Le jardinage au naturel est une méthode de culture qui privilégie des solutions simples, nécessitant moins de manipulations et limitant l'usage de produits phytosanitaires, tout en valorisant les végétaux. Au cœur de cette philosophie se trouve le paillage, une technique ancestrale aux multiples bienfaits pour la terre et les plantes, y compris les arbustes.

Les Végétaux : Une Ressource Précieuse et Souvent Sous-estimée
L'entretien des jardins, qu'il s'agisse de coupes, de tailles ou de désherbage, génère souvent une masse importante de végétaux au printemps. Si un déchet est par définition un résidu inutilisable, cette masse végétale est pourtant loin d’être inexploitable. En moyenne en France, chaque habitant produit 160 kg de végétaux par an. Beaucoup choisissent de les déposer en déchetterie, ce qui demande du temps et de l'énergie. Une fois en déchetterie, une partie de ces végétaux est broyée et transformée en engrais naturel pour les espaces verts communaux et les parcelles agricoles. Cependant, la quantité astronomique de végétaux reçus ne peut être intégralement réutilisée.
Pourtant, dans les jardins, cette masse végétale possède un grand nombre de vertus. Les végétaux forment une matière organique riche qui attire des micro-organismes et rend la terre fertile. À l'inverse, un sol que l'on n'enrichit pas s'appauvrit et se désertifie progressivement, puisque le cycle de la matière s'en retrouve perturbé. La matière organique issue des végétaux est le support de la vie du sol. Réutiliser ses végétaux sur place, dans une logique circulaire, contribue à alimenter naturellement votre jardin et vous évite d'acheter des engrais ou des pesticides.
Le Broyage et le Paillage : Deux Solutions Concrètes pour Valoriser vos Végétaux
Il existe des solutions alternatives qui permettent de ne plus considérer ces végétaux comme des déchets, mais bien comme des ressources pour aider le jardin à être sain. Deux solutions majeures permettent de valoriser ces végétaux sur place en deux étapes : le broyage et le paillage.
Étape 1 : Le Broyage des Petits Végétaux
Le broyage consiste à réduire en petits morceaux les végétaux afin d’en faire des copeaux appelés « broyat ». Vous pouvez ainsi transformer les coupes du jardin : fleurs fanées, arbustes d’ornement, hortensias, ronces, petits branchages de haies diverses (thuya, laurier), feuilles mortes, etc. Le broyage peut même se faire avec votre tondeuse classique en étalant les végétaux sur le sol. Il suffit ensuite de ramasser le broyat pour le mettre au compost ou l'utiliser en paillage. Le broyage permet de réduire de 5 fois le volume de végétaux produits.

Broyer sans se déplacer : Facilité et Économies
L'entretien de votre jardin vous demande du temps et beaucoup d'énergie avec les tailles, coupes, ramassages, allers-retours en déchèterie et le nettoyage de la voiture ou l'utilisation d'une remorque. Le broyage à domicile consiste à transformer vos végétaux directement dans votre jardin. Le broyeur ingurgite les gros volumes de déchets comme les tailles, les coupes de haies et les branches d'arbres, et il produit du broyat utilisé pour le paillage ou pour alimenter le compost. Les végétaux sont réutilisés sur place dans une logique circulaire et alimentent naturellement votre jardin. Cela vous évite d'acheter et d'utiliser des produits phytosanitaires.
L'achat d'un broyeur peut être onéreux, mais il existe d'autres solutions pour s'en procurer un facilement. Il est possible que votre collectivité propose une aide financière pour la location d'un broyeur, il suffit de vous renseigner auprès des services techniques de votre ville. De nombreuses enseignes de jardinage ou de motoculture proposent de la location aux particuliers. Le broyeur se met généralement dans un coffre de voiture et coûte entre 70 et 200 € la journée, en fonction du modèle et du diamètre de branchage à traiter. La location mutualisée avec vos voisins peut être une bonne alternative pour partager le montant de la facture et l'aspect logistique. C'est aussi l'occasion de partager un moment agréable avec vos voisins.
