Le Chèvrefeuille Blanc : Usages, Symbolisme et Culture au Quotidien

Le Chèvrefeuille (Lonicera spp.), membre de la famille des Caprifoliaceae, est une plante aux multiples facettes, célébrée pour ses fleurs parfumées et son symbolisme riche. Qu'il soit grimpant ou arbustif, le chèvrefeuille orne nos jardins et nos imaginaires, s'imposant comme une présence à la fois esthétique, historique et parfois mystique.

Portrait Botanique et Origines du Chèvrefeuille

Le Chèvrefeuille est une plante grimpante ou arbustive, reconnaissable à ses fleurs souvent blanches, jaunes ou rosées, qui exhalent un parfum doux et sont très mellifères. Il appartient au genre Lonicera, un nom qui rend hommage au médecin allemand Adam Lonitzer (ou Lonicer), un botaniste du XVIe siècle. Le terme "chèvrefeuille" lui-même est issu du latin "caprifolium", une allusion apparente à l'appétit des chèvres pour ses feuilles, bien que celles-ci ne soient pas leur mets favori si d'autres options sont disponibles.

Originaire de l’hémisphère nord, le chèvrefeuille est largement répandu en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, y compris des régions plus inattendues comme les Philippines, l'Afrique du Nord et le Mexique. Le genre Lonicera compte environ 200 espèces, la plupart se développant dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord. En France, on recense environ 8 espèces. Ces plantes sont remarquables pour leur rusticité, supportant bien la chaleur et le froid (à l'exception des espèces asiatiques et méditerranéennes), et peuvent vivre jusqu'à 40 ans. Leur écorce se détache en longues lanières, et leurs bourgeons restent souvent ouverts même en hiver, offrant une feuillaison très précoce dès avril. Les feuilles présentent une face supérieure vert sombre et une face inférieure bleu verdâtre. Les rameaux (sauf les plus jeunes) contiennent une moelle spongieuse.

Dessin botanique d'une fleur et de feuilles de chèvrefeuille

Les fleurs élégantes, en forme de long entonnoir, sont groupées aux extrémités des branches et "trompettent" un parfum des plus suaves, particulièrement au crépuscule et la nuit, de juin à août, parfois jusqu'en automne. D'abord blanches à l'éclosion, elles prennent une teinte jaune-orange flammé de rouge à l'extérieur après la pollinisation. Les jeunes fleurs laissent apparaître des étamines bien visibles, tandis que chez les plus âgées, le stigmate se redresse et devient proéminent. Ces senteurs capiteuses attirent une multitude de pollinisateurs nocturnes tels que les papillons de nuit (phalènes, sphinx), ainsi que les tenthrèdes, cicadelles et bourdons. Dans l'épaisseur de ses feuilles, on peut parfois trouver la chenille mineuse Phytagromyza xylostei. Après la floraison, des baies ovoïdes rouge vif, ressemblant à de mini-kakis, apparaissent et persistent jusqu'à l'automne. Il est impératif de noter que ces baies sont très toxiques en raison de leur teneur en saponines et en acide cyanhydrique.

Le chèvrefeuille est également connu pour son comportement envahissant, notamment le chèvrefeuille des bois, qui est un couvre-sol efficace, particulièrement sur les talus aux sols siliceux. Cette plante, qui apprécie la "tête au soleil et le pied à l'ombre" (car c'est une plante de sous-bois), habille rapidement tonnelles et pergolas. Ses lianes enserrent les autres plantes dans un mouvement en spirale (souvent dans le sens des aiguilles d'une montre) pour "prendre l'ascenseur vers le soleil". Cette étreinte est si vigoureuse qu'elle peut marquer le bois des arbres hôtes de "graisse de chêne", des renflements torsadés en anneaux spiralés, généralement à moins de 3-4 mètres de hauteur. Il semblerait que ces bourrelets puissent aussi être une réaction de défense de l'arbre, capable parfois d'étouffer la tige du chèvrefeuille elle-même. Le chèvrefeuille semble choisir ses victimes parmi les jeunes arbres, incapables de s'enrouler autour de troncs de plus de 15 cm de diamètre, ce qui explique son symbole des liens amoureux… jusqu'à l'étouffement.

