La réduction des emballages n'est pas une tâche isolée. Pour engager des changements durables et collectifs, Citeo réunit industriels et distributeurs au sein de groupes de travail (GT) dédiés à cinq chantiers sectoriels. Ces chantiers incluent la problématique du vide dans les colis, les étuis carton superflus dans la cosmétique et le traiteur, les grands formats, et les lots promotionnels. Ensemble, ces acteurs construisent des solutions concrètes et duplicables, avec pour ambition, selon Géraldine Gauvin, Directrice Réduction de Citeo, de « faire basculer des secteurs entiers ». La loi évolue, et s’y adapter n’est pas toujours facile. La Responsabilité Élargie du Producteur (REP), cœur du modèle de Citeo, engage les entreprises à prévenir, trier et recycler leurs emballages et papiers.

Les "bioplastiques" : un terme général aux multiples facettes
Le terme “bioplastique” ne dispose pas à ce jour de définition normée, ce qui lui permet de désigner des matières aux caractéristiques bien différentes. Certaines de ces caractéristiques tiennent à la composition des plastiques, qui peuvent être fabriqués à partir de matières dites “biosourcées”. Ces matières sont issues de la biomasse et sont considérées comme renouvelables, par opposition aux matières fossiles. D’autres caractéristiques concernent le devenir de ces déchets, qui peuvent être qualifiés de “biodégradables” ou “compostables”. Il est crucial de comprendre que la composition et le devenir du plastique sont deux caractéristiques indépendantes l’une de l’autre. Autrement dit, un plastique biosourcé ne sera pas nécessairement plus facilement biodégradable, et inversement.
Le mensonge bioplastique - #GreenWashing
Le qualificatif “biodégradable” : attention au marketing
Le terme "biodégradable" désigne l’aptitude d’un produit à se décomposer et à être effectivement “bio-assimilé” par l’environnement sous l’action de micro-organismes et de facteurs tels que l’humidité, la chaleur ou la présence d’eau. Cependant, l’usage du terme “biodégradable” sur un produit ne dit rien de la vitesse de cette dégradation, ni des conditions particulières, pas toujours réunies, dans lesquelles telle ou telle matière pourra effectivement se “bio”-dégrader. Ainsi, il ne signifie en aucun cas que le produit peut être jeté dans la nature sans conséquences. Ce terme est souvent la marque d’une démarche marketing de la part de l’entreprise et incite à la vigilance.
Les plastiques “compostables” : une solution aux limites réelles
La notion de compostabilité des plastiques a le mérite d’être plus précise que celle de biodégradabilité. Elle désigne des matières qui sont susceptibles de se dégrader en présence de déchets organiques et dans des conditions de compostage spécifiques (montée en température, présence de micro-organismes spécifiques, etc.). Il existe deux normes permettant de qualifier les plastiques de “compostables”, dont la norme NF EN 13432 : 2000, qui désigne les plastiques capables de se dégrader en condition de compostage industriel.
Cependant, les plastiques compostables ne sont pas nécessairement plus écologiques et ne présentent pas une solution miracle au problème de la pollution plastique. En effet, pour être compostés, ces plastiques doivent être triés séparément du reste des ordures avec les déchets organiques (restes de repas) et doivent être orientés vers une plateforme de compostage industrielle. Ils ne doivent par ailleurs pas représenter une trop grande quantité par rapport aux déchets organiques pour pouvoir effectivement se dégrader. Toutes ces conditions sont dans la réalité compliquées à réunir.

Les plastiques biosourcés : une question d'origine et de proportion
Le terme "biosourcé" se rapporte à une autre catégorie de bioplastiques, qui traite cette fois de la composition de la matière et non du devenir du déchet produit. “Biosourcé” signifie que la matière a été en partie ou complètement fabriquée à partir de ressources issues de la biomasse (résidus de cultures agricoles, canne à sucre, pomme de terre…). Il s’agit principalement d’être vigilant sur la proportion de matière “biosourcée” effectivement présente dans le produit (le terme peut être utilisé même si la part de biosourcé est en fait minime dans la composition) et sur l’origine de la matière ayant servi à produire le plastique. Ainsi, si l’utilisation de matières biosourcées peut permettre d’éviter une partie de la consommation de ressources fossiles, elle ne constitue pas une alternative à notre surproduction de plastique.
