Scarification : Comprendre un Appel à l'Aide Silencieux

Jeune femme pensive avec des marques sur le bras

La scarification, une forme d'automutilation, est un sujet complexe et souvent mal compris, qui révèle une profonde douleur psychique. Ce comportement, qui consiste à s'infliger des blessures cutanées superficielles, est majoritairement observé chez les adolescents et les jeunes adultes, bien que les adultes puissent également y recourir en cas de problèmes de santé psychique. Il ne s'agit généralement pas d'une tentative de suicide, mais plutôt d'une technique de gestion de la détresse émotionnelle, une manière d'exprimer une souffrance qui ne peut se dire autrement. L'acte de se faire du mal est un signal d'alarme, une manifestation physique d'un mal-être intérieur intense.

Qu'est-ce que la scarification et pourquoi y a-t-on recours ?

La scarification est une incision cutanée superficielle, souvent réalisée par une personne sur son propre corps, entraînant dans la plupart des cas des saignements ou l'écoulement de fluide séreux. Ces coupures sont le résultat d'un acte d'automutilation effectué sans intention suicidaire. Ce comportement à risque est une technique mise en place par la personne en grande souffrance psychique pour soulager son anxiété. Elle peut résulter d'une forte angoisse, d'un puissant mal-être (dépression, troubles du comportement alimentaire, harcèlement, etc.), d'antécédents traumatiques ou de maladies psychiatriques. Elle peut être considérée comme une alternative au suicide chez l'adolescent.

Les personnes qui se scarifient le font souvent pour communiquer leur détresse, pour exprimer leur mal-être et pour soulager une colère intense. La scarification permet de soulager une très grande tension intérieure liée à des souvenirs douloureux ou à des circonstances difficiles. C'est un procédé auto-calmant qui apaise passagèrement la tension interne. En blessant son corps, on communique aux autres nos blessures, créant ainsi un lien et attirant l'attention sur son mal-être, demandant indirectement de l'aide.

Schéma illustrant le cycle de l'automutilation

L'automutilation se caractérise par des blessures physiques et directes qu'une personne s'inflige à elle-même. Ces blessures peuvent être plus ou moins sévères. Les personnes concernées peuvent percevoir l'automutilation comme une forme d'exutoire, un moyen de soulager leur trop grande souffrance émotionnelle. Les automutilations sont donc souvent vécues comme une forme de régulation de la détresse émotionnelle, aux yeux de la personne qui les pratique.

De nombreuses personnes qui s'automutilent sont aux prises avec une détresse intolérable ou des situations insupportables. Elles souffrent souvent de cette manière pendant un certain temps avant de s'automutiler. Parmi les problèmes courants, on retrouve le fait de se sentir déprimé, d'avoir une mauvaise image de soi-même, des abus physiques ou sexuels, des problèmes relationnels avec le partenaire, les amis ou la famille, ou encore le chômage ou des difficultés au travail.

La scarification est un acte qui, dans la majorité des cas, remplace la parole : elle manifeste une grande détresse que l'on a du mal à exprimer par des mots. C'est un geste à la fois transgressif et agressif par lequel le sujet retrouve une certaine représentation de lui-même et reprend le contrôle de la situation. Dans son ouvrage "Ados : scarifications et guérison par l'écriture", Catherine Rioult souligne que les scarifications revêtent une dimension de coupure symbolique du lien entre les parents et l'adolescent, autrement dit l'autonomisation. L'auteure ajoute que ce marquage du corps, plus ou moins agressif contre soi-même mais aussi contre l'entourage, est aussi un moyen de se réapproprier ce corps fait par les parents.

Qui est le plus susceptible de s'automutiler et quels sont les signes ?

