Protéger l'Abricotier du Gel : Guide Complet pour un Hivernage Réussi

L’hiver approche, et avec lui les risques de gel et des intempéries peuvent menacer vos végétaux et vos cultures. Heureusement, le voile d’hivernage est une solution simple et efficace pour les protéger. Ce guide détaillé vous accompagnera à travers les étapes essentielles pour assurer la protection de votre abricotier, un arbre fruitier particulièrement sensible, face aux rigueurs hivernales et aux gelées printanières, garantissant ainsi sa santé pour la saison à venir.

Les Ennemis de l'Abricotier en Hiver : Gel et Intempéries

Le voile d’hivernage est un avantage indispensable pour protéger les plantes contre le gel et les rigueurs de l’hiver. Il agit comme une véritable barrière contre le froid, le vent, la pluie, le givre et la neige, tout en laissant circuler l’air et la lumière nécessaires à la vie de la plante. Grâce à son utilisation simple et efficace, un microclimat plus doux se crée autour de la végétation, réduisant ainsi les chocs thermiques et limitant la déshydratation provoquée par le gel. Ce tissu léger mais isolant permet de préserver la chaleur autour de l'arbre tout en laissant circuler l'air.

Le gel est l’un des principaux ennemis des arbres durant l’hiver. Lorsque les températures chutent brutalement, l’eau contenue dans les cellules végétales gèle, provoquant leur éclatement. Ce phénomène peut entraîner des fissures dans l’écorce, des brûlures sur les feuilles persistantes, et même des dégâts sur les racines des jeunes plantations. Au-delà des dommages visibles, le gel peut également affaiblir la structure de l’arbre et le rendre plus vulnérable aux maladies et aux parasites. L'hiver peut être une période redoutable pour les arbres, qu'ils soient fruitiers, ornementaux ou persistants. Le gel, le vent froid et l’humidité excessive peuvent fragiliser les végétaux, ralentir leur croissance et parfois même les endommager de façon irréversible.

L’abricotier, bien que résistant à des températures basses, possède des points sensibles qui nécessitent une attention particulière. L'abricotier est un membre de la famille des Prunus, arbre fruitier natif d’Asie, plus précisément de Chine, où il est cultivé dans de nombreuses régions depuis plus de 2000 ans, et présent à l’état sauvage depuis 5000 ans. Il s’est ensuite répandu, passant lentement du Moyen-Orient à l’Europe Centrale et du Sud. Il craint les zones humides et les sols compacts, leur préférant les climats chauds et relativement secs, les sols calcaires et légers des alentours de la Méditerranée et de la basse vallée du Rhône en France. Il est d’ailleurs principalement cultivé dans la vallée du Rhône, dans le Vaucluse, ainsi que dans le Roussillon.

Effets du gel sur les jeunes pousses d'abricotier

L’abricotier a besoin de froid en hiver, comme de nombreux végétaux : de 400 à 600 heures en deçà de 7,2°. En effet, le froid permet l’induction florale, l’abricotier est d’ailleurs très rustique, résistant sans faille jusqu’à -20°, voire -25°. Par contre, les gelées printanières peuvent être dramatiques pour cet arbre fruitier dont la floraison est particulièrement précoce. Les arbres fruitiers à floraison précoce, tels que les abricotiers et les pêchers, sont particulièrement vulnérables, car le gel peut compromettre leur floraison et, par conséquent, leur future récolte.

Sensibilité de l'Abricotier aux Gelées Printanières

L’abricotier est l’un des arbres fruitiers qui fleurit le plus tôt, généralement entre la mi-février et le mois de mars, selon les variétés. Il présente une levée de dormance très précoce, ce qui expose ses bourgeons et ses fleurs déjà ouvertes à des gelées printanières destructrices. Les effets du gel se manifestent par des nécroses ou des malformations des tissus. Les fleurs totalement ouvertes sont détruites sous -2,2 °C. La fleur de l’abricotier est sensible avant même son ouverture, dès que son calice est visible elle devient vulnérable, étant détruite à -4 °C. À la sortie des étamines, la température ne doit pas passer sous les -3 °C, tandis que la chute des pétales correspond à une température minimale de 0,8 °C. Quant aux tout jeunes fruits, ou en cours de nouaison, ils ne supportent pas des températures inférieures à -0,5 °C. L’atteinte des fruits ne se voit pas tout de suite à l’extérieur, mais à l’intérieur, ils sont marqués de noir, et un “anneau de gel” se forme peu à peu sur leur épiderme. La différence se joue sur le stade de développement des fleurs.

