Remplacer un rosier malade : guide complet pour un jardin florissant

Les rosiers, ces stars incontestées de nos jardins, sont malheureusement réputés pour leur vulnérabilité aux maladies et aux ravageurs. Ne les utilise-t-on pas d'ailleurs comme plantes indicatrices au bout des rangées de vignes pour savoir s’il faut traiter ou non la parcelle entière ? Face à un rosier mal en point, la question de le soigner ou de le remplacer se pose. Cet article vous guidera à travers les différentes étapes pour identifier un rosier malade, tenter de le sauver, et si nécessaire, le remplacer en respectant des précautions essentielles pour garantir la pérennité de vos massifs.

Rosier malade et rosier sain côte à côte

I. Identifier et comprendre les maux de vos rosiers

La première étape pour un rosier en bonne santé est de savoir reconnaître les signes de détresse. Plusieurs maladies et ravageurs peuvent affecter ces plantes délicates, chacun avec ses symptômes et ses causes spécifiques.

A. Les maladies fongiques courantes

Les champignons sont souvent les principaux coupables des maladies qui affaiblissent les rosiers.

1. Les taches noires (Marsonia)

Le marsonia est une maladie dont la particularité est de réapparaître les autres années.

  • Symptômes : Vous observez des taches noires sur les feuilles, surtout autour de la nervure centrale des folioles, mais elles peuvent aussi recouvrir tout le limbe. Souvent un point plus clair se distingue au centre. Ce sont généralement les feuilles du bas de la plante qui sont touchées les premières, mais la maladie peut rapidement s’étaler sur l’ensemble de la plante, avec des feuilles qui finissent par jaunir, sécher puis tomber. Un rosier peut ainsi perdre toutes ses feuilles.
  • Cause : Elle est due à un champignon qui prolifère au printemps si la météo est douce et humide de manière prolongée. Lorsqu’il fait très chaud, les feuilles deviennent jaunes et tâchées de noir, cela signifie qu’elles sont atteintes de ce champignon.
  • Solutions : Seuls les moyens et les traitements préventifs sont efficaces. À défaut de ne planter que des variétés réputées peu ou pas sensibles, il faut couvrir la terre dès février et toujours avant le grossissement des bourgeons, avec du terreau pour retenir les germes du champignon au sol. Un traitement tous les quinze jours de mars à mai avec un produit « Maladie des rosiers » suffit en général à éviter les attaques sérieuses. Il faut de plus toujours ramasser les feuilles qui tombent au sol. En début d’automne, couper assez court toutes les tiges atteintes afin d’enlever toutes les parties portant des symptômes quelle que soit la nature du rosier remontant ou pas. N’oubliez pas de ramasser tous les débris malades autour et incorporez un peu de sang séché au pied.

2. L'oïdium (ou pourriture blanche ou maladie du blanc)

  • Symptômes : On observe alors un feutrage farineux blanchâtre sur les boutons floraux, les jeunes pousses et les feuilles. Les jeunes feuilles tendres peuvent même se trouer voire se déformer. Si la vie du rosier n’est pas menacée, la floraison peut être largement amoindrie.
  • Cause : Elle est due à un champignon qui se développe souvent en milieu mal aéré (plantes trop serrées par exemple), en air humide et par une certaine fraîcheur autour de 15 °C. Très fréquemment lors des fortes chaleurs, durant le printemps et vers l’automne ou lorsque les nuits sont fraîches, cette maladie apparaît.
  • Solutions : La première des parades est de choisir des variétés de rosiers très peu sensibles à cette maladie, comme par exemple tous ceux ayant notamment obtenu le prestigieux label ADR (« Emera », « Garden of Roses », « Line Renaud », etc.). Pour des rosiers déjà en place, il faut d’abord bien les nourrir et pailler la terre pour éviter qu’elle sèche, puis éventuellement leur appliquer des traitements au soufre au moment du grossissement des bourgeons au printemps. Vers le printemps, afin d’éviter l’apparition de l’oïdium, si vous savez que l’année précédente vos rosiers en ont été victimes, appliquez la poudre du soufre micronisé sur les feuilles (en général, 20 g pour 10 m²). En saison et en cas d’attaque, il existe des produits systémiques efficaces (qui sont véhiculés dans toute la plante par la sève), comme « Maladies des rosiers ».

