Avec l’azote (N) et le phosphore (P), le potassium constitue un élément nutritif majeur pour la santé des plantes. Cette substance minérale essentielle agit comme un véritable régulateur du métabolisme végétal. Le potassium est le troisième plus important élément nutritif des plantes et des cultures après l’azote et le phosphore. La potasse est le nom commun de divers sels extraits et fabriqués qui contiennent du potassium. Aujourd’hui, plus de 30 millions de tonnes de produits potassiques sont obtenues dans le monde chaque année, la plupart (environ 90%) étant issues du chlorure de potassium (KCl).

Le rôle du potassium dans la croissance des plantes
Le potassium est un élément indispensable du trio NPK puisqu’il est impliqué dans la formation des fleurs et des fruits en stimulant la production d’énergie et le transport des sucres. Il joue un rôle crucial dans la circulation de l’eau et la résistance au stress hydrique. En tant que tel, il favorise le développement de racines saines et robustes, renforçant ainsi la capacité des plantes à absorber l'eau et les nutriments du sol.
Le potassium est essentiel à la photosynthèse, processus fondamental pour la production d’énergie et de nutriments dans les plantes. Il permet également le renforcement des tissus végétaux contre les maladies, les ravageurs et les conditions climatiques difficiles, tout en améliorant l’intensité des couleurs et la qualité du feuillage chez les plantes ornementales. Le potassium permet ainsi d’améliorer la longévité et la productivité des plantes en maintenant une croissance équilibrée et soutenue sur le long terme. Une carence en potassium affaiblit la plante, limite ou empêche la floraison et amène un ramollissement des fruits.
Périodes stratégiques d’application
Toutes les périodes de fragilisation de la plante nécessitent un apport en potassium, comme en phase de croissance, de floraison et de fructification (au printemps ou à l’automne selon les cultures). Un apport en potassium est également recommandé en période de chaleur et de sécheresse, afin d’aider la plante à mieux gérer la transpiration ou en période de stress (froid, maladies ou attaques de parasites). Apporter du potassium en fin de saison permet aussi de fortifier les plantes vivaces, les arbres et les arbustes avant l’hiver. Pour optimiser les effets des engrais potassiques, il est recommandé d'éviter les applications pendant les périodes de gel ou de sécheresse, où l'absorption des nutriments par les plantes est limitée.
Les engrais organiques et naturels
Parmi les engrais naturels riches en potassium, citons les cendres de bois tamisées, un engrais économique mais alcalinisant qui peut déplaire aux plantes acidophiles mais aussi nuire aux racines en asséchant le sol. La vinasse de betterave, souvent utilisée en agriculture biologique, est également source de minéraux comme le magnésium et le calcium et en oligo-éléments. Attention à limiter la concentration pour ne pas brûler les racines compte tenu de sa haute teneur en sel.
Le compost de peaux de banane est également riche en phosphore et en calcium à enterrer pour éviter les mouches, fourmis ou rongeurs. Le purin de consoude, riche en potassium mais aussi en phosphore, magnésium et oligo-éléments, présente toutefois une odeur forte qui peut déranger. Enfin, le guano (excréments d’oiseaux marins, de chauve-souris ou de pinnipèdes mélangés à des restes végétaux ou de poissons) ou autres engrais de fond organiques complets sont des options courantes. Attention : le guano est riche en NPK et en oligoéléments essentiels mais il a une forte odeur et peut brûler les racines s’il est trop concentré.
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Engrais minéraux : chlorure et sulfate de potassium
Les engrais potassiques, tels que le chlorure de potassium (KCl) et le sulfate de potasse (SK), jouent un rôle crucial dans le développement des plantes. Le chlorure de potassium, obtenu par des procédés physiques, est un sel pratiquement pur dosant environ 60% d'oxyde de potassium. Il convient à tous les sols et à la plupart des cultures. Il pourra être utilisé en un seul épandage, car les propriétés de diffusion facile dans le sol des engrais potassiques les rendent idéaux pour une application au moment de la plantation ou dès le redémarrage de la végétation.
Le sulfate de potassium, dosant 50% d'oxyde de potassium, est obtenu par action de l'acide sulfurique sur le chlorure de potassium ou par échange d'ions entre sulfate de magnésium (kiesérite) et chlorure de potassium. Il contient 43% de SO3, d'où son intérêt pour les plantes exigeantes en soufre comme le colza, et moins de 3% de chlore : de ce fait, il est qualifié d'« engrais pauvre en chlore ». Il s'impose pour le tabac, sensible à la présence de chlore. Il est aussi recommandé pour le haricot, le pois, le lin, les vignes à vins fins et les cultures florales.
Il existe également des sels bruts de potassium obtenus à partir des minerais comme le Hartsalz (mélange de sylvinite et de kiesérite) ou la Kaïnite, la polyhalite et la carnallite. Ces sels contiennent généralement d'autres sels sous forme de chlorures ou de sulfates de magnésium et de calcium et sont plus faiblement dosés en pourcentage de K2O.
Extraction et enjeux du marché mondial
Les minéraux contenant du potassium sont extraits de gisements souterrains, des lacs salés et des saumures. Ils sont extraits en profondeur à partir de gisements déposés dans des mers chaudes et peu profondes. Ils se trouvent aussi en concentration suffisante pour être exploités dans la Mer Morte, dans le Grand Lac Salé dans l'Utah aux USA ainsi que dans des dépôts salins accumulés dans des régions désertiques. Ensuite, le minerai est enrichi et purifié en utilisant des procédés à sec et à boues (slurry).

Les ressources mondiales de sels de potassium atteindraient 250 milliards de tonnes exprimées en K2O et l'avenir de cette ressource est jugé peu préoccupant. La production estimée en 2013 atteignait 34,6 millions de tonnes de K2O. Le marché mondial repose sur un petit nombre de producteurs : huit acteurs dont trois canadiens, un russe, un biélorusse, un allemand, un israélien et un jordanien fournissent la presque totalité des exportations. Du côté de la demande, quatre ou cinq grands pays importateurs (Chine, Inde, Brésil, USA, Indonésie) influent directement sur les prix. On peut imaginer qu'on puisse un jour extraire le chlorure de potassium des océans en utilisant efficacement l'énergie solaire dans des bassins d'évaporation.
Méthodes d’application et précautions d’usage
Pour une assimilation efficace du potassium par vos plantes au jardin, localisez l’apport au pied des plantes (zone racinaire active). Fractionnez les apports en préférant plusieurs petites doses plutôt qu’une grande. Travaillez légèrement le sol ou arrosez après application afin de favoriser l’absorption par les racines. Évitez les arrosages excessifs qui risquent de lessiver le potassium, évitez le feuillage et utilisez le potassium en complément d’un engrais équilibré ou en alternance avec des apports d’azote ou de phosphore.
Si le potassium est un élément clé pour une bonne santé des plantes, un excès peut créer un déséquilibre nutritionnel qui va bloquer l’assimilation du magnésium et du calcium. Veillez donc à observer ou analyser votre sol plutôt que d’apporter des engrais potassiques à l’aveugle. Attention de ne pas en abuser, surtout sur les jeunes plants. Adaptez les apports selon la saison et le cycle de la plante. Un seul apport annuel est généralement suffisant, ce qui simplifie la gestion des cultures. De même, une surutilisation d'engrais potassiques peut entraîner des déséquilibres nutritionnels et nuire à la santé des plantes. Le sulfate de potassium sera principalement utilisé pour les parcelles pauvres en sels minéraux et sensibles au chlore.
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