Les champignons lignivores jaunes sur broyat de bois : Comprendre et prévenir ces destructeurs silencieux

Les champignons lignivores représentent une menace sérieuse pour l'intégrité de nos habitations, se nourrissant des éléments ligneux et pouvant causer des dégâts considérables. Si certains indices peuvent alerter, seul un diagnostic professionnel permet d'identifier avec certitude leur présence et de mettre en place les traitements adaptés. Cet article explore les différents types de champignons lignivores, leurs conditions de développement, les signes révélateurs de leur infestation, et les stratégies de prévention et de traitement, en se concentrant notamment sur les espèces qui peuvent se manifester sous forme de mycélium jaune sur broyat de bois ou autres supports ligneux.

L'identification des champignons lignivores : Une tâche complexe pour les non-initiés

Vous remarquez des traces d’humidité inquiétantes dans votre logement, une odeur de champignon ou une odeur d’humidité? Vous avez un doute? Quelques indices peuvent vous permettre d'identifier s'il s'agit vraiment d'une mérule, mais seul un prélèvement réalisé par un professionnel et un examen de l’échantillon en laboratoire pourra vous permettre de lever les soupçons.

Pour détecter la mérule, il est essentiel de rester attentif à certains signes révélateurs. La présence de taches ou de mycélium d'une couleur brune caractéristique sur les surfaces en bois est souvent un indicateur clé de l'infestation de la mérule. La mérule est très difficile à détecter par le commun des mortels, seul un professionnel aguerri pourra sans aucune certitude identifier s’il s’agit de mérule. La mérule, changeant d’aspect selon son stade de développement, peut ressembler à d'autres champignons. Par contre, le professionnel pourra vous certifier si ce champignon est lignivore ou pas.

La mérule, comme d’autres champignons lignivores, attaque le bois de charpente, les éléments en bois, les cloisons, les planchers, les parquets, les lambris, les menuiseries, les escaliers, les plinthes, et tous les bois présents dans une maison.

Les signes qui doivent vous alerter sont :

  • Les pièces de bois contaminées qui se déforment.
  • La présence de filaments blancs à l’aspect cotonneux sur le bois.
  • Une odeur de champignon sur le bois.

Lorsque vous cherchez des indices de présence de mérule, soyez attentif à la présence d'insectes xylophages tels que le capricorne des maisons, qui peuvent créer des galeries dans le bois et le dégrader. Les signes de leur activité incluent la présence de sciure, de petits trous ou de vermoulures. Des problèmes d'humidité, comme des fuites ou des dégâts des eaux, peuvent favoriser l'infestation de la mérule, car les femelles peuvent y pondre leurs œufs et les larves se développent dans le bois, notamment dans les solives. Les grosses vrillettes ont un développement larvaire qui attaque l’aubier, le bois parfait et le duramen. Si vous remarquez ces indices, il est crucial de faire réaliser une inspection professionnelle pour évaluer la présence de mérule et prendre les mesures nécessaires pour préserver la résistance mécanique du bois et éviter des dommages plus importants.

Signes d'infestation de champignons lignivores

Les différents types de champignons lignivores et leurs caractéristiques

Un champignon lignivore est un organisme fongique qui se nourrit de la cellulose et de la lignine présentes dans le bois. Il décompose littéralement la structure moléculaire du bois, le rendant friable et lui faisant perdre toutes ses propriétés mécaniques. Le champignon lignivore se développe sur du bois humide, et s’en nourrit jusqu’à mener à sa décomposition. Tous ces champignons se propagent de la même manière : ils se développent à la surface du bois, puis étendent leurs filaments en son cœur, tout en se nourrissant de sa cellulose.

