La permaculture fait beaucoup d’émules, car elle se base sur le respect de l’homme et de la nature. Elle pose un cadre dans lequel il n’est pas très difficile de se couler, libre ensuite à chacun de l’appliquer à sa façon. Le carré potager en est un bon exemple, qui peut tout à fait s’intégrer dans une telle démarche. Ce concept, signifiant « agriculture permanente », s’inspire du modèle d’agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka et regroupe des techniques d’aménagement, de design et de culture ancestrales ainsi que novatrices.

La permaculture vise à intégrer nos activités humaines avec les écosystèmes, sans les détruire, en favorisant le partage équilibré et harmonieux entre l’être humain et la nature. Elle est bien plus qu’une méthode de jardinage ; c’est une philosophie de vie et une science de l’aménagement écologique dont l’objectif est de créer des écosystèmes résilients et productifs qui imitent les équilibres naturels. Le principe fondamental de la permaculture pourrait se résumer ainsi : “les déchets des uns deviennent les ressources des autres”.
Les Fondements de la Permaculture
Les trois principes centraux de la permaculture sont les suivants : respecter les éléments de la nature, respecter l’humain, et partager équitablement le travail, les biens et les ressources. Ces piliers éthiques fondamentaux sont essentiels au processus durable de la vie. En choisissant la permaculture, vous améliorez l’environnement en plus de répondre à vos propres besoins. Pour les jardiniers débutants, la permaculture offre une approche accessible et gratifiante. Elle ne demande pas de maîtriser toutes les techniques horticoles dès le départ, mais plutôt de comprendre et d’appliquer des principes simples et logiques. En collaborant avec la nature plutôt qu’en essayant de la contrôler, vous gagnerez en sérénité, en productivité et en satisfaction.
Observer et Interagir avec l'Environnement
Avant d’agir, il est essentiel d’observer votre environnement. Chaque terrain est unique : prenez le temps d’analyser le sol, l’exposition, le climat et les éléments naturels déjà présents. Cela permet d’anticiper les contraintes de votre terrain et d’optimiser votre potager dès le départ. En prenant le temps de réfléchir à vos besoins, vos ressources et votre environnement, vous maximisez vos chances de succès et réduisez les efforts à fournir sur le long terme.
Observer et analyser votre site pour intégrer à votre plan les connexions entre les éléments essentiels de votre système. Vous développerez ainsi des relations saines et des interactions harmonieuses entre ces éléments et aurez une meilleure compréhension de votre environnement. La permaculture nous incite à nous mettre au rythme de la nature, réapprendre à observer et comprendre son environnement.
Favoriser la Biodiversité
Un écosystème diversifié est plus résilient. La permaculture permet de cultiver des variétés de végétaux au même endroit. Ainsi, faire pousser des oignons à côté de tomates est tout à fait possible. Car, comme tout être vivant, les plantes partagent des informations et des nutriments. Chaque espèce ayant ses spécificités, plus les plantes seront nombreuses à pousser sur le même terrain et plus le sol sera riche. Valoriser la diversité dans votre écosystème pour augmenter les interactions productives entre les êtres vivants, limiter les impacts de maladies ou de ravageurs qui se propagent moins vite dans un milieu biodiversifié où ils rencontrent plus d’obstacles, de prédateurs ou de plantes résistantes, que dans une monoculture. N’hésitez pas à densifier les cultures, pour former sous le paravent des feuillages un micro-climat bénéfique à la vie et protégeant de l’assèchement.
Répondre à vos Besoins et Recycler les Ressources
En permaculture, chaque élément est vu comme une ressource. Les déchets organiques, par exemple, sont compostés pour nourrir le sol. Vous utiliserez pour vos cultures le compost que vous produisez, l’eau que vous récupérez, les fientes de vos poules (une fois décomposées !), le résultat de votre lombricomposteur. Pour réaliser des économies, collectez l’eau de pluie dans des contenants. Avec la permaculture, il n’est pas nécessaire d’acheter des engrais chimiques ou des semences hybrides chaque saison. Vous apprenez à produire vos propres semences, à enrichir le sol avec des déchets organiques et à recycler les ressources de votre environnement. Cela réduit les coûts, l’impact environnemental et favorise l’autonomie.
