L'abricotier (Prunus armeniaca), arbre fruitier apprécié pour ses délicieux fruits gorgés de soleil, les abricots, est cultivé depuis des millénaires. Il s'est acclimaté dans de nombreuses régions du monde, originaires d'Asie Centrale et Orientale. Sa floraison printanière, souvent précoce, annonce l'arrivée des beaux jours, tandis que ses fruits estivaux régalent les papilles. Comprendre l'âge d'un abricotier est une étape cruciale pour appréhender son cycle de vie, sa capacité de fructification et les soins spécifiques qu'il requiert. Au-delà de la simple curiosité, la datation permet d'évaluer la pertinence d'interventions telles que la taille ou les traitements.

Les méthodes scientifiques et non invasives pour estimer l'âge d'un arbre
La datation d’un arbre peut s’effectuer de plusieurs manières, de la plus précise à l'estimation grossière. La méthode scientifique, la dendrochronologie, consiste à effectuer un carottage de l’arbre à l’aide d’un outil appelé la tarière de Pressler. La carotte prélevée, un bout de bois extrait du tronc, est analysée en laboratoire. La datation est rendue possible grâce à la mesure de la largeur des cernes, représentés graphiquement. Ce travail s’effectue par ordinateur. Au-delà de l’âge, cette méthode permet de mesurer l’accroissement annuel moyen et la vitesse de croissance, qui correspond au temps nécessaire pour que le rayon de l’arbre augmente de 2,5 cm. Il est à noter qu’un arbre grandit en hauteur en moyenne de 25 cm par année avec des périodes de repos, notamment l’hiver, la sève ne s’écoulant plus ou peu. Ce changement se visualise par une coloration du bois plus foncée visible sur les anneaux présents dans le tronc.
Heureusement, il y a d’autres méthodes moins invasives pour connaître l’âge approximatif d’un arbre, sans avoir à le couper. En effet, la croissance est plus ou moins rapide selon les essences. Une première façon de calculer l'âge d'un arbre est d'utiliser son diamètre. Pour cela, mesurez le tronc de l'arbre à une hauteur d’environ 1,30 ou 1,40 mètre du sol, une mesure appelée "hauteur de poitrine". Puis, déterminez le diamètre du tronc en divisant la circonférence par Pi (3,1416). Cependant, il est important de noter que ces formules sont des moyennes et peuvent varier d’un arbre à l’autre.
Le principal signe révélateur de l'âge est la taille et la robustesse de l'arbre. Le type de croissance de l’arbre est également important. L'équipe responsable de la forêt de Fontainebleau, par exemple, sait qu’un arbre grandit d’un centimètre par an. Dans ce cas précis, il faut mesurer le tour de l’arbre : si la circonférence de l’arbre est égale à 250 centimètres, cela signifie qu’il a 250 ans. Lorsque l’arbre est taillé, on peut lire sur sa souche les cernes. Chaque année, l'arbre fabrique une couche de bois supplémentaire entre le bois et l’écorce, ce qui donne lieu à un an de plus. Un cerne représente donc une année : s’il compte 70 cernes, l’arbre a 70 ans. À l’intérieur du cerne annuel, la bande la plus fine est le phloème (tissu qui permet la circulation de sève élaborée) et la plus épaisse est le xylème (tissu permettant la circulation de la sève brute). En observant les cernes, on remarque une alternance de cernes clairs et plus foncés. Au printemps, la croissance est rapide, tandis qu'en été, elle diminue. Le duramen est la partie la plus foncée.
Comment déterminer l'âge d'un arbre SANS l'abattre
La durée de vie et la fructification de l'abricotier
L’abricotier, comme l’ensemble des arbres et arbustes fruitiers, donne généralement des fruits à partir de la 4ème ou 5ème année après la plantation. En général, il faut attendre entre 3 et 4 ans après la plantation d'un abricotier pour récolter les premiers fruits. Plusieurs facteurs peuvent influencer ce délai : la variété de l'abricotier, les conditions de plantation (ensoleillement, drainage), et l'entretien de l'arbre (arrosage régulier, taille appropriée). L'abricotier atteint sa pleine maturité et sa production maximale vers l'âge de 7 ans.
La durée de vie d'un abricotier est variable et dépend de plusieurs facteurs tels que la variété, les conditions de culture (climat, sol, exposition), l'entretien (taille, arrosage, fertilisation) et la gestion des maladies. En général, on peut estimer la durée de vie d'un abricotier entre 20 et 50 ans. Certaines sources indiquent une durée de vie moyenne de 40 à 45 ans pour un abricotier bien entretenu, tandis que d'autres mentionnent une durée de vie plus courte, de l'ordre de 20 à 30 ans, notamment pour certaines variétés ou dans des conditions moins favorables. Dans des conditions optimales et avec des soins appropriés, un abricotier peut exceptionnellement vivre jusqu'à 50 ans. Il est important de noter que la durée de vie d'un abricotier peut être affectée par les maladies, notamment l'oïdium, la moniliose et la sharka.
