Lorsque les journées raccourcissent, les températures baissent et les feuilles des arbres se colorent, les chevaux commencent à faire leur poil d’hiver. Beaucoup de propriétaires de chevaux se demandent alors si tondre leur cheval est judicieux ou non. Il est important de noter que tondre son cheval ne doit jamais avoir pour seul but l’esthétique. La santé avant tout : le cheval doit être tondu uniquement s’il travaille régulièrement pendant l’hiver, car la transpiration est difficile à éliminer du poil d’hiver et pourrait causer un effet « sueur froide » et augmenter le risque pour le cheval de tomber malade.

Évaluer la nécessité de la tonte
Le cheval fait naturellement un poil d’hiver afin de s’isoler correctement du froid. Si le cheval est tondu, cette isolation thermique est perdue. Le cheval peut alors diminuer la température de ses muscles afin de réguler sa température corporelle. Où vit mon cheval ? Est-il en box, au pré, en paddock paradise, etc. Pour un cheval de sport, qui continue les entraînements en hiver et transpire donc beaucoup, la tonte permet d’accélérer le séchage de la robe. Dans ce contexte, une tonte d’une grande partie du corps voire intégrale est utile. À l’inverse, pour un cheval qui ne travaille que peu ou occasionnellement et vit au pré, il est préférable de ne pas tondre le poil d’hiver.
La réponse est… ça dépend du travail que vous demandez à votre cheval. Nos chevaux ont en effet la capacité incroyable de pouvoir développer du poil en quantité importante dès que les températures baissent afin de se protéger du froid et de l’humidité. C’est très avantageux pour les chevaux vivant au pré à l’année car cela leur assure une protection thermique naturelle. Mais, ça l’est beaucoup moins pour les chevaux au travail. Vous imaginez faire une séance de course à pied avec une grosse doudoune de ski ? Vous n’auriez qu’une envie : vous en débarrasser ! Idem pour nos chevaux lors d’une séance, l’épaisse couche de poils favorisera une forte transpiration et une sensation d’inconfort.
Choisir le bon moment et le matériel adapté
Il est préférable d’attendre que le cheval ait développé son poil d’hiver pour le tondre. C’est généralement le cas entre fin octobre et début novembre. Cela évite d’avoir à le tondre à intervalles fréquents, ce qui est ainsi moins stressant pour le cheval. La tonte doit normalement être renouvelée toutes les quatre à huit semaines. Bien entendu, cet intervalle varie en fonction de la météo, du mode de vie du cheval, de sa fréquence et intensité de travail ainsi que de l’épaisseur du poil qui repousse. La dernière tonte peut avoir lieu fin janvier ou début février au plus tard. Une tonte trop tardive pourrait entraver le bon déroulement de la mue.
AFFÛTAGE DES PEIGNES DE TONDEUSE
En premier lieu il convient de sortir le matériel nécessaire : la tondeuse bien sûr, chargée si elle est sans fil, avec une rallonge dans le cas contraire. Il est conseillé de procéder à la lumière du jour, pour une meilleure visibilité. Si les peignes ont été démontés, il faudra les replacer et serrer la vis qui les maintient en respectant le mode d’emploi de la tondeuse. Veillez à ce qu'ils aient été affûtés pour un fonctionnement optimal. Graissez votre tondeuse en passant un filet d‘huile à la base des peignes et dans les petits trous de part et d’autre. Cette opération devra être renouvelée toutes les 5-10 minutes.
Préparation et sécurité du cheval
En fonction de la tonte choisie, de la taille du cheval et du fait qu’il soit habitué ou non au bruit de la tondeuse, la tonte peut parfois durer jusqu’à 4 ou 5 h. Choisis un endroit calme avec un sol sec et non glissant pour attacher le cheval. Une prise électrique doit être à proximité. Le cheval doit rester calme pendant toute la tonte. Pour faciliter cela, on peut le faire travailler ou le nourrir juste avant la tonte afin qu’il soit un peu fatigué. Mettre un filet à foin à disposition peut faciliter la tonte, notamment dans le cas de chevaux nerveux, car cela redirige leur attention.