Heureusement, les chèvrefeuilles envahissants supportent très bien la taille après leur floraison printanière. Quand leur hauteur dépasse 1,20 m, ils s'écroulent sous leur propre poids et nécessitent un grillage ou une autre plante pour les soutenir.

La Diversité des Chèvrefeuilles et Leurs Utilisations au Jardin

Le genre Lonicera englobe une grande diversité de formes et d'usages pour les jardins secs : des lianes grimpantes, des arbustes compacts et des couvre-sols densifiants. Ces plantes se distinguent par leurs floraisons généreuses et leur robustesse une fois bien établies.

Grimpants

Les chèvrefeuilles grimpants sont idéaux pour habiller rapidement les structures verticales, créant une ombre légère et rafraîchissante pour les façades ou les terrasses. Ils exigent un support solide, un palissage initial et une taille annuelle. Des exemples notables incluent :

  • Lonicera x heckrotii 'American Beauty' : semi-persistant à persistant selon le climat, il offre une floraison tubulaire rouge-orangé très prisée des pollinisateurs (peu parfumée) et est très sobre en eau après implantation. Ce n'est pas une espèce envahissante. Le cultivar ‘Goldflame’ est également très florifère sur une longue saison.
  • Lonicera × brownii ‘Dropmore Scarlet’ : un hybride vigoureux avec une floraison longue et lumineuse, supportant bien la chaleur et la sécheresse. Parfait pour les pergolas, câbles inox ou treillages contemporains. Il préfère le soleil non brûlant à la mi-ombre et les sols pauvres à neutres, très drainants (pH 6-8). Sa floraison s'étend de la fin du printemps à l'automne et est très nectarifère, bien que non parfumée.
  • Lonicera henryi : un grimpant persistant au feuillage vert sombre élégant, tolérant à la mi-ombre lumineuse.
  • Lonicera periclymenum (et ses cultivars ‘Serotina’, ‘Belgica’, ‘Graham Thomas’) : réputé pour ses parfums puissants, très recherchés pour les soirées d'été. Il tolère une sécheresse modérée une fois enraciné et apprécie un sol drainant et une bonne aération pour limiter l'oïdium. Il est idéal en mi-ombre lumineuse à soleil doux et supporte le calcaire.
  • Lonicera etrusca (chèvrefeuille étrusque ou d'Étrurie) : pour les régions douces, il offre un beau parfum et une bonne tolérance au sec dans les climats méditerranéens, sur sols filtrants. On le trouve souvent parmi les chênes verts et pubescents, sur sols calcaires secs, avec des feuilles ovales et des fleurs longuement pédonculées.

Comment tailler le chèvrefeuille.

Arbustifs

Les formes arbustives, persistantes ou semi-persistantes, structurent l'espace en haies, massifs ou écrans, nécessitant peu d'eau une fois établies. Tous les chèvrefeuilles ne sont pas grimpants ; les camerisiers, par exemple, sont arbustifs.

  • Lonicera fragrantissima et Lonicera × purpusii (‘Winter Beauty’) : ces arbustes fleurissent en fin d'hiver, offrant des fleurs très parfumées qui prolongent la saison d'intérêt. L. fragrantissima, originaire de l'est de la Chine, est rustique dans le Midi et certaines régions du Sud-Ouest, avec des fleurs rosées et très odorantes.
  • Lonicera nitida (‘Maigrün’) : un persistant, très apte à la taille, qui constitue une alternative crédible au buis pour les haies basses ou les bordures. Il supporte le plein soleil à la mi-ombre et les sols drainants, même pauvres, avec une rusticité de -15/-20 °C. Il est facile à tailler (2-3 fois par an pour une haie nette).
  • Lonicera alpigena (camérisier des Alpes) : jadis, ses rameaux étaient utilisés pour fabriquer des balais.
  • Lonicera nigra (camérisier noir) : à ne pas confondre ses baies toxiques avec des myrtilles.
  • Lonicera xylosteum (chèvrefeuille des haies ou broque-bique ou camerisier à balais) : ses baies toxiques ne doivent pas être confondues avec des groseilles.

