Introduction à la Plantation d'Oliviers
La magnifique silhouette d’un olivier évoque instantanément le chant des cigales, le soleil méditerranéen et la douce chaleur des plages bordées d’oliveraies. Symboles de longévité, de paix et de prospérité, les oliviers sont cultivés depuis des milliers d’années, principalement dans le bassin méditerranéen dont ils sont originaires. Une plantation dédiée à ces arbres emblématiques possède des désignations spécifiques dans la langue française, ancrées dans une histoire linguistique riche et une tradition agricole profonde. Comprendre ces termes et les réalités qu'ils recouvrent, c'est plonger au cœur d'une culture à la fois ancienne et résolument tournée vers l'avenir.
Dénominations et Étymologie : Olivaie et Oliveraie
Pour désigner une plantation d'oliviers, la langue française utilise principalement deux termes : « olivaie » et « oliveraie ». Ces deux substantifs féminins sont des synonymes parfaits, l'un et l'autre décrivant spécifiquement un lieu planté d'oliviers. Leur emploi peut varier, mais leur sens fondamental reste le même.
L'étude étymologique et historique de ces mots révèle des origines distinctes mais convergentes. Le terme « oliveraie » apparaît en premier dans les registres linguistiques, attesté vers 1195 sous la forme « olivereie » dans l'œuvre d'Ambroise, "Guerre sainte", et réapparaissant en 1606 comme « oliveraye » chez Crespin. Ce terme est un dérivé direct de « olivier » - le nom de l'arbre - auquel a été ajouté le suffixe collectif « -aie ». Il est intéressant de noter que l'on trouve aussi vers 1350 la forme « oliverie », comme le mentionne Roques (t.1, IV-V, 5862).
Quant à « olivaie », son apparition est plus tardive, attestée en 1630 chez Monet. Ce mot a été emprunté à l'ancien provençal « oliveda », qui signifie également « lieu planté d'oliviers », lui-même issu du latin « oliveta », le féminin d'« olivetum » signifiant « id. ». L'Académie française, dans son édition de 1935, a d'ailleurs bien enregistré le terme « olivaie ». Des auteurs comme Giono dans sa "Colline" (1929) ou Bosco dans "Mas Théot." (1945) et T'Serstevens dans son "Itinéraire espagnol" (1963) ont magnifiquement illustré l'usage de ces termes, comme lorsque Giono écrit : « La nuit emplit déjà la vallée; elle effleure la hanche de la colline. Les olivaies chantent sous l'ombre ». Ou encore, Bosco qui raconte : « Le vieil Alibert sortit de l'oliveraie avec son fils et vint vers nous ». T'Serstevens, pour sa part, décrit : « Nous nous sommes égarés au milieu des olivaies qui dessinent leur géométrie argentée sur les pentes du littoral ». Ces exemples littéraires soulignent la poésie et la vivacité de ces appellations dans le paysage culturel français.

Le Suffixe "-aie" et ses Déclinaisons
Le suffixe « -aie » est un élément crucial dans la formation de ces mots désignant des plantations. Il s'agit d'un suffixe collectif servant à former des substantifs féminins qui désignent une plantation ou un lieu où croissent des végétaux. La base de ce suffixe est toujours un nom de végétal, qu'il s'agisse d'un arbre, d'un arbuste, d'une plante ou d'un fruit.
Il existe deux manières principales pour ce suffixe de s'ajouter à une base. Premièrement, « -aie » s'ajoute à une base non suffixée. On trouve ainsi des mots tels qu'une amandaie, qui est une plantation d'amandiers, ou une aulnaie, ou ouaunaie, désignant un lieu planté d'aunes. D'autres exemples abondent, comme une boulaie, terrain planté de bouleaux (du vieux français "boule" pour bouleau), une buissaie, lieu planté de buis, une buissonnaie, lieu couvert de buissons (selon Littré), ou encore une cannaie, plantation de cannes à sucre ou de roseaux. La liste s'allonge avec la cédraie pour un endroit planté de cèdres, la cerisaie pour une plantation de cerisiers, la chênaie pour une plantation de chênes, la coudraie pour un terrain planté de coudriers (noisetiers), et l'épinaie pour un lieu où croissent des arbustes épineux. On trouve aussi la fougeraie, champ ou lieu où poussent les fougères, la foutelaie, dérivé de fouteau et issu de "fagus" (hêtre) désignant un lieu planté de fouteaux (selon Littré), la frênaie pour un terrain planté de frênes, la hêtraie pour un lieu planté de hêtres, la houssaie pour un lieu planté de houx ou de buissons de houx, la jonchaie pour un lieu où croissent des joncs, et la myrtaie pour une plantation de myrtes. L'olivaie elle-même, en tant que verger ou plantation d'oliviers, entre dans cette catégorie, tout comme l'ormaie ou ormoie, un lieu planté d'ormes, et la platanaie, un lieu planté de platanes (selon Littré). D'autres exemples incluent la poiraie (Nyrop t. 3 1936, § 153), la prunaie (Meyer-L. t. 2 1966, § 58), la rouvraie pour un lieu planté de chênes rouvres, la saulaie ou saussaie pour une plantation de saules, et la tremblaie, régionalisme désignant un terrain planté de trembles. À noter également la futaie, qui, bien que sa base désigne une partie de l'arbre ("groupe d'arbres de haut fût dans une forêt; par extension, forêt d'arbres très élevés"), s'inscrit dans cette logique.