Conception et Aménagement du Carré Potager en Permaculture
La phase de design (conception) est cruciale. Un plan du terrain permet de repérer les zones d’ombre. Commencez par poser vos objectifs : que souhaitez-vous obtenir comme jardin ?
Permaculture : création et évolution d'une butte autofertile
Le Choix de l'Emplacement
Vous installerez vos carrés potagers dans une des zones proches de votre habitation, les zones les plus lointaines étant des endroits peu fréquentés pour laisser place à la vie sauvage. Pour économiser de l’énergie et des déplacements, il est nécessaire d’organiser le jardin par zones. C’est la zone la plus fréquentée où l’activité humaine et les visites sont très présentes. Lieu d’emplacement pour les cultures et arbres fruitiers ayant besoin d’un arrosage régulier. C’est la plus sauvage et éloignée de votre maison. Le choix de l'emplacement : le plus ensoleillé possible pour que les légumes se développent au mieux, et pas trop près d’arbres ou d’arbustes pour éviter que leurs racines viennent coloniser le potager par en-dessous. Évitez les zones où se forment des flaques d’eau après la pluie, et évitez de le faire trop proche d’un arbre ou un arbuste.
Préparation du Sol : Le Cœur de la Permaculture
L’un des piliers de la permaculture est la régénération du sol. En limitant le labour, en ajoutant des matières organiques (compost, paillis) et en favorisant la vie microbienne, vous transformez votre sol en un support riche et fertile. Pour respecter un autre principe de la permaculture : avoir un sol vivant. Une fois la terre mise en place, elle ne sera plus du tout travaillée, afin de ne pas déranger les vers de terre et les micro-organismes qui y habitent.
Analyser le Sol Existant
Le sol est la base de tout potager, mais ne vous inquiétez pas si vous n’avez pas une terre « idéale ». En permaculture, tout type de sol peut être transformé en un support fertile et vivant grâce à des techniques simples comme l’ajout de matières organiques ou la culture sur buttes.
- Identifier la texture de votre sol : Prenez une poignée de terre humide et essayez de la modeler. Un sol argileux formera une boule compacte, tandis qu’un sol sablonneux s’effritera facilement.
- Tester le pH de votre sol : Un pH neutre ou légèrement acide (entre 6 et 7) est idéal pour la plupart des cultures.
- Observer la vie dans le sol : Retournez une poignée de terre et cherchez des vers de terre ou d’autres petits organismes. Leur présence indique que votre sol est vivant et fertile.
Techniques d'Enrichissement du Sol
- Le paillage : Gardez toujours le sol du carré potager couvert. Le mulch peut être composé de paille, de brindille, d’herbe de tonte, de feuille, de déchets de cuisine ou de carton. Le bois raméal fragmenté (BRF) peut aussi être utilisé pour couvrir la surface du sol. Ce sont des déchets de taille d’arbuste, qui ont été broyés en petits morceaux. Paillez pour anticiper un futur carré potager, paillez lorsqu’il est en place. Paillez, paillez, paillez, avec tout : déchets de tonte et désherbage, pelures de légumes, paille bien sûr, compost…, pour obtenir un sol meuble, aéré et drainant idéal pour le potager. La permaculture vise à intégrer les adventices dans l’écosystème plutôt que de les éradiquer systématiquement.
- Le compost : Le compost est indispensable en permaculture. Il fournit un engrais naturel et gratuit tout en valorisant vos déchets organiques. Ajoutez plusieurs couches de matières végétales ou animales au sol permet de garder vos plantes au chaud. Pour la troisième couche il vous faudra mélanger de la terre avec d’autres matières végétales.