Couvre-sol

Les chèvrefeuilles couvre-sol sont parfaits pour stabiliser les talus, fermer le sol et ainsi économiser l'eau et réduire le désherbage. Ils peuvent nécessiter un recépage ponctuel ou un bordurage pour contenir leur expansion.

  • Lonicera pileata : un couvre-sol arbustif avec un port étalé et un feuillage persistant, idéal pour les talus, les pieds de haies et les massifs. Il présente une très bonne tenue à la canicule en sol drainant et supporte le soleil à la mi-ombre sur des sols très drainants, au pH neutre à calcaire. Cette espèce a très peu de fleurs, mais de jolies petites feuilles.

Certaines espèces de chèvrefeuilles (Lonicera japonica var. chinensis, L. morrowii, L. tatarica, entre autres) peuvent avoir un caractère invasif dans certaines régions, surtout en climat doux ou humide. Le chèvrefeuille du Japon (L. japonica) est rustique dans le Sud-Ouest et le Midi, avec des baies noires et des fleurs réunies sur le même pédoncule à l'aisselle des feuilles, et des feuilles ovales semi-persistantes.

Plantation et Entretien du Chèvrefeuille

La réussite du Lonicera, surtout en jardin sec, repose sur la qualité du drainage et l'adéquation entre l'exposition et l'espèce choisie.

Conditions de Plantation

Le chèvrefeuille est peu exigeant sur le type de sol, mais il préfère les terres riches en humus avec une légère rétention d'humidité en été.

  • Période idéale : L'automne (sol tiède, pluies régulières) favorise un enracinement profond. Au printemps, la plantation est préférable en climat froid.
  • Préparation du sol : Bêchez en profondeur pour éliminer cailloux et mauvaises herbes. En sols lourds, décompactez sur 30-40 cm et incorporez 30-50 % de matériaux drainants (pouzzolane, gravier 4/10, sable grossier). En sols filtrants, un apport de compost mûr (20-30 %) améliore la rétention sans compromettre l'aération.
  • Mise en place : Creusez un trou de 40-50 cm de diamètre. Placez une poignée de corne torréfiée au fond avant de le recouvrir de terre. Dépotez la plante et positionnez la motte de manière à ce que le collet soit au niveau du sol. Comblez, tassez légèrement et formez une cuvette au pied.
  • Espacement : Grimpantes : 1,0-1,5 m le long d'un support. Haies : 40-60 cm (double rang en quinconce pour densité maximale). L. pileata en couvre-sol : 50-80 cm.
  • Supports et palissage : Pour les grimpants, utilisez des câbles inox, des grillages rigides ou des pergolas solides. Guidez les jeunes tiges à l'horizontale pour multiplier les départs florifères.
  • Paillage : Appliquez 5-8 cm d'épaisseur. En jardins secs, le paillage minéral (pouzzolane, gravier, ardoise) réduit l'évaporation, réfléchit la lumière et limite les maladies cryptogamiques. Les paillages organiques grossiers conviennent également si le site n'est pas brûlant.

Schéma de plantation d'un chèvrefeuille grimpant

Le chèvrefeuille peut également être cultivé en bac d'au moins 50 cm de profondeur, dans un mélange de terre végétale franche et de terreau de plantation. Choisissez un pot de 40-60 L minimum pour une grimpante (L. × brownii) et de 25-40 L pour L. nitida en topiaire ou L. pileata retombant. Le substrat idéal est composé de 50 % de terreau drainant, 30 % de fibre végétale ou de compost mûr, et 20 % d'agrégats minéraux (pouzzolane, perlite). Couvrez de 5 cm de paillage minéral.

