Le mûrier, ou ronce fruitière, est un arbuste grimpant mesurant entre 1,5 et 3 m. Ce petit fruitier est doté de feuilles caduques ou semi-persistantes selon les variétés et de petites fleurs blanches qui poussent de mai à août. Si, au jardin, il y a un arbuste agréable à cultiver mais surtout « à déguster », c’est bien le mûrier. La ronce à fruits est un arbuste qui produit facilement des drageons, c’est sa façon de s’étendre, il marcotte également très facilement. Vous connaissez bien le mûrier sauvage qui pousse spontanément dans les campagnes, le long des chemins dont les fruits sont souvent excellents.
Certains mûriers battent tous les records comme la variété ‘Triple Crown’ qui donne les plus gros fruits ! Ils se récoltent entre juin et octobre selon les variétés. Certaines sont même remontantes et offrent une deuxième fructification après la saison, comme le mûrier Reuben. Le mûrier fait partie des ronces à fruits (famille des rosacées). Arbuste rustique et très vigoureux, il est particulièrement apprécié pour ses grandes mûres noires juteuses et généreusement parfumées.

L'importance du palissage pour une culture optimisée
Le port grimpant du mûrier peut également être exploité contre un mur, un palissage ou même une pergola. Les variétés cultivées sont pour la plupart dépourvues d’épines, ce qui facilite la cueillette ! Le mûrier apprécie un sol normal à frais et tolère même une terre argileuse. Aussi, bien que le mûrier se montre très facile de culture, il est vivement conseillé de le palisser dès sa plantation. Le mûrier est un arbuste buissonnant et très vigoureux qui prend rapidement beaucoup de place dans un jardin. Par ailleurs, le mûrier forme en grandissement de très longs rameaux qui peuvent atteindre jusqu’à plusieurs mètres de hauteur.
Palisser la mûre consiste à attacher ses rameaux sur un support au fur et à mesure de leur développement afin de faire pousser cette ronce grimpante en hauteur. Le plus souvent, le mûrier est utilisé le long d’un mur. Bien que rustiques, toutes les variétés de mûres ne disposent pas de la même résistance au froid et une telle implantation a l’avantage de protéger le fruitier du vent. Par ailleurs, les ronces à fruits sont capables d’habiller le mur contre lequel elles sont plantées. Il est même possible de conduire le mûrier le long d’un support de pergola ou d’un arceau de passage.
Pour les cultiver d’une manière plus optimisée dans une partie réservée au potager, plantez 2 poteaux fermement et tendez plusieurs fils de fer entre les deux. Il est donc très important de conduire les rameaux sur des tuteurs, de manière à identifier facilement les rameaux à couper. Sans cela, le mûrier très volubile mélangera les rameaux entre-eux.
Comment planter et palisser un plant de vigne au jardin ?
Méthodes de conduite et techniques de taille
Le mûrier produit ses fruits sur le bois de l’année précédente et pendant une année, passé ce temps, ces branches ne produiront plus. Il est tout à fait possible de palisser votre arbuste juste après sa plantation. Choisissez une première branche, à la base de l’arbuste, proche d’un fil de fer et nouez-la horizontalement. Sélectionnez un beau rameau et rabattez le vers le sol sans le casser.
Fixez un fil de fer à l’un des poteaux. Conduisez les jeunes rameaux sur les fils-tuteurs, forcez-les tous du même côté, répétez l’opération tout au long de l’année, car le mûrier peut avoir une croissance importante. Dès la fin de la récolte, coupez au ras du sol toutes les cannes qui viennent de fructifier. Elles ne produiront plus l'année suivante et risquent d’épuiser la plante inutilement. La première année ne nécessite pas de taille particulière. Profitez-en pour mettre en place le palissage : installez vos piquets et vos fils avant que les cannes ne se développent trop. Guidez les premières pousses dès qu'elles atteignent 50 à 60 cm, en les attachant délicatement avec des attaches souples.