3. La rouille

  • Symptômes : Les rosiers ne sont pas en fer, pourtant ils sont souvent sensibles à une maladie dont les symptômes sont de nombreux points sur le dessus des feuilles, des points de couleur orangée, un peu comme celle de la rouille des métaux. La face inférieure se couvre alors de pustules, et les feuilles meurent avant de tomber.
  • Cause : Cette maladie est rarement grave pour les rosiers, mais la chute des feuilles les affaiblit et rend la plante nettement moins attrayante. Elle est elle aussi due à un champignon qui se développe par temps chaud et humide. La rouille du rosier apparaît dès le début du printemps et jusqu’à l’automne.
  • Solutions : Les germes de ce champignon se conservent en hiver sur les feuilles de l’année précédente tombées au sol. La première des précautions pour mettre à l’abri les rosiers sensibles, c’est de collecter toutes ces feuilles et de les éliminer au fur et à mesure. En saison, pour éviter la germination des spores de la rouille, il faut éviter de mouiller le feuillage, et donc arroser de préférence au pied des rosiers. Une bonne circulation d’air autour et au sein de la plante contribue aussi à faire sécher rapidement les feuilles après la pluie. La taille du rosier est alors indispensable pour prévenir cette maladie. En saison et dès l’apparition des premiers symptômes, il est possible de stopper l’attaque avec un produit systémique, comme « Maladies des rosiers ».

4. La pourriture grise (Botrytis)

  • Symptômes : Ces champignons touchent les boutons de roses. Ils pourrissent et deviennent complètement marron à noir.
  • Cause : Ce sont des champignons.
  • Solutions : Lors de la taille, retirez au maximum les feuilles malades sur le rosier et au sol.

5. Le chancre du rosier

  • Symptômes : Ces champignons provoquent une moisissure des branches des rosiers.
  • Cause : Ce sont des champignons.
  • Solutions : Taillez les bois morts, les branches atteintes par exemple de chancre ou de pourritures grises.

6. Le verticillium

  • Symptômes : Ces champignons touchent principalement les rosiers déjà fragilisés par une autre maladie et rendent les bouts des feuilles jaunes, puis marrons avant de noircir et tomber.
  • Cause : Ce sont des champignons qui s'attaquent aux rosiers affaiblis.
  • Solutions : Il est crucial de renforcer la vigueur du rosier pour le rendre moins susceptible à cette infection secondaire.

Comparaison des feuilles de rosier atteintes par différentes maladies fongiques

B. Les ravageurs et leurs dégâts

Outre les champignons, divers insectes peuvent également causer des dommages considérables à vos rosiers.

1. Les pucerons

  • Symptômes : Les pucerons verts (ou noirs ou encore roses) sont de petits insectes qui viennent se nourrir de la sève principalement au printemps. Lorsqu’ils attaquent, les jeunes pousses et bourgeons des rosiers buissons par exemple sont touchés.
  • Cause : Ils sont souvent amenés par les fourmis qui les traient pour récolter le miellat sécrété par les pucerons. Les pucerons affectionnent particulièrement les rosiers, car la base des feuilles et des bourgeons sont tendres.
  • Solutions : Le traitement contre les pucerons est simple : il faut les retirer manuellement ! Si la maladie n’est pas très étendue, l’utilisation de coccinelles ou tout simplement en les écrasant avec ses doigts permet de retirer les pucerons de façon naturelle. Vous pourrez opter également pour disposer dans votre jardin des plantes qui attirent les pucerons à distance de vos rosiers, comme les capucines ou le seringat. La lavande, à l’inverse, est un répulsif pour les pucerons dont ils n’apprécient pas l’odeur. Vous pouvez aussi utiliser le tuyau d’arrosage pour chasser à coup de jet d’eau les pucerons sur les rosiers encore en bourgeons. Si le rosier est en fleurs, cette méthode est impossible. L'eau savonneuse est également une méthode simple et naturelle pour les déloger.

2. Les araignées rouges (acariens)

  • Symptômes : Favorisées par la chaleur et l’humidité, elles viennent s’installer et forment parfois des toiles comme un voile blanc.
  • Cause : Ce sont des acariens qui prolifèrent en conditions chaudes et humides.
  • Solutions : Un arrosage régulier du feuillage peut les déloger, car elles n'apprécient pas l'humidité. L'utilisation de prédateurs naturels, comme certains acariens prédateurs, peut également être envisagée.