Arrosage et Fertilisation

  • Arrosage initial : Le premier arrosage après plantation doit être de 10-15 L par plant pour chasser l'air et assurer un bon contact entre la terre et les racines.
  • Phase d'établissement (12 à 24 mois) : Privilégiez des arrosages profonds et espacés pour encourager les racines à plonger. Le premier été, 10-15 L/semaine en l'absence de pluie ; la deuxième année, tous les 10-15 jours selon la chaleur et le vent.
  • Régime établi : La plupart des Lonicera recommandés se passent d'arrosage, sauf pendant les canicules prolongées. Surveillez les signes de stress (flétrissement en milieu de matinée, bords nécrosés, chute précoce).
  • Fertilisation : Restez sobre. Un surfaçage avec 1-2 cm de compost mûr au printemps suffit.

Vue rapprochée de chèvrefeuille en pot

Taille

  • Grimpants (L. × brownii, L. periclymenum, L. henryi) : Palissez les deux premières années et orientez des charpentières à l'horizontale pour stimuler la floraison. Taillez légèrement après la première vague de fleurs : supprimez le bois mort, aérez le centre et raccourcissez d'un tiers les tiges trop longues. Tous les 2-3 ans, éliminez 1-2 vieilles charpentières à la base pour rajeunir. Sur L. henryi, une taille de nettoyage annuelle suffit, en supprimant le bois mort et les parties inesthétiques. Une taille hivernale sévère chez L. periclymenum compromet la floraison.
  • Arbustes (L. nitida, L. pileata, L. fragrantissima, L. × purpusii) : L. nitida accepte la taille de haie (2-3 passages/an selon la vigueur). Pour rajeunir un sujet dégarni, pratiquez un recépage à 20-30 cm en fin d'hiver. L. pileata se contente d'une taille annuelle de contention. L. fragrantissima et L. × purpusii nécessitent une taille de forme après floraison pour maintenir un port compact.
  • Entretien courant : Surveillance légère, désherbage minimal grâce au paillage et aux couvre-sols.

Problèmes et Solutions

  • Oïdium : Fréquent sur L. periclymenum par été chaud et stagnant. Prévention : exposition aérée, tailles d'éclaircie, arrosage au pied le matin.
  • Acariens (araignées rouges) : En période très sèche, favorisez une bonne biodiversité et limitez le stress hydrique.
  • Pourritures racinaires : Presque toujours liées à un sol gorgé d'eau. Remédiez par un drainage adéquat et un paillage adapté.
  • Feuilles jaunes ou chlorose : Causes fréquentes : excès d'eau et asphyxie, carences en sol très pauvre, ou chlorose sur calcaire actif chez des cultivars sensibles.
  • Caractère invasif : Certaines espèces peuvent être invasives dans certaines régions. Surveillez L. japonica et L. similis var. delavayi en climat doux et humide.

Usages Traditionnels et Magiques du Chèvrefeuille

Le chèvrefeuille est une plante chargée de symbolisme et d'histoire, particulièrement dans les traditions magiques et populaires.

Vertus et Bienfaits Psychiques en Magie

En magie, le chèvrefeuille est profondément associé à l'abondance, à l'amour et à la protection. Il est utilisé pour attirer la prospérité financière et renforcer les liens amoureux, favorisant la fidélité. Le chèvrefeuille est relié à l'élément Eau et à la planète Vénus, reflétant son influence sur l'amour, la douceur et la prospérité. Il est également lié aux signes astrologiques du Taureau et du Cancer, ce qui accentue son pouvoir sur l'attachement et la sérénité.