Si un abricotier est assez vieux, par exemple 40 à 50 ans, et présente de nombreuses plaies de branches mortes, cela peut expliquer une faible production. Les arbres fruitiers ne fructifient pas durant leur vie entière. Par exemple, un vieil abricotier penché et tenant sur une béquille depuis une tempête il y a une dizaine d'années, avec des plaies de branches mortes et peu de fleurs, peut indiquer une fin de cycle de production, même si les voisins se souviennent d'une production abondante il y a quelques années.
Les facteurs influençant la production de fruits de l'abricotier
Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi un abricotier ne donne pas de fruits, tenant autant de l’environnement que de la culture de ce fruitier.
L'âge de l'arbre
Comme mentionné précédemment, la production de fruits est optimale à partir de la 7ème année et peut décliner significativement pour les abricotiers âgés de 30 ans et plus.
Les conditions climatiques
Les conditions climatiques à la période printanière et au début de l’été jouent un rôle crucial sur la fructification, tout comme la variété. La floraison précoce de l’abricotier rend celle-ci sensible aux périodes de gel printanier. La nouaison des fruits, c’est-à-dire le moment où l’ovaire de la fleur devient fruit, peut également être impactée par le froid et/ou le gel. Si le printemps s’avère froid et pluvieux, cette situation n’est pas propice à une bonne production fruitière. S’il pleut beaucoup, les fleurs coulent, autrement dit, la pluie a tendance à dégrader toute la floraison.
Les fleurs de l’abricotier commencent à se former l’été précédent la floraison et les futurs bourgeons entrent en dormance durant la mauvaise saison. Mais si l’hiver est trop froid, les bourgeons seront abîmés et les fleurs ou leurs fruits ne pourront pas tous parvenir à maturité. Le bourgeon ne doit pas être exposé à une température en deçà de -4°, la limite pour la fleur ouverte est de -2°, celle de la nouaison est de -0,5°. Un été frais et pluvieux peut provoquer une faible quantité de fleurs, et donc de fruits, l’année suivante. En effet, l’arbre a besoin que la photosynthèse soit très active pour pouvoir former sa floraison prochaine. Un déficit de soleil peut donc limiter la quantité de fleurs l’année suivante.
La taille
La floraison de l’abricotier se prépare l’année précédente, du mois de juin jusqu’à la fin de l’été. Si pour une raison ou une autre l'arbre a été sévèrement taillé durant cette période, les fleurs à venir auront été supprimées en même temps. Il est donc important de tailler de manière raisonnée. La taille de fructification se réalise durant la période de formation des fleurs, au cours de l’été donc. Elle consiste à sélectionner les branches qui vont porter les fruits parmi les plus robustes et les mieux orientées/placées. Ce faisant, des branches qui auraient porté des fleurs, et donc des fruits, sont supprimées, mais cela évite que des branches fragiles cèdent sous le poids de trop de fruits. De plus, en réduisant le nombre de fruits, le phénomène d’alternance est limité. Les fruits récoltés seront plus gros, sans perte de productivité finalement.

L'alternance
Certaines variétés d’abricotier ont besoin, pour leur floraison, d’une absence relative de fruits pour qu’elle puisse se former. C’est une question de ressources, insuffisantes si l’arbre a donné beaucoup de fruits l’année précédente.
Un problème de fertilisation
Une croissance excessive de l'abricotier peut empêcher la floraison de l’année suivante, encore une fois du fait des ressources nécessaires. Un apport excessif d’azote peut être la cause d’un développement excessif des parties aériennes de l’arbre. Le compost est l’un des meilleurs fertilisants pour les fruitiers. Pour l’abricotier, un apport régulier doit être réalisé en fonction de la nature du sol. Dans le cas d’un sol pauvre, l’apport sera fait tous les 2 ans, tous les 5 ans pour un sol équilibré. Des apports plus ciblés peuvent être faits si le sol présente des carences. La farine de poudre d’os est riche en phosphore, la cendre de bois et la vinasse de betterave sont riches en potasse. Le purin de consoude apporte ces deux éléments indispensables à une bonne fructification. Le calcium joue également un rôle. L’azote est à utiliser avec modération. Si, au printemps, l'abricotier se couvre de nombreuses fleurs, un engrais spécial fruitier doit être apporté pour favoriser la croissance des fruits.