Le réchauffement climatique gèle les bourgeons

Le Voile d'Hivernage : Caractéristiques et Moment Idéal d'Installation

Le voile d'hivernage est un accessoire indispensable en hiver, en tout cas dans toutes les régions qui subissent un vrai hiver. Fabriqué le plus souvent en polypropylène non tissé, le voile d’hivernage est à la fois léger et résistant. Ce matériau assure une protection fiable contre le gel et les intempéries, tout en permettant à la plante de respirer et de continuer la photosynthèse. Le voile d'hivernage n’est pas une protection absolue, par contre il permet de gagner quelques degrés, ce qui peut sauver vos plantations. Il peut être proposé en sacs de différentes tailles ou en rouleaux ou grandes pièces à découper à l’aide d’un cutter ou d’une paire de ciseaux. Il existe également en plusieurs densités, indiquées par la lettre P et un nombre qui donne cette densité en grammes par m2.

Le moment idéal pour installer un voile d’hivernage dans votre jardin se situe dès que les températures nocturnes commencent à descendre en dessous de 5 °C. Il est essentiel d’adapter la pose du voile d’hivernage en fonction des végétaux que vous souhaitez protéger. Astuce : surveillez attentivement la météo locale, et notamment les températures les plus froides de la nuit. Il est judicieux de disposer de deux densités de voile au moins, afin de mieux adapter la protection au froid. Lorsque celui-ci commence à pointer son nez, vers octobre ou novembre, vous pouvez utiliser un voile P17 qui vous fera gagner environ 2° au sol. Puis, quand l’hiver et les froids plus intenses arrivent, optez pour un voile P30 pour un gain de 3 à 4°. Soyez attentif à la météo, les nuits peuvent être beaucoup plus froides que les journées. Les voiles P17 (17g/m²) sont trop légers pour l’hivernage et conviendront mieux comme voile de forçage.

Dès les premières gelées, souvent d’octobre à avril selon les régions, le voile doit être utilisé lorsque la température descend sous 0 °C, surtout pour les plantes sensibles. Il est également possible de l'utiliser contre le vent froid, la neige, et même pour accélérer la croissance des jeunes plants au printemps. Les nuits de printemps peuvent être piégeuses, car les températures qui remontent font baisser la vigilance alors que des gelées tardives peuvent survenir. Le voile ne sera pas posé systématiquement et au même moment sur toutes vos plantes, certaines sont plus fragiles que d’autres.

Installation du Voile d'Hivernage sur un Abricotier

Avant de couvrir vos plantes, préparez-les correctement : nettoyez la base, enlevez les feuilles mortes et arrosez légèrement si le sol est trop sec. Choisissez ensuite le voile d’hivernage adapté : léger pour les plantes peu sensibles (17 g/m²), plus épais pour les zones très froides (30 à 50 g/m²), ou en forme de housse pour les arbustes et plantes en pot. La plupart des voiles sont fabriqués en tissu de polypropylène ou en toile résistante, offrant ainsi une protection efficace contre le gel tout en laissant circuler l’air et la lumière. Un voile d’hivernage peut être coupé sur mesure et posé directement à plat pour protéger les cultures basses.

Schéma d'installation d'un voile d'hivernage sur un abricotier jeune

Pour les abricotiers en pleine terre, surtout lorsqu’ils sont jeunes, la pose d’un voile d’hivernage va protéger efficacement les abricotiers palissés, mais attention aux fleurs, très fragiles. Enveloppez la plante sans trop serrer, pour permettre à l’air de circuler et aux feuilles de respirer. Rapprochez les bords du voile autour du tronc, en-dessous des premières branches. Maintenez le voile en place avec un lien souple ou des pinces et veillez à ce que le vent ne puisse pas s'engouffrer dessous. Pour les arbustes, utilisez deux couches si le gel est intense et durable, descendant à -5 à -10 °C. Pour les grands jardins, il est possible d’utiliser des rouleaux de voile d’hivernage, pratiques pour couvrir rapidement de larges surfaces.