Correspondances et Légendes

Dans la tradition celtique, le chèvrefeuille était un symbole de chance et d'amour durable. Il était souvent planté autour des maisons pour assurer la prospérité et éloigner les mauvais esprits. Cette pratique illustre la croyance en ses propriétés protectrices et bénéfiques. Son nom, "Chèvrefeuille", issu de la capacité de la plante à s'enrouler autour des supports comme une vigne, est une métaphore des liens qu'il est censé renforcer.

Autrefois, cette plante était même considérée comme un indicateur de bons courants telluriques, propices à l'emplacement de la construction d'une maison, soulignant son lien avec les énergies terrestres et la vitalité.

Formes d'Utilisation en Magie

Le chèvrefeuille est utilisé sous diverses formes en magie :

  • Infusions : Pour attirer l'amour et la richesse.
  • Sachets magiques : Ses fleurs sont placées dans des sachets pour renforcer les liens affectifs.
  • Amulettes et talismans : Des parties de la plante peuvent être portées pour la protection ou pour attirer l'amour.

Fleurs de chèvrefeuille séchées pour infusion

Remplacement en Magie

Si le chèvrefeuille n'est pas disponible, d'autres plantes peuvent être utilisées en remplacement, bien que leurs correspondances puissent varier :

  • Aubépine : Également associée à l'amour et à la protection.
  • Rose : Symbole universel de l'amour, de la passion et de la beauté.
  • Lavande : Pour l'amour, la paix et la purification.
  • Jasmin : Pour l'amour, la prophétie et les rêves.
  • Sureau : Pour la protection et la guérison.

Utilisations en Phytothérapie et Cosmétique

Malgré la toxicité de la plupart de ses baies, le chèvrefeuille a été jadis largement utilisé en phytothérapie, bien que ces usages soient moins courants de nos jours.

Vertus Médicinales Traditionnelles

  • Antiseptiques et diurétiques : Les feuilles et les fleurs étaient utilisées pour leurs propriétés antiseptiques et diurétiques. Une décoction de feuilles sèches servait de gargarisme contre les angines.
  • Calmantes : Les fleurs, ramassées avant leur pleine maturité, calmaient la toux, l'asthme et le rhume, souvent sous forme de sirop ou de tisane.
  • Adoucissantes : Les fleurs étaient employées pour préparer des collyres, à l'instar de la camomille et du sureau.
  • Anti-inflammatoires : Les feuilles étaient utilisées en bains de bouche anti-inflammatoires. Une infusion de 5 g de fleurs par litre d'eau bouillante (infusée 5 minutes) calmait les toux spasmodiques.

AVERTISSEMENT : NE PAS CONSOMMER LES BAIES TOXIQUES malgré leur apparence attrayante (elles contiennent des saponines et de l'acide cyanhydrique). La seule exception notable est Lonicera nummulariifolia, consommée en Turquie et en Grèce. Toutes les informations culinaires ou phytothérapeutiques sont données à titre indicatif et ne remplacent en aucun cas l'avis d'un professionnel de santé.

Usage Cosmétique

En usage externe, les propriétés anti-âge des feuilles et des fleurs du chèvrefeuille sont utilisées pour préparer un bain très régénérant, idéal après une journée fatigante.

Le Chèvrefeuille en Cuisine

Bien que la plupart des baies soient toxiques, certaines parties du chèvrefeuille, et quelques espèces spécifiques, peuvent trouver leur place en cuisine.

Les Fleurs

Les enfants, avec prudence, croquent la base sucrée des fleurs pour leur goût doux. Cet usage campagnard de la "fleur sucrée" est rappelé par divers autres noms du chèvrefeuille : suçon de la Vierge, sucette, suce-miel, suçon, sucé, sucia, biberon. Cependant, il est crucial de s'assurer de l'identification correcte et d'une consommation modérée.

Les Baies Comestibles (rare)

Les baies sucrées, allongées et bleutées du chèvrefeuille 'Tomishka' sont comestibles et peuvent être transformées en fruits secs, confitures et gelées. C'est une exception notable à la toxicité générale des baies de chèvrefeuille.