3. Les otiorhynques

  • Symptômes : Ces insectes du type coléoptères s’attaquent aux feuilles en les grignotant en perforations rondes.
  • Cause : Ce sont des petits coléoptères nocturnes.
  • Solutions : Ces petites bêtes nocturnes retournent vers la terre au petit matin pour se camoufler du jour. Notre astuce est de disposer du papier journal au pied du rosier touché. Les otiorhynques sont ainsi capturés, vous n’avez plus qu’à brûler le journal. Reproduisez l’expérience jusqu’à leur disparition ! Avoir des poules au jardin peut également être une solution, car elles se régalent de ces envahisseurs.

4. La tenthrède des feuilles

  • Symptômes : Ces fausses chenilles vertes aux points noirs grignotent les feuilles en laissant la dernière couche de tissus formant ainsi des cercles transparents.
  • Cause : Ce sont les larves d'une tenthrède.
  • Solutions : Pas de panique, après une première attaque ces larves ne reviennent pas pendant la saison. Un simple retrait manuel des feuilles atteintes peut suffire.

5. La larve baveuse (crachat de coucou)

  • Symptômes : L’insecte forme une sorte de mousse autour des tiges et feuilles comme isolant thermique pour ses larves.
  • Cause : C'est la larve d'un insecte appelé cicadelle écumeuse.
  • Solutions : Cela ne fait pas de gros dégâts sauf si l’attaque est forte. Un jet d'eau peut aider à éliminer la mousse et les larves.

6. La galle en couronne

  • Symptômes : Elle est provoquée par les larves d’un cynips, un petit hyménoptère. Cela se manifeste par des excroissances anormales sur les tiges.
  • Cause : Les larves d'un cynips, un petit hyménoptère.
  • Solutions : Coupez les tiges atteintes et éliminez-les pour éviter la propagation.

Agrumes: Savoir identifier, prévenir et lutter contre les ravageurs

C. Autres problèmes et carences

Parfois, les problèmes du rosier ne sont pas dus à des maladies ou des insectes, mais à des carences ou des conditions environnementales défavorables.

  • Maladie virale : À ne pas confondre avec une carence, les feuilles atteintes de maladie virale présentent des nervures s’éclaircissant. Malheureusement, il n'existe pas de traitement direct contre les maladies virales. Il est souvent conseillé d'éliminer les plantes infectées pour éviter la propagation.
  • Chlorose : Chaque feuille du rosier se décolore pour finir par devenir de couleur jaune ou blanche. Le rosier n’arrive sûrement plus à puiser le fer contenu dans le sol qui doit être trop lourd ou trop calcaire. Dans l’eau d’arrosage, il faudra prendre soin d’y mélanger de l’anti-chlorose.
  • Taches grises à noires en stries : En cas de repérage de ces symptômes, pas de panique ! Rien de grave, votre rosier a sûrement subi un moment de stress lié à un chaud-froid ou un petit stress hydrique. Nourrissez vos rosiers en conséquence.
  • Avortement des boutons : En début de saison, des boutons peuvent avorter. C’est souvent lié à un coup de gel tardif. Protégez vos rosiers des gelées tardives avec un voile d'hivernage si nécessaire.

II. Stratégies de prévention et de traitement

Mieux vaut prévenir que guérir ! Une bonne gestion du jardin et des pratiques culturales adaptées sont la clé pour maintenir vos rosiers en pleine forme.

A. Prévention et bonnes pratiques culturales

Une attention particulière portée à l'environnement de vos rosiers peut considérablement réduire les risques de maladies.

1. Choisir des rosiers résistants

Faites votre choix parmi des variétés de rosiers résistants et vigoureux, qui, même atteints, repartiront facilement sans grands efforts de jardinage. Nous proposons par exemple Guillot N°1®, Laurent Cabrol®, Chantal Mérieux®, Martine Guillot®, Prix PJ Redouté® et plein d’autres encore à retrouver en boutique en ligne ! Préférez des rosiers greffés plutôt que des rosiers bouturés. Les rosiers greffés profitent de leur porte-greffe pour une plus grande vigueur. Ils sont alors généralement plus résistants aux maladies.

2. Assurer une bonne aération des massifs

Organisez vos massifs de façon à ne pas trop serrer vos rosiers. N’hésitez pas à supprimer les rameaux dirigés vers l’intérieur pour aérer vos buissons et arbustes. Une bonne circulation d’air autour et au sein de la plante contribue aussi à faire sécher rapidement les feuilles après la pluie, ce qui limite le développement de certains champignons.