Les avantages de broyer ses végétaux sur place
À l'aide du broyeur, vous organisez un circuit court au sein de votre jardin. Vous récupérez les végétaux issus des tailles, des coupes et du ramassage pour les transformer en paillage et en engrais verts. Ils permettent une double action zéro déchet. Vous produisez vos propres ressources organiques, ce qui demande moins d'arrosage et de désherbage. Vous économisez du temps en évitant les allers-retours en déchèterie. Cinq mètres cubes de branchages vous offrent un mètre cube de broyat avec lequel vous pourrez pailler vos plantations au potager ou votre jardin d'ornement. Le broyat peut vous permettre de créer de jolies allées en déposant une bonne épaisseur d'environ 10 centimètres. Vous pouvez également utiliser du broyat pour apporter dans votre composteur de la matière brune et sèche indispensable à la bonne dégradation en compost. Contrairement à ce qu'on peut penser, les résineux peuvent aussi se broyer et être utilisés pour du paillage ou au composteur.
Il est bon de savoir que lorsque les arbres et les haies sont entretenus régulièrement, cela permet de couper uniquement des petits branchages qui peuvent être simplement broyés avec votre tondeuse classique. Le broyat obtenu peut s'utiliser au jardin ou être mis dans le composteur. Il est conseillé de privilégier des essences d'arbres à pousse lente et de penser aux petits arbustes pour créer votre haie. Les lauriers palme et les thuyas par exemple, sont souvent choisis car ils sont moins chers à l'achat, mais ils demandent beaucoup d'entretien ! Il est important de prendre tous les renseignements nécessaires auprès de votre pépiniériste avant de choisir vos végétaux : exposition privilégiée, envergure à taille « adulte », fréquence d'entretien.
Étape 2 : Le Paillage pour Valoriser Votre Sol
Cette pratique consiste à recouvrir le sol autour des plantations avec des matières végétales. Elle s'applique aussi bien au potager qu'au jardin d'ornement et présente de nombreux avantages :
- Empêche les herbes indésirables de pousser.
- Apporte des nutriments aux plantes en formant de l'humus.
- Limite l'érosion du sol par temps de pluie.
- Conserve l'humidité et permet donc de réduire la fréquence des arrosages.
- Garde une terre souple et facile à travailler.
- Forme un écosystème favorable à l'activité biologique et à la biodiversité.
- Embellit votre jardin en recouvrant les sols nus ou les passages de cheminement.
Le paillage : une technique économique et écologique à portée de tous les jardiniers...
Réussir son paillage : Astuces et Précautions
L'idéal est de pailler avec ce que l'on a sous la main. Les feuilles mortes font très bien l'affaire, ainsi que la tonte sèche de pelouse si vous n'avez pas opté pour le mulching. Récupérez l'herbe coupée dans le réceptacle de la tondeuse et faites un ou plusieurs petits tas au soleil pour la laisser sécher naturellement pendant quelques heures.
Le paillage consiste à recouvrir la terre à l'aide de matériaux organiques ou non, dans le but de la protéger contre le gel, les mauvaises herbes et les insectes. Cette méthode maintient l'humidité au niveau des racines des plantes, ce qui contribue à leur bonne santé. Cependant, pour garantir un paillage à l'efficacité maximale, il convient de rester vigilant. Cette technique, connue pour protéger les plantes durant la saison froide, ne s'applique pas uniquement en hiver. En réalité, il est même primordial de réaliser cette opération en été, afin de préserver la fraîcheur de la terre lors des grosses chaleurs. De ce fait, à l'approche de cette saison, il est judicieux de pailler son sol, en prenant soin de bien préparer son terrain au préalable. En effet, pour un paillage à l'efficacité maximale, les racines des végétaux doivent être bien dégagées et, surtout, les mauvaises herbes, arrachées. Il convient aussi d'arroser avant de recouvrir la terre d'une couche d'environ 7 cm de matière. Cette démarche maintient l'humidité au niveau du sol et, ainsi, réduit également le besoin d'arrosage.