L'automutilation survient le plus souvent chez les adolescents et les jeunes adultes. Les filles s'automutilent plus que les garçons et ont tendance à commencer à un âge plus précoce. Cependant, certains experts affirment que les types de comportements d'automutilation auxquels ont recours les garçons sont plus violents et plus dangereux. Une étude de mai 2024, de la Drees et Santé Publique France, a révélé une augmentation "brutale et inédite" du nombre de jeunes filles de 10 à 19 ans hospitalisées pour automutilation, ce nombre ayant doublé entre 2012 et 2020, puis de nouveau doublé en seulement deux ans, entre 2020 et 2022.

Plusieurs facteurs peuvent accroître le risque d'automutilation. Il y a plus de risques que vous vous automutiliez si vous vous sentez incompris ou non écouté, désespéré, isolé et seul, ou si vous avez le sentiment d'avoir perdu le contrôle de la situation. Les jeunes qui visitent des sites Web liés à la scarification et l'automutilation sont également plus susceptibles de se scarifier. De nombreuses personnes qui s'automutilent peuvent être dépendantes de l'alcool ou de drogues, mais cela n'est pas toujours le cas.

Automutilation: comprendre pour combattre

Il peut être difficile de détecter quand quelqu'un se fait du mal, car la scarification est souvent pratiquée en cachette par honte et par peur. Les coupures et égratignures fraîches, les morsures et les brûlures peuvent toutes être des avertissements d'automutilation lorsqu'elles se produisent fréquemment. D'autres signes physiques peuvent inclure des cicatrices, des ecchymoses et des plaques, en particulier ceux qui indiquent une répétition. Une personne sujette aux accidents ou qui porte des manches longues ou des pantalons longs même quand il fait chaud peut être en train de dissimuler les scarifications.

Les comportements d'automutilation se produisent souvent en secret et concernent les endroits du corps faciles à cacher. Les signes peuvent inclure des plaies inexpliquées ou des grappes de coupures. L'utilisation intensive de vêtements amples, à manches longues, même quand il fait chaud, ou de bandages sert à "montrer-cacher" les blessures. La facilité de dissimulation des marques d'automutilation et des blessures, associée au manque de sensibilisation sociale généralisée à l'automutilation, rend difficile l'identification des signes avant-coureurs.

Donald Winnicott, dans "Jeu et réalité", a écrit : « Si se cacher est un plaisir, ne pas être trouvé est une catastrophe. » On peut paraphraser cela en disant que pour le jeune, cacher ses scarifications est un test pour l'amour parental. S'ils s'intéressent à moi (donc m'aiment), ils vont découvrir que je me scarifie et ils vont comprendre que je souffre. En conséquence, la scarification peut être difficile à détecter, la plupart des jeunes qui s'automutilent sont capables de cacher ce comportement à leurs amis et surtout à leur famille.

Les sensations procurées par l'automutilation et ses conséquences

Généralement, la scarification cause de la douleur. Mais ceux qui s'automutilent recherchent cette douleur pour avoir le sentiment d'exister. Ils sont généralement soulagés temporairement par la douleur. En effet, la scarification constitue un procédé auto-calmant qui apaise passagèrement la tension interne. L'automutilation peut donner une sensation de contrôle et réduire les sensations inconfortables de tension et de détresse. Si vous vous sentez coupable, cela peut vous donner l'impression de vous punir. Quoi qu'il en soit, cela peut devenir une manière de gérer des émotions négatives et une détresse.

Gros plan sur une main avec des cicatrices, symbole de la douleur cachée

La scarification est un acte sérieux qui comporte de multiples risques tant pour la santé mentale que physique. En incisant la peau de différentes parties du corps à l'aide d'objets tranchants non stériles, il existe un risque de contracter une infection locale, notamment si la plaie n'est pas traitée. Certaines scarifications profondes vont nécessiter la réalisation de points de suture pour refermer la peau et stopper une hémorragie. Ces actes d'automutilation vont également parfois laisser des cicatrices à vie, plus ou moins visibles.