- La butte surélevée : Imiter la nature, c’est notamment imiter ce qu’il se passe en forêt ou, à moindre échelle, dans les prairies. La matière organique (branches, feuilles, cadavres d’animaux…) tombe sur le sol et y est lentement décomposée, saison après saison, couche après couche. C’est ce qui se faisait autrefois dans les potagers, et ce qui se fait aujourd’hui sous le nom de butte surélevée. Idéalement, pour réaliser une butte surélevée (10 à 30 cm de haut), il faut accumuler de la matière organique sur le sol, très progressivement pour qu’elle puisse se décomposer avant d’être recouverte par de la nouvelle matière organique. Car l’humus, ce substrat idéal que recherche tout jardinier, se forme grâce à des organismes, qu’ils soient champignons, bactéries ou insectes, qui ont besoin d’oxygène. Les buttes permettent d’augmenter la surface de culture sans encombrer le terrain.
- La lasagne : Les matériaux utilisés pour une lasagne (de bas en haut) : une épaisseur de cartons, un peu de fumier (facultatif), puis en alternance 3 couches de 5 cm de matière verte azotée (tonte de gazon, feuilles vertes…), et 2 couches de 5 à 8 cm de matière brune carbonée (feuilles sèches, paille…), pour finir, 5 cm maximum de compost ou de BRF. La matière brune doit être bien humide lorsqu’elle est mise en place. Pour un bac potager installé sur sol dur, remplacez le carton par une couche de drainage réalisée avec des cailloux ou du gravier. Cette méthode permet de créer un sol quasiment inépuisable et fertile. De plus, on laisse les micro-organismes comme les vers de terre, fertiliser le sol à leur rythme. Un traditionnel carré potager 120x120 cm rempli avec la méthode de la lasagne sera plus autonome et pourra recevoir une belle variété de légumes ; un point essentiel lorsqu’on décide d’installer un carré potager. Enfin, un des problèmes souvent rencontrés dans les cultures hors-sol est celui de la capacité de la terre à retenir l’eau. Or cette méthode permet de retenir correctement l’eau.
- Le wicking bed : Il s’agit d’une méthode idéale pour réaliser un potager sur une surface dure, qui convient donc très bien aux potagers urbains. Ce type de carré potager en permaculture demande un bac à fleurs parfaitement étanche, dont le fond est rempli d’une couche de drainage, du gravier par exemple. Dans cette couche est incluse une arrivée d’eau verticale (descente de gouttière par exemple) associée à un système de tuyaux pour répartir l’eau et à un trop-plein. Ensuite vient le substrat, éventuellement séparé du gravier par un feutre géotextile. Le substrat en question peut être la traditionnelle couche de terre végétale, sur laquelle sera étalé un paillage. Un gros tuyau avec des trous dans la partie inférieure sera semi-enterré, permettant de jeter des déchets de cuisine, de sympathiques vers de terre devraient alors venir coloniser ce wicking-bed alors totalement autonome.

Construction et Structures du Carré Potager
Pour la mise en place d’un carré potager en permaculture, il vous faut une hauteur minimale de 35 cm. Et à une hauteur de 1 m, vous pouvez jardiner sans avoir à vous baisser ! Utilisez pour le bois de construction de vos carrés du bois résistant, au moins classe 4, voire 5. Le bac peut être équipé d’un goutte-à-goutte relié à un récupérateur, et il est conseillé de le prévoir avant la mise en place définitive. Les oyas sont un autre mode d’arrosage doux et autonome.
Les zones de culture sont le cœur de votre potager. Elles doivent être soigneusement pensées pour accueillir vos légumes, aromatiques et fruits tout en respectant les principes de la permaculture.
- Formes : Les parcelles peuvent être rectangulaires, en buttes ou en spirales, selon vos besoins et votre terrain. En permaculture, on privilégie souvent des formes courbes, qui permettent une meilleure gestion de l’eau et un accès plus facile.