3. Une taille et un nettoyage rigoureux

Pendant toute la saison, mais particulièrement à l’automne, faites une bonne taille des bois morts, des branches atteintes par exemple de chancre ou de pourritures grises. Retirez au maximum les feuilles malades sur le rosier et au sol. Ne faites pas ces nettoyages par temps de pluie où l’humidité privilégie l’entrée des maladies sur les coupes fraîches. Faites également des coupes en biseaux pour que l’eau ne stagne pas, avec des outils propres (ou même désinfectés). Pour les novices, attention de ne pas tomber non plus dans la ‘pulvérisatomanie‘ ! Pour les experts, prenez bien l’habitude lorsque vous taillez vos rosiers, ou bien lorsque vous coupez les fleurs fanées, ou bien encore si vous prélevez des rameaux fleuris pour confectionner un bouquet, de toujours passer les lames de votre sécateur à l’alcool avant de passer d’un rosier à un autre !

4. Un sol propre et bien nourri

Ne laissez pas les feuilles malades sur le sol et ne les mettez pas dans votre compost. Les champignons s’y multiplient et restent au chaud l’hiver avant de s’attaquer aux jeunes pousses et feuilles de vos rosiers. Veillez également à bien désherber pour ne pas faire concurrence et ne pas faire nid à champignons ou autres ravageurs. Dans ce sens pensez à bien gratter la terre sans abîmer les racines du rosier pour garder une aération. Un paillage peut également maintenir un bon équilibre pour la plante.

  • Nourrir vos rosiers : Les rosiers sont gourmands. Au début de la saison, lorsque les premières feuilles commencent à pointer le bout de leur nez, donnez une poignée « d’engrais rapide » à vos rosiers (se trouve facilement en jardinerie) pour les aider dans leur développement. Ils n’en seront que plus forts pour se défendre contre les champignons. Pour un bon équilibre ayez la main légère. De même à l’automne, vous pouvez donner de l’engrais à diffusion lente comme du fumier de cheval bien mûr ou de la corne séchée pour ne pas griller les racines. Pendant l’hiver, ils vont développer leurs racines pour être plus forts à l’arrivée des beaux jours.

5. Un arrosage maîtrisé

Les rosiers ont besoin de beaucoup d’eau mais avec espacement entre les arrosages. Il faut compter 10L d’eau pour un rosier une fois par semaine. Cet arrosage doit se faire bien au pied du rosier sans mouiller les feuilles de préférence tôt le matin ou dans la soirée. Les systèmes par aspersion sont à éviter car mouiller les feuilles favorise le développement de certains champignons comme l’oïdium. De plus, en cas de chaleur et de soleil, les feuilles peuvent griller avec l’effet loupe des gouttes d’eau.

Schéma d'arrosage correct d'un rosier

6. Plantes en association

Pour repousser les maladies, vous pouvez intégrer des plantes à vos massifs comme l’ail ou la ciboulette. Pour éloigner les insectes et notamment les pucerons vous pouvez installer des plantes odorantes comme le basilic, le thym, les œillets d’Inde, la menthe, la tanaisie, la lavande ou encore la tagète. Non seulement ces plantes ont un effet répulsif mais cela embellira aussi vos massifs. Vous pouvez aussi mettre des capucines pour attirer chenilles et pucerons loin de vos rosiers.

B. Favoriser les auxiliaires du jardin

La nature offre ses propres solutions pour lutter contre les ravageurs.

  • La présence d’insectes auxiliaires : Pour favoriser un bon équilibre au jardin et ne pas subir les ravageurs, vous pouvez stimuler la présence d’insectes comme les syrphes ou les larves de coccinelles qui se nourrissent de pucerons. Ces insectes auxiliaires se trouvent souvent naturellement dans les jardins mais vous pouvez aussi en trouver en jardinerie. Pour favoriser l’installation de ces petites bêtes vous pouvez fabriquer (ou trouver en jardinerie) des maisons à insectes. Le rosier est mellifère et favorise ainsi la présence du syrphe.

  • La présence d’oiseaux : Les oiseaux sont essentiels à votre jardin. En se nourrissant des insectes ravageurs et d’autres parasites tels que les chenilles, ils limitent les maladies de vos plantes et de vos rosiers. Enfin, pas d’inquiétude si votre nichoir n’est pas occupé par une nichée ; il faut parfois plusieurs années avant d’avoir le plaisir d’observer discrètement ses occupants. Derniers conseils, installez-le en hauteur à l’abri des pluies, du passage, du bruit… et du chat ! Favorisez la nidification des oiseaux, et vous augmenterez vos chances de profiter d’un beau jardin !

Exemple d'hôtel à insectes dans un jardin

C. Traitements naturels et remèdes de grand-mère

Pour les plus créatifs, vous pouvez aussi faire des décoctions maisons.

