Lors des travaux de jardinage, le volume et la masse de végétaux produits peuvent être importants (environ 500 kg de « déchets verts » par an pour un jardin moyen). Il s’agit de feuilles mortes (en automne), d’herbes après la tonte (au printemps/été), de résidus d’élagage (en hiver). Certains se posent alors la question « Comment se débarrasser de ces déchets verts ? ». La réglementation interdit de brûler les déchets verts ainsi que ménagers. Il est alors possible de déposer les déchets verts en déchetterie, de faire appel à des entreprises spécialisées ou de broyer soi-même ses déchets verts à l’aide d’un broyeur électrique ou thermique ou d’un sécateur (pour les petites quantités). Cette dernière solution reste la plus économique et écologique. Le broyat peut être revalorisé au jardin. Ainsi, rien ne sert d’exporter de la matière tout est utilisable au jardin.

Les enjeux de la gestion des déchets verts hors du jardin
Lorsque le broyage et le compostage sont pratiqués, les collectivités donnent souvent accès à leurs administrés au compost ou au broyat produits. Cependant, le recyclage des déchets verts est rarement effectué sur place. Ils sont transportés par bennes vers un centre de compostage ce qui engendre des pollutions et des coûts assez élevés. Faire appel à des entreprises spécialisées s’il n’est pas possible de se déplacer en déchetterie (grosse quantité de végétaux) est une autre option. Elles peuvent prendre en charge les végétaux ou les broyer sur place. Cette solution est assez onéreuse.
Le broyage : techniques et outils adaptés
Le broyage de végétaux consiste à utiliser un appareil dédié à cette tâche. En lui fournissant branches, broussailles et feuilles, il en ressort des copeaux. Le choix de l’outil (broyeur ou sécateur) se fera en fonction de la taille de votre espace (jardin, terrasse ou balcon) et des végétaux qui le composent (plantes potagères, d’ornement, verger). Un petit broyeur (équipé d’un système de coupe à lame ou plateau) est idéal pour les petites surfaces. Pour les balcons on privilégiera le sécateur (manuel ou électrique). Ces outils permettent de réaliser des petits tronçons à partir de déchets de taille modeste (fleurs sèches, rameaux de rosiers après floraison, feuilles mortes coriaces).
Un broyeur électrique équipé d’un système de lames à rotor permettra de broyer les branches ayant un diamètre compris entre 35 mm et 45 mm (haies, arbustes, bois moyennement dur). Un broyeur thermique est à privilégier pour les jardins dont la surface dépasse les 500 m2. Il permet le broyage de bois très dur (arbres fruitiers, branches supérieures à 45 mm). L’achat individuel d’un de ces types de matériel est à apprécier selon un rapport investissement/usage. Pour un usage peu fréquent la location peut être envisageable. Les broyeurs sont équipés de certaines options sécuritaires (coupe circuit en cas de bourrage, entonnoir adapté). Cependant ces éléments de sécurité ne dispensent pas du port de gants et de lunettes qui vous protégeront en cas de projections ainsi que d’un casque anti-bruit (selon le type de broyeurs utilisé la puissance sonore peut être très élevée).
Présentation et tuto d'utilisation d'une BROYEUSE DE BRANCHES
Valorisation du broyat : paillage et BRF
Le broyat peut être utilisé de différentes manières. Au printemps, on favorisera les broyats issus de la taille de fin d’hiver pour pailler aux alentours du mois de mai lorsque la terre est bien chaude. Le paillage permet de limiter le développement des herbes indésirables, l’évaporation, le tassement, le ruissellement et freine la progression de certains ravageurs comme les limaces. Les bénéfices de ces techniques sont nombreux : favoriser la biodiversité et les petites bêtes du sol, protéger et nourrir les sols et la végétation, jardiner en lien avec la nature tout en prévenant l’environnement, éviter la repousse des plantes indésirables, réduire l’arrosage et réaliser des économies d’engrais.
Les broyats obtenus après élagage des feuillus, pendant leur période de dormance (octobre à février), peuvent être valorisés en BRF (bois raméal fragmenté). Le BRF « est le résultat du broyage frais de rameaux et petites branches vertes d’un diamètre inférieur à 7 cm, avec ou sans feuilles ». Les copeaux de BRF sont très riches en cellulose et lignine. Les vers de terres se nourrissent de la cellulose et les champignons dégradent la lignine. Cette décomposition apportera des nutriments au sol contribuant à l’amélioration de sa structure. Il est à noter que pour une bonne efficacité, le BRF doit être étalé dans les 24 heures qui suivent le broyage. Contrairement au paillage le BRF doit être incorporé superficiellement dans le sol. L’emploi du BRF n’est préconisé que pour redonner vie à des sols ayant de très faibles taux de matières organiques ou très dégradés. Les cultures réalisées sur BRF doivent faire l’objet d’un suivi particulier en matière d’irrigation et de risque de faim d’azote sur les plantes ; les microorganismes dégradant le bois consomment beaucoup d’azote.