Les professionnels du bois divisent les champignons lignivores en catégories artificielles qui ne sont liées ni à la systématique, ni à la morphologie des organismes, mais au type de dégâts qu’ils occasionnent. On considère généralement différentes appellations dont les plus connues sont :

  • Pourriture cubique : Elle provoque le découpage du bois en parallélépipèdes rappelant le bois calciné. Les champignons dégradent la cellulose du bois, laissant la lignine. La mérule (Serpula lacrymans) est le xylophage le plus répandu, mais les risques d’apparition sur une terrasse en bois sont presque nuls. Effectivement, ce champignon se développe à l’intérieur des habitations, en atmosphère confinée, sans lumière, sans variations importantes des températures. Pour cela, elle déploie des filaments capables de passer à travers la maçonnerie. Ainsi, il est possible qu’une mérule ayant pris naissance dans une cave contamine une terrasse en bois adossée à un mur jouxtant la cave. Le lenzite des poutres (Lenzites separia) apparaît sur les barrières, les poteaux, les piles de pont et les lamellés-collés extérieurs. Apparaissant à l’air libre, il est capable de résister à des alternances d’humidité très élevée (plus de 50%) et de sécheresse (inférieur à 20%). Le mycélium, pendant la phase initiale végétative, est superficiel, jaune ou brunâtre, en masses cotonneuses. À la fructification, il est jaune à orange. Très répandu en France, il attaque principalement les résineux ou les bois d’œuvre ; plus rarement les feuillus. Aubier comme duramen sont touchés. Un bois attaqué est jaunâtre au début. Il développe de fins filaments branchiformes. Sa fructification est blanche au début puis jaune pâle avec une importante couche latérale de spores. L’apparition sur une terrasse serait le symptôme d’une très mauvaise conception/mise en œuvre, vu la quantité d’humidité nécessaire.

  • Pourriture molle : Les champignons s’attaquent à la cellulose dans les cas d’extrême humidité, comme le bois en contact avec le sol. La pourriture molle (Chaetonium globosum) est une maladie cryptogamique provoquée par des microchampignons qui détruisent la cellulose du bois de construction. Les champignons de la pourriture molle attaquent le bois directement en contact avec la terre ou l’eau comme les piquets de clôture, éventuellement les menuiseries extérieures soumises à un taux d’humidité anormalement élevé. Une attaque n’est décelable de l’extérieur que tardivement. Le bois attaqué par la pourriture molle est verdâtre puis devient très tendre.

  • Pourriture fibreuse (ou blanche) : Les champignons attaquent d’abord la lignine, puis la cellulose. Le polypore des caves (Donkioporia expansa) est spécialiste de la pourriture blanche.

  • Bleuissement : C'est une coloration du bois bleutée ou noirâtre, qui affecte l’aubier des résineux, n’altérant pas ou peu la résistance du bois.

Illustration des différents types de pourritures du bois

Les quatre principaux champignons parasites du bois en Europe

Ces quatre terreurs que sont la mérule, l’antrodia, le polypore et le coniophore des caves peuvent causer d’importants dégâts aux structures en bois. Ils prolifèrent dès que le bois est chargé à plus de 20% d’humidité. Ils aiment les lieux confinés et sombres.

  • Mérule pleureuse (Serpula lacrymans) : C’est le champignon lignivore le plus redouté en Europe. On la surnomme la « lèpre de la maison ». Il attaque le bois humide à 22% minimum. La mérule est un peu frileuse et préfère les températures entre 20 et 25°C. Il provoque une pourriture cubique qui affaiblit les structures. La mérule se développe dans les environnements sombres et mal ventilés, ce qui en fait un problème majeur pour les maisons anciennes. Ses filaments sont capables d’aller pomper l’eau très loin et contaminent le béton. Ils peuvent également entourer les fils électriques des vieilles installations et favoriser les incendies !

  • Coniophore des caves (Coniophora puteana) : Également appelé « cancer du bois », il demande le plus d’humidité des quatre : 50%. Autant dire qu’avec ce taux d’humidité le soubassement est mal en point. C’est souvent un signe de remontées capillaires car le coniophore ne peut pas capter d’eau par ses filaments. Côté climat, il n’est pas trop regardant et peut se développer entre 5 et 35°C. Son autre effet est d’attirer un autre ravageur du bois : le lyctus. Ce petit coléoptère xylophage adore se faufiler dans les fentes du chêne, du hêtre ou encore du frêne.