  • Décoctions : Des décoctions de prêle ou d’ail peuvent être utilisées.
  • Bouillie bordelaise : Vous pouvez aussi réaliser vous-même un traitement à la bouillie bordelaise.
  • Eau et lait : Contre l’oïdium, vous pouvez réaliser un mélange d’eau et de lait.
  • Purins : Des traitements naturels comme le purin d’ortie, ou le purin de rhubarbe peuvent être utilisés.

D. Agir manuellement et précocement

Dès les premières apparitions vous pouvez réaliser de petites actions à la main très efficaces.

  • Retrait manuel : Retirer les feuilles grignotées, écraser les insectes ou les asperger, sans les laisser au sol, avec un jet d’eau.
  • Désherbage et grattage : Désherber et gratter le sol sans abîmer les racines pour les déloger. Pour éviter leur propagation, vous pouvez utiliser de l’eau tiède et encore mieux de l’eau savonneuse. Glissante, l’eau va les empêcher de s’installer sur le rosier.

III. Quand remplacer un rosier malade ?

Malgré tous vos efforts, il peut arriver qu'un rosier soit irrécupérable. Savoir quand jeter l'éponge et procéder à un remplacement est crucial pour la santé de votre jardin.

A. Reconnaître un rosier mort

Avant de décider de remplacer un rosier, assurez-vous qu'il est réellement mort.

  • Test de l'écorce : Observez votre rosier pour voir si des bourgeons semblent apparaître. Puis, raclez l’écorce d’un morceau pour voir l’intérieur : si le bois en dessous est vert, vous avez encore la possibilité de sauver votre rosier. Si le bois est marron et sec, c'est que l'arbre est mort.
  • Absence de signes de vie : Si aucune nouvelle pousse n'apparaît après une période de dormance prolongée et que toutes les tiges sont sèches et cassantes, il est probable que le rosier soit mort.

B. Procéder au remplacement

La transplantation d'un rosier demande de respecter des étapes précises pour garantir la reprise de la plante.

1. Choisir la bonne période

La meilleure période pour déplacer un rosier se situe entre octobre et mars, lorsque la plante entre en dormance. Durant cette phase de repos végétatif, le rosier a perdu ses feuilles et la sève ne circule plus activement. Il est préférable d’éviter les périodes de gel intense ainsi que les sols détrempés. Le sol doit être humide mais pas gorgé d’eau pour faciliter l’extraction de la motte. La transplantation estivale d’un rosier est fortement déconseillée.

2. Préparer le rosier et le nouvel emplacement

Avant d’extraire un rosier de son emplacement, il faut tailler les branches pour réduire la surface foliaire. Cette taille préalable limite l’évaporation et permet aux racines de mieux alimenter la partie aérienne réduite. La préparation du nouvel emplacement doit se faire en parallèle. Le trou de plantation doit mesurer deux fois la largeur et la profondeur de la motte attendue.

3. L'extraction du rosier

L’extraction d’un rosier nécessite de creuser un cercle large autour de la souche pour préserver un maximum de racines. Il est recommandé d’utiliser une fourche-bêche plutôt qu’une bêche classique pour limiter les blessures aux racines. Une fois la motte extraite, les racines doivent être protégées du dessèchement par un pralin. Ce mélange composé d’un tiers d’eau, d’un tiers de terre argileuse et d’un tiers de bouse de vache forme une boue protectrice.

4. La replantation

La replantation du rosier doit se faire immédiatement après l’extraction pour éviter le dessèchement des racines. Il convient de positionner le rosier de manière à ce que le point de greffe soit au niveau du sol. Les racines ne doivent pas être pliées ou tassées dans le trou. Un rosier grimpant demande des précautions supplémentaires lors de la transplantation. Il faut détacher les branches de leur support et les rabattre pour faciliter la manipulation.

5. Précautions particulières pour les rosiers anciens

Les rosiers anciens de plus de dix ans présentent des difficultés particulières. Leur système racinaire étendu rend l’extraction délicate et la reprise incertaine.

6. Soins post-transplantation

Les semaines suivant la transplantation d’un rosier sont déterminantes pour sa reprise. Un arrosage régulier maintient la fraîcheur du sol sans créer d’excès d’humidité. Au printemps suivant, il faut tailler les parties desséchées et apporter un engrais spécialisé pour rosiers. Un rosier transplanté montre généralement des signes de reprise au printemps suivant. Un arrosage modéré reste nécessaire en hiver si les précipitations sont insuffisantes.