La pollinisation
L’abricotier est un arbre fruitier dont les fleurs sont hermaphrodites (elles portent à la fois l’organe mâle et l’organe femelle). Il est généralement autofertile, mais ce n’est pas toujours le cas, et l’auto-fertilité comme l’auto-stérilité ne sont pas forcément totales. Chez les variétés autofertiles, tout se passe à l’intérieur de chaque fleur, il n’y a pas besoin d’une aide extérieure. Pour les variétés autostériles par contre, le pollen qui se trouve dans une fleur ne peut pas fertiliser celle-ci, ni même une autre fleur du même arbre. Dans ce cas, l’intervention des insectes pollinisateurs est indispensable, ainsi que la présence d’un abricotier compatible à moins de 100 m.
À savoir : les abricotiers proviennent de 2 origines : les abricotiers du Roussillon et leurs descendants, issus de souches nord-africaines sont autostériles ; les abricots de la vallée du Rhône et leurs descendants, venant d’Italie, sont autofertiles. Bien qu’un abricotier autofertile n’ait aucun problème pour produire des fruits indépendamment, la pollinisation croisée reste un avantage certain pour la richesse génétique des espèces. Pour les abricotiers auto-stériles, un des facteurs importants pour une bonne pollinisation est la présence de nombreux insectes pollinisateurs. Ceux-ci peuvent être attirés dans le jardin ou verger en leur proposant de nombreuses fleurs d’espèces et de couleurs variées, notamment des arbustes à floraison précoce qui accompagneront la floraison de l’abricotier. Des haies mixtes, un peu de friche, et bien sûr l’absence de tout produit chimique seront également garants d’une biodiversité riche autour de l’abricotier.
Les maladies et parasites
L'abricotier, comme tous les arbres fruitiers, peut être affecté par diverses maladies et parasites. La moniliose (Monilia laxa) est une maladie cryptogamique (due à un champignon) très fréquente et grave. Le premier organe à être atteint est la fleur, qui se dessèche, car c’est par la fleur que le champignon pénètre dans les tissus de l’arbre. Les feuilles à proximité des fleurs sèches vont sécher à leur tour, puis l’écorce, toujours dans les alentours des fleurs qui ont dépéri. Les fruits atteints se momifient et restent accrochés à l'arbre. L’oïdium (Podosphaera tridactyla) peut être la cause d’un avortement des fleurs. Cette maladie est reconnaissable à la poudre blanche qui recouvre les feuilles, les jeunes pousses et les fruits. Les fruits atteints peuvent se dessécher et tomber prématurément.
D'autres maladies incluent la criblure (Stigmina carpophila), qui provoque des petites taches circulaires sur les feuilles qui se perforent ensuite, la tavelure (Venturia carpophila) causant des taches brunes sur les feuilles et les fruits, l'apoplexie ou folletage (dépérissement rapide de l'arbre), le chancre bactérien (Pseudomonas syringae) et la verticilliose (Verticillium dahliae) qui s'attaque aux racines. La cloque du pêcher (Taphrina deformans), bien que plus fréquente sur le pêcher, peut aussi affecter l'abricotier.
Les parasites tels que les pucerons, les acariens, le carpocapse des pommes et des poires (qui peut attaquer les abricots) et les cochenilles peuvent également affaiblir l'arbre et compromettre la production. Pour prévenir et traiter ces problèmes, il est recommandé de choisir des variétés résistantes, d'appliquer de bonnes pratiques culturales (circulation de l'air, drainage, fertilisation équilibrée), d'effectuer une taille régulière et d'appliquer des traitements préventifs (bouillie bordelaise en automne et au printemps). En cas d'attaque, des traitements curatifs spécifiques peuvent être utilisés. Si un abricotier a "pas mal souffert de Monilia", même s'il ne fait "quasiment pas de fleur", le champignon peut subsister et affecter les quelques fleurs restantes, ou les tissus de l'arbre qui ont déjà été infectés. La moniliose peut rester présente dans l'arbre sous forme de chancres ou de branches desséchées, même en l'absence de floraison abondante.
Conseils pour optimiser la production de fruits de l'abricotier
Pour être généreux, un arbre fruitier doit être cultivé dans les meilleures conditions, spécifiques à son espèce et à sa variété. C’est déjà un bon début, pour lequel le choix d’une variété parfaitement adaptée au terroir est le point le plus important.