Il s'agit d'une erreur assez fréquente et qui, sans être trop grave, présente tout de même de vrais inconvénients : pailler un sol gelé en hiver l'empêche de se réchauffer et bloque le froid au niveau des racines, ce qui peut impacter lourdement les plantations.
Choix du paillage et types de matériaux
Il existe plusieurs solutions de paillages. Les matériaux utilisés peuvent être d'origine organique ou non et présentent tous des propriétés variées, qui s'appliquent plus ou moins bien aux plantes à protéger. L'un des principaux indices à surveiller est le pH de la matière. Mieux vaut, par exemple, recourir à des écorces de feuillus plutôt qu'à des écorces de pin, trop acides pour de nombreux végétaux. En revanche, cette solution convient très bien aux buissons ou plants de myrtilles, qui ont besoin d'acidité et peuvent donc être recouverts d'écorce, de sciure ou de compost. Les écorces de pin sont à privilégier pour les plantes dites de terre de bruyère (rhododendrons, azalées, hydrangeas).
Le paillage retient l'eau en limitant son évaporation. En effet, grâce au paillage, l'eau reste dans le sol sur une plus longue durée. Dans cet objectif, on peut également ajouter de la terre de diatomée à la démarche et maximiser ainsi la rétention d'eau. Une fois un minimum humidifié, les paillis tiendront au sol sans problème. Il s'agit de récupérer les déchets de taille des haies et de les broyer. La paille de lin, également appelée « paillette » parce que bien plus fine, est très appréciée pour son côté esthétique.
Quand enlever le paillage ?
Si le paillage représente une excellente manière d'isoler la terre pour la protéger contre les assauts du gel, des insectes et des mauvaises herbes, il reste indispensable de la laisser respirer au bout d'un moment ! Au printemps, après les gelées et les giboulées, vient le moment d'enlever le paillage. Si cette étape est oubliée, le sol se réchauffera naturellement, favorisant l'apparition de parasites au niveau des racines, ce qui se révèle particulièrement contre-productif.
Le Paillage des Arbustes : Considérations Spécifiques
Le paillage est particulièrement bénéfique pour les arbustes, mais quelques spécificités doivent être prises en compte.
Paillage des arbustes en pot
Le paillage protège les racines du dessèchement trop rapide du substrat très drainant contenu dans le pot. Si le paillage est de couleur claire, ce qui est souvent le cas, il protège le substrat d'un échauffement trop important lorsque celui-ci est exposé aux rayons du soleil. Pour un Nandina Domestica Obsessed en pot et peu ensoleillé, le paillage est une excellente solution pour maintenir l'humidité et protéger les racines. Les ronds de paillage prêts à l'emploi peuvent pourrir dessous s'il n'y a pas suffisamment d'aération ou si le drainage n'est pas optimal. Il est important de s'assurer d'une bonne circulation de l'air et de ne pas laisser le paillage s'imbiber d'eau stagnante.
Toxicité de certains broyats
La question de la toxicité est pertinente, notamment avec des végétaux comme l'if. Il est avisé de se demander si on peut broyer les grosses branches d'un if, après avoir éliminé au sécateur les branches secondaires sur lesquelles poussent les aiguilles, et utiliser le broyat en tant que BRF. Il est généralement déconseillé d'utiliser le broyat de plantes toxiques pour le paillage ou le compostage, surtout si des enfants ou des animaux domestiques sont susceptibles d'entrer en contact avec. Dans le cas de l'if, toutes les parties de la plante sont toxiques, y compris le bois. Il est donc préférable d'éviter son utilisation en paillage ou en BRF, même après avoir retiré les aiguilles.