Le compostage : une solution complémentaire
S’il ne vous est pas possible de broyer les déchets verts, vous pouvez les composter. En effet, le compost est un indispensable quand on cherche à se débarrasser de ses déchets végétaux. En tas, idéal quand on habite à la campagne, le compostage à l’air libre peut être disposé pas trop près des voisins, ni trop près, ni trop loin de la maison, dans un endroit caché, bien drainé, avec un peu d’ombre, à l’abri du vent. Vous devrez y alterner les apports (tailles, déchets alimentaires, tontes…), tasser avec les pieds, arroser et aérer si besoin. En bac, idéal pour les jardins de ville, les matières sont introduites au fur et à mesure dans un récipient aéré en plastique ou en bois qui a l’avantage d’accélérer la décomposition et d’habiller le traditionnel compost en tas.

Dans un lombricomposteur, ce composteur peut-être utilisé en ville. Il se compose de quatre plateaux qui contiennent respectivement : les déchets frais, les déchets en cours de digestion par les vers, les déchets transformés en compost solide et le bac collecteur de jus (engrais liquide) qui sera dilué à 10%. Il ne dégage pas d’odeur, ce qui permet de l’installer sur son balcon, dans son jardin, mais aussi chez soi. Enfin, dans un bokashi, également adapté à la ville, le bokashi est une alternative au compostage. Il s’agit de faire fermenter les déchets de cuisine dans un seau hermétique. Cela permet d’éliminer les odeurs et les mouchettes.
Gestion spécifique des déchets de tonte et autres résidus
Les déchets de tonte peuvent être valorisés en tonte mulching : technique sans ramassage de l’herbe. Elle s’effectue avec un matériel adapté (kit ou tondeuse mulching ou mulcheuse) qui coupe d’abord l’herbe par les extrémités avant de la réduire en fines particules, lesquelles sont ensuite éjectées sur le sol. Au compost, incorporés en petites quantités au composteur, les déchets de tonte sont un excellent activateur de compost. Attention cependant, ajoutée en grande quantité et en un seul apport, la tonte risque d’asphyxier votre compost et de générer une forte odeur d’ammoniaque désagréable. En paillage, les déchets de tonte peuvent être utilisés pour pailler les massifs, les potagers, les arbres et arbustes. Note : Il est recommandé de laisser sécher votre herbe tondue quelques jours au soleil pour pouvoir la transformer en paillis.
Pour les déchets de tailles, une fois broyés, ils peuvent être utilisés en paillage ou en apport carboné au compost. Les petites tailles, branches inférieures à 1 cm de diamètre, une tondeuse peut être utilisée pour les broyer. Les branches supérieures à 1 cm de diamètre, un sécateur ou un broyeur peuvent être utilisés pour les couper ou les broyer. Le lierre, en paillage, une tondeuse peut être utilisée pour le broyer. Les feuilles mortes, en paillage, peuvent être utilisées pour pailler les massifs, les potagers, les arbres et arbustes. Au compost, à l’automne, stockées en tas à côté du composteur, elles pourront constituer un apport carboné intéressant pour le compost, au même titre que le broyat de végétaux ou que la tonte sèche. Les plantes malades peuvent être compostées sur un tas à part. Les herbes indésirables montées en graines peuvent être compostées en tas à part et/ou préalablement trempées dans l’eau, chaude au départ, pendant 48h, afin d’empêcher les graines de germer en terre.
Initiatives locales et accompagnement
Grand Poitiers met en place depuis 2015 un dispositif d’aide au broyage pour les particuliers des communes de la Communauté urbaine. Les habitants peuvent bénéficier d’un remboursement de 45 € pour la location d’un broyeur ou une prestation de broyage par un professionnel, ou un remboursement de 45 € par personne pour une location, une prestation ou un achat en collectif. Une plateforme de broyage de branchages permet d’offrir un vrai service aux habitants en réduisant leurs passages en déchèterie et en leur permettant d’accéder à une source de broyat. Notre équipe Prévention des Déchets et Mobilisation territoriale se tient à votre disposition pour étudier la création de nouveaux sites, autant sur le plan réglementaire, que matériel et organisationnel. De plus, plusieurs solutions s’offrent à vous : broyage des déchets verts, compost, et entretien de vos jardins, les paysagistes experts de Daniel Moquet vous accompagnent afin de répondre à toutes vos demandes. Vous pouvez donc vous renseigner auprès des paysagistes de votre région pour vérifier comment ils travaillent et voir s’ils peuvent vous livrer du broyat frais (au lieu de l’emmener en déchetterie) ou composté (s’ils le conservent).
Considérations sur la nature des végétaux
Certains végétaux sont plus riches que d’autres en résine (conifères comme le pin, sapin, cyprès, thuya, genévrier) ou en tanin (feuillus comme le chêne, platane, laurier, poirier, noyer, châtaignier). Ces substances complexes protègent les plantes grâce à leurs propriétés insectifuges, fongicides et imputrescibles. Leur effet principal est de ralentir la biodégradation. De manière générale, les bénéfices du paillage l’emportent sur les nuisances éventuelles attribuées à ces essences. Leur décomposition pourra être plus longue, mais leurs qualités permettront d’obtenir un résultat comparable à celui des paillages issus d’autres broyats. En raison de la complexité des interactions physico-chimiques et biologiques, résumer la question selon un seul critère (dans ce cas, l’espèce végétale broyée) est réducteur et insuffisant. Il faut notamment tenir compte des caractéristiques du sol et des végétaux paillés. Chaque résidu du jardin (feuilles, fleurs, tailles…) est une ressource précieuse.
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