcar est à faire. Avec une première ligne inaugurée en 1835, c'est l'un des plus anciens tramways du monde encore en activité.

St Francisville : L'Époque des Grandes Plantations de Coton

Sur la route pour St Francisville, petite bourgade typique du Sud dotée de très beaux édifices classés "Historic Places". La ville et ses environs renvoient les visiteurs à l'univers des grandes plantations de coton du XIXe siècle, à leur architecture souvent grandiloquente, à leur fonctionnement, mais aussi aux terribles conditions de travail imposées aux esclaves noirs. On peut s'installer pour la nuit dans une bâtisse dont le style évoque celui des plantations. À l'intérieur, chacune des pièces possède un caractère propre grâce à une décoration recherchée. Vases Ming, chandeliers et piano à queue donnent une esthétique rococo au salon quand le bar affiche une combinaison d'éléments victoriens et français. Au coin du feu, on sirote les meilleurs bourbons américains sur fond de jazz. Quant aux chambres, elles assurent le charme des vieilles maisons de Louisiane tout en offrant un confort de premier choix grâce à des équipements modernes.

Le Pays Cajun et Breaux Bridge : Immersion dans les Bayous

Route pour le pays cajun et Breaux Bridge, à quelques miles au nord-est de Lafayette, où l'on peut poser ses valises pour deux nuits. Le bed and breakfast a su tirer parti du charme de la campagne de Louisiane : face à un lac, quelques cottages en bois s'entourent de chênes centenaires. Aménagés de façon traditionnelle - meubles en bois, tissus anciens, lampes d'époque - ils sont à la fois intemporels et très confortables pour notre siècle.

Au programme, une visite guidée du site historique de Longfellow-Evangeline. Situé sur les rives du bayou Teche, à Saint-Martinville, ce site doit son nom au célèbre poème Evangeline écrit en 1847 par Henry Wadsworth Longfellow. Ce dernier raconte l'expulsion en 1755 du peuple acadien (descendants des premiers colons français) du Canada. Certains d'entre eux émigreront en Louisiane et deviendront le peuple cajun. La sortie est l'occasion d'aborder - en compagnie d'un guide francophone privé - la Maison Olivier, une plantation créole qui cultivait autrefois de l'indigo, du coton et du sucre.

Également au programme, une navigation dans le bayou d’Atchafalaya. Le bassin est l'un des écosystèmes les plus importants des États-Unis, riche d’une grande variété de faune et de flore. Avec ses cyprès à l'aspect fantomatique tapissés de mousse, le paysage prend des airs de monde perdu.

Bayou de Louisiane avec cyprès et mousse espagnole

Darrow : Entre Plantations et Sauce Tabasco

Route pour Darrow, à mi-chemin entre Baton Rouge et New Orleans. Depuis Breaux Bridge, on rejoint habituellement la ville par le nord, fendant l’Atchafalaya National Wildlife Refuge fréquenté la veille. En option, passer par le sud permet d'inspecter l'usine de la fameuse sauce piquante Tabasco en compagnie d'un guide francophone privé. Après avoir enjambé le Mississippi, arrivée à Darrow. On peut s'installer pour la nuit au bord du fleuve. L'hôtel s'épanouit au cœur d’une superbe plantation de quinze hectares. Le style du début des années 1800 promet un voyage dans le temps. Devant les chambres de plain-pied, le porche permet de contempler à loisir les jardins, grandioses et superbement entretenus.

Natchez et Vicksburg : Sur les Traces de l'Histoire du Mississippi

Après la Route des Plantations, on peut continuer à suivre le cours du Mississippi jusqu’à l’état du même nom vers Natchez. Sur la route, faire un arrêt par les majestueux jardins à la française de la Rosedown plantation. À Natchez, se promener au bord du Mississippi où l’on pourra admirer les bateaux à aubes qui y naviguent, et pourquoi pas monter à bord pour une croisière, vous apercevrez peut être le célèbre American Queen. Visiter ensuite le quartier historique avec ses luxueuses demeures que l’on peut visiter. On peut profiter de la matinée pour refaire un tour de ville avant de reprendre la route vers Vicksburg dans l’état du Mississippi. Cette ville offre un passionnant témoignage de la Guerre de Sécession et de la vie quotidienne du Sud provincial contemporain.

Natchez est une charmante ville au riche passé colonial. On peut y visiter des manoirs d’avant-guerre de Sécession, puisqu’à l’époque, de nombreux milliardaires y vivaient. Le Manoir Stanton et la demeure de Longwood figurent parmi les plus prestigieuses, et méritent franchement que vous vous y arrêtiez. Sa construction n’a jamais été achevée, ce qui vous permettra d’analyser méticuleusement l’architecture. En soirée, rendez-vous au Saloon Under the Hill, un bar où l’ambiance et le décor typique « saloon » finiront assurément votre séjour à Natchez sur une bonne note.

Natchitoches et Lafayette : Le Cœur de la Culture Cajun et Acadienne

De retour en Louisiane, se diriger vers la plus ancienne des colonies françaises de l’état. À Natchitoches, se balader dans le quartier historique où l’on pourra faire quelques emplettes et goûter à la spécialité locale : le Natchitoches Meat Pie. Poursuivre le voyage en direction de Lafayette, faire un stop par Alexandria, située au cœur de la Louisiane. On arrivera ensuite dans la capitale du pays Cajun, les descendants des Acadiens, dont vous pourrez retracer l’histoire à l’Acadian village au sud-ouest de la ville. Regagner la région des plantations en direction de votre plantation pour deux nuits : « La Maison Cajun ». Profiter du repos et du calme de votre demeure ou partir en excursion à la découverte des richesses de la région.

Architecture créole colorée dans un village acadien

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