L'automutilation est la manifestation physique d'un profond mal-être psychique et elle accentue la dégradation de l'état mental du patient atteint. Les personnes qui s'infligent des scarifications peuvent se sentir honteuses et coupables de leur comportement auto-agressif. Elles peuvent avoir l'impression d'être des personnes décevantes car elles ne se sentent plus dignes de l'amour de leurs proches. En effet, les personnes qui se scarifient peuvent être affectées par la honte, la culpabilité, la dépression, l'anxiété, les troubles de l'image corporelle, les problèmes relationnels et les troubles du sommeil.

Elles auront tendance à cacher les traces sur leur corps en portant des vêtements amples, des vêtements à manches longues ou à refuser de se déshabiller dans les vestiaires. Toutes ces stratégies demandent beaucoup d'énergie psychique et une vigilance accrue pour ne pas se faire prendre et être des personnes que l'on va traiter de folles. L'anxiété de ne pas pouvoir canaliser les tensions internes peut entraîner des troubles du sommeil. Les pensées intrusives et récurrentes qui arrivent généralement à la tombée de la nuit empêchent de dormir. La préoccupation à propos de ce mal qui peut déborder à tout moment crée une hypervigilance entraînant de la fatigue et de l'agressivité. Dans de nombreux cas, le manque de concentration et d'attention rendent difficile tout processus d'apprentissage scolaire ou professionnel.

Lorsque la peur et l'hypervigilance sont présentes, la dépression n'est pas très loin. En effet, la dépression est présente chez les personnes qui se scarifient. Les symptômes de la dépression sont la tristesse, l'apathie, la perte d'intérêt pour les activités et la fatigue. Lorsque le désespoir s'installe, l'élan vital se meurt et les pensées mortifères apparaissent. Les lésions sur le corps peuvent avoir des conséquences graves sur la santé physique, car les lésions peuvent s'infecter et entraîner des complications cutanées. Mais les personnes qui en souffrent n'arrivent pas à se représenter de tels dangers.

Les scarifications peuvent également avoir un impact négatif sur les relations avec autrui. Les personnes atteintes de ces troubles peuvent avoir des difficultés à se socialiser et à maintenir des relations amoureuses, amicales ou familiales. Elles peuvent être distantes, isolées et avoir du mal à communiquer leurs besoins et leurs sentiments aux autres. Certains peuvent utiliser les scarifications comme chantage affectif. D'autres encore, n'hésitent pas à montrer leurs bras pour sidérer voire terrifier leur interlocuteur. C'est pourquoi il est important que le soin puisse concerner le sujet en souffrance et son entourage familial et/ou affectif.

Les différents types de scarification

Les blessures peuvent être occasionnées par un objet tranchant tel qu'un cutter, un couteau, des lames de rasoir, une pointe de compas, ou un bout de verre. Dans la plupart des cas, ces marques corporelles sont représentées par des lignes (qui deviendront à terme des cicatrices si la scarification dure dans le temps) sur les membres supérieurs (poignets, bras) et/ou sur les membres inférieurs (cuisses). Les scarifications sur la poitrine, le ventre, le dos, le visage ou encore les organes génitaux sont plus rares. Certaines personnes pratiquant la scarification pourront également "graver" dans leur épiderme des symboles ou des mots.

Infographie présentant les différents types d'automutilation

Il est important de noter que d'autres expressions existent pour décrire l'automutilation mais elles sont démodées et inappropriées. Par exemple, l'expression "automutilation délibérée" n'est plus utilisée car elle donne l'impression que c'est de la faute de la personne, et que son automutilation est un acte planifié calmement, et non le résultat d'une angoisse émotionnelle ou d'une détresse intense. De même, les termes "suicide/parasuicide" suggèrent que s'automutiler signifie vouloir se tuer, ce qui est rarement le cas.

Quand s'inquiéter et comment trouver de l'aide ?

Il est indispensable d'intervenir rapidement si vous constatez ce type de pratique chez l'un de vos proches. Si votre santé mentale se détériore et que vous avez recours à l'auto-mutilation, il est indispensable de ne pas rester seul. Faites part de votre mal-être à un proche qui pourra vous accompagner dans cette période difficile ou tournez-vous vers votre médecin traitant qui pourra vous rediriger vers un professionnel de la santé mentale tel qu'un psychologue ou un psychiatre.