Les plastiques biosourcés peuvent être produits à partir d’amidon de maïs, de canne à sucre, de dioxyde de carbone, de bactéries… Ils sont prometteurs pour réduire l’utilisation de ressources fossiles, comme le pétrole qui sert à fabriquer des emballages en plastique, mais doivent remplir un certain nombre de critères pour être plus pertinents au plan environnemental. Pour « gagner ce match », les plastiques biosourcés doivent prouver que leurs impacts sur l’environnement sont moindres, depuis leur production jusqu’à leur fin de vie. Or actuellement, ceux d’origine végétale sont très consommateurs d’eau, d’engrais au stade de leur production (c’est par exemple le cas du maïs), et d’énergie lors de leur transformation chimique.
Par ailleurs, les plastiques biosourcés doivent impérativement être recyclables. Certains sont conçus dans des résines qui se recyclent bien comme le bioPE qui sera recyclé dans la filière du PE. D’autres sont de nouvelles résines qui pourraient disposer de leur propre filière de recyclage. C’est complexe techniquement et implique d’importants changements sur les lignes de conditionnement des produits.
Les plastiques “oxo-fragmentables” : un danger invisible
Certains plastiques présentés comme “verts” ou “bio” sont en réalité des plastiques dits “oxo-fragmentables”, qui ne se dégradent pas dans l’environnement. Les plastiques oxo-fragmentables, parfois présentés à tort comme biodégradables, ont un impact désastreux sur l’environnement. Une fois dans la nature, ils disparaissent effectivement rapidement de notre vue, mais pour se dégrader en microparticules de plastiques, tout aussi polluantes. La France a interdit les sacs plastiques “oxo-fragmentables” depuis 2015 et l’ensemble des produits à base de plastique oxo-fragmentable seront interdits sur le marché français en janvier 2021. La nouvelle Directive européenne relative au plastique à usage unique prévoit également leur interdiction. Ainsi, la vigilance est de mise sur les alternatives “bio”, “végétales” ou “dégradables” aux plastiques conventionnels.

L'expérimentation de Citeo sur le compostage des emballages en PLA
La solution à la pollution plastique se situe bien sûr avant tout du côté de la réduction de notre consommation et du développement d’alternatives réutilisables aux produits et emballages à usage unique. Dans ce contexte, Citeo expérimente un procédé de compostage pour les emballages en acide polylactique (PLA), un matériau plastique d'origine végétale, issu de la fermentation du sucre, qui, pour le moment, ne bénéficie pas de filière de recyclage dédiée.
L’acide polylactique (PLA), polymère produit à partir de ressources végétales, est un matériau renouvelable et, de ce fait, il pourrait être une bonne alternative aux polymères synthétiques. Néanmoins, 100 tonnes seulement sont mises sur le marché chaque année en France contre 300 000 tonnes de PET. Cependant, s’il existait une filière dédiée au recyclage des bio-déchets, cela inciterait peut-être quelques industriels à utiliser des emballages bio sourcés. En effet, le PLA ne peut pas être recyclé avec les autres polymères synthétiques car il perturberait la qualité des matériaux recyclés. Et puis, chose que les consommateurs ignorent le plus souvent, le PLA nécessite un procédé de compostage industriel et ne peut être composté à domicile avec les bio déchets des particuliers.
Depuis septembre 2018, Citeo et Les Alchimistes - jeune société qui collecte et traite des bio déchets urbains pour produire un amendement pour jardins - collectent et procèdent au compostage des emballages en PLA à Paris. Une expérimentation qui a pour objectif de tester des procédés de compostage innovants, ainsi que des modes de collecte responsables. Ce projet devait livrer ses premiers résultats d’ici mai 2019.

Le processus expérimental de compostage du PLA
Le PLA (acide polylactique) est un plastique biosourcé produit à partir de maïs ou de canne à sucre et compostable industriellement, au sens de la norme EN 13432. Il peut être utilisé pour la fabrication de bouteilles, de pots ou encore de films d’emballages et représente actuellement environ 0,01 % des emballages en plastique mis sur le marché français chaque année, soit moins de 1000 tonnes. Aujourd’hui, pour pouvoir être concrètement compostés, les emballages en PLA doivent être collectés avec les déchets « de cuisine » (biodéchets) auprès des ménages et être envoyés dans un centre de compostage industriel. Or, en France, cette filière de collecte et de compostage industriel n’existe pas à l’exception de quelques initiatives locales.
Citeo a identifié plusieurs procédés innovants pour composter industriellement les biodéchets. Il s’agit de l’ajout d’une étape de broyage fin des bouteilles en PLA en entrée de compostage afin d’avoir des temps de dégradation raisonnables. Dans le cadre de ce test, les bouteilles ont été broyées seules avant d’être mélangées aux déchets organiques. Si la filière de collecte des biodéchets voit le jour, il sera nécessaire de mener une étude technique et économique sur une unité de broyage de l’ensemble des biodéchets entrants, plastiques et déchets de cuisine en mélange, non testés à date.