Paillage et plantes couvre-sol
Un paillage réalisé dans les règles de l'art va très fortement limiter la croissance des adventices et autres concurrentes des plantes potagères. Selon le type de paillage et les problèmes rencontrés dans le potager, il est possible de limiter la présence de certains ravageurs. Dans la catégorie microfaune « auxiliaire » : collemboles, protoures, diploures et autres vers de terre n'évoluent jamais sur sol nu. Les adventices n'ayant pas accès à la lumière du fait du paillage, elles ne pourront pas pousser. Dans un parterre d'arbustes, framboisiers et plantes vivaces de 30m x 1m, le but d'un paillage n'est pas d'éradiquer les mauvaises herbes, mais de les limiter. Il est crucial de désherber soigneusement avant d'installer le paillage. La suggestion d'installer des plantes couvre-sol est très adaptée pour limiter l'apparition des mauvaises herbes.
Paillage des arbustes jeunes et des floraisons
S'il faut faire attention à ne pas étouffer vos jeunes plants avec votre paillis, vous pouvez aussi en rajouter au fur et à mesure. Arrosez bien votre paillage lors de son installation pour éviter qu'il ne s'envole et pour faire en sorte qu'il commence à participer de la vie du sol. Lorsque certaines fleurs ont déjà poussé et d'autres sont encore sous terre, il est possible de placer les écorces. Il faut veiller à ne pas recouvrir les jeunes pousses et les fleurs déjà écloses pour ne pas gêner leur croissance. Une couche d'environ 5 à 7 centimètres est généralement suffisante.
Création d'un jardin d'intérieur sur carrelage
Pour aménager une cour intérieure et couverte, peu ensoleillée, en jardin d'intérieur avec des plantes de type mousses et fougères, l'utilisation d'écorces comme « sol » sur du carrelage est envisageable. Cependant, les écorces seules ne suffisent pas à constituer un sol viable pour la plupart des plantes. Les mousses et les fougères ont besoin d'un substrat qui retient l'humidité et apporte des nutriments. Il est donc nécessaire d'ajouter de la terre, ou un mélange de terreau adapté, sous les écorces. Les écorces serviront alors de couche de paillage pour maintenir l'humidité du substrat, réguler la température et apporter un aspect esthétique.
Le Mulching : Une Alternative pour la Pelouse
À l'approche des beaux jours, tondre sa pelouse devient un rituel régulier et produit une grande quantité de végétaux. En moyenne, 100 m² de pelouse produit environ 60 à 110 kg de tonte par an. Au lieu d'emmener vos végétaux à la déchèterie, la technique du mulching vous permet de gagner du temps et de l'énergie en réutilisant votre pelouse tondue pour alimenter votre jardin.
La technique du mulching, aussi appelée l'herbicyclage, consiste à laisser sur place l'herbe finement coupée. Elle se décompose naturellement, apporte au sol des éléments nutritifs et maintient un bon apport d'humidité. Le gazon coupé crée une fine couche qui permet d'enrichir le sol et les micro-organismes. Cette couverture naturelle empêche les mauvaises herbes de pousser, limite l'évaporation et la propagation des mousses et offre une meilleure résistance de la pelouse à la sécheresse. Cette coupe de protection couvre l'herbe contre le soleil, le vent, le froid, les fortes précipitations ; votre sol est nourri et protégé. Le mulching offre une logique circulaire et vertueuse pour rendre votre sol plus fertile. Elle permet de limiter les manipulations dans votre jardin et les allers-retours en déchèteries, c'est un gain de temps et d'énergie.

Le Mulching en pratique : 4 étapes clés
- Tondre par temps sec et environ 1 fois/semaine : la hauteur de votre pelouse détermine la fréquence de tonte.
- La hauteur de coupe est importante pour réussir son mulching : Il est conseillé de couper à un tiers de la hauteur et de laisser deux tiers pour que votre pelouse reste verte entre chaque tonte. Il faut éviter les tontes trop rases ; il est nécessaire de mulcher en plusieurs étapes pour arriver à la hauteur désirée.
- Utiliser une tondeuse adaptée : Vous pouvez utiliser votre tondeuse classique en bouchant l'entrée du bac de récupération de l'herbe, ou utiliser une tondeuse à mulching.