  • Polypore des caves (Fibroporia vaillantii) : Le polypore attaque principalement les bois résineux et provoque une pourriture fibreuse. Lui, il aime la douceur. 25°C. Un bon 40% d’humidité et vous avez le combo pour sa croissance optimale. Comme le coniophore, il adore venir accompagné ! Son invité ? La grande vrillette qui va encore accélérer la dégradation du bois.

  • Antrodia (Antrodia xantha) : Ce champignon provoque une pourriture cubique. Il s’attaque généralement aux résineux mais parfois aussi aux feuillus. Pas besoin d’un bois gorgé d’eau pour son développement, 22% suffisent. Sa température optimale est de 22 à 27°C.

Comment reconnaître les différentes espèces de champignons ?

Conditions de propagation des champignons lignivores (mérule et autres)

Ces champignons se développent dans des environnements humides, souvent confinés et sombres. Une mauvaise ventilation, les fuites d’eau, ou les remontées capillaires peuvent favoriser leur apparition. Pour les prévenir, il est essentiel d’éliminer les sources d’humidité et de traiter le bois de manière adéquate. Un taux d’humidité dépassant 20 % dans le bois constitue le premier signal d’alarme. Les espaces mal ventilés ou confinés, particulièrement lorsqu’ils sont sombres et frais, représentent des zones à risque majeur. Dans notre région et particulièrement dans le Finistère, les champignons lignivores trouvent les conditions idéales à leur développement : un taux d’humidité extérieur élevé et un climat océanique, c’est-à-dire pas trop chaud en été et doux en hiver. Cela n’est pas spécifique à la Bretagne mais la trop bonne ou au contraire une mauvaise isolation d’un bâtiment offrent également un terrain propice au développement des champignons lignivores.

Pour une inspection efficace de votre habitat, certaines zones nécessitent une attention toute particulière. Les zones situées sous les fenêtres et autour des canalisations sont particulièrement vulnérables, tout comme les angles des murs où l’humidité peut stagner. Ne négligez pas les espaces cachés derrière les meubles, souvent mal ventilés. Les caves et les combles, naturellement plus humides, doivent faire l’objet d’une surveillance régulière.

Facteurs favorisant le développement des champignons lignivores

Prévenir l'apparition des champignons lignivores : Les bonnes pratiques

Prévenir efficacement l’apparition des champignons lignivores dans votre habitat est crucial. Pour protéger efficacement votre habitat, plusieurs mesures essentielles doivent être mises en place.

Assèchement et gestion de l’humidité

La première action est toujours de comprendre les causes de l’humidité excessive. Il faut commencer par éviter ou éliminer les entrées d’eau, faire réparer les fuites des canalisations, des fuites en toiture… et s’assurer que la maison est correctement ventilée. Une ventilation efficace doit être maintenue dans toutes les pièces, accompagnée d’un contrôle régulier de l’hygrométrie qui doit idéalement rester inférieure à 65 %. Les infiltrations d’eau doivent être traitées sans délai, tandis que les canalisations nécessitent une inspection régulière. Assécher les murs humides, stopper les remontées capillaires, vérifier les bois de charpente, les bois humides, les bois secs, les bois attaqués par les insectes à larves xylophages, entretenir le système de ventilation… Vous n'aurez pas besoin d’éradiquer la mérule si les conditions ne sont pas réunies pour son développement. La surveillance attentive de votre environnement joue un rôle déterminant. Un contrôle mensuel des zones à risque s’impose, tout comme le repérage des signes de mauvaise ventilation.

Comment reconnaître les différentes espèces de champignons ?