Deuxièmement, « -aie » s'ajoute à un dérivé en « -ier » qui se transforme en « -er ». C'est le cas de l'oliveraie. On observe cette structure dans la bananeraie, plantation de bananiers, la châtaigneraie, lieu planté de châtaigniers, la fraiseraie, plantation de fraisiers, la mûreraie, terrain planté de mûriers (selon Littré), l'orangeraie, plantation ou verger d'orangers cultivés en pleine terre, l'oseraie, endroit ou terrain planté d'osiers, la palmeraie, plantation de palmiers, la peupleraie, plantation de peupliers, la pommeraie, plantation ou champ de pommiers, et la prunelaie (issue de "pruneraie" par dissimilation) pour un terrain planté de pruniers. La ronceraie, terrain inculte où croissent les ronces, est également un exemple, même si le mot "roncier" existe (Nyrop t. 3 1936, § 389 voit dans ce mot, la forme élargie du suffixe -aie). Enfin, la roseraie, champ planté de rosiers ou endroit d'un jardin orné de rosiers, illustre aussi cette règle.
Il est important de souligner qu'il existe une opposition entre « -aie » (ou « -eraie ») et « -ère » ou « -ière ». Les dérivés formés par ces deux suffixes peuvent avoir la même signification, bien que « -aie » soit plus fréquent. Par exemple, l'orangeraie désigne une plantation ou un verger d'orangers cultivés en pleine terre, tandis qu'une orangerie peut être un lieu fermé où l'on met à l'abri pendant la saison froide les orangers cultivés dans des caisses, ou une partie d'un jardin où les orangers sont placés pendant la belle saison. Les noms en « -aie » sont en quelque sorte des collectifs non marqués. L'addition du suffixe « -aie » ou de la forme élargie « -eraie » peut parfois provoquer des changements phonétiques et graphiques dans le radical. La forme « -eraie » a été perçue comme un suffixe à part entière et s'est accolée à des bases non suffixées, donnant des mots comme « joncheraie » (parallèle à « jonchaie »), « noiseraie » (lieu planté de noyers, où « -eraie » s'accole au radical « noix ») et « pineraie » (lieu planté de pins).
Sur le plan phonétique, la prononciation de la finale « -aie » est [ε], un « è » ouvert bref, comme dans « baie », « claie », « craie », « raie », « vraie ». Cependant, des nuances historiques existent, certains linguistes comme Fér. en 1768 indiquant que « Aie est toujours long, il se prononce comme un è ouvert; haie, plaie, vraie : prononcez hè, plè, vrè ». D'autres, comme Mart. en 1913, précisent que « La finale -aie ou -aies s'allonge un peu en vers, mais cette différence est insensible dans l'usage courant ».
L'étymologie du suffixe « -aie » provient du suffixe latin « -ēta », un pluriel. Beaucoup de ces mots, comme coudraie, épinaie, frênaie, houssaie (du latin huleta), ormaie, oseraie, saussaie, ont des racines latines directes. Cependant, la plupart des dates d'apparition des dérivés étant assez tardives, il n'est pas toujours aisé de déterminer avec exactitude quels mots sont directement issus du latin. En ancien français, on trouvait également des formes avec « -oi » issues du latin « -ētum » ; cette terminaison masculine a été remplacée par « -oie », que l'on retrouve dans « charmoie », « ormoie », et « -aie » (Nyrop t. 3, 1939, § 152). Le suffixe « -aie » a démontré une grande vitalité et productivité dès le XIIe siècle, permettant une analyse aisée où la base est toujours isolable. Il est également à noter qu'en ancien français, « -aie » se trouvait parfois confondu avec « -ée », comme dans « arbrée », « erbee », « espinée », « olivée », « pomerée », « sapinée » (Nyrop t. 3 1936, § 153). Cette tendance s'est parfois perpétuée en français moderne, avec des auteurs comme G. Flaubert qui a écrit « hêtrée » dans "Madame Bovary".