Par contre, un abricotier de plein vent est plus difficile à protéger. Si c’est possible, plantez de hauts piquets autour pour y installer une bâche ou un voile. Dans tous les cas, veillez à ôter le voile en cours de journée, lorsqu’il fait doux, pour laisser passer la lumière et éviter l'humidité stagnante. Il peut être utilisé aussi contre le vent froid, la neige, et même pour accélérer la croissance des jeunes plants au printemps. Roulée autour de la ramure, sans trop serrer, et fixée à la base du tronc, cette protection est très efficace.

Protection Spécifique des Abricotiers en Pot

L’abricotier en pot craint également le gel, mais pas seulement au niveau de ses bourgeons. Très sensible face à l’humidité stagnante, ses racines risquent de fortement pâtir si cette humidité est prise par le gel. Évitez d’arroser l’abricotier en pot en période gélive et lors de la plantation, installez une couche drainante de bonne épaisseur au fond du pot. Le peu de terre contenue dans les pots ou les jardinières ne suffit pas à isoler suffisamment les plantes du gel, même les plus rustiques. Il est judicieux de protéger du gel autant le pot que la plante qui y est cultivée. En effet, avec un volume limité de terre, les racines auront tôt fait de ressentir les effets du gel.

Pour protéger les abricotiers en pot, vous avez deux possibilités principales. La première est de protéger le pot avec le voile en rouleau qui va donc en faire le tour et remonter au-dessus de la plante, ou bien d’enfiler la protection comme une chaussette pour les modèles en sac ou en forme de housse. Cette méthode est efficace, mais elle est peu pratique si les températures sont très changeantes, ne nécessitant pas la présence du voile durant tout l’hiver, sauf si le pot et la plante sont de petite taille, ce qui permet de facilement mettre ou ôter la protection. Couvrez la plante ET entourez le pot, car les racines gèlent vite.

La seconde méthode, appropriée pour des grandes plantes et des arbustes en pot, consiste à envelopper le pot dans un autre matériau isolant : papier bulle, grand sac ou bâche à l’intérieur duquel vous mettez des feuilles sèches, des fougères ou encore de la paille. La plante, elle, sera habillée du voile qui protégera la totalité des branches et de l’éventuel feuillage. La protection du pot peut rester en place tout l’hiver tandis que vous pourrez facilement relever le voile si le temps se radoucit ponctuellement.

Pensez à ôter préalablement l’éventuelle soucoupe placée sous le pot et surélevez le pot afin que l’eau de pluie ou des arrosages puisse s’écouler. Un des plus gros dangers que courent les plantes en pot en hiver est que l’eau restant dans le terreau gèle, abîmant et asphyxiant le système racinaire. Attachez solidement la protection autour du pot. Dernier conseil : Ne laissez pas les pots en contact direct avec le sol gelé, les racines n’y survivraient pas. Assurez une distance par rapport au sol à l’aide d’une palette, d’un socle, etc. Surélever les plantes en pot évite à celui-ci d’être en contact avec le froid qui remonte du sol. Le pot a moins de possibilités de se briser et la motte de terre est un peu isolée du froid.

Autres Méthodes de Protection Complémentaires

En plus du voile d'hivernage, plusieurs techniques peuvent renforcer la protection de l'abricotier :