Le processus se déroule en plusieurs étapes :
- Le pré-traitement : Cette étape préalable permet de trier les emballages réceptionnés, de les broyer en paillettes de plastique de fine granulométrie et de les mélanger pendant 3 jours dans le composteur avec des bio déchets pour entamer le processus de compostage.
- Le compostage : La maturation dans un conteneur fermé permet ainsi une dégradation rapide (en 6 semaines) grâce notamment à un mélange régulier du compost et à un système d’aération permettant une oxygénation complète. Ce processus est sans nuisances olfactives grâce à la présence d’un bio filtre en sortie d’aération. Ce type de composteur peut traiter jusqu’à 120 kilos de déchets alimentaires par jour, soit 25 à 35 tonnes par an selon la fréquence de remplissage.
- Les opérations post compostage : Elles permettront de tester et analyser le compost dans ses phases de maturation. Il faudrait également ajouter deux semaines supplémentaires (de 4 semaines habituellement à 6 semaines) pour assurer une maturation du compost.
La limite du PLA est sa compostabilité, possible uniquement en conditions industrielles, à certaines températures.
La part des bioplastiques dans la production mondiale
Aujourd’hui, sous différentes compositions (PLA, PE biosourcé…), on produit 2,1 millions de tonnes de plastiques biosourcés dans le monde. C’est moins de 1 % de la production mondiale de plastiques qui représente, elle, plus de 300 millions de tonnes pour les plastiques issus d’hydrocarbures : PE, PP, PET…. Face à l’engouement et parfois à la confusion autour de ces nouveaux plastiques, Citeo a réuni les professionnels du secteur lors une matinée Prospective intitulée « Compostage des emballages, quel sens pour l’économie circulaire ? » le 26 septembre 2019.
Le mensonge bioplastique - #GreenWashing
C’est le cas pour les sacs de fruits et légumes et de collecte des biodéchets, les capsules et dosettes de cafés, les sachets de thé ou encore les étiquettes des fruits et légumes. Cependant, cette compostabilité va dépendre de l’existence d’une filière à l’échelle nationale, censée être obligatoire en 2023. Mais sera-t-elle majoritairement industrielle ou « à domicile » ? Quels seront alors les impacts en termes d’écoconception des emballages ?
Au-delà des bioplastiques : la vision globale de Citeo
L’emballage que l’on recherche, s’il n’est pas réemployable, serait d’origine renouvelable, sa production aurait un impact environnemental moindre que celle des plastiques d’origine fossile, il serait parfaitement recyclable et se biodégraderait dans un temps très court s’il se retrouve accidentellement en milieu naturel. Nous devons être attentifs aux allégations qui sont apposées sur les emballages. Citeo et le Conseil National de l’Emballage ont produit des recommandations qui s’inscrivent dans la réalité du dispositif de recyclage tel qu’il est aujourd’hui.
Papier-carton : biodégradable et compostable sous conditions
Le papier-carton, un matériau issu de la fibre de cellulose, elle-même extraite des arbres, est une matière biodégradable qui peut se décomposer sous l’action de bactéries, de champignons ou encore d’algues. Mais pour réussir l’opération, il faut que les bonnes conditions soient réunies. Avec de l’oxygène, des micro-organismes, une température et un taux d’humidité adapté, le compostage crée cet environnement propice. On peut le faire chez soi, dans un composteur individuel, sous réserve de mélanger les déchets, d’aérer les matières et de surveiller l’humidité. Les professionnels eux, réalisent l’opération dans des usines de compostage industriel où les températures montent à 70° C, produisant ainsi des engrais naturels à partir des biodéchets ! En un mot, le papier-carton est bien compostable dans certaines conditions. L’emballage en papier-carton peut l’être aussi mais il est plus complexe : très souvent, il possède une couche de plastique pour bien protéger les aliments qu’il contient, il est aussi composé d’encres et de colles.
Le réemploi des emballages : un défi technique, environnemental et économique
Un emballage réemployable est un emballage qui a été conçu, créé et mis sur le marché pour pouvoir accomplir pendant son cycle de vie plusieurs trajets ou rotations en étant rempli à nouveau ou réutilisé pour un usage identique à celui pour lequel il a été conçu. Exemple, une bouteille de bière qui est lavée pour être remplie à nouveau avec de la bière est un emballage réemployable. Les emballages doivent relever plusieurs challenges pour pouvoir être ainsi réutilisés.