Choix de l'emplacement et de la variété
L’abricotier est un arbre qui a besoin de soleil et de chaleur, c’est pourquoi on le trouve notamment sur les bords de la Méditerranée et plus généralement dans le quart sud-est de la France. Pour autant, il n’est pas frileux, résistant à des températures de -30°. Ce sont sa floraison et sa fructification qui requièrent soleil et chaleur. L'abricotier a besoin d'un minimum de 6 heures de soleil par jour pour fructifier correctement. Choisissez un endroit ensoleillé et abrité des vents froids, notamment ceux du nord et de l'est. Un emplacement contre un mur exposé au sud peut être idéal, car il accumule la chaleur.
L’abricotier n’est pas un fruitier très exigeant, il tolère à peu près tous les sols, excepté les sols trop lourds et compacts qui retiennent beaucoup d’eau en hiver, entraînant un pourrissement au niveau des racines. Idéalement, offrez-lui un sol léger, drainant, chaud et neutre. Le choix du porte-greffe est important, car il influence la vigueur, la résistance aux maladies et l'adaptation au sol de l'abricotier. Renseignez-vous auprès d'un pépiniériste pour choisir le porte-greffe le plus adapté à votre région et à votre type de sol.
Les variétés à floraison tardive sont adaptées pour une culture dans la moitié nord de la France. Celles à floraison précoce (certaines fleurissent dès le mois de février !) seront par contre réservées au climat méditerranéen. La rusticité des différentes variétés est également à prendre en compte.
Protection contre le froid
Malgré la sensibilité des fleurs face au froid et aux gels printaniers, il est tout à fait possible de cultiver des abricotiers au nord de la Loire, avec quelques conditions. Tout d’abord, plantez l’abricotier à proximité d’un mur exposé plein sud. Non seulement il protégera le fruitier mais en plus le mur absorbe de la chaleur durant la journée et la laisse s’évacuer progressivement durant la nuit, au bénéfice des végétaux installés à côté. L’abricotier doit également être protégé du vent qui intensifie le froid.
Les abricotiers palissés et les abricotiers nains sont plus faciles à protéger. Les premiers, appuyés contre un mur au sud, craindront bien moins le froid, d’autant moins si des variétés à floraison tardive sont choisies. Les seconds peuvent même être cultivés en pot pour être mis à l’abri du gel en hiver et au printemps pendant leur floraison. En cas de gel annoncé, recouvrez l'arbre d'un voile d'hivernage, en veillant à ce qu'il ne touche pas les fleurs. Un paillis épais au pied de l'arbre permet de maintenir une température plus stable au niveau des racines.

Taille et entretien
La taille s'effectue de préférence à la fin de l'hiver ou au début du printemps, avant le débourrement. Les objectifs sont d'éliminer les branches mortes, malades ou endommagées, de favoriser une bonne circulation de l'air et de maintenir une forme équilibrée. Coupez les branches les plus anciennes jusqu'à leur base, en conservant les branches les plus vigoureuses et les mieux placées. Pour les jeunes arbres, la taille d'hiver vise à former la structure de l'arbre, en coupant la tige principale à environ 60-80 cm de hauteur la première année pour encourager la formation de branches latérales. Les années suivantes, sélectionnez 3 à 5 branches charpentières et supprimez les autres, puis raccourcissez les branches charpentières d'environ un tiers de leur longueur. Éliminez les gourmands, ces pousses verticales qui consomment la sève inutilement.
Pour l'entretien des arbres adultes, supprimez le bois mort, les branches malades ou cassées, et éclaircissez le centre de l'arbre en coupant les branches qui se croisent ou qui poussent vers l'intérieur.
Après la plantation, il est important d'arroser régulièrement l'abricotier, surtout les premières années et en période de sécheresse. Les arbres adultes nécessitent moins d'arrosage, sauf en cas de sécheresse prolongée. Veillez à ne pas laisser le sol devenir trop sec entre les arrosages. Au printemps, apportez du compost ou un engrais pour arbres fruitiers. En automne, un apport de fumure organique peut être bénéfique. L'ajout de cendres de bois et de sang séché au printemps peut également être bénéfique.

Planter et entretenir un abricotier en pot
Oui, il est tout à fait possible de cultiver un abricotier en pot, bien que cela demande quelques précautions particulières. Choisissez un contenant de grande taille (au moins 50 cm de diamètre et de profondeur) dès le départ, car l'abricotier a besoin d'espace pour ses racines. Préférez un pot en terre cuite, qui est poreux et permet une bonne aération des racines, ou un pot en plastique résistant. Assurez-vous qu'il possède des trous de drainage pour éviter l'accumulation d'eau. L'abricotier aime les sols légers et bien drainés. Utilisez un mélange de terreau de plantation de qualité, de terre de jardin et de sable grossier pour assurer un bon drainage.
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