Les erreurs à ne pas commettre

L'une des premières erreurs des particuliers qui découvrent des champignons chez eux est de "mettre de l'eau de Javel". Le champignon va d'abord se rétracter sous l'effet de l'eau de Javel, avant de réapparaître quatre jours après, parfois dans une version encore plus agressive, en particulier s'il s'agit de mérule. On a souvent le réflexe de vouloir éliminer soi-même les champignons découverts dans une cave ou derrière un meuble, en grattant ou en brûlant les zones contaminées. Un champignon ou une mérule qui est attaqué mécaniquement ressent une forme de stress et y réagit en modifiant sa forme. Il ne faut surtout pas improviser un traitement contre la mérule sans faire appel à un professionnel. Pour se débarrasser de la mérule, il ne faut surtout pas utiliser l'eau de Javel en badigeonnage, ni déplacer les bois contaminés. Vous ne feriez qu’empirer la situation, une action à rendre l’effet du champignon plus destructif. La mérule a des spores qui sont très dispersables ! Le fait de marcher chez vous sur ces spores microscopiques, vous pourriez les répandre partout tel un virus, une bactérie, chez vous, chez vos voisins, vos amis…

Les traitements préventifs existants

Le traitement mérule préventif n’existe pas proprement parlé mais il suffit d’adopter les bons gestes. Le moyen le plus efficace de protéger votre habitation de la mérule c’est de maintenir les lieux dans les conditions ou la mérule et les autres champignons lignivores ne peuvent se développer.Le traitement du bois par minéralisation est une technique innovante écologique qui consiste à renforcer et protéger le bois en lui conférant des propriétés minérales. La minéralisation consiste à imprégner le bois avec des solutions à base de minéraux ou de silicates. Ces substances se cristallisent dans et avec les fibres du bois pour créer des dépôts minéraux qui modifient la structure interne du matériau. Contrairement à des traitements chimiques ou autoclaves qui peuvent s'estomper avec le temps, la minéralisation avec Wood Bliss® et Wood Bliss® High-C modifie structurellement le bois en y déposant des minéraux solides. Wood Bliss® modifie la structure du bois charpente en supprimant ses substances nutritives et neutralise ainsi l’évolution des insectes xylophages et des champignons lignivores tel que la mérule des maisons (Serpula lacrymans). Son efficacité est prouvée sur les larves du capricorne, les termites et les champignons lignivores. Wood Bliss® ne contient ni insecticides, ni biocides.

Traitement curatif des champignons lignivores : L'intervention professionnelle

Face à une infestation avérée, l'intervention d'un professionnel est indispensable. En cas de doute, d'une habitation infestée, il est important de faire appel à une entreprise spécialisée pour diagnostiquer clairement la présence d’une mérule dans votre logement. Un spécialiste sera en mesure de :

  • Identifier la cause de l’apparition de la mérule.
  • Mesurer l’ampleur de son invasion.
  • Évaluer les risques pour votre logement et la santé de ses habitants.
  • Mettre en place un traitement.

Les étapes d'un traitement curatif

Avant un traitement mérule, il faut impérativement éliminer les sources humides et rétablir un environnement non propice au développement des champignons lignivores. L'assainissement se fait par l’élimination des problèmes d’humidité : fuites, remontées capillaires, joints poreux, infiltrations, fissures… et un rétablissement d’une bonne ventilation afin d’évacuer l’air vicié. Une fois les causes de développements de la mérule écartées, le traitement mérule peut commencer.

Face à cette coriacité, la mérule ne peut être traitée que par démontage, brûlage et traitement fongicide respectant la certification CTB-P+ destiné aux professionnels attestant du certiphyto.

Les étapes typiques d'un traitement curatif comprennent :

  1. Sondage des bois : Une exploration minutieuse pour évaluer l'étendue des dégâts.
  2. Élimination du bois contaminé : Toutes les parties affectées doivent être retirées et brûlées ou éliminées de façon sécurisée pour éviter toute contamination.
  3. Dégagement des bois à traiter : Les ossatures et autres éléments structurels en bois sont mis à nu.
  4. Dégagement des revêtements sol et murs : À la recherche des rhizomorphes du champignon.
  5. Traitement des sols et des murs : Stérilisation des maçonneries à la flamme chalumeau. Pulvérisation de biocide. Forage, quadrillage des zones à traiter. Injection de produit fongicide. Pulvérisation des parties à proximité non atteintes.
  6. Traitement des bois secs : Par injection de produits insecticides sous pression aqueuse dans les pièces de bois, assurant une pénétration en profondeur, protégeant ainsi les poutres et les ossatures des attaques parasitaires. Les entreprises spécialisées utilisent des injecteurs, des pistolets et des pulvérisateurs pour appliquer ces traitements, garantissant la préservation du bois face aux ravageurs et aux intempéries.
  7. Traitement par la chaleur : Dans certains cas, on peut traiter avec la chaleur. On fait monter la température pendant un certain temps à un niveau donné. Cette chaleur éradique alors le champignon.