- Laisser l'herbe coupée sur place : Évitez les herbes hautes ou encore humides.
Le mulching est adapté à une pelouse régulièrement entretenue. La technique du mulching ne se voit pas, les débris de pelouse restent sur place mais sont coupés si finement qu'ils se cachent entre les brins d'herbes et disparaissent rapidement.
Quelles tondeuses utiliser pour le mulching ?
Toutes les tondeuses ne sont pas équipées pour la technique du mulching. Elles doivent être munies d'une lame bombée ou double afin de couper finement les brins d'herbes.
- Les tondeuses traditionnelles : Vous pouvez acheter un kit pour munir votre tondeuse sans avoir à la changer. Le kit mulching consiste à ajouter un obturateur dans le trou de déjection pour empêcher les débris de tonte de s'échapper. Il peut être utile d'ajouter une lame spéciale pour couper les brins d'herbes de manière efficace. La tonte hachée retombe sur le sol.
- Tondeuses multifonctions : Certaines tondeuses sont déjà équipées d'un obturateur intégré ; il suffit souvent d'enclencher la manette pour utiliser la technique du mulching.
- Tondeuses spéciales mulching : Elles sont conçues spécifiquement pour cette technique de tonte.
Le Compostage : Transformer les Végétaux en Engrais Naturel
Composter, c'est la solution vertueuse pour transformer ses végétaux en engrais naturel. Votre jardin est protégé et nourri naturellement grâce au processus de compostage qui transforme vos végétaux en un terreau riche et d'excellente qualité. Il vous offre un engrais naturel et vous économise les allers-retours en déchèteries pour déposer vos végétaux.

Le compostage : Un processus naturel et contrôlé
Le compostage est un processus naturel de dégradation des matières organiques. Les déchets verts et organiques se décomposent grâce à l'action d'êtres vivants microscopiques. C'est une décomposition organisée, accélérée et contrôlée. La transformation finale en compost se fait grâce aux vers, lombrics, larves d'insectes et autres organismes de la pédofaune qui permettent d'obtenir un support de culture fertilisant 100 % naturel et prêt à l'emploi : le compost.
Composter chez soi, c'est d'abord un bon moyen de réduire la quantité de déchets que l'on jette à la poubelle. En effet, les déchets compostables "restes de tables", appelés « biodéchets », représentent un tiers des ordures que nous jetons. Le compost se répand en surface du sol pour améliorer ses propriétés et l'enrichir. Le compost et le terreau sont tous les deux utiles pour nourrir les sols. Le terreau est aussi issu de la décomposition des matières organiques, il est très riche en humus et peut être utilisé pour cultiver des végétaux comme les semis ou les jeunes plants.
Le compostage en pratique : Les règles d'or
Il existe différentes méthodes pour composter, à l'air libre avec le compostage en tas ou à l'aide d'un composteur. Si vous optez pour le composteur, renseignez-vous auprès de votre collectivité qui organise régulièrement des distributions. Le composteur est placé dans votre jardin à l'endroit qui vous semble approprié et accessible en toute saison. Vous pouvez ensuite y mettre vos végétaux, les tontes de pelouse sèche, les mauvaises herbes et les feuilles mortes. Les plus gros branchages peuvent aussi être compostés, mais ils doivent être broyés auparavant (à la tondeuse ou au broyeur par exemple). L'amendement d'un compost est un processus allant de 4 à 6 mois avant de ressembler à du terreau.
Pour que votre compost soit en forme, il convient de respecter quelques règles :
- L'équilibre entre les matières humides et les matières sèches : Il est conseillé d'apporter approximativement 50% de matières brunes riches en carbone (feuilles mortes, broyat de branchages secs) pour 50% de matières vertes riches en azote (végétaux, plantes jeunes, déchets alimentaires).