  • Le Paillage : Le paillage est essentiel pour isoler les racines du froid. Utilisez des matériaux naturels comme la paille, les feuilles mortes, les copeaux de bois ou des écorces. La chaleur emmagasinée par le sol « rayonne » pendant la nuit. Pour réduire cette perte de chaleur par rayonnement et protéger les racines du gel, placez systématiquement du paillis aux pieds de toutes les plantes sensibles. Pour l’éviter, augmentez l’épaisseur de paillage jusqu’à atteindre au moins 30 centimètres, et arrosez minimum une fois par mois pour maintenir le sol humide. Le paillage est un bon complément au voile d’hivernage. Il isole la surface du terreau et limite un peu son refroidissement, et donc celui des racines.
  • Le Buttage : En hiver, buttez le pied des jeunes sujets ou bien entourez le point de greffe avec un voile et de la paille. Les jeunes abricotiers présentent un point faible au niveau du point de greffe. Lorsqu’il gèle, il y a risque de décollement du greffon, autant lors des gelées printanières que des gels hivernaux. Il faudra par contre enlever cette protection dès le redoux pour qu’il ne se forme pas des racines à la base de votre greffon.
  • L'Arrosage Avant le Gel : Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un sol légèrement humide protège mieux du gel qu’un sol sec. Arrosez modérément vos arbres avant une période de gel annoncée, surtout si le temps a été sec auparavant. Un sol humide absorbera plus de chaleur pendant la journée et la diffusera pendant la nuit. Un gel est prévu dans votre région ? L’arrosage des plantes peut aider à protéger les plus sensibles. Arroser l’arbre entier en pluie fine lorsque des gelées sont annoncées, dès que le thermomètre descend en dessous de 0° au printemps. Le froid va geler cette eau autour des bourgeons et des fleurs et les isoler. Il faut que l’arbre soit arrosé en continu.
  • Peindre le Tronc : Des fissures de contrainte dues au gel, appelées gélivures, peuvent se produire en raison de grandes différences de température entre le jour et la nuit. Ce phénomène a surtout lieu durant les journées ensoleillées qui suivent une nuit très froide. Concrètement, à mesure que la température augmente, le volume du tronc augmente jusqu’à se fissurer, en provoquant parfois un craquement sonore. Pour parer à cet évènement, certains choisissent de peindre le tronc en blanc.
  • Manchons de Protection : Pour les jeunes arbres, l’utilisation de manchons de protection autour du tronc est recommandée pour protéger l'écorce.
  • Haies et Abri : Si vous êtes situés dans un creux, installez une haie de persistants en haut de votre terrain, et évitez d’en placer une en bas : vous stopperez l’air froid descendant du relief et vous laisserez s’échapper celui qui s’est formé sur place. La plantation permet également de protéger quelque peu l’abricotier des rigueurs du climat. Il sera installé de préférence selon une exposition sud sud-ouest. Il est également conseillé de le palisser, idéalement contre un mur bien exposé. Le couvert des arbres persistants peut limiter le rayonnement nocturne et réduire le refroidissement très localement de quelques degrés, un peu à la manière d’une couverture.

Protection d'Autres Végétaux Sensibles en Hiver

Toutes les plantes n’ont pas les mêmes besoins face au froid. Le voile d’hivernage est une protection polyvalente qui bénéficie à diverses catégories de plantes :

  • Plantes en pot et jeunes plantations : Ces plantes restent les plus exposées, leurs racines étant moins isolées du froid. Pour l’olivier, la protection dépend de la situation : un jeune olivier ou un olivier en pot doit être couvert dès les premières gelées, car ses racines et son feuillage restent sensibles au froid.
  • Plantes méditerranéennes et exotiques : Les agrumes (citronniers, orangers, mandariniers), les pêchers, abricotiers et figuiers sont particulièrement sensibles aux gelées tardives. Les plantes méditerranéennes doivent hiverner entre 5 et 10°C pour rester en bonne santé. Les variétés rustiques comme l’olivier peuvent survivre à une courte période de gel allant jusqu’à -5 °C, mais vous devrez tout de même les protéger par un voile d’hivernage. Comme les agrumes, les oliviers conservent leurs feuilles pendant l’hiver et devront être entreposés dans un endroit clair. Les agrumes sont typiquement des plantes d’orangerie qui ont non seulement besoin d’être hivernés hors gel mais aussi besoin d’un voile d’hivernage. Pour autant, tous ne montrent pas le même seuil de résistance. Le yuzu est relativement rustique, il peut tolérer jusqu'à -10°.
  • Rosiers : De nombreuses variétés de rosiers sont sensibles au froid. Leur point faible est surtout localisé dans la zone de greffe, à la base des plants pour les greffes en pied, ou plus haut pour les greffes en tête, ce qui justifie que vous devrez surtout protéger ces zones sensibles. À leur base, il vous suffira d’utiliser pour cela des matériaux grossiers comme du paillis, des feuilles ou simplement en réalisant un monticule de terre (buttage) pour protéger le porte-greffe à la base des rosiers. Les rosiers dont le point de greffe est situé à l’extrémité des tiges seront quant à eux simplement protégés par un voile d’hivernage.
  • Palmiers : De nombreuses espèces de palmiers présentent une très bonne résistance au froid et au gel. La protection hivernale la plus adaptée dépendra du type de palmier et des températures relevées. Tous les palmiers ne sont pas de grands frileux, mais pour ceux qui le sont, un voile est recommandé. Pour ceux dont la taille peut être imposante, c’est le cœur qu’il vous faudra protéger, le bourgeon central est en effet le plus fragile et ce qu’il faut préserver à tout prix. Enroulez le voile en plusieurs épaisseurs autour de ce cœur et pensez à renforcer cette protection avec de la paille ou des fougères sèches à placer entre les palmes si un froid intense est prévu.
  • Plantes du potager : Au potager, certains légumes d’hiver apprécient aussi une protection. Les salades, carottes, choux, poireaux ou épinards supportent bien le froid, mais un voile d’hivernage les aidera à pousser régulièrement, tout en les protégeant du gel et des nuisibles. La résistance au froid des légumes est très variable. Les variétés d’hiver sont logiquement les plus résistantes, vous pourrez vous contenter de les couvrir pour pouvoir continuer à récolter malgré la neige. Au potager, vous protégerez en premier lieu les salades dont les feuilles tendres sont rapidement brûlées par le froid. La mâche et la laitue résistent jusqu’à -5°, comme les poireaux, le chou-fleur, la carotte, l’asperge sont un peu moins rustiques, jusqu’à -2 ou -4°.
  • Herbes aromatiques : La plupart des herbes aromatiques sont rustiques et ne nécessitent aucune protection particulière.