L'histoire de l'olivier
La Culture de l'Olivier : Une Vision à Long Terme
La création et l'entretien d'une oliveraie représentent bien plus qu'une simple entreprise agricole ; c'est un engagement sur le très long terme, une transmission potentielle sur plusieurs siècles. L'olivier est en effet la culture pérenne au cycle de vie le plus long, accompagnant plusieurs générations d'oléiculteurs. Cette perspective séculaire nécessite une réflexion préalable approfondie, garante de la réussite du projet.
Il est important de rappeler que de tout temps, la culture de l’olivier a été une culture complémentaire sur toute exploitation agricole et qu’en aucun cas ce n’était un revenu principal. L'olivier est une espèce alternante, produisant souvent véritablement une année sur deux. Il est donc nécessaire d’avoir une autre source de revenus afin d’assurer la pérennité de l’exploitation et des revenus de l'oléiculteur. Néanmoins, l'oléiculture a une importance économique et écologique considérable. Le rôle des vieux oliviers et des vieilles oliveraies dans la préservation de nombreuses espèces d'oiseaux est spécialement important, contribuant à la biodiversité des écosystèmes. Dans le cadre des politiques agricoles, la poursuite de plantation de nouvelles oliveraies est encore autorisée dans les pays dont les plans de développement ont été approuvés. De plus, dans un souci d’amélioration de la flexibilité, il est souvent nécessaire d'augmenter le nombre d’arbres bénéficiant d’une aide supplémentaire qui doivent être préservés dans les oliveraies. Même les oliveraies de 1998 qui n’ont pas pris part à la production durant la période de référence ne doivent pas non plus passer inaperçues dans les évaluations.

Conditions Idéales et Adaptations Climatiques
L'olivier (Olea europaea) est une plante typiquement méditerranéenne. Il aime le soleil, la chaleur et les emplacements abrités du vent. Longtemps l’apanage des côtes du sud de la France, l’olivier s’adapte de plus en plus au reste du territoire en raison des étés toujours plus chauds et des hivers relativement doux. Les territoires chauds à moins de 600 mètres d’altitude correspondent au climat idéal pour la plantation d’oliviers. C’est pourquoi de nombreux oliviers sont présents dans le Sud de la France, notamment en Occitanie ou en région PACA, où l'olivier fait partie du patrimoine culturel et agricole.
Cependant, l’olivier est une plante peu rustique, qui supporte mal le gel. Les jeunes plants d’oliviers craignent particulièrement les grands froids et les terres trop humides. Les oliviers provenant de régions très chaudes sont particulièrement sensibles au gel et ne résistent pas à l’hiver en extérieur. Un olivier adulte résiste mieux au froid qu’un jeune plant. Certaines variétés espagnoles ou originaires des Pyrénées se montrent plus résistantes à des climats plus changeants et à des températures plus fraîches. Pour plus de sécurité dans les régions plus froides, il est préférable de planter l’olivier en pot ou en bac, ce qui permet de le rentrer facilement à l’abri durant l’hiver. Il est important de rentrer l'arbre avant les premières gelées. Même en ville en France, la culture est possible tant que le climat local est adapté.
Le goût des olives dépend de plusieurs facteurs, incluant la variété, le sol, l’exposition et le climat. C'est pourquoi, bien qu'originaire du bassin méditerranéen, l'olivier s'est adapté à différents environnements, ce qui explique qu'on compte aujourd’hui plus de 1 000 variétés dans cette région. Chaque variété présente des différences en termes de goût, de taille et d’usage. Par exemple, dans le Gard et l’Hérault, les variétés dominantes sont la Lucques, la Picholine, la Verdale et la Negrette. Il est bon de savoir qu’il n’existe pas de variétés « noires » ou « vertes » en soi ; toutes les olives sont normalement vertes, et la couleur noire survient à maturité.