- Dimensions : Une largeur maximale de 1,20 m est idéale pour accéder facilement au centre de chaque parcelle sans marcher dessus. Cela protège la structure du sol et favorise la croissance des plantes.
- Potager en carrés : Cette méthode consiste à diviser l’espace de culture en petites parcelles carrées, souvent de 1 m², délimitées par des bordures en bois ou en autres matériaux durables. Le potager en carrés permet d’optimiser l’espace tout en offrant une excellente gestion de l’eau et de la fertilité du sol. Cette technique est particulièrement adaptée aux petits jardins ou aux débutants, car elle facilite l’organisation des cultures et minimise les efforts de désherbage.
Optimisation des Ressources
Planifier l’efficacité énergétique, c’est notamment définir vos zones d’activités pour vous faciliter la vie et économiser du temps et de l’énergie. L’utilisation de l’eau et du soleil sont très importants en permaculture. Des cuves de récupération d’eau de pluie sont des éléments très pertinents à installer au niveau des descentes de gouttières.
Si vous envisagez d’élever des poules, n’hésitez plus ! En construisant un poulailler à côté de votre serre, celle-ci est plus vite réchauffer. En effet, la chaleur générée par les poules réchauffe l’intérieur de la serre. Placer des points d’eau sous la serre est très utile pour contenir la chaleur en journée et réchauffer la serre le soir venu.
Associations de Plantes et Diversité des Cultures
En bien associant les plantes potagères, vous créez un écosystème résilient et productif. Le concepteur de la permaculture, Bill Mollison, invite les jardiniers à s’appuyer sur ce qu’ils observent dans la nature et à imiter. Dans la nature justement, les différents végétaux se succèdent en fonction de leurs rythmes et de leurs besoins, comme les bulbes de printemps en forêt qui se mettent à fleurir tant qu’ils profitent du soleil puisque les arbres n’ont pas encore leurs feuilles. Les végétaux poussent différemment et à une vitesse différente, c’est un des 3 principes d’associations en permaculture.
Principes d'Association
Mariez dans vos carrés potagers en permaculture des plantes potagères dont les développements sont complémentaires, et qui bien sûr n’ont pas de besoins opposés. Utilisez tous les plans : la verticale avec des grimpantes, l’horizontale avec des légumes-feuilles, et le dessous avec les légumes-racines. Mélangez plantes potagères, aromatiques, fleurs, voire petits arbustes fruitiers pour une diversité propre à plaire aux auxiliaires, et accessoirement à déplaire aux parasites ! Privilégiez les plantes potagères vivaces, qui demandent moins de travail et de ressources.

Exemples d'Associations Bénéfiques
- Radis et carottes : Les radis et les carottes forment un mariage des plus classiques, auquel vous pouvez ajouter au sud des pieds de haricots à rame qui ombrageront légèrement les premiers.
- Tomates et autres légumes : Les tomates peuvent elles aussi offrir de l’ombrage à des végétaux moins affamés de soleil tels que les betteraves, les laitues ou encore les radis.
- La traditionnelle Milpa : Associant haricots à rame, maïs et courges : le maïs forme le tuteur du haricot, et les 2 apportent de l’ombre aux courges qui limitent le développement d’adventices et gardent le sol frais pour tout le monde. C’est la méthode des trois sœurs.
- Carottes et choux : Les carottes s’associent également aux choux, les unes en bas et les autres en haut, un besoin d’eau au début de leur développement.
- Choux et salades : Les choux se plantent aux côtés de laitues, mescluns et autres petites salades à la croissance rapide, qui maintiendront le sol frais aux pieds des choux.
- Basilic et solanacées : Le basilic s’associe à la perfection avec le poivron, l’aubergine et l’asperge, mais aussi avec la tomate.