Exemples de plantes protégées par un voile d'hivernage

Choisir les Bonnes Variétés d'Abricotiers pour les Régions Froides

Très bel arbre offrant des fruits goûteux et gorgés de soleil, l’abricotier peut être planté dans presque toutes les régions de France. Cependant, il reste un arbre méditerranéen, même si ce n’est pas son origine, et des précautions doivent être prises pour l’installer dans la moitié nord du pays, sous peine de voir disparaître toute la floraison année après année. Car le coup de gel du printemps est sans pitié pour l’abricotier, pour ses fleurs surtout, et seules certaines variétés sont parées pour l’affronter. Il faudra lui offrir un endroit ensoleillé et abrité, et peut-être sacrifier votre envie d’avoir un bel abricotier de plein vent à celle d’avoir des fruits.

Pour les régions où le climat est plus rigoureux, il est judicieux de choisir des espèces d’arbres résistantes au gel. Préférez les variétés à floraison tardive dans le nord de la France. Les floraisons longues sont intéressantes car elles limitent la quantité de fleurs détruites par un éventuel gel ponctuel. Autre point important : la date de maturation des fruits ; veillez à choisir des variétés à maturité précoce, qui auront plus de temps pour mûrir, plus particulièrement dans les régions à faible ensoleillement.

Voici quelques variétés réputées pour leur adaptation aux climats moins cléments :