Préparation du Terrain et Plantation
La réussite d'une oliveraie dépend fondamentalement d'une préparation minutieuse du site. Dans des régions comme le sud de la France, souvent montagneuses, les terrains plats sont plutôt rares. De plus, avec le développement touristique, l’immobilier gagne du terrain, ce qui réduit les surfaces disponibles pour l'agriculture.
L’exposition est de première importance, l’idéal étant une exposition Sud/Sud-Est. Cependant, la nature du terrain n’est pas une question vitale en soi, car l’olivier est très accommodant ; il accepte aussi bien les sols acides que les sols calcaires. L’idéal est un sol légèrement basique, pauvre, sec et bien drainé. L’ennemi principal de l’olivier est l’humidité stagnante, il faut donc éviter la terre lourde et les excès d’arrosage. Un accès routier à la parcelle est absolument indispensable pour faciliter les travaux d'entretien et la récolte.
Si l’on rêve d’une oliveraie productive, il sera indispensable de disposer d’une ressource en eau abondante et de bonne qualité, c’est-à-dire non polluée et sans chlore, essentielle pour l'irrigation, surtout des jeunes plants. Les intempéries de ces dernières années, rappelant les éboulements de terrains fréquents dans certaines régions, imposent d'étudier la parcelle avec l'aide d'un expert pour déterminer les risques géologiques. Enfin, l’altitude ne devra pas être trop élevée ; 700 mètres est un maximum. Une altitude de 400 ou 500 mètres n’est pas un handicap, bien au contraire, surtout si l'objectif est de produire des olives de table.

La première opération sera le débroussaillage. Tous les arbres présents seront abattus sans remords, exceptionnellement, quelques arbres fruitiers de valeur pourront être laissés en place, mais ils devront rester en large minorité par rapport aux futurs oliviers. Le débroussaillage produit une quantité impressionnante de végétaux dont il faudra se débarrasser. Le bois de bonne taille sera débité pour le chauffage. Pour les autres végétaux, le feu est une option moins fatigante qui laissera un sol propre, mais il faudra choisir l’époque des travaux en fonction des dates où les feux sont autorisés. Si l'on choisit de broyer les végétaux, l’époque importe peu, mais il faudra impérativement composter le tas de débris obtenu et ne pas l’étaler sur le terrain.
Toutes les souches et racines devront être retirées et brûlées ou débitées. Ce point est très important car il évitera la repousse des rejets qui auraient tôt fait de prendre le dessus sur les jeunes oliviers. Lorsque ceux-ci seront installés, il sera d'autant plus difficile de lutter contre ces indésirables. C’est un travail pénible, et l’aide d’un engin mécanique sera appréciable. Pour les plus grosses souches, la méthode du chlorate de soude peut être utilisée : percer des trous de gros diamètre dans le bois, les remplir de désherbant, et à mesure que le produit est absorbé, les remplir à nouveau. Après trois ou quatre mois de ce traitement, on versera de l’essence dans les trous avant d'y mettre le feu.
Dans les régions de restanques (ou « planches »), certains murs de pierres sèches ou talus herbeux peuvent être éboulés. Des restanques plus étroites peuvent ne pas laisser passer un engin mécanique. Il ne faudra pas hésiter à remodeler le terrain de manière importante pour le rendre accessible partout et créer des rampes d’accès à toutes les planches. Une oliveraie est un endroit où plusieurs générations de descendants travailleront. Les murs de pierres sèches construits par les anciens, bien que souvent présentés comme tenant des siècles, devaient en réalité être souvent refaits. Pour les planches étroites et les terrains très en pente, le mur de pierre maçonné est l’idéal, malgré son coût élevé.
Tous les engins nécessaires (broyeur, compresseur, motoculteur ou tracteur avec charrue, pulvérisateur) devront circuler aisément dans toutes les parties de l’oliveraie. L’emplacement des conduites d’eau pour l’irrigation et même d’un réservoir est aussi de première importance.
L'histoire de l'olivier
Ce sol, où vont vivre pendant des décennies les oliviers, doit faire l’objet de tous les soins. En fonction des analyses, les amendements et engrais nécessaires seront apportés afin de le rendre le plus proche possible de la terre idéale pour un olivier. Avant l’enfouissement de ces amendements et engrais, le sol, souvent tassé pendant des décennies ou des siècles, devra être défoncé le plus profondément possible à l’aide d’un engin mécanique, avec un minimum de 80 cm. Cela aérera la terre, augmentera l’activité microbienne et facilitera la pénétration des racines des jeunes oliviers. Aux endroits où les arbres vont être plantés, il est même possible d'utiliser des explosifs afin de fissurer le sol sur une plus grande profondeur.