- Plantes répulsives : Pour éloigner les limaces, la bourrache est top (le cerfeuil également). Pour finir, prenez note de la lavande, qui éloigne efficacement les pucerons. Pas besoin de la planter directement dans le carré potager, mais plutôt tout autour.
Allélopathie
On peut aussi réaliser des associations basées sur l’allélopathie, c’est-à-dire sur l’influence bénéfique que peuvent avoir certaines plantes sur d’autres. Attention, il n’y a pas que des influences positives !
La Mise en Place des Cultures
La période de mise en place joue un rôle clé dans la réussite de votre potager.Lorsque des matières riches en carbone, comme les déchets de scierie ou le foin, sont ajoutées au sol, elles peuvent provoquer une “faim d’azote” temporaire. Attendez 4 à 6 mois après l’ajout de déchets riches en carbone pour planter vos cultures principales. Combinez des matières brunes (scierie, paille) et des matières vertes (déchets verts, herbes fraîches).
Plantation Stratégique
Plantez les espèces plus basses sur le contour de votre potager en carré. Les végétaux plus hauts quant à eux sont à planter au milieu. De cette manière, chaque plant recevra la quantité de lumière dont il a besoin. L’aubergine, la carotte, le céleri ou l’oignon par exemple trouveront leur place au milieu du bac.

- Légumes adaptés au carré potager : Privilégiez donc des légumes avec un cycle de vie court comme la carotte, l’ail, la betterave, la tomate ou encore le radis.
- Légumes à éviter : Évitez de planter des légumes dont la production occupe trop d’espace, puisque l’idée est d’optimiser la production. Les pommes de terres prennent beaucoup de place pour se développer par exemple. On évite également les légumes trop “lents” comme le chou de ruxelle, ainsi que les plantes trop envahissantes comme la menthe.
- Exposition au soleil : Observer l’exposition : Plantez les légumes gourmands en lumière (comme les tomates ou les courgettes) dans les zones les plus ensoleillées. Pour un carré potager permaculture en été, sachez que le basilic, l’aubergine ou encore l’épinard et le poivron adorent le soleil, contrairement à la laitue qui devra être préservée autant que possible des rayons UV.
Calendrier de Plantation
Pour un carré potager permaculture en janvier, difficile d’y planter quelque chose. Vous pourrez cependant préparer vos semis de poivrons, pois et oignons blancs, prendre le temps de peaufiner la planification de vos cultures, et de vous lancer dans le remplissage du carré potager.La meilleure période pour commencer à le remplir est l’automne. De cette manière, la terre aura tout l’hiver pour se bonifier. Vous pourrez commencer à préparer votre potager en plantant vos premiers semis à partir de fin février. Si vous n’avez pas pu préparer votre sol en automne, il est toujours possible de commencer au printemps.
Entretien Durable du Carré Potager en Permaculture
Une fois vos cultures en place, l’entretien de votre potager en permaculture est essentiel pour garantir sa durabilité et sa productivité. Un potager en permaculture demande un investissement initial en termes de planification et d’aménagement. Mais une fois en place, il s’autogère en grande partie grâce aux interactions naturelles. L’entretien d’un potager en permaculture repose sur une gestion naturelle et proactive. En couvrant le sol, en limitant les arrosages, et en intégrant la biodiversité, vous créez un espace résilient, productif et en harmonie avec l’environnement.
Le Paillage et la Couverture du Sol
Le paillage est une des pratiques les plus importantes en permaculture. Le sol du carré potager doit toujours être couvert. Alternez en fonction des saisons avec des feuilles sèches, des déchets de tonte… Le feuillage de vos plantations bien dense sert également de mulch.
- Déchets de scierie : Idéal pour une couverture épaisse et durable.
- BRF : Le bois raméal fragmenté peut aussi être utilisé pour couvrir la surface du sol. Ce sont des déchets de taille d’arbuste, qui ont été broyés en petits morceaux.
- Matériaux variés : Paille, brindille, herbe de tonte, feuilles, déchets de cuisine, carton.