  • L’abricotier ‘Bergeron’ : Il est réputé pour être très adapté aux régions plus froides car il se montre assez résistant face au gel. Il est d’ailleurs peu productif sous un climat plus méridional. Il fleurit entre mars et avril et pourra être récolté de la fin du mois de juillet jusqu'au mois d’août. Ses fruits sont assez gros, avec une joue bien rouge du côté du soleil. La chair orangé sombre est peu juteuse, acidulée, de bonne qualité.
  • L’abricotier ‘Luizet’ : Idéal pour les régions à climat continental (il est originaire du Rhône et issu d’un semis d’Europe centrale), il est d’ailleurs déconseillé en zone méridionale car il y est également peu productif. Il fleurit entre mars et avril et ses fruits ne seront pas cueillis avant la mi-juillet. Ils sont de taille moyenne, orangés avec de légères impressions rouges à l’insolation. La chair est ferme et de bonne qualité.
  • La variété ‘Hargrand’ : C'est un hybride originaire du Canada, adapté aux climats septentrionaux. Il fleurit en mars avril et se cueille légèrement avant le ‘Bergeron’. D’un orangé assez pâle et de gros calibre, les fruits offrent beaucoup de parfum et d’excellentes qualités organoleptiques.
  • L’abricotier ‘Ampuis’ : Il se plaît particulièrement dans le nord de la vallée du Rhône où il est cultivé depuis longtemps. Sa floraison se produit en mars avril, les fruits seront cueillis durant la première quinzaine du mois d’août. De petite taille, à chair molle, ils sont goûteux mais surtout utilisés pour faire des confitures.
  • L’abricotier ‘Pêche de Nancy’ : Il montre les mêmes caractéristiques de floraison et de fructification que le ‘Bergeron’. Ses gros fruits jaune orangé sont fondants et juteux, avec une saveur musquée.
  • Le ‘Tardif de Tain’ : Comme son nom l’indique, il affiche une floraison tardive, tout comme l’est la maturité de ses fruits.
  • L’abricotier ‘Royal’ : À maturité tardive, il pourra également être installé dans les jardins et vergers au nord de la Loire. Les fruits sont juteux et particulièrement parfumés.
  • Le ‘Précoce de Saumur’ : Il présente une bonne résistance face aux gelées printanières, il pourra être cultivé dans les régions situées au-dessus de la Loire sans problème. Ses fruits ovoïdes jaunes marqués de rouge sont sucrés et peu juteux.
  • Primidi : Il est l’un des plus tardifs, puisqu’il commence à fleurir autour du 20 mars, jusqu’à la fin du mois, il offre donc également une floraison longue. Ses fruits sont matures aux alentours des 2 premières semaines de juin.
  • Luxared : Il commence à fleurir à la même période que le précédent, mais sa floraison ne dure qu’une semaine. Ses fruits peuvent être récoltés à partir de la première semaine de juin, jusqu’à la mi-juin.
  • De nombreuses variétés commencent à fleurir autour du 15 mars : Héléna du Roussillon, Farlis, Apridelice, qui offre une floraison qui dure plus de 2 semaines. Mais attention, la maturité des fruits s’échelonne entre le 15 juin et la fin juillet.

Vous éviterez par contre les variétés comme Colorado et Sushi qui fleurissent juste après la mi-février, ainsi que Canino ou Rouge du Roussillon qui sont cultivables seulement en climat doux. Comme tous ces végétaux originaires de pays plus chauds et de conditions climatiques différentes de celles existant en France, l’abricotier présente quelques faiblesses face à notre climat, plus particulièrement face aux gelées printanières qui contrarient le débourrement fort précoce des bourgeons floraux. Et lorsque la floraison est détruite, la production est perdue.

Erreurs Courantes et Précautions à Prendre

Mettre un voile d’hivernage en place pour offrir quelques degrés bienvenus à vos plantes n’est pas difficile. Ce qui est important par contre c’est de prévoir les besoins de chaque plante et les périodes de protection. C’est grâce à ces préparatifs que vous protégerez efficacement chacune de vos cultures et que vous aurez le plaisir de les retrouver intactes lorsque la température redevient clémente.