La lutte contre les indésirables, notamment les mauvaises herbes, peut nécessiter l'utilisation d'un désherbant chimique systémique. Bien qu'assez chers, certains sont d’une efficacité redoutable s'ils sont utilisés au printemps, lorsque ces plantes sont en pleine croissance.
En termes de densité, 400 oliviers à l’hectare est un maximum. L’idéal est de 200 à 250 oliviers par hectare. Chaque arbre devra disposer au minimum d’une surface de 6 par 7 mètres. Si les restanques ne peuvent recevoir qu’un seul rang d’oliviers, ils devront être plantés impérativement au bord du mur ou du talus.
Plantation et Entretien des Jeunes Oliviers
Une fois le terrain préparé, la phase de plantation des oliviers est cruciale. Il est conseillé de prévoir six mois à l’avance sa plantation, et dès que le projet est établi, de commander les plants auprès d'un pépiniériste. Pour la plantation, il est recommandé d'utiliser des plants de 60 à 80 cm de la variété souhaitée. Si les arbres sont trop petits, ils risquent d’être fragiles, tandis que s'ils sont trop grands, il est possible qu’ils aient du mal à s’adapter à leur nouveau milieu.
Avant de planter, il est important de vérifier la bonne santé des plants, c’est-à-dire l'absence de fumagine, d’œil de paon ou de cochenille. Les jeunes plants d’oliviers craignent les grands froids et les terres trop humides. Il est donc conseillé de planter les arbres en périodes intermédiaires, entre les gels et les fortes chaleurs. Par conséquent, l’automne ou le printemps sont les périodes idéales.
L'irrigation est primordiale pour le bon développement des jeunes plants. Comme le pratique un producteur oléiculteur comme Franck Barthélémy, dans son oliveraie de Montoulieu, les champs sont irrigués régulièrement, et des passages hebdomadaires dans les parcelles sont effectués pour observer tout signe de maladies ou de fragilité des oliviers. Pour étaler la période de récolte, il est judicieux de planter différentes variétés au sein d’un même champ.

La Fertilisation : Nourrir la Terre pour des Fruits Abondants
Une erreur fréquente chez les oléiculteurs est de se préoccuper de la taille sans accorder suffisamment d'attention à la fertilisation. C’est une grave erreur, car la fumure est l’alimentation de l’arbre, apportant les éléments essentiels tels que l'azote, le phosphate et la potasse, avant tout.
Il est recommandé de commencer par nourrir la terre avec de la matière organique, sous différentes formes. Cela peut être du compost de déchets verts, du marc de raisin, des grignons d’olives, du fumier de volailles ou d’ovins, utilisés seuls ou associés. Ces produits peuvent également être trouvés en sac, sous forme de granulés dans le commerce. Il existe des produits « spécial olivier » de type organo-minéral qui apportent à la fois de la fertilisation et de l’amendement. Ils s’achètent dans des jardineries ou chez des vendeurs de produits agricoles. Ces produits sont à épandre sous les oliviers à la fin des gelées, en respectant les doses indiquées sur les emballages. À titre d’exemple, un engrais dosé 8-4-12 apporte 8 % d’azote, 4 % de phosphore et 12 % de potasse.
L'olivier préfère toujours une sécheresse légère à un excès d’eau. Au printemps comme en été, un arrosage environ une fois par semaine est suffisant si la terre est sèche au toucher, car l'olivier a peu de besoins en eau une fois bien établi.
La Maturité et la Récolte
Un olivier met en moyenne jusqu’à 7 ans avant de produire ses premiers fruits, ce qui requiert une certaine patience de la part de l'oléiculteur. Avec l’âge, l’olivier développe une silhouette noueuse très décorative. Pour maintenir une apparence équilibrée et favoriser une taille en forme de couronne compacte, un entretien régulier est nécessaire. Pour stimuler la production d’olives, il est essentiel de le tailler régulièrement.
Lorsque l’arbre se plaît, il produit des fleurs qui donneront des fruits l’année suivante. Pour cela, la pollinisation est indispensable. La récolte se fait généralement en novembre, quand les olives sont noires, violettes ou brunes, marquant leur pleine maturité. Les olives récoltées sont ensuite utilisées pour produire de l’huile ou être servies à table. Il est important de rappeler qu'il n'existe pas de variétés "noires" ou "vertes", toutes les olives sont normalement vertes, et la couleur noire survient à maturité.

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