La scarification n'est pas un acte anodin. Il relève d'une profonde détresse psychologique. Si vous songez à vous auto-mutiler ou si vous constatez que l'un de vos proches a recours à ce genre de comportement, il est nécessaire d'en parler pour ne pas s'enfermer dans son mal-être. Il n'est jamais facile d'exprimer ses souffrances et de trouver des solutions seul lorsque l'on traverse une période difficile. La peur du jugement est souvent présente alors que la bienveillance et l'échange doivent être de rigueur. N'hésitez pas à vous tourner vers une personne de confiance, un parent, un ami, un professionnel de la santé mentale ou un infirmier scolaire si vous êtes à l'école. Toutes les oreilles attentives sont bénéfiques pour trouver de l'aide.

Pour les plus jeunes, des lieux tels que les Points Accueil Écoute Jeunes (PAEJ), ou les Maisons Des Adolescents (MDA) sont à votre écoute. Il vous sera ainsi possible de rencontrer des professionnels de santé comme des psychologues. Des solutions existent, ne restez pas seul face à ce type de pathologie.

Automutilation: comprendre pour combattre

Le rôle des parents

Lorsque des parents ont un enfant qui se scarifie, certains ne disent rien de peur d'être rendus responsables. Ces derniers se sentent coupables alors qu'eux-mêmes sont terrifiés à l'idée même que leur enfant se fasse du mal. Les parents se sentent seuls et isolés. Dans un premier temps, ils tentent de trouver des solutions en interne avec des réactions parfois contre-productives qui vont aggraver le symptôme. Au sein de la famille, les scarifications créent effectivement des conflits. Les parents ont à cœur de voir leur enfant en bonne santé. Un parent qui aime son enfant ne veut pas le voir se faire du mal. Ainsi, lorsque les mots ne suffisent pas et que la communication avec son enfant devient impossible, certains parents vont employer les cris, voire la violence verbale et/ou physique. D'autres parents vont menacer de faire hospitaliser leur enfant en hôpital psychiatrique. Mais de telles pratiques ne servent à rien. Bien au contraire, elles ne font que renforcer les défenses de la forteresse dans laquelle son enfant s'est enfermé.

Les parents veulent généralement le « meilleur » pour leurs enfants. Lorsqu'il s'avère que leur enfant s'automutile, c'est souvent un choc énorme pour eux. Entamer une conversation sans jugement sur les sites et sur la santé mentale en général peut aider les parents à déterminer si leur adolescent passe à l'acte et ensuite le protéger de sa souffrance. Ne pas menacer : de nombreux parents peuvent recourir à la menace pour tenter de faire face à ce comportement chez leurs enfants. Le fait d'accuser ou de menacer ne fera que pousser les personnes concernées à cacher davantage leur maladie et à la nier.

Le rôle du psychologue clinicien et les traitements

La constatation de scarifications doit toujours conduire à une évaluation soigneuse par le médecin traitant avant un éventuel recours à un psychologue clinicien, voire à un psychiatre dans certains cas. Il ne faut jamais banaliser un tel acte. L'accompagnement du jeune et de ses parents a pour objectif de soulager la souffrance sous-jacente et d'aider le jeune à trouver d'autres moyens de résolution de sa souffrance psychologique. La recherche d'un traumatisme de l'enfance ou plus récent, à l'origine des scarifications, est à rechercher systématiquement : violences subies, maltraitance, abus sexuel, harcèlement, etc.

Médecin discutant avec un adolescent et ses parents

Le soin consiste à entrer en connexion avec la personne, à comprendre son fonctionnement et à ne pas être là pour lui donner des leçons de morale qui seraient vécues comme une agression, mais à trouver ensemble des solutions pour lutter contre ces symptômes. Il est important de chercher de l'aide si votre enfant, l'un de vos proches ou vous-même souffrez de scarifications.