  • Retrait du Voile : Retirez le voile d’hivernage progressivement au printemps, dès que les gelées ne sont plus à craindre. Savoir quand retirer les voiles d’hivernage peut être délicat. Il s’agit d’éviter les coups de gel, tout en évitant aussi que les plantes germent de façon anticipée à cause de la chaleur générée sous la couverture. Pour les plantes sensibles, le moment propice est lorsque les températures sont constamment d’au moins 10°C en journée. Quand les risques de gel sont passés : généralement fin mars à mi-avril selon votre région. Retirer progressivement pour éviter un choc thermique.
  • Voile Trop Serré : Installez le voile d’hivernage sans serrer la plante : laissez un peu d’espace pour que l’air circule et que les feuilles respirent. Ne collez pas le voile contre la végétation, afin d’éviter un pourrissement dû à l’humidité. Un voile trop serré favorise l’humidité et les maladies.
  • Utilisation du Plastique : Le plastique en contact avec vos plantes pourrait s’avérer pire que l’absence de protection. Ce contact entre le voile et les feuilles créerait en effet une zone d’humidité stagnante, qui entraînerait de graves dommages dus au gel. Utiliser un plastique à la place condense l’humidité et brûle les plantes au soleil. Un sac poubelle bloquerait toute aération, et il y a aussi de fortes chances pour que le plastique entre en contact avec les feuilles et augmente les dommages par le gel. Une protection hivernale doit laisser l’air circuler.
  • Protection Continue : Laissez un peu d’espace pour que l’air circule et que les feuilles respirent. En effet, un microclimat plus doux se crée autour de la végétation, réduisant ainsi les chocs thermiques et limitant la déshydratation provoquée par le gel. Laisser le voile en continu jusqu'au printemps risque d’étouffement et de reprise tardive de la plante.
  • Oublier de Protéger le Pied : Pailler le sol est essentiel pour les racines. Oublier de protéger le pied peut avoir des conséquences néfastes, d'où l'importance du paillage.
  • Déséquilibre Hydrique Hivernal : En hiver, le soleil fait parfois plus de dégâts que le froid. Il arrive en effet que le soleil brille et déclenche la transpiration des feuilles. Mais si le sol est gelé, les racines sont alors incapables de compenser cette évaporation et les plantes se dessèchent, plus encore en cas de vent. Ce phénomène de sécheresse hivernale s’observe généralement par un brunissement soudain des feuilles. Pour l’éviter, augmentez l’épaisseur de paillage jusqu’à atteindre au moins 30 centimètres, et arrosez minimum une fois par mois pour maintenir le sol humide.
  • Fertilisation Hivernale : Il est conseillé d’arrêter les apports en engrais fin juillet ou au plus tard fin août, afin que les plantes aient suffisamment de temps pour se préparer à l’hiver. Évitez surtout toute fertilisation qui pourrait stimuler la croissance chez une plante affaiblie ou endommagée par le gel. Celle-ci pourrait s’affaiblir davantage et mourir. Il existe toutefois des « engrais d’automne », plus riches en potassium et allégés en azote, qui sont destinés à renforcer les plantes et à les préparer à faire face aux températures négatives.
  • Revivre une Plante Gelée : Une fois le froid passé, un arrosage doux est bien souvent le meilleur moyen d’aider une plante à se rétablir du gel. Cela permettra de la réhydrater en douceur sans la stresser.
  • Inspection Régulière : Pendant l’hiver, vérifiez régulièrement que le voile d’hivernage est bien en place, surtout après un coup de vent ou une chute de neige. Pensez à inspecter régulièrement vos plantes pour détecter les éventuels parasites et les supprimer si nécessaire. Les plantes saines supporteront mieux les températures hivernales que les autres, et se remettront plus rapidement des coups de froid.

Le réchauffement climatique gèle les bourgeons

Choix de l'Emplacement pour l'Abricotier

Concernant l'emplacement idéal pour un abricotier, surtout dans des régions où les hivers peuvent être rigoureux, il est crucial de privilégier un site ensoleillé et abrité. L'abricotier aime l'ensoleillement et a besoin de beaucoup de lumière pour bien fructifier. Si l'endroit où vous prévoyez de l'installer serait ensoleillé le matin, et plutôt à l’ombre l’après-midi à cause d'une haie d’environ 2 à 2,5 m située à 2 mètres au sud, cela représente un risque important. L'ombre l'après-midi pourrait limiter l'exposition solaire nécessaire à l'arbre, affectant la maturation des fruits et potentiellement sa vigueur générale. Idéalement, l'abricotier nécessite un ensoleillement direct sur une grande partie de la journée. Les points sensibles pour l’abricotier sont les gelées printanières qui contrarient le débourrement précoce des bourgeons floraux. Pour cela, un emplacement recevant le maximum de soleil, notamment l'après-midi, peut aider à réchauffer l'arbre et le sol, mais la question des gelées nocturnes reste prépondérante. Les plantes, même rustiques, que vous venez juste d’acheter en jardinerie sont particulièrement sensibles au gel. Ces jeunes plants élevés dans des conditions de température modérées risquent de ne pas être suffisamment préparées au froid. Surtout, leur système racinaire n’est pas encore assez développé et pourrait se dessécher. Soyez vigilants à l’emplacement de vos plantes les plus sensibles au gel.

En adoptant les bons gestes - paillage, voiles d’hivernage, taille et apports nutritifs - vous offrez à vos arbres les meilleures conditions pour résister au froid et repartir de plus belle à la belle saison. Que vous cultiviez des arbres fruitiers, des arbres ornementaux ou des essences méditerranéennes, chaque arbre mérite une attention particulière pour traverser l’hiver sans encombre.

tags: #comment #mettre #un #voile #d #hivernage