La culture des haricots verts est une activité gratifiante au potager, offrant une abondance de gousses fraîches et savoureuses. Pourtant, de nombreux jardiniers, en particulier les débutants, se heurtent à des difficultés, se retrouvant face à des rangs clairsemés, des graines qui pourrissent avant même de germer, ou des plants qui démarrent mal et ne produisent presque rien. Le succès n'est pas une question de chance ou de talent inné, mais plutôt de compréhension des besoins fondamentaux de la graine pour s'épanouir : la bonne température du sol, le bon moment dans la saison, la bonne profondeur de semis, et le bon niveau d'humidité.
Cet article vous guidera à travers toutes les étapes essentielles pour cultiver des haricots verts avec confiance, en mettant l'accent sur les principes de la permaculture. Nous aborderons le choix des variétés adaptées à votre jardin, la préparation du sol, le calendrier de semis selon votre région, les techniques concrètes à adopter, et surtout les erreurs courantes à éviter pour garantir une récolte fructueuse. L'objectif est de vous fournir un savoir applicable dès cette saison, afin que vous puissiez profiter pleinement de vos propres haricots frais.

Comprendre le cycle du haricot vert pour mieux planifier ses semis
L'une des erreurs les plus fréquentes que l'on observe au jardin au mois d'avril est le semis précoce des haricots verts, poussé par l'impatience du jardinier dès que le soleil pointe. Quinze jours plus tard, l'absence de levée, et parfois même une odeur de fermentation en grattant le sol, révèlent la triste réalité : les graines ont pourri sur place. Il ne s'agit pas de malchance, mais d'une question de biologie. Comprendre cette biologie est la première étape pour réussir ses semis de haricots verts.
Le haricot vert (Phaseolus vulgaris) est une plante d'origine tropicale, domestiquée en Amérique centrale et du Sud. Cette origine n'est pas anecdotique : elle explique tout son comportement au potager. C'est une plante thermophile, c'est-à-dire qu'elle a besoin de chaleur pour chaque étape de son cycle, de la germination de la graine jusqu'à la formation des gousses. Le froid, même modéré, la bloque ou la détruit.
Un cycle rapide, mais une plante frileuse : ce que ça change pour vos semis
Concrètement, voici ce qui se passe dans le sol selon la température. En dessous de 12 °C, la graine reste inerte, absorbe l'humidité ambiante et finit par moisir avant même d'avoir amorcé sa germination. Entre 15 et 18 °C, la germination démarre, mais lentement : comptez 10 à 15 jours avant de voir pointer les premières feuilles. Au-dessus de 20 °C, tout s'accélère : la levée intervient en 7 à 10 jours, vigoureuse et homogène.
Ces chiffres ne sont pas théoriques ; ils changent concrètement la façon dont on gère son potager. Un sol froid, c'est une graine qui moisit, et une déception pour le jardinier qui pensait avoir bien fait les choses. La solution la plus simple et la plus fiable est d'utiliser un thermomètre de sol. Cet outil coûte quelques euros, il s'enfonce à 5-10 cm de profondeur et donne une lecture immédiate. C'est infiniment plus fiable que de se fier à la date du calendrier ou à la météo de la semaine.
Une fois les conditions réunies, le cycle du haricot vert est remarquablement court. La germination prend 7 à 15 jours. La croissance végétative dure 3 à 5 semaines. La floraison s'enclenche, puis les gousses se forment. De la graine à la première récolte, il faut compter 50 à 70 jours selon les variétés. C'est ce statut de « plante annuelle à cycle court » qui en fait une candidate idéale pour les semis échelonnés tout l'été.

Attention : Une gelée nocturne, même légère (-1 °C suffit), survenant après la levée peut détruire un semis entier en quelques heures. Les jeunes plants de haricots ne récupèrent pas d'un gel. Dans les zones sujettes aux gelées tardives, attendez toujours que les nuits soient durablement au-dessus de 8-10 °C avant de semer. Le haricot est une culture tendre qui n'aime pas le gel ou le froid.