La dernière couche va venir couvrir le sol afin de la protéger. Recouvrez-là avec des matières humides, aussi appelées matières vertes ou azotées. Cela va également permettre d’équilibrer votre potager. Du fumier, du compost pas encore arrivé à maturation, un paillage à base d'orties ou de feuilles mortes feront l’affaire. Si vous habitez dans une région où le vent a tendance à souffler fort, recouvrez le tout à l’aide d’un filet ou d’un carton calé avec des grosses pierres. Il vous faut maintenant faire preuve de patience et attendre la lente décomposition de l’ensemble des matières organiques.
Gestion Naturelle des Bio-Agresseurs
N’utilisez pas de produits chimiques pour permettre aux vers de terre, pollinisateurs et autres auxiliaires de vivre et de se multiplier. Les insectes auxiliaires sont un véritable traitement bio du jardin. La permaculture vise à intégrer les adventices dans l’écosystème plutôt que de les éradiquer systématiquement. Même avec une bonne couverture, quelques adventices peuvent émerger.
Gestion de l'Eau
Le bac peut être équipé d’un goutte-à-goutte relié à un récupérateur, et il est conseillé de le prévoir avant la mise en place définitive. Les oyas sont un autre mode d’arrosage doux et autonome.
Entretien du Sol
Un potager en permaculture repose sur un sol vivant. L'entretien régulier consiste à maintenir cette vie.
- Compostage : Le compost est très utilisé dans le carré potager en permaculture car il s’avère être un engrais naturel idéal, mais vous pouvez aussi utiliser du fumier.
- Non-travail du sol : Avec la permaculture, vous n’avez plus besoin de labourer votre sol. Vous n’avez plus besoin de retourner et de bécher la terre. Le sol ne doit jamais être nu.
Pour Aller Plus Loin
Le carré potager s’adapte très bien à la permaculture et il permet d’y appliquer la plupart des principes de ce concept global. Il offre également la possibilité de pratiquer ce système au gré de votre interprétation, alors à vous de décliner le carré potager en permaculture de toutes les façons. La permaculture en carré potager s’apprend, alors surtout, faites preuve de patience et ne soyez pas trop exigeant, ni avec vous ni avec les capacités réelles de votre terre. Le jardinage s’apprend avant tout en mettant la main à la terre. À vous d’explorer et d’expérimenter pour ensuite observer le résultat et adapter les quantités.
Ressources et Formations
- Livres : « Mon petit jardin en permaculture » de Joseph Chauffrey est un guide complet pour ceux qui souhaitent démarrer un jardin en permaculture, même sur des espaces restreints. Ce livre s’adresse aussi bien aux débutants qu’aux jardiniers plus expérimentés, et propose des solutions adaptées à chaque type de terrain. Joseph Chauffrey nous invite à repenser nos pratiques de jardinage, à utiliser des techniques simples et efficaces pour gérer l’eau, la biodiversité et le sol, tout en transformant nos jardins en véritables écosystèmes autonomes.
- Formations en ligne : La démarche de conception a été éprouvée par divers permaculteurs de renom à travers le monde (Geoff Lawton, Darren J.).
- Communautés : L’Atelier - espace d’apprentissage et communauté d’entraide en Permaculture.
Réflexion sur l'Intervention Humaine
L’expression « prendre soin de » qu’on entend souvent pour décrire ces éthiques de permaculture place la permacultrice ou le permaculteur dans un rôle interventionniste, mais la terre a-t-elle besoin de nous ? En permaculture, on essaie un maximum d’adapter la culture de certains légumes plutôt que d’autres, et ce en fonction de la nature de votre sol. En effet, on recherche à limiter autant que possible l’intervention humaine ; la nature donne la vie ; nous tentons simplement de lui apporter des mélanges organiques qui favorisent le développement d’une terre riche en nutriments, autrement dit d’une terre bien vivante, fertile.
Permaculture : création et évolution d'une butte autofertile
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