Plantation et soins au quotidien
La meilleure période pour planter un mûrier, c’est l’automne. Si vous plantez plusieurs arbustes au même endroit, vous le planterez en tranchées plutôt profondes, dans lesquelles vous incorporerez une bonne fumure. Le mûrier prospère dans un sol riche et profond. Il est autofertile, ce qui signifie qu'il ne dépend pas d'autres arbres pour la pollinisation.
Un paillage de 5 à 10 cm appliqué au pied des mûriers limite le développement des adventices, conserve l'humidité du sol et maintient une température racinaire favorable. Le mûrier est tolérant à la sécheresse une fois bien établi. En revanche, un arrosage régulier pendant les deux premières années favorise l'enracinement. Un apport de compost ou d'engrais organique au pied des plants chaque printemps suffit à maintenir une bonne vigueur.
Gestion des ravageurs et maladies
La culture des mûres nécessite une vigilance particulière face à certains désagréments biologiques. Les pucerons s’installent au-dessous des feuilles, les feuilles se déforment, changent de couleur. Qui dit pucerons… dit fourmis ! Le purin d’orties et le purin de consoude sont des préparations naturelles totalement biologiques, obtenues par macération de feuilles dans l’eau (1 kilo pour 10 litres). Les purins sont utilisés dilués.
Le Byturus tomentosus est le nom scientifique du ver de la mûre. Ce sont les larves de ce coléoptère qui attaquent le mûrier et les ronces en général. Pour accéder au pollen, les coléoptères adultes rongent les boutons floraux. Pour les traiter, le purin de tanaisie est idéal. La tanaisie est une plante qui possède des propriétés naturellement insecticides. En produisant un purin, et en le pulvérisant en préventif et/ou en traitement, on peut facilement éloigner l’insecte de l’arbuste fruitier.
La pourriture grise, ou botrytis, est une maladie cryptogamique qui attaque les boutons floraux ou les fruits. Un duvet blanchâtre peut apparaître, il est responsable de l’étouffement des boutons qui tombent. Les traitements à base de soufre sont efficaces. Enfin, l'oïdium, maladie qui apparaît surtout en été et en automne, se manifeste par un duvet blanc sur les extrémités des rameaux et les feuilles. Les traitements cupriques (à base de cuivre) sont efficaces contre les champignons.

Sélection variétale pour le jardinier
Plusieurs variétés se distinguent par leur vigueur et la qualité de leurs fruits :
- Triple Crown : Variété américaine très productive, c’est sans conteste la reine des mûriers de jardin. Ses fruits sont exceptionnellement grands, noirs et brillants à maturité, avec une chair ferme et très sucrée. Les cannes sont peu épineuses, ce qui facilite grandement la taille et la récolte. Vigueur élevée, rustique jusqu'à -15°C.
- Jumbo : Variété sans épine, assez vigoureuse et productive. Les fruits sont gros et très noirs, parmi les plus grosses mûres du marché. Généralement la récolte des mûres est progressive, mais chez Jumbo il vaut mieux attendre que la majorité des fruits du plant atteignent leur maturité pour faire une grosse récolte.
- Navajo : C’est une variété sans épines. Elle produit des rameaux puissants, qui ne nécessite pas la conduite par tuteur. Les fruits sont de taille moyenne mais très savoureux.
- Smouthern : Mûrier à fruits noirs, sans épine. Cette variété bénéficie d’une très belle production.
- Tayberry : Un hybride mûre-framboise d'origine écossaise, obtenu en 1979. Ses fruits allongés, d'un rouge-violet profond à maturité, ont une saveur plus douce et moins acide que la mûre classique, avec un arôme proche de la framboise. Très productif et vigoureux, il se palisse facilement sur un fil ou une clôture.
Conservation et valorisation de la récolte
Les mûres possèdent, comme les framboises, des « anthocyanines », des flavonoïdes qui produisent les pigments rouges et noirs des fruits. Le meilleur moyen de conserver votre récolte de mûres non-transformées, c’est la congélation. Le fruit est généralement bien conservé, attention que le sachet ne soit pas trop chahuté au congélateur sous peine de retrouver une partie des fruits abîmés. Vous pouvez également réaliser des confitures, des gelées, ou des jus et coulis. Vous pouvez d’ailleurs congeler les coulis, c’est un bon moyen de conserver le produit sans lui ajouter de sucre. La récolte des mûres se fait généralement à la fin octobre, avant les premières gelées.