Bien que le figuier soit un fruitier très robuste, certaines maladies et ravageurs peuvent toutefois s’y attaquer. Tous ne réussissent pas à l’affaiblir gravement, mais lorsque cela arrive il vous faut rapidement comprendre et traiter le problème pour pouvoir sauver votre arbre quand c’est possible. Une surveillance attentive des feuilles, des rameaux et de l'état général de l'arbre permet d'identifier les menaces avant qu'elles ne compromettent la récolte ou la santé du sujet.

Les déformations structurelles : le chancre du figuier
Votre figuier a des bourrelets et déformations ? Le coupable est très probablement le chancre du figuier. Ce sont les plaies occasionnées à l’arbre qui sont la cause de cette maladie, souvent à cause d’une taille mal réalisée ou sans protection immédiate.
Pour intervenir, certains ôtent les lésions, en curant profondément, jusqu’à atteindre les parties saines du figuier, puis appliquent un fongicide et un mastic, avant de traiter l’arbre entier avec le même fongicide. Si l’arbre est vraiment trop atteint, il est nécessaire de le couper, pour ne pas qu’il contamine les autres végétaux.
Le dépérissement du système racinaire : le pourridié laineux
Votre figuier dépérit sans cause apparente sur les branches ? Le coupable est le pourridié laineux. Armillaire ou Rosellinia necatrix sont tous deux des agents possibles de l’atteinte au pourridié chez le figuier et entraînent sensiblement les mêmes symptômes sur les parties aériennes qui sont peu à peu asphyxiées par la présence de champignons au niveau des racines. On observe alors un éclaircissement des feuilles, des feuilles plus petites, un ralentissement du développement, et une chute précoce des feuilles à l’automne. C’est au niveau du système racinaire qu’il est possible de distinguer quel est le champignon responsable de l’état de l’arbre.
En prévention, il est conseillé de maintenir un sol bien drainé, d'éviter tout excès de potasse et de prendre garde à ne pas blesser les branches ou les racines lors des travaux de jardinage. En curation, il n'existe pas de remède miracle pour cette maladie : l’arbre doit être détruit ainsi que ses racines, et la terre qui les entoure sur environ 20 cm doit être extraite. Il faut ensuite attendre 4 ans avant de replanter une espèce sensible à cet endroit, car ces champignons demeurent en effet longtemps dans la terre.
Les attaques foliaires et les insectes suceurs
Votre figuier a des feuilles pliées et trouées ? Ses feuilles sont aussi couvertes de filaments de soie et d’excréments noirs. Le coupable est la teigne du figuier. La teigne est un petit papillon d’1 cm ou 1,5 cm, qui se construit un cocon dans le pli de la feuille. Généralement, les prédateurs de ce papillon mettent fin à ses dégâts, qui restent souvent légers, avant la fin de l’été. Pour agir, traitez votre arbre à l’aide d’un insecticide à base de bacille de thuringe ou utilisez des pièges à phéromones.

Par ailleurs, si votre figuier présente des gouttes blanches sur les feuilles, le coupable est le psylle du figuier. Ce tout petit insecte suceur est un cousin du puceron. Il apparaît au printemps et aime les atmosphères chaudes. Il s’installe en colonie sur les branches ou les feuilles. Ce sont ses larves qui fabriquent du miellat, ce qui a pour résultat l’arrivée des fourmis et des pucerons, et donc de la fumagine. Cette maladie cryptogamique empêche la photosynthèse, et donc affaiblit l’arbre.
En prévention, des colliers arboricoles (ou colliers anti-fourmis) placés autour des troncs des arbres sensibles empêchent les fourmis d’envahir l’arbre. En curation, les coccinelles sont un grand prédateur pour les psylles. Si leur population n’est pas assez nombreuse, vous pouvez acheter des larves de coccinelles qui se feront une joie de se nourrir de ces insectes.
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La menace des mouches sur la production fruitière
Pour avoir une vision claire de la menace pour les récoltes et organiser au mieux la lutte, il faut savoir classer les mouches qui attaquent les figues en fonction de leur dangerosité.
Groupe 1 : Les mouches primaires
Ce groupe comprend les espèces qui pondent dans la figue saine, soit dans l’ostiole, soit à travers l’épiderme :
- Silba adipata McAlpine (mouche noire du Figuier) : elle attaque les figues immatures dures et vertes en pondant dans l’ostiole uniquement. Cette espèce possède une particularité de nutrition : elle est avide du latex de cet arbre. J'ai pu l'observer en particulier sur les points de suintement de latex existant sur les rameaux de figuier. Le plus souvent, Silba adipata se pose en douceur au plus près du point de suintement de latex et commence à consommer aussitôt.
- Drosophila suzukii Matsumura (drosophile asiatique) : elle attaque les figues mûres en pondant à travers l’épiderme.
Groupe 2 : Les mouches secondaires
Ces mouches ne pondent dans la figue que si celle-ci est fragilisée (en surmaturité, abîmée ou déjà attaquée par des mouches du groupe 1). Leur ovipositeur est trop faible pour entamer l’épiderme d’une figue saine. On y trouve notamment Lamprolonchaea smaragdi Walker, Drosophila melanogaster Meigen et d’autres espèces de drosophiles.
Lamprolonchaea smaragdi Walker est une espèce de la même famille que Silba adipata. C’est un agent destructeur secondaire qui hâte la décomposition des fruits. On peut la distinguer aisément grâce à la couleur vert émeraude métallique de son thorax et de son abdomen.
L'invasion du charançon noir du figuier
Le charançon noir du figuier (Aclees foveatus) est un insecte asiatique arrivé il y a quelques années sur le territoire. L’adulte est noir et mesure 2 cm de long. Ses élytres sont ponctuées. La larve se nourrit du bois et l’adulte se nourrit des feuilles et fruits de l’arbre. Le charançon est nocturne, il pond ses œufs dans la base du tronc, en général au niveau du collet, et la larve détruit petit à petit l’arbre en mangeant sous l’écorce. En France, pour l’instant seules quelques parcelles du bassin hyérois sont touchées, mais une vigilance accrue est nécessaire.

La mouche africaine de la figue : une nouvelle invasive
Zaprionus indianus Gupta est une drosophile de couleur brun orangé, qui mesure 3 à 3,5 mm de long. Elle est facilement reconnaissable à ses deux fines bandes blanches bordées de noir sur le dessus de la tête et du thorax. Signalée pour la première fois en France métropolitaine en janvier 2016, elle est considérée comme très dangereuse pour les figues car elle pond dans l’ostiole de la figue en début de maturité. Selon ce qui a été observé dans les pays où elle est implantée de plus longue date, ses capacités de reproduction et de dissémination géographique sont élevées. Il conviendra donc d’être vigilants sur l’éventuelle dissémination de cette espèce.