C. Erreurs à éviter lors de la transplantation

Plusieurs erreurs peuvent compromettre la réussite d’une transplantation de rosier.

  • Ne jamais replanter un rosier à l’emplacement d’un ancien rosier sans changer complètement la terre sur au moins 50 cm de profondeur. Les maladies et les ravageurs spécifiques aux rosiers peuvent persister dans le sol et réinfecter la nouvelle plante.
  • Éviter l'exposition prolongée des racines au soleil ou au vent. Cela provoque un dessèchement fatal. Protégez-les avec un pralin ou un linge humide.
  • Ne pas négliger la taille préalable. La réduction de la surface foliaire est essentielle pour limiter l'évaporation et favoriser l'enracinement.

Agrumes: Savoir identifier, prévenir et lutter contre les ravageurs

IV. Revitaliser un rosier affaibli

Avant de penser à un remplacement, il est souvent possible de redonner de la vigueur à un rosier affaibli.

A. Désherbage et paillage

Lorsque votre rosier n’a pas fière allure, la première chose à faire est de le débarrasser de toutes les mauvaises herbes qui ont investi l’espace autour de lui. Et pour cause, elles peuvent considérablement l’affaiblir en puisant toutes les ressources dont il a besoin, voire l’étouffer. Pour procéder à cette opération, pensez à vous équiper d’une bonne paire de gants pour éviter de vous blesser et arracher les herbes en veillant à bien extraire leurs racines. Si vous procédez lorsque la terre est bien sèche, vous couperez seulement les mauvaises herbes et leurs racines resteront en place. Vous pouvez également vous équiper d’un désherbeur, d’un couteau extirpateur ou d’une binette.

Une fois que vous avez bien nettoyé le sol tout autour de votre rosier, si vous le laissez tel quel, les mauvaises herbes auront vite fait de revenir, car il faut bien savoir que la nature a horreur du vide. C’est la raison pour laquelle vous devez pailler le sol sur une large surface autour de votre rosier. Pour une plus grande efficacité, pensez à mettre une couche de paillage suffisamment épaisse. Vous pouvez avoir recours à des paillis organiques, comme des copeaux de bois, des feuilles mortes, de la paille ou la tonte de votre gazon. Si vous optez pour cette dernière, vous devez être conscient qu’en se décomposant, elle va libérer de l’azote, or trop d’azote peut être néfaste. Au fil du temps, vous devez donc veiller à alterner les types de paillage pour éviter un excès d’azote.

B. Élimination des feuilles et tiges malades

Si vous constatez que certaines feuilles de votre arbuste sont malades, retirez-les. En effet, si celles-ci sont tachées ou décolorées, ce peut être le signe d’une maladie. L’étape suivante consistera à tailler votre rosier, mais attention, vous devez alors patienter jusqu’à ce que les dernières gelées soient passées. Pour aider votre rosier à repartir, il est nécessaire de le tailler correctement. Équipez-vous d’un sécateur parfaitement affûté et préalablement désinfecté. Si vous procédez à la taille de plusieurs arbustes, désinfectez bien votre sécateur entre chacun d’entre eux. Il convient de toujours tailler au-dessus d’un bourgeon. Si vous remarquez que certaines tiges sont malades, vous devez les couper au niveau du pied de l’arbuste. Pour se développer correctement, votre rosier a également besoin de lumière. Il peut donc être utile d’éclaircir le centre de l’arbuste.

Illustration d'une taille de rosier correcte

C. Apport de nutriments

Pour redonner du tonus à votre rosier et lui offrir tout ce dont il a besoin pour reprendre des forces, il est important de nourrir le sol. Vous pouvez aussi mettre du compost ou du fumier bien décomposé au pied du rosier. L’idéal est de le faire en automne sur une épaisseur de 10 cm, car cela protégera votre rosier du gel. Vous pouvez en trouver aisément dans le commerce.

Les maladies évoquées précédemment sont assez récurrentes et de nombreux jardiniers doivent y faire face saison après saison. Avec tous ces conseils, vos rosiers seront bien portants toute l’année. Et pas de panique : toutes ces maladies ne vous attaqueront pas d’un coup ! Bien souvent, nos rosiers savent se défendre seuls. Choisissez des rosiers résistants et vigoureux de la Maison Guillot® et prenez plaisir en savourant votre beau jardin ! Un dernier conseil : parlez à vos rosiers et regardez les avec l’œil expert que vous avez maintenant !

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