Autres Utilisations du Chèvrefeuille

Au-delà de ses aspects ornementaux, magiques et médicinaux, le chèvrefeuille a eu d'autres applications pratiques :

  • Vannerie : Ses ramifications (immédiatement prêtes à l'emploi) et ses racines (dépourvues de leur écorce) étaient utilisées en vannerie.
  • Travail du bois : Son bois a servi à réaliser des tuyaux de pipes à fourneau de bruyère et des dents de peignes pour métier à tisser.
  • Teinture : La racine du chèvrefeuille peut fournir une teinture bleu ciel.

Associations Végétales pour un Jardin Harmonieux

Le chèvrefeuille aime la lumière, les sols bien drainés et une irrigation parcimonieuse une fois établi. Choisir des plantes compagnes qui partagent ces exigences permet de limiter l'arrosage et de créer une composition harmonieuse de textures et de couleurs.

Plantes Partenaires Idéales

  • Arômes et textures méditerranéennes : Lavandes (Lavandula angustifolia, L. × intermedia), sauges (Salvia officinalis, S. microphylla), cistes (Cistus), romarins (Salvia rosmarinus), santolines, hélichrysums, teucriums.
  • Graminées graphiques : Stipa tenuissima, Pennisetum alopecuroides (‘Hameln’), Helictotrichon sempervirens, Festuca glauca, Panicum ‘Squaw’.
  • Vivaces sobres et pollinifères : Nepeta, Gaura (Oenothera lindheimeri), Achillées, Perovskia (Salvia yangii), Euphorbe characias, Sedums, Eryngiums, Phlomis.

Exemples de Configurations de Jardin

  • Jardin sec moderne (50 m²) :
    • Structure : Haie basse de L. nitida 'Maigrün' (20 % de la surface).
    • Verticale : L. x tellmaniana sur pergola (10 %).
    • Massif central : Lavandes, santolines, Stipa tenuissima.
    • Couvre-sol : L. pileata par plaques sous les massifs.
  • Jardin méditerranéen contemporain (100 m²) :
    • Structure : Bandes de L. nitida en bordure d'allées.
    • Verticale : Treillage corten avec L. × brownii ‘Dropmore Scarlet’.
    • Massifs : Cistes, romarins, Salvia microphylla, Helictotrichon sempervirens.
    • Accent : L. fragrantissima près d'un coin salon pour le parfum hivernal.
  • Jardin sauvage et naturaliste (80 m²) :
    • Structure : Clôture habillée de L. periclymenum 'Serotina'.
    • Lisières : L. pileata en couvre-sol sous une haie d'arbustes indigènes.
    • Plantes hautes : Gaura, Achillea, Panicum 'Squaw'.
    • Fleurs de prairie : Pâquerette, souci, camomille.
  • Petite cour urbaine (20 m²) :
    • Un treillage mural avec Lonicera japonica 'Hall's Prolific' pour créer une colonne florale.
    • Deux bacs de 50 L accueillant des L. nitida taillés en cubes.
    • Au sol, gravier clair et bandes de L. pileata dans une jardinière longiligne.
  • Talus ensoleillé de 30 % de pente :
    • Plantation en quinconce de L. pileata à 70 cm.
    • Paillage à la pouzzolane 7-15 mm.
    • Goutte-à-goutte saisonnier la première année.
    • En haut de talus, haie mixte de L. nitida et cistes pour le coupe-vent.
  • Pergola de 12 m² plein sud :
    • Double plantation L. × brownii ‘Dropmore Scarlet’ aux pieds opposés.
    • Palissage horizontal.
    • Irrigation de reprise la première année.
    • Sous la structure, assises en bois et massifs de lavandes/graminées.