Parler à un professionnel, par exemple, votre médecin généraliste ou un professionnel de la santé mentale, qui devrait pouvoir vous orienter vers le support qui vous convient. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) peut être un traitement efficace pour faire face à l'automutilation non suicidaire. Cette thérapie consiste à s'attaquer aux schémas de pensée négatifs sous-jacents ainsi qu'aux comportements nuisibles eux-mêmes. Il existe plusieurs traitements par des conversations en tête à tête qui peuvent vous aider, tels que la thérapie qui résout les problèmes, la TCC et la psychothérapie psychodynamique.

Vous pourrez peut-être trouver utile de parler, en gardant l'anonymat, à quelqu'un de ce qui vous arrive. Savoir que quelqu'un d'autre comprend ce que vous vivez peut vous aider à vous sentir moins seul face à vos problèmes. Cela peut aussi vous aider à les examiner plus clairement et peut-être même à voir de nouvelles façons d'aborder vos problèmes. Vous pouvez utiliser le téléphone ou l'internet. Certaines lignes d'assistance téléphonique sont répertoriées à la fin de ce dépliant.

Les groupes d'entraide sont des groupes de personnes qui pourraient penser à se faire du mal de temps en temps, et qui se retrouvent régulièrement pour se soutenir mutuellement tant sur le plan pratique qu'émotionnel. Partager vos problèmes avec d'autres peut vous aider à vous sentir moins seul. D'autres dans le groupe auront eu certainement des expériences similaires.

L'automutilation est souvent liée à une crise dans une situation avec une relation proche. Il peut être utile d'obtenir des conseils et du soutien concernant la relation. Cela peut être un processus difficile, mais qui pourrait être meilleur à long terme. Une réunion familiale avec un thérapeute peut aider les membres de la famille à se parler plus clairement et à mieux écouter. Cela peut aider un autre membre de la famille à mieux comprendre ce que vous ressentez et peut vous aider à affronter les zones de stress et de conflits. Cela peut ne pas être approprié si, par exemple, vous avez été victime de violence de la part d'un membre de votre famille.

La thérapie de groupe est différente d'un groupe d'entraide. Un professionnel dirigera (ou facilitera) le groupe pour aider les membres à faire face aux problèmes qu'ils partagent. Il n'existe pas encore beaucoup de preuves suffisantes quant aux thérapies qui fonctionnent bien pour les personnes qui s'automutilent ou qui envisagent de le faire. La Thérapie Cognitivo-Comportementale semble être utile, tout comme une combinaison de thérapie de résolution de problèmes et de Thérapie Cognitivo-Comportementale. Un professionnel de la santé fera des suggestions basées sur vos problèmes individuels, vos préférences, et sur ce qui est disponible localement.

Si vous vous faites mal et que vous avez besoin de traitement, vous avez le droit d'être traité avec courtoisie et respect par les médecins et les infirmières du service des urgences. De nombreux services d'urgence disposent désormais d'un accès facile à un professionnel de santé qui connaît bien l'automutilation. Il peut s'agir d'une infirmière psychiatrique, d'un médecin ou d'un travailleur social. Ils discuteront avec vous de ce que vous ressentez et trouveront des moyens pour vous aider. L'équipe peut vouloir procéder à une évaluation des risques en passant en revue un questionnaire avec vous.

Comment s'aider soi-même et aider un proche

Quand l'envie de vous faire mal survient, rappelez-vous que ces envies passent après un certain temps. Si vous pouvez supporter votre souffrance sans vous automutiler un certain temps, cela pourrait devenir plus facile pendant les prochaines heures. Vous pouvez : parler à quelqu'un - si vous êtes seul vous pourriez peut-être téléphoner à un ami ou utiliser une ligne d'assistance téléphonique. Si vous êtes dans un environnement qui vous fait sentir plus mal, essayez de trouver un moyen de vous en éloigner. Distrayez-vous en sortant, en écoutant de la musique, ou en faisant quelque chose qui vous intéresse. Détendez-vous et concentrez votre esprit sur des pensées agréables et positives. Trouvez une autre façon d'exprimer vos sentiments, par exemple en pressant des glaçons (que vous pouvez préparer avec un jus rouge si l'aspect du sang est important) ou simplement dessiner des lignes rouges sur votre peau. Infligez-vous une « douleur anodine », mangez un piment fort ou prenez une douche froide. Prenez soin de vous, autorisez-vous à faire quelque chose que vous aimez. Écrivez un journal ou une lettre, pour expliquer ce qui vous arrive. Personne d'autre n'a besoin de lire ce que vous avez écrit.