Processus de traitement des champignons lignivores

Coût et garanties des traitements

Les travaux peuvent coûter très cher ! "De 3.000 à 30.000 euros, mais j'ai déjà vu des chantiers à 100.000 euros". Après avoir fait réaliser plusieurs devis pour le traitement de la zone touchée, prenez le temps de la réflexion… mais pas trop ! Les champignons peuvent en effet progresser très rapidement : jusqu'à 4 mm par jour pour les mérules. Et, plus l'attaque est étendue, plus les travaux seront lourds…

Il est nécessaire de contacter un professionnel avant que le parasite ne s’étende de façon incontrôlable. Il pourra ensuite intervenir pour traiter le champignon lignivore. Faites appel pour réaliser un traitement contre les champignons lignivores et traiter le bois à une entreprise locale certifiée Qualibat ou CTB-A+. Ce label garantit que la société est spécialisée dans le traitement des bois en œuvre, et qu'elle est donc capable de reconnaître et traiter n'importe quel parasite du bâti. L'entreprise doit se déplacer gratuitement pour réaliser le diagnostic, et faire un prélèvement pour déterminer la nature du champignon. Elle ne peut réaliser un devis qu'après avoir défini à quel champignon elle avait affaire.

Les risques liés à la vente d'un bien infesté

Vous vendez votre maison, et vous venez de découvrir un mur couvert de champignons ? Surtout, ne tentez pas d'éliminer le parasite sans diagnostic préalable ou, pire, de taire ce problème aux nouveaux propriétaires. Ces derniers pourraient, en effet, se retourner contre vous pour vice caché et la vente sera alors cassée. Si vous nettoyez vous-même le mur et refaites l'enduit pour dissimuler la zone abimée, vous risquez d'aggraver la situation. En effet, les champignons, en particulier la mérule, peuvent se mettre en léthargie pendant quelques temps, pour mieux réapparaître lorsque l'hygrométrie est propice. En isolant avec une plaque de plâtre, vous empêchez l'humidité de s'évacuer et offrez de l'ombre à la mérule. En peignant, vous lui apportez plus d'humidité. Une fois le parasite éliminé, rien n'assure qu'il ne reviendra pas si les conditions hygrométriques sont favorables.

Les champignons lignivores dans la nature : Un rôle écologique vital

Il est facile de percevoir les champignons lignivores comme de simples destructeurs. Cependant, il est essentiel de comprendre leur rôle écologique fondamental dans la nature.

Des décomposeurs essentiels

Dans les villes comme dans les forêts, un monde souvent invisible orchestre la vie, la mort et la renaissance des arbres. Sans les champignons lignivores, les espaces boisés deviendraient rapidement une accumulation de débris ligneux ! Les champignons lignivores assurent trois fonctions vitales : ils recyclent la matière organique. En décomposant le bois mort, ils libèrent dans le sol des nutriments essentiels (azote, phosphore, carbone) nourrissant plantes, insectes, micro-organismes. Sans eux, ces éléments resteraient piégés dans la biomasse morte. Les champignons lignivores participent à l’équilibre du milieu. Ils créent des dendro-microhabitats : Le bois en décomposition accueille une foule d’organismes : insectes, mousses, bactéries, petits vertébrés, etc.