Exemple de jardin sec avec chèvrefeuille et plantes méditerranéennes

Fausses Idées sur le Chèvrefeuille

  • Le chèvrefeuille attire les moustiques : Non, Lonicera n’attire pas spécifiquement les moustiques.
  • Le chèvrefeuille s'ancre comme une vigne vierge : Lonicera s’enroule ou s’appuie sur un support ; il ne s’ancre pas comme une vigne vierge à ventouses.
  • Toutes les fleurs de chèvrefeuille sont parfumées : Certaines espèces comme Lonicera x heckrotii 'American Beauty' ou Lonicera × brownii ‘Dropmore Scarlet’ ont des fleurs peu ou non parfumées.
  • Les grimpants parfumés fleurissent mieux en plein soleil intense : Les grimpants fleurissent mieux au soleil doux ou à la mi-ombre lumineuse.
  • Toutes les espèces de chèvrefeuille sont grimpantes : Non, les camerisiers sont arbustifs et non grimpants.

Plantes du Jardin en Phytothérapie et Cuisine

Le chèvrefeuille n'est qu'une des nombreuses plantes du jardin qui offrent des vertus en phytothérapie ou en cuisine. Depuis le Moyen Âge, le "carré des simples" a servi de trousse à pharmacie naturelle. Voici quelques autres exemples :

  • Ail des ours : Feuilles aromatiques de février à juin, fleurs en mai. Les fleurs en macération donnent une huile aromatisée. Ses feuilles protègent le cœur, améliorent la circulation sanguine et luttent contre l'hypertension.
  • Agastache : Fleurs en épis de juillet à septembre. Parfum doux entre anis et menthe. Feuilles au parfum mentholé, fleurs avec des notes d'anis, menthe et réglisse. Les fleurs et feuilles en infusion traitent rhumes et toux.
  • Aubépine : Arbuste épineux fleurissant en mai. Fleurs juste écloses idéales pour les tisanes (4 cuillères à soupe pour 2 tasses). Une tisane de fleurs d'aubépine est un remède contre les palpitations, l'arythmie et l'excitabilité du cœur.
  • Bourrache : Touffes de feuilles velues, fleurs de juin à octobre. Fleur au goût iodé, feuilles au goût de concombre, à ajouter fraîches ou séchées aux marinades et vinaigrettes. Déconseillée en tisane en fortes doses car toxique pour le foie.
  • Camomille romaine : Couvre-sol parfumé à feuillage persistant, fleurs en juillet et août. Saveur douce aux notes de pomme en infusion. Pancéenne pour les digestions difficiles, l'anxiété, l'asthme, l'insomnie et les douleurs de règles.
  • Capucine : Grimpante ou bordure, fleurs au goût épicé. Sa saveur rehausse la vinaigrette, la sauce blanche. Le rouge orangé de ses pétales s'accorde aux salades de fruits. En herboristerie, les feuilles et fruits adoucissent la gorge en cas de toux.
  • Clématite (variété aux fleurs blanches) : Liane vivace fleurissant de juillet à septembre. Parfum subtil pour sorbets, gâteaux, salades de fruits et tisanes. Feuilles diurétiques et anti-inflammatoires, utilisées en décoction contre les cystites et calculs rénaux.
  • Souci : Mellifère, fleurs au soleil dans les massifs. Saveur amère et piquante, accompagne salades vertes, poissons, légumes cuits. Traite les plaies (lésions, contusions, ulcères) grâce à ses composés anti-inflammatoires et antimicrobiens (en infusion et compresses).
  • Sureau : Petit arbre, fleurs en beignet, salades, tartes. Idéales en début de grippe, les fleurs et feuilles préparent une tisane "sudorifique" en cas de refroidissement.
  • Tilleul : Petites feuilles, fleurs très parfumées en juin. Fleurs jaunes très odorantes et séchées pour les infusions. Remède ancien contre la toux, souvent mélangé à parts égales avec bouillon blanc, coquelicot, mauve et sureau.

Infographie présentant diverses plantes médicinales du jardin

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