Quand l'envie est passée, et que vous vous sentez en sécurité, réfléchissez aux moments où vous vous êtes automutilé et sur ce qui vous a aidé (si tel est le cas). Rappelez-vous de la dernière fois quand vous n'avez pas eu envie de vous automutiler, et reprenez le fil de vos pensées à partir de ce moment-là. Pensez à l'endroit où vous étiez, avec qui vous étiez, et à ce que vous ressentiez. Essayez de comprendre pourquoi vous aviez commencé à vouloir vous automutiler. Votre automutilation vous a-t-elle donné un sentiment de liberté, de soulagement, ou de contrôle ? Essayez de trouver quelque chose à faire qui pourrait vous donner le même résultat, mais sans vous nuire. Si d'autres personnes étaient au courant, comment ont-elles réagi à votre automutilation ? Auriez-vous pu faire autre chose ? Faites un enregistrement audio. Parlez de vos points forts et de pourquoi vous ne voulez pas vous automutiler. Ou demandez à quelqu'un en qui vous avez confiance de le faire. Lorsque vous commencez à vous sentir mal, écoutez-le pour vous rappeler toutes les bonnes choses qui sont en vous et qui valent la peine. Organisez un plan de crise avec quelqu'un au lieu de vous automutiler. Assurez-vous de pouvoir contacter rapidement quelqu'un pour vous aider à contrôler votre envie de vous automutiler. Il se peut que, pendant que vous parlez, l'envie de vous faire du mal commence à disparaître.

Si vous décidez que vous ne voulez pas arrêter de vous automutiler, vous pouvez toujours réduire les dommages causés à votre corps en utilisant une méthode moins nocive. Continuez à réfléchir à la manière de résoudre les problèmes qui vous poussent à vous automutiler et de temps en temps, revoyez votre décision de ne pas arrêter.

Deux personnes se tiennent la main, symbolisant le soutien

Il peut être très bouleversant d'être proche d'une personne qui s'automutile, mais il y a des choses que vous pouvez faire. La plus importante est d'écouter sans la juger et de ne pas la critiquer. Cela peut être très difficile si vous êtes bouleversé, effrayé ou en colère à cause de ce qu'ils font. Essayez de vous concentrer sur elle plutôt que sur vos propres sentiments, même si cela peut être difficile.

Ce qu'il faut faire : Parlez à la personne lorsqu'elle a envie de s'automutiler. Tout d'abord, essayez de reconnaître et de comprendre ses sentiments. Vous pourrez peut-être ensuite parler de choses plus positives. Aidez-la à s'informer sur l'automutilation. Vous pouvez lui montrer ce dépliant, trouver des ressources sur internet ou à la bibliothèque locale. Renseignez-vous sur la manière d'obtenir de l'aide, proposez-lui peut-être de l'accompagner chez quelqu'un, par exemple son médecin généraliste. Aidez-la à voir son automutilation comme un problème ordinaire qui nécessite du soutien et de la compréhension, et non comme quelque chose d'honteux ou de fou. Offrez un soutien sans porter de jugement : dans de nombreux cas, les personnes qui s'automutilent ont tendance à s'autocritiquer et à se sentir dévalorisées.

N'oubliez pas que l'automutilation peut mettre les gens en danger, non seulement parce qu'elle est associée à un comportement suicidaire, mais aussi parce que se couper ou se blesser peut présenter un risque pour la santé physique. Si vous vous automutilez, vous devez consulter un médecin ou un thérapeute dès que possible.

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