Rôle des champignons lignivores dans l'écosystème forestier

Une alliance complexe avec les arbres

Tous les champignons lignivores ne détruisent pas un arbre ! Les arbres et les champignons forment, en réalité, une alliance complexe. Dans son livre Fungi and Trees, Lynne Boddy, scientifique spécialisée en Écologie microbienne et Mycologie, met en avant l’idée que les champignons et les arbres vivent des relations d’une grande sophistication, par de multiples interactions évolutives. Certains champignons aident les arbres à se nourrir et renforcent leur santé, tandis que d’autres deviennent des parasites dangereux. Un même champignon peut vivre en ‘harmonie’ puis devenir parasite de l’arbre suivant une logique d’équilibre de l’écosystème. Ensemble, ils forment un réseau dynamique où échanges nutritifs, attaques et défenses s’enchaînent en permanence.

Les champignons jouent parfois un rôle positif pour l’arbre ! De fait, d’un point de vue ‘biomécanique’, ils sollicitent ses défenses naturelles. Et l’arbre peut élaborer une stratégie de consolidation de son bois ! Il résulte des recherches scientifiques que les arbres ne sont pas des organismes passifs ! Les arbres réagissent au vent, à la gravité, à la pression exercée par d’autres organismes, et adaptent leur forme et leur solidité en conséquence. Ils perçoivent les forces et déformations de leurs tissus, et utilisent ces informations pour orienter leur croissance ou préparer leurs défenses face aux envahisseurs. En décomposant les parties blessées de l’arbre, les champignons lignivores l’incitent à mettre en place des stratégies de protection très élaborées. Par des procédés anatomiques ou chimiques, l’arbre renforce ses tissus et se consolide en créant du bois plus solide encore.

Comment reconnaître les différentes espèces de champignons ?

Diagnostic phytosanitaire et biomécanique des arbres

L’analyse visuelle d’un arbre, associée à une solide connaissance de sa biologie et de ses réactions défensives face à la colonisation d’un champignon lignivore, permet d’évaluer les risques. L’objectif de l’étude phytosanitaire est de repérer toute présence, discrète ou plus visible, de champignons lignivores.

Les champignons lignivores peuvent être observés au niveau des racines, du collet, du tronc et des branches. On parle de champignon remontant ou descendant selon le système de développement du mycélium à tendance à partir vers le haut ou vers le bas. Cette donnée est très importante à observer pour un arboriste grimpeur car selon si le champignon s’attaque aux racines ou à une branche, les risques ne sont pas les mêmes pour l’opérateur.

La présence d’un champignon lignivore dans un arbre n’est jamais une bonne nouvelle. On peut même dire qu’à plus ou moins long terme l’arbre est condamné lorsqu’il s’agit d’un parasite. Ce qui compte c’est d’identifier l’étendue des dégâts sous l’écorce et sa propagation dans les mois et années à venir. Alors certes la plupart risquent de tuer vos arbres, mais dans la nature il faut être opportuniste.

Les effets des champignons sur les arbres

  • Attaque des feuilles : Le moins grave car les feuilles tombent en automne pour en recréer de nouvelles au printemps.
  • Attaque de la lignine : La lignine est la partie qui solidifie le tronc et les branches, lorsqu’elle est endommagée elle devient poreuse et donc plus sujette aux risques de rupture.
  • Attaque de la cellulose : La cellulose est la partie élastique du bois, lorsqu’elle est altérée, le bois devient raide et rigide et se casse donc plus facilement avec les effets du vent.
  • Attaque des racines : Les racines ancrent l’arbre au sol, sans elles il tombe même s’il est très vigoureux et semble sain sur sa partie aérienne.
  • Cumul de plusieurs effets : Un champignon peut démarrer sa prolifération dans les cellules de l’arbre en haut d’une branche et redescendre au système racinaire et inversement. On parle alors d’effets remontants ou descendants.

Avec les effets du réchauffement climatique sur la faune et la flore, les champignons lignivores sont eux aussi amenés à muter et donc évoluer. Plus nombreux ? Plus néfastes ? Plus virulents ? Plus diversifiés ?

tags: #champignons #jaunes #lignivores #sur #broyat #de