- 50% d'apport en azote : Tous les végétaux (tontes, feuilles…), tous les déchets organiques de la cuisine : fruits (agrumes compris, il faut juste les mettre à 5 centimètres sous la surface du compost pour qu'ils se désagrègent en 1 semaine !), légumes, coquillages (sauf l'huître car trop minéral), restes de repas (viandes, poissons… pour éviter d'attirer les nuisibles, il suffit de mélanger ces derniers dans le compost dès l'intégration).
- 50% d'apport en carbone : Feuilles mortes, broyat, branches, papiers, cartons, boîtes à œufs découpés.
- Une bonne aération du compost : Un brassage régulier est nécessaire pour garantir un apport d'oxygène aux micro-organismes responsables de la décomposition de la matière organique. Pour cela, utilisez un brasse-compost ou une fourche.
- La gestion de l'humidité : Pour que la décomposition soit optimale, un taux d'humidité doit être respecté. Le mélange des déchets permet d'homogénéiser les matières sèches et humides. Si le tas est trop sec, vous pouvez apporter de l'humidité en l'arrosant ou en laissant le couvercle ouvert par temps de pluie. Si, dans le cas contraire, le tas est trop mouillé, une mauvaise odeur peut se dégager. Augmentez alors l'apport de matières sèches pour rééquilibrer l'hydrométrie.
Autres techniques de compostage
Si vous avez un grand jardin, deux solutions sont possibles :
- Le compostage en tas : en hauteur ou en allongé, recouvert d'une bâche pour assurer un bon niveau d'humidité.
- Le compost en surface : le principe est de déposer directement tous les déchets organiques au pied des plantations et de les mélanger avec du broyat et/ou de la sciure afin de réduire les odeurs et d'augmenter la vitesse de transformation.
L'Impact Écologique et la Biodiversité
Nos jardins, nos balcons, nos parcs sont des refuges pour les oiseaux, les insectes, la faune du sol. Réunis, ils forment ce que l’on appelle des corridors écologiques car ils permettent à la biodiversité de circuler. Balcon fleuri, potager, cour d’école végétalisée… Le champ des possibles est vaste. Tondre moins souvent, accepter des herbes folles, un coin de feuilles mortes ou un tas de bois, c’est offrir toit et couvert à une multitude d’espèces : pollinisateurs, hérissons, oiseaux ou amphibiens.
Les 6 bonnes pratiques qui font la différence :
- Tondez moins souvent pour laisser pousser fleurs et graminées. La pelouse rase est un désert pour la biodiversité. Vous pouvez aussi essayer une tonte en mosaïque qui alterne les zones courtes et hautes pour accueillir fleurs et insectes.
- Prévoyez des points d’eau car, par exemple, une mare naturelle accueille amphibiens et libellules. Vous pouvez aussi réduire l’arrosage en installant un récupérateur d’eau de pluie.
- Recyclez les déchets verts car le broyat nourrit les sols et sert de paillage. Les sols couverts restent fertiles et humides plus longtemps.
La transition écologique des espaces verts est résolument collective. Partout en France, les communes, les jardiniers, les entreprises et les citoyens réinventent la manière de gérer la nature en ville. Ensemble, ils montrent qu’il est possible d’allier qualité de vie et préservation du vivant. Dans le cadre de la stratégie Écophyto 2030, de nombreuses collectivités réduisent l’usage des pesticides et expérimentent des pratiques plus respectueuses du vivant : paillage, désherbage thermique, plantes locales et gestion différenciée.
Un sol nu, la nature ne connaît presque pas. Sur un sol nu va facilement se créer une « croûte » sous l’effet de la pluie. Le paillage évite ce phénomène pour la simple et bonne raison que la pluie ne tombe pas directement sur le sol, elle est amortie par le paillage. Un paillage retient cette même eau en limitant son évaporation. En effet, grâce au paillage, l’eau reste dans le sol sur une plus longue durée. Cette dernière sera gardée dans le sol par le paillage qui sert alors de tampon thermique entre la terre et l’air. En effet, les adventices n’ayant pas accès à la lumière du fait du paillage, elles ne pourront pas pousser. Garder l'eau dans le sol est une bonne chose… mais pas trop.