- Le premier challenge est technique et d’ordre sanitaire. Prenez une barquette de lardons actuellement sur le marché : c’est un emballage en plastique thermoformé avec une fermeture optimale dont la forme est développée sur une ligne de conditionnement, spécifiquement adaptée au produit et à sa bonne conservation. Le défi est de développer des emballages réemployables garantissant les mêmes qualités de protection et de conservation sur plusieurs boucles. Cette même barquette conçue pour l’usage unique, doit par ailleurs être renforcée pour supporter plusieurs utilisations et bénéficier d’une solution de lavage optimale, deux conditions indispensables à son réemploi. Les acteurs du réemploi travaillent pour inventer des emballages capables de tenir le choc ! On va même vers des emballages réemployables standards, notamment pour les secteurs du frais, de la boisson et de la restauration.
- Le deuxième challenge est environnemental. Par exemple, une bouteille en verre de whisky assure la conservation de la boisson au-delà des frontières de l’Écosse. Imaginez un circuit de réemploi, qui impliquerait le transport du produit à l’étranger, le lavage des bouteilles proche des lieux de consommation, leur voyage retour en Écosse pour être remplies de nouveau par le producteur… Le bilan environnemental serait défavorable. Dans ce cas, l’usage unique associé au recyclage serait plus pertinent.
- Enfin le troisième challenge est économique. Pour se développer, le réemploi des emballages doit être compétitif par rapport aux solutions qu’il remplace. Car avec lui se crée une toute nouvelle organisation, esquissée avec l’exemple écossais : le transport du produit, son lavage après consommation dans des centres dédiés, son reconditionnement pour un retour à la vente.

Le rôle essentiel du recyclage
Parce qu’il compte parmi les plus importantes sources de pollution lorsqu’il n’est pas correctement géré en fin de vie, notamment des mers et des océans, le plastique est pointé du doigt. Pourtant, tout en étant léger, il protège efficacement les produits (notamment lors du transport), assure leur conservation et ainsi, évite leur gaspillage. Un emballage en verre semblera à première vue préférable d’un point de vue environnemental, mais il est également plus lourd, et pourrait occasionner des émissions de carbone plus élevées lors de sa fabrication, de son transport et de son recyclage. Mais pas de conclusions hâtives ! pour substituer un matériau d’emballage par un autre, il faut mesurer ses impacts environnementaux à l’aide d’une Analyse de Cycle de Vie (ACV).
Utiliser de la matière recyclée plutôt que de la matière vierge a plusieurs avantages. D’abord, elle permet de limiter le recours aux ressources qui s’épuisent. C’est en quelque sorte une matière première secondaire qui s’intègre aujourd’hui très bien dans la production de produits et d’emballages : boite à chaussures, conserve, bouteille de jus ou de shampoing, jouets, pièces de moteurs de voiture, journaux et magazines… Par ailleurs, sa production permet d’éviter l’émission de gaz à effet de serre et la consommation de l’énergie : 2,3 millions de tonnes de CO2 sont ainsi évitées grâce au recyclage des emballages chaque année ; c’est l’équivalent d’1 million de voiture en moins sur les routes. Autre exemple, avec 1 tonne d’acier recyclé, on économise 70% d’énergie par rapport à la production de matière vierge. Aussi, produite très majoritairement en France et en Europe, la matière recyclée issue des emballages et des papiers permet à l’industrie d’avoir une certaine autonomie en termes d’approvisionnement en matériaux, vis-à-vis d’autres pays.
Un emballage est rarement (voire jamais) intégralement recyclable. Pour les emballages recyclables dit « complexes », c’est-à-dire composés de plusieurs matériaux (une barquette en carton et plastique par exemple), seule la matière majoritaire de l’emballage sera récupérée lors du processus de recyclage. Agissons ensemble au quotidien pour réduire l’impact de notre consommation sur l’environnement. S’ils sont triés, vos emballages et papiers peuvent avoir une seconde vie. Cela permet à la fois de limiter l’extraction des matières premières, les émissions de CO₂ et d’économiser de l’énergie.
Le rôle fondamental de l'emballage
A quoi sert un emballage ? Un emballage est conçu pour protéger le produit, assurer sa conservation, éviter les contaminations et faciliter son transport. Pourtant, l’emballage est souvent pointé du doigt comme un symbole de surconsommation. Il faut néanmoins distinguer les excès, tels que le suremballage, de son rôle réel pour les aliments. Si l’emballage n’est pas utile, alors allons !
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