Haricots nains ou haricots à rames : choisir selon son potager
Avant de semer, il faut choisir sa famille de haricots. Et ce choix dépend davantage de votre situation au jardin que de vos préférences gustatives. Il existe deux grandes familles : les haricots nains (compacts, sans tuteur, production courte) et les haricots à rames (grimpants, nécessitent un support, production étalée), chacune répondant à des besoins différents au potager.
Les haricots nains sont compacts, entre 40 et 50 cm de hauteur. Ils ne nécessitent aucun tuteur, ce qui simplifie l'installation. Leur production est concentrée sur 3 à 4 semaines, intensive, puis terminée. Ils sont idéaux pour les petits espaces, les débutants, et les jardiniers qui veulent une récolte groupée pour congeler ou conserver. Parmi les variétés emblématiques, on trouve 'Contender', rustique et productive, et 'Maxibel', très fine et sans fil, appréciée des gastronomes. Ces plantes atteignent environ 45 cm de haut et sont cultivées de préférence en petits blocs, où les plantes voisines fournissent un support. On peut les insérer facilement entre deux cultures, sans leur faire d'ombre ni les étouffer.
Les haricots à rames grimpent entre 1,5 et 2,5 m. Ils réclament un support solide, comme un filet, un tipi de bambous, ou un treillis. La méthode traditionnelle consiste à les faire pousser le long d’une double rangée de cannes de bambou, avec 40 cm entre les rangées. Si vous n’avez pas de place pour les rangées de cannes, vous pouvez également fabriquer des wigwams, ces structures coniques faites avec des tiges. Là encore, utilisez des cannes de 2 m de haut et utilisez quatre ou cinq cannes par wigwam, en espacant chaque canne de 15 cm au sol. Attachez le haut des cannes ensemble. En contrepartie, leur production s'étale sur 6 à 8 semaines et leur rendement global est supérieur. Variétés phares : 'Blauhilde' (gousses violettes, très décoratives) et 'Cobra' (sans fil, productive). En permaculture, les rames s'intègrent naturellement dans l'association dite des trois sœurs - maïs, haricots grimpants, courges - où chaque plante soutient les autres. Ces haricots offrent beaucoup d'avantages : ils prennent moins de place au sol et ont donc un rendement plus important par rapport à la surface occupée, ils sont bien plus confortables à ramasser, ils sont décoratifs avec leur joli feuillage et leur charmante floraison et peuvent constituer un paravent végétal très agréable.
Il existe aussi des haricots mi-nains, autour de 60-80 cm, qui offrent un compromis intéressant : un peu plus de hauteur et de durée de production, sans nécessiter un support aussi imposant que pour les rames.
| Type | Hauteur | Tuteur | Durée du cycle | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|
| Nain | 40-50 cm | Non | 50-60 jours | Petits espaces, débutants, récolte groupée |
| Mi-nain | 60-80 cm | Léger | 55-65 jours | Compromis espace/rendement |
| À rames | 1,5-2,5 m | Oui (solide) | 60-70 jours | Grands potagers, rendement étalé |
Pour les haricots verts, il existe une distinction entre haricots mangetout et haricots filet. Les haricots filets sont des haricots fins et goûteux mais qui doivent être récoltés très régulièrement (tous les 2 à 3 jours) sous peine de prendre le fil. On trouve des variétés dites sans fils, qui prennent celui-ci un peu plus tardivement et seront à récolter tous les 3 à 4 jours. Ils sont appelés haricots beurre lorsqu’il s’agit de variétés jaunes, et il y a également des haricots violets, très décoratifs et qui se repèrent plus facilement parmi le feuillage. Les haricots mangetout sont cueillis plus tard car ils sont sans parchemin ni fils. On en consomme la gousse et les grains qui sont alors formés. Les variétés jaunes sont également appelées haricots beurre et on trouve là aussi des variétés violettes. Le haricot mangetout « Red Swan », et sa jolie teinte un peu iridescente rose-mauve aux reflets argentés, par exemple, mettra de la couleur à vos plats d'été en cuisine.
Pour les haricots en grain, ils peuvent être des flageolets, des haricots rouges, des haricots coco. On peut les consommer frais ou demi-secs, cueillis lorsque la gousse est encore tendre, soit les conserver pour les manger secs, en les récoltant quand la gousse est sèche et en les faisant tremper avant de les faire cuire.

Quand semer les haricots verts : calendrier régional pour réussir ses semis
La question « On peut semer quand ? » revient chaque printemps. La réponse honnête est que ça dépend. Pas pour esquiver la question, mais parce que la France couvre des réalités climatiques très différentes, et qu'un calendrier unique serait une simplification dangereuse pour vos graines. Le haricot vert est une plante sensible au froid : le semis en pleine terre ne doit jamais intervenir avant que le sol atteigne 15 °C minimum, sous peine de voir les graines pourrir sans germer.
Ce qui détermine le bon moment, c'est une combinaison de facteurs : la latitude (Nord vs Sud), l'altitude (les zones de montagne accusent un retard de 2 à 4 semaines), l'ensoleillement local, et surtout la nature du sol. Un sol sableux se réchauffe bien plus vite qu'un sol argileux. Deux jardins dans la même ville peuvent avoir des sols à des températures différentes de 3 à 5 °C au même moment. C'est pourquoi la règle d'or reste : le calendrier est un repère, pas une vérité absolue, c'est le sol qui décide.
| Zone géographique | Exemples de régions | Période de semis en pleine terre | Remarques |
|---|---|---|---|
| Zone 1 - Sud, Méditerranée | PACA, Languedoc, Roussillon | Mi-mars à fin juillet | Attention aux chaleurs excessives de juillet qui bloquent la floraison |
| Zone 2 - Centre, Ouest | Bretagne, Pays de la Loire, Auvergne, Bourgogne | Mi-avril à mi-juillet | Zone tempérée, conditions généralement favorables |
| Zone 3 - Nord, Est, altitude | Alsace, Lorraine, Hauts-de-France, Alpes | Début mai à fin juin | Attendre les Saints de Glace (11-13 mai) comme repère traditionnel |
Dans les zones froides (Zone 3), le repère des Saints de Glace (11, 12 et 13 mai) reste une référence populaire et souvent pertinente. Ces dates marquent traditionnellement la fin du risque de gelées tardives dans une grande partie du territoire. Ce n'est pas une science exacte, mais c'est un repère culturel ancré dans des siècles d'observation.
Pour les régions froides, une autre option consiste à semer sous abri, comme un tunnel plastique ou un voile de forçage, ce qui permet de gagner 2 à 3 semaines en réchauffant le sol artificiellement. Une technique simple, peu coûteuse, qui peut faire toute la différence dans les zones où la saison est courte. Pour une récolte précoce, vous pouvez semer à l’intérieur entre fin avril et début mai. Si les températures sont chaudes en mai, vous pouvez semer à l’extérieur, mais les semis peuvent avoir besoin d’une certaine protection (comme une toison) la nuit. Utilisez de petits godets, en semant un haricot par pot de 5 cm de profondeur. Placez les pots à l’extérieur dans un châssis si vous en avez ou dans une autre zone abritée et chaude. Pour disposer d’une récolte précoce, il est possible de semer des haricots en godet dès le mois d’avril. Les haricots ont besoin d'une température supérieure à 18°C pour germer et de lumière pour donner des tiges vertes.
Le test du sol : comment savoir si la terre est vraiment prête à accueillir vos graines
On a tous eu cette tentation de semer trop tôt parce que le soleil de mars nous donne envie, et on a tous perdu des graines à cause de ça. C'est humain. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe des méthodes simples pour ne plus se fier uniquement à ses envies.
La plus fiable : le thermomètre de sol. On l'enfonce à 5-10 cm de profondeur, on attend 30 secondes, et on lit la température. En dessous de 15 °C, on attend. Simple.
Pour ceux qui n'ont pas de thermomètre, deux tests physiques donnent une bonne indication. Le test visuel : une terre prête s'émiette bien, elle n'est pas collante ni compacte. Le test tactile : prenez une poignée de terre et serrez-la. Si elle se tient en boule et colle aux doigts, le sol est encore trop humide et froid. Si elle s'émiette en rouvrant la main, c'est bon signe. Un sol trop humide et froid est pire qu'un semis tardif ; mieux vaut attendre 10 jours de plus que de perdre ses graines.

💡 Astuce : Posez un voile de forçage ou une bâche noire sur votre carré de terre 7 à 10 jours avant de semer. La couleur sombre absorbe la chaleur solaire et réchauffe le sol plus vite. Un geste simple qui peut faire gagner plusieurs degrés, et donc plusieurs jours sur le calendrier.
Préparer le sol et semer les haricots verts : les bons gestes pour réussir
Préparer correctement le sol, c'est faire la moitié du travail avant même d'avoir semé. Le haricot vert n'est pas une plante exigeante, mais il a des conditions minimales sans lesquelles rien ne fonctionne. Comprendre ces conditions, c'est éviter la grande majorité des échecs.
Le haricot aime un sol léger, bien drainé, avec un pH légèrement acide à neutre (entre 6 et 7). Il tolère mal les sols lourds et argileux qui retiennent l'eau. Autre particularité importante : c'est une légumineuse fixatrice d'azote. Ses racines hébergent des bactéries (Rhizobium) capables de capter l'azote atmosphérique. Les fameuses nodosités (petites « boules ») pourvoyeuses d’azote sont en fait une sorte de symbiose entre de sympathiques bactéries présentes naturellement dans le sol et la racine des haricots. Conséquence pratique : un excès d'azote dans le sol favorise le développement du feuillage au détriment des gousses. Évitez donc le fumier frais ou les engrais azotés. Le haricot nécessite donc peu de fertilisation azotée, et dans tous les cas mieux vaut éviter le fumier frais, qui peut lui nuire ! Si votre sol est déjà bien riche en humus, inutile de l’amender avant de semer le haricot, véritable engrais vert à lui tout seul. Préférez un compost mûr, incorporé superficiellement quelques semaines avant le semis. Tous les types de sol sont adaptés aux haricots, hormis les sols trop compacts et humides ou très calcaires comme les terres crayeuses par exemple, car le calcaire contribue au durcissement précoce des gousses. Les haricots apprécient un sol ameubli, enrichi de fertilisant naturel en surface à l'automne précédent ou lors de la culture précédente. Le sol devra être un peu plus riche pour les haricots à rame grimpants et pour les haricots à écosser que pour les haricots nains.
L'exposition est également non négociable : le haricot vert réclame minimum 6 heures de soleil direct par jour. À l'ombre, la culture végète et les gousses sont rares. Les haricots apprécient les situations lumineuses et abritées. Avant de les semer, choisissez donc un endroit ensoleillé au moins une partie de la matinée et une bonne partie de l'après-midi à la belle saison, et sans courants d'air froids.
Une fois le sol préparé, voici les étapes du semis, dans l'ordre :
- Tracer des sillons de 3 à 4 cm de profondeur, espacés de 40 à 50 cm entre les rangs. Pour les haricots à rames, vous installerez le support avant le semis, que vous les conduisiez sur des tipis ou le long de filets à ramer.
- Déposer les graines tous les 8-10 cm pour les nains, tous les 15-20 cm pour les rames. Il y a 3 méthodes possibles pour semer les haricots :
- Le semis en poquets par 3 à 5 graines : Cela consiste à creuser un trou en pleine terre tous les 30 à 40 cm environ, et de placer 3 à 5 graines par trou. C'est une méthode classique qui marche très bien pour tous les haricots, notamment pour les haricots nains.
- Le semis en lignes : Il est également possible de semer les haricots en pleine terre dans un petit sillon, en positionnant une graine tous les 3 à 5 cm environ. Il est conseillé d'arroser au goulot d'arrosoir le fond du sillon pour bien humecter la terre et favoriser l'adhérence des graines.
- Le semis en godet ou plaque : Bien plus rare, le semis en godet ou plaque alvéolée est pratiqué sous abri par certains jardiniers. Le haricot développe un système racinaire pivotant qui supporte mal la transplantation. Si vous tentez l'expérience pour gagner du temps dans une région froide, utilisez des godets biodégradables que vous pouvez planter directement sans déranger les racines. Remplissez de terre un pot transparent et semez 2-3 graines de haricot, ce contenant vous permettra de découvrir les étapes de croissance des graines avec la transparence. Les repiquer rapidement dans un pot plus grand, en attendant d'être planté dans le potager.
- Recouvrir légèrement de terre fine et tasser doucement avec la paume de la main, sans appuyer fort. Recouvrez-les de 3 à 5 cm de terre en moyenne : plus le terrain est sec, plus il faut enterrer les graines et plus il est humide, moins il faut les enterrer (2 cm au minimum). On dit qu'on plante plus ou moins « creux » en fonction du sol ou des années sèches ou humides. On dit qu'on ne doit pas le semer trop profondément : comme pour l'ail, un vieux proverbe dit que le haricot doit « voir partir le jardinier ».
- Arroser en pluie fine, sans déplacer les graines, pour humidifier sans détremper. Plombez (tassez) ensuite la terre avec la main ou le dos du râteau, puis arrosez abondamment avec une pomme d'arrosage en pluie fine, de manière à bien humecter la terre pour la faire adhérer aux graines.
SEMIS DES HARICOTS ► 5 erreurs à éviter au potager
| Paramètre | Haricots nains | Haricots à rames |
|---|---|---|
| Profondeur de semis | 3-4 cm | 3-4 cm |
| Espacement entre graines | 8-10 cm | 15-20 cm |
| Espacement entre rangs | 40-45 cm | 50-60 cm |
| Tuteur nécessaire | Non | Oui (1,5-2,5 m) |
💡 Conseil : Paillez immédiatement après le semis avec de la paille fine ou des feuilles mortes broyées. Le paillage maintient la chaleur et l'humidité du sol, accélère la germination et réduit les arrosages. À la levée, un léger buttage au pied des plants protège le collet et stabilise les jeunes tiges. Les haricots n’apprécient pas les sols trop secs, pensez à arroser régulièrement si la pluie est absente (en évitant toujours de mouiller le feuillage). Si vous en avez la possibilité, installez un goutte-à-goutte qui sera parfait pour ce type de plantation.
Faut-il faire tremper les graines avant de semer ?
C'est l'une des questions les plus fréquentes sur les semis de haricots verts. La réponse est nuancée : le trempage peut aider, mais il n'est pas indispensable. N’oubliez pas de faire tremper vos graines de haricots dans l'eau douce toute une nuit avant le semis afin de hâter et uniformiser la levée des graines.
Faire tremper les graines 12 à 24 heures dans de l'eau tiède ramollit le tégument (l'enveloppe de la graine) et accélère le démarrage de la germination. C'est utile si le sol est un peu frais, ou si vos graines datent de 2-3 ans et ont légèrement perdu en vitalité. En revanche, si les conditions sont optimales (sol chaud, humidité correcte, graines fraîches), le trempage n'apporte pas grand-chose.
Attention : Ne jamais dépasser 24 heures de trempage. Au-delà, la graine manque d'oxygène, commence à fermenter et perd sa capacité à germer. Si vous hésitez, faites un test simple : trempez la moitié de vos graines, semez l'autre moitié directement. Observez la différence de levée. C'est la meilleure façon d'apprendre ce qui fonctionne dans votre sol et votre climat spécifiques.
Rotation des cultures et associations bénéfiques au potager
Ne jamais semer des haricots verts deux années de suite au même endroit. Cette règle de base de la rotation des cultures limite l'accumulation de maladies fongiques dans le sol, notamment l'anthracnose et la sclérotiniose. Il est important de ne pas semer le haricot plusieurs années au même endroit car il est sensible à certaines maladies (graisse du haricot, rouille, anthrachnose…). Idéalement, faites revenir les haricots sur la même parcelle tous les 3 à 4 ans, en faisant suivre par des brassicacées (choux, navets) ou des cucurbitacées (courgettes, concombres). On peut facilement faire pousser des haricots après des légumes racine comme les carottes et cultiver des salades à proximité. Mais évitez de cultiver des haricots à écosser ou à rame au même endroit avant deux à trois ans. Les haricots nains classiques sont moins gourmands, mais une rotation des cultures est toujours conseillée.
Les associations bénéfiques méritent aussi attention. Haricots + carottes : une combinaison classique, chaque plante semblant repousser certains ravageurs de l'autre. Haricots + radis : les radis éloignent les altises qui s'attaquent aux jeunes plants.

Échelonner ses semis de haricots verts et assurer le suivi jusqu’à la récolte
Échelonner les semis toutes les 2 à 3 semaines est la stratégie clé pour disposer de haricots frais tout l'été, plutôt que d'obtenir une récolte massive concentrée sur quelques jours. Pour étaler les récoltes tout au long de la belle saison, il est important de semer des haricots toutes les 3 semaines environ. Choisissez des variétés précoces au début, comme par exemple le haricot Fin de Bagnols, puis de « pleine saison » comme le haricot Contender. Il est possible de semer des séries de haricot nains jusqu'au 15 ou 20 août. Les haricots à écosser et à récolter en grains frais peuvent être semés jusqu'à fin juillet et les haricots à récolter secs, jusqu'à fin juin.
Arrosées régulièrement, vos graines de haricots lèveront en moyenne au bout de 4 à 8 jours si vous les semez à la bonne période. Vous pouvez protéger les semis avec un voile de forçage, si des oiseaux viennent les dévorer régulièrement.
Environ 10 jours après la levée des semis, vous pouvez effectuer un léger binage de surface pour ameublir la terre et améliorer la rétention en eau. Les haricots n’aiment pas la concurrence de l’herbe. Maintenez la culture « propre » par des binages répétés dès qu’ils atteignent le « stade deux feuilles ». 15 jours après, effectuez le premier buttage en ramenant la terre au pied des pousses pour renforcer leur maintien et leur enracinement. Les haricots grimpants doivent être buttés lorsqu’ils font une dizaine de centimètres. Montez la butte jusqu’aux premières feuilles et réitérez l’opération 15 jours plus tard. Les plantes non buttées pousseront tout de même, mais elles s'étaleront plus et seront un peu moins bien enracinées.
La récolte des haricots
La récolte des haricots est possible 60 à 70 jours après le semis pour les haricots en gousses et 120 à 130 jours pour les haricots à écosser. Pratiquez la récolte de préférence le matin à la fraîche ou le soir pour vous préserver de la chaleur et optimiser la qualité des haricots et leur bonne conservation. Passez la main sur les feuilles de chaque pied de haricots et tournez autour pour ne pas en oublier lors de vos cueillettes.
Le temps de maturation des haricots dépend des variétés, mais en moyenne il faut récolter :
- les haricots verts filet environ 50 à 60 jours après le semis, pour les haricots nains,
- les mangetout à peu près 70 jours après le semis, toujours en nain,
- et il faut attendre entre 90 à 110 jours pour les haricots demi-secs nains. Les grains doivent être bien visibles et dodus sous l’enveloppe encore verte.
- et 120 à 130 jours pour les secs nains ou grimpants. Pour ces derniers, le signal de récolte est le jaunissement et le dessèchement des gousses, par contre n’attendez pas si des gelées sont annoncées.
Récoltez les haricots en gousses lorsqu'ils sont encore tendres, avant leur pleine maturité. Seuls les haricots mangetout peuvent être récoltés un peu plus gros, mais c'est « fins » à « extra fins » qu'ils sont les meilleurs, les plus tendres et fondants ! Les gousses sont prêtes lorsqu'elles se cassent facilement et avant que les haricots ne soient visibles à travers la gousse. Commencez à cueillir les gousses lorsqu’elles mesurent 10 cm de long.
Les haricots à écosser se récoltent quand les gousses sont bien renflées et que l'on devine les grains, avant que la cosse ne soit ridée.
💡 Astuce numéro 1 (pour les fainéants) : Lorsque vous cueillez vos haricots, cassez la tige d’un petit coup d’ongle plutôt que de tirer dessus.
💡 Astuce : Les gousses entières des haricots secs seront conservées au sec pour que les grains finissent de sécher tranquillement.

Réussir ses semis de haricots verts en permaculture : aller plus loin que la technique
Après chaque culture, généralement fin août ou début septembre, il est conseillé de couper les plants au niveau du collet, laissant soigneusement les racines dans la terre afin qu’en se décomposant, les nodosités restituent l’azote emmagasiné (ce qui n’est pas tout à fait aussi efficace si l’on arrache les plants, laissant les racines à l’air libre sur le sol). Sachez que les haricots peuvent enrichir le sol en azote si on les broie en fin de saison après la dernière récolte et qu'on les étale à la surface du sol ou légèrement incorporés à la terre.
Si vous voulez décorer rapidement et à peu de frais un grillage ou une clôture disgracieuse, plantez quelques graines de haricots d’Espagne : il pousse à vitesse grand V, formant de longues lianes de plus de 3m, de très belles fleurs rouges, et même des gousses comestibles (environ 100 jours après le semis).
Attention ! Cette information est trop peu connue, mais le haricot cru ou mal cuit peut présenter une certaine toxicité. Il a souvent été dit que cela concernait uniquement les haricots nains, ou les haricots rouges, mais sans avoir la moindre confirmation de ces restrictions.
Gestion des ravageurs et maladies
Protégez les plantes contre les oiseaux en les recouvrant d’un filet ou d’une toison. Les haricots sont sensibles aux maladies cryptogamiques, c’est pour cela qu’il faut toujours les arroser au pied et les installer en plein soleil. Des solutions à base de soufre ou de cuivre pourront être appliquées mais préférez les purins ou infusions de plantes.
Remède contre les pucerons : Les pucerons ont de nombreux ennemis naturels qui peuvent contribuer à réguler leur population. Encourager la présence de coccinelles, de chrysopes, de syrphes et de guêpes parasitoïdes peut être une méthode efficace pour contrôler les pucerons. Des préparations naturelles à base de plantes peuvent être efficaces pour repousser ou affaiblir les pucerons. Le purin d’ortie, par exemple, en plus d’être un excellent fertilisant, peut décourager les pucerons lorsqu’il est pulvérisé sur les feuilles. Si l’infestation n’est pas trop étendue, enlever les pucerons à la main ou les écraser délicatement entre vos doigts peut être une solution directe et immédiate. L’utilisation de voiles de protection ou de filets anti-insectes peut empêcher les pucerons d’atteindre les haricots. Des plantes saines sont moins susceptibles d’être gravement affectées par les pucerons. Assurez-vous que vos haricots reçoivent suffisamment de lumière, d’eau et de nutriments. Pour éviter la bruche du haricot qui dévore les grains, placez les au congélateur avant de les stocker.