Certains chevaux (jeunes chevaux pas encore habitués, chevaux sensibles…) peuvent être effrayés à la fois par la vue et le toucher de la tondeuse en elle-même, mais aussi par le bruit qu’elle engendre. Il convient donc d’être très prudent et progressif : éviter d'attacher le cheval, plutôt le faire tenir par un aide placé à la tête. D’abord présenter le matériel éteint au cheval, puis lui passer la tondeuse éteinte sur le plat de l’épaule. Pourquoi commencer au niveau du plat de l’épaule ? Car c’est une zone peu sensible, facile d’accès et plus sécuritaire.
Techniques pour une tonte réussie
Si on n’a pas l’habitude de tondre son cheval, il est recommandé de tracer des lignes à la craie pour délimiter les zones à tondre. Ensuite, utiliser la tondeuse avec un angle de 30 degrés. Tondre maintenant par longues bandes régulières dans le sens inverse du poil. Commencer par les zones peu sensibles du cheval, telles que la croupe, les flancs et l’encolure puis tondre progressivement en direction des zones plus délicates du corps, telles que la tête et les membres.

Toujours positionner la tondeuse bien à plat contre la peau du cheval et la faire glisser à rebrousse-poil en traçant des bandes les plus longues possibles sans relever la main. Recouvrir légèrement la dernière trace de tonte pour effectuer la trace suivante, afin d’éviter les marques. Au niveau des zones de pli, tendre la peau avec une main et tondre avec l’autre, en veillant à ne pas pincer ou blesser le cheval. Pour les chevaux au pelage très épais, effectuez deux passages en changeant de peigne, du plus large au plus serré.
Les différents styles de tonte
Afin que le cheval ne transpire pas trop lors des entraînements en hiver, il peut être tondu de différentes manières.
- Tonte intégrale : Le cheval est ici entièrement tondu. De ce fait, le cheval n’a plus d’isolation thermique naturelle et doit donc être couvert 24h/24.
- Tonte de chasse : Très similaire à la tonte intégrale, à la différence que les membres et l’emplacement de la selle ne sont pas tondus. Cela permet d’éviter que la selle ne provoque des irritations avec les frottements.
- Tonte en manteau : Idéale pour les chevaux qui sont modérément travaillés en hiver, mais qui vivent au pré. L’encolure, le poitrail, le ventre et la croupe sont tondus.
- Tonte de course : Les poils de toute la ligne du dessus sont laissés intacts de sorte que seules les parties du corps qui transpirent fortement soient tondues.
- Tonte tablier : Rapide et facile à effectuer, elle est adaptée aux chevaux peu travaillés. L’avant de l’encolure, la nuque, le poitrail, les épaules et le bas du ventre sont tondus.
- Tonte light : Seul l’avant de l’encolure est rasé. Ce type de tonte, très minimaliste, est particulièrement adapté aux chevaux qui vivent au pré ou en stabulation ouverte.
Soins post-tonte et bien-être
Ne pas oublier qu’un cheval tondu doit être couvert constamment, peu importe le type de tonte. Pour qu’il n’attrape pas froid par temps hivernal, une couverture suffisamment chaude est nécessaire. Les zones tondues sont très sensibles aux frottements. Par conséquent, il est recommandé d’éviter de tondre les parties du corps du cheval sur lesquelles l’équipement repose. Cela inclut l’emplacement de la selle.
Depuis 2019, le rasage des vibrisses pour des raisons esthétiques est interdit par la Fédération Française d’Équitation (FFE). Priver le cheval de ces organes sensoriels est considéré comme un acte allant à l’encontre de son bien-être. Il en est de même pour les poils à l'intérieur des oreilles. Enfin, pensez à bien nettoyer la tondeuse en démontant les peignes et en brossant les poils qui s'y trouvent. Faites affûter les peignes au moins toutes les 4 ou 5 tontes, plus souvent si vous tondez intégralement et/ou que votre cheval a le poil très dense. Si vous souhaitez quand même tondre la tête de son cheval, utiliser une tondeuse de finition, dont la tête de coupe plus petite permet une meilleure précision, tout en respectant l'intégrité